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Serpentard↯  Je suis rusé et j'ai la classe !
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Cleya Ilùvatar

Serpentard
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MessageSujet: Two-dimensional world    Ven 22 Fév - 22:40


I saw a world of peaceful wildlife and ended up trapped in dreamland

Il est parfois plus facile de se convaincre qu'on est impuissant face à la réalité du monde, mais ce sont de sombres pensées. Elles nous enferment dans une cage qui s'adapte à ce que l'on est et nous figent dans le continuum espace-temps. Le pire, c'est qu'on a rarement conscience de notre propre emprisonnement que j'appellerais conditionnement. Ta famille, ta maison, ta réussite scolaire, ta vie sociale, tout sert à maintenir le cap dans un chemin qui a l'air droit mais qui n'en reste pas moins semé d'embuches et rarement divertissant. On se cantonne dans des routines grotesques et ennuyeuses à mourir, et on meurt à petit feu en attendant notre heure - qui pourrait arriver d'un moment à l'autre compte tenu des récents évènements.

Il n'y a que peu de moyen de s'échapper de la cage, mais l'un d'eux je le connais bien. On a fait connaissance il y a un bail maintenant et depuis il nous arrive de faire un bout de chemin ensemble de temps en temps, quand les parois de ma cellule me serrent de trop près et que je sens au fond de moi qu'il est temps de s'offrir un nouvel angle de vue. C'est là que la mandragore entre en jeu et joue le rôle de la clé des champs dans ma lente vie de petite Serpentarde. Lorsque l'envie me prend c'est que je suis généralement exténuée par une morne journée entachée d'ânerie et d'une profonde lassitude, heureusement je garde toujours des réserves à portée de main. J'en planque un peu de partout, selon la quantité de mon stock, mais le plus souvent elle trouve sa place dans des petites boîtes en bois que je dissimule sous mon lit dans mon dortoir. Si les préfets le savaient, j'en verrai probablement de toutes les couleurs, sans parler des professeurs. Que voulez-vous, on a tous son péché mignon, certains ont le chocolat ou le whisky pur feu, moi j'ai ma mandragore.
Qu'elle est belle quand je la sors des petites boîtes, toute séchée sans être flétrie pour autant -c'est l'avantage du bois sur les autres matériaux : il maintient une certaine humidité constante qui empêche le dessèchement. Je la manipule alors avec soin, branche par branche, et je m'applique à la réduire en poudre avec minutions (c'est sûrement mon moment préféré dans tout ça, ou peut-être que j'exagère un peu en fait...) et je l'incorpore à une mixture liquide qui a tout l'air de jus de citrouille à première vue mais qui en fait une invention personnelle, et la ressemblance avec le jus des sorciers n'est bien sûr pas fortuite, c'est voulu! Ça serait d'un assez mauvais genre de siroter régulièrement une boisson qui aurait l'air suspecte, et je ne souhaite surtout pas me faire prendre. Premièrement, parce que les conséquences pourraient s'avérer très grave pour moi, deuxièmement parce que je me sentirais trop bête de m'être fait avoir comme une bleue par manque de discrétion, et troisièmement parce que je ne sais pas comment je ferais si je ne pouvais plus m'octroyer ces petites interludes de folie dans cette vie tourmentée.

Une fois la préparation fin prête, et après l'avoir versée dans une petite flasque en toile souple, je m'enfile d'office trois bonnes gorgées pour bien commencer, et puis la suite est souvent imprévisible. La plupart du temps je me sens comme plongée dans un monde de couleur et de sérénité, où j'éprouve beaucoup plus d'amour et de tendresse envers mon environnement au sens large du terme, et où je me sens plus à même d'exprimer ces sentiments paisibles mais si rares dans le monde d'aujourd'hui. Et c'était dans cet état que je quittai ce soir-là l'antre des Serpentard, ayant dans l'idée d'errer au gré de mes pas et de mes intuitions décuplées dans l'enceinte de Poudlard. Je sortais simplement munie de ma flasque et de ma baguette, toute deux fourrées au fond d'une des poches de ma robe noire d'uniforme, en dessous je portais un simple pull en cachemire vert bouteille par dessus la jupe d'écolière.

Je commençai à me sentir basculer dans l'autre dimension de notre monde, celle qui n'existe que pour ceux qui souhaitent la voir de tout leur coeur, et qui savent en apprécier la vue. Mes pieds me paraissait à peine toucher terre, comme si je glissais doucement sur le sol, et les escaliers magiques et leur manège, loin de me donner le tourni, me laisser voir un monde où tout se fond l'un dans l'autre et où plus rien n'est une entité bien précise, seul l'ensemble forme une harmonie équilibrée et bouillonnante, et là, alors que je me tiens sur une marche qui m'emmène je ne sais-où, je ne me sens plus accablée par la complexité du monde mais j'en admire plutôt la créativité et le renouvellement perpétuel qu'il met à notre disposition jour après jour. Mes élucubrations me conduisent au bout d'un couloir, et là une porte est entrouverte mais la pièce qu'elle garde me semble d'abord vide. J'y pénètre avec le sourire aux lèvres tandis que plein d'idées fourmillent dans ma tête, l'une d'elle faisant intervenir l'assistance d'un balai volant doué de parole qui m'apprendrait l'art de savoir résister au vent. Je suis toute excitée, et peut-être complètement défoncée, ce qui va souvent de pair avec une euphorie inexpliquée.

Mes yeux se posent alors sur une forme dans un coin de la pièce dans laquelle je viens d'entrer, je distingue mal la silhouette qui est plongée dans l'obscurité, mais je devine qu'elle appartient à un garçon, et je plisse les paupières pour discerner quelque chose de plus mais c'est en vain. Je décide donc impulsivement de faire savoir ma présence, car là tout de suite je n'ai plus aucune notion du respect de la vie privé ni de la politesse. Je suis dans un monde qui n'en a pas besoin.

« Bientôt les oiseaux chanteront, l'herbe sera verte et le ciel resplendira et les peines fleuriront pour devenir force et volonté dans le coeur des gens. N'y crois tu pas... ?»

Je devais sûrement donner l'impression d'être complètement ailleurs, et pourtant j'étais certainement plus ici que jamais.
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Maël J. Fontaine

Gryffondor
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MessageSujet: Re: Two-dimensional world    Lun 25 Fév - 9:58

    J’étouffais. Comme jamais auparavant. Je n’arrivais pas du tout à écouter le cours de métamorphose et ça se ressentait dans mon attitude. J’étouffais dans la salle, cherchant du regard un secours auprès de McGo qui ne devait pas venir. De partout où mes yeux se posaient émergeait un souvenir. J’avais froid. Je brûlais. J’avais besoin d’un grand espace pour partir courir sans m’arrêter, sans me retourner, sans être bloqué. Et une salle de classe ne remplissait aucune de ces conditions. Je me passai une main sur le visage, regardant l’heure, soupirant, jetant quelques mots sur le parchemin, m’attirant des regards compatissants, moqueurs ?, déroutés de la part des autres élèves. Je suffoquais. Je fermai les yeux en plongeant mon visage entre mes bras, pour partir ailleurs, loin de Poudlard, loin des journaux, loin des cours et des élèves. Loin de tout. Et le cours n’avait pas commencé depuis plus de vingt minutes. Je n’en pouvais plus. De larges cernes tenaient compagnie à mes yeux hagards, mes cheveux totalement décoiffés, mon uniforme froissé, mes mains tremblantes… Je n’arrivais plus à respirer normalement. J’étais mal, physiquement, mentalement, et ça n’allait pas en s’arrangeant. Depuis quand le savais-je ? Quelques heures Depuis quand était-ce officiel ? Quelques heures. Et les mots du journal tournaient dans ma tête sans répit, me hantant, me rongeant… L’édition de la Gazette du Sorcier avait fait grand bruit ce matin, sauf autour de moi. J’imaginais que ce devait être la même chose du côté de Sasha et de Dana. Et des autres proches de Robert. Robert… Comment pouvait on apprendre la mort de son meilleur ami dans le journal ? Il est une chose de perdre un ami. Il en est une autre de découvrir comment. Il était une chose de voir un ami disparaître du jour au lendemain, il en était une autre de découvrir qu’il avait fui. Je me sentais coupable, j’étais déçu, en colère, perdu, vide. Oui, vide semblait être le mot qui convenait le plus pour me décrire. Je n’étais plus qu’une coquille vide. Il y avait eu le choc de savoir que Robert n’était plus, il y avait à présent celui de savoir que tout le monde le savait, et que l’honneur et l’image de son meilleur ami avaient été souillés par un article calomnieux donnant des extraits de son journal intime. Je serai les poings. Quelques heures plus tôt, fait extrêmement rare, c’était par un coup d’éclat de magie accidentelle que j’avais fait brûler mon exemplaire de la Gazette du Sorcier. J’étouffais. J’attirai finalement l’attention du professeur, la coupant dans ses explications des métamorphoses animales :

      « Madame, je… je ne me sens pas très bien. Est-ce que je peux… »


    D’un signe de tête, elle m’en donna la permission, confiant à un autre élève de la salle la mission de me mener à l’infirmerie ce que je refusais rapidement. J’avais besoin de prendre l’air. Je rangeai rapidement mes affaires, sans aucune considération pour les plumes et les parchemins que je mis en vrac dans mon sac et je quittai la pièce d’un pas rapide. Adossé au mur du couloir, j’essayai de respirer. Peine perdue. Sortir dehors ? Trop loin. J’errai dans les couloirs, serrant dans ma main le mot que McGo avait rédigé rapidement, comme quoi elle m’autorisait à sortir de classe. Elle savait que je n’allais pas bien, et elle savait pourquoi. Finalement je me réfugiai, chancelant, dans la première salle vide que je rencontrai. De larges fenêtres ouvraient la pièce à l’extérieur, et je montais sur le rebord de l’une d’entre elles, m’appuyant contre la vitre, observant l’extérieur et la campagne écossaise. Je me laissai glisser le long de la fenêtre, ramenant mes genoux contre ma poitrine, fixant sans les voir les larges briques formant les murs de Poudlard. Je me laissai tomber au sol, m’allongeai sur le dos et étendis les bras en fixant le plafond. J’étais vide. Je ne savais plus vraiment ce que j’étais sensé faire. Incapable de suivre un cours, incapable de discuter innocemment avec des amis. Incapable de vivre, pour le moment. Le choc, assurément. J’avais l’impression d’évoluer dans un monde totalement décalé de la réalité. Les gens parlaient, mais leurs propos n’arrivaient pas jusqu’à moi. Je fermai les yeux, et écoutai ma respiration.

    Une minute. Dix. Vingt. Une heure… peut être plus. M’étais-je endormi ? Je ne savais pas. J’avais totalement cessé de réfléchir. Un bruit de pas, volatil, léger, irrégulier même ?, résonna et arriva dans la pièce. Je m’en fichai. Je gardai les yeux fermés, pour ne pas avoir à retourner à la réalité. Une voix s’éleva, et je ne daignai même pas sursauter voire réagir, tout simplement :

      « Bientôt les oiseaux chanteront, l'herbe sera verte et le ciel resplendira et les peines fleuriront pour devenir force et volonté dans le coeur des gens. N'y crois tu pas... ?»


    C’était une voix de fille, me disaient mes oreilles. C’était une personne totalement allumée, me disait mon cerveau. Et alors ? Ma respiration s’approfondit légèrement. Un petit rire jaune s’échappa de mes lèvres. Totalement désabusé, je répondis, sans un regard, sans un mouvement, les bras étendus et le visage fixé vers le ciel que je ne voyais pas :

      « Bientôt… peut être, mais dans longtemps. Pour le moment tout est noir, les oiseaux ont fui, l’herbe a brûlé, et dans le ciel s’amoncellent les nuages de la douleur. Les peines éclosent encore dans la douleur, brisant les cœurs des gens. C’est ce que je crois. »


    Totalement désabusé, amer, déprimé ? Assurément. Je ne savais pas ce que je disais. J’essayai de répondre, de formuler le vide qui était en moi, mon incapacité à respirer ces dernières heures. J’avais mal, tellement mal, que mon corps n’encaissait pas physiologiquement ce mal-être. J’avais peur d’ouvrir les yeux et de revoir le titre du journal. J’avais peur d’ouvrir les yeux et de revoir cette chouette arriver, ces regards dans ma direction. J’avais peur d’ouvrir les yeux et d’entendre ces murmures lorsque je lisais les pages du journal. Ces chuchotements lorsque la fumée avait commencé à monter du papier qui roussissait dans ma main. Dans un souffle, la question qui m’obsédait s’échappa, hors de contrôle :

      « Pourquoi ? »

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MessageSujet: Re: Two-dimensional world    Jeu 28 Fév - 21:51

Je ressentais une envie à la fois complètement irrésistible et particulièrement inhabituelle de serrer cette personne dans mes bras, de l'étreindre jusqu'à sentir son rythme cardiaque résonner contre mes os, jusqu'à ce que ses muscles noués se relâchent sous la pression rassurante qu'exerceraient mes bras autour de son corps, et là alors j'espérais qu'il ne se sentirait plus seul. Je voulais qu'il oublie ses peines et ses soucis tout comme moi je leur tournais le dos, je voulais lui dire qu'il y avait plus que ça et que sa vie ne valait pas d'être vécu à l'intérieur de cette cage qu'était la réalité.
Dans l'état dans lequel j'étais, je ne pouvais me résoudre à être témoin de la souffrance d'un autre être, c'était comme au-delà de mes capacités et en même temps je n'aurais pu simplement me détourner et l'ignorer. Son discours était celui de quelqu'un qui au fond de lui n'y croit plus, seul celui qui est prêt à baisser les bras brandit son pessimisme tel un bouclier. Bien sur, il n'était pas question de Charme du Bouclier ici, ou même d'une de ses babioles médiévales moldus, oh non, mais il était immobile, les yeux rivés sur le plafond, et prononçait ses paroles comme si c'était tout ce dont il était sûr à propos du monde d'aujourd'hui. Et peut-être était-ce le cas. Que savais-je de la guerre après tout? Elle se tenait pour l'instant loin de moi, m'évitant avec aisance. Je n'en étais pas une cible, pas pour le moment en tout cas, et j'aurais du m'en estimer plus heureuse sûrement, mais on ne comprend qu'on aurait du avoir peur et qu'on aurait du profiter de l'instant présent souvent qu'après, lorsque qu'on est dans la ligne de mire d'un Mangemort cruel ou d'un Auror zélé.

Je le voyais mieux maintenant que mes pupilles s'habituaient progressivement à l'obscurité, il était étendu de tout son long sur la pierre froide, les bras en croix. Je me demandai combien de temps avait-il passé là avant que j'interrompe, mais que j'interrompe quoi? S'il avait été en train de faire la sieste, là je m'en serais voulu, mais si je ne perturbai uniquement que quelques heures de lamentations, qu'apportai-je de mal à ce garçon si ce n'est une certaine distraction passagère. Compte tenu de son état d'esprit, je ne pouvais guère empirer les choses.
Intruse mais néanmoins désireuse de respecter une certaine intimité entre lui et moi, je prenais place sur le sol, adossée contre le mur, près de la porte d'entrée si bien qu'au moins deux bons mètres nous séparait. Je ressenti un vertige léger en m'asseyant, mais je me requinquai en sortant ma flasque et en en buvant une bonne rasade supplémentaire. La potion brûla doucement ma gorge, une sensation avec laquelle j'étais désormais plutôt familière.

Son amertume avait heurté mes rêves de plein fouet, sans pour autant les chasser au loin, et ceux-ci chevauchaient de nouveaux au galop d'un neurone à l'autre dans mon cerveau mis en émoi par les endorphines. Et lui demandait pourquoi. Pour moi pourquoi était une question sans but, une question stupide en d'autre terme. Elle avait rarement une réponse, et quand elle en avait une elle était souvent compliqué et soulevait d'autre "pourquoi", mais encore une fois il ne s'agissait là que de mon expérience personnelle peu glorieuse.

« Ne sois pas si prompte à demander pourquoi les choses sont ce qu'elle sont. Si tu me permets, je te conseillerai plutôt de te demander "quoi faire?", cette question là peut se révéler bien plus productive que la première. »

Je ne savais même pas ce qui rongeait cet esprit qui se tenait dans cette pièce, dans un corps qui semblait inerte allongé sur le sol. Pourtant, la défonce me permettait d'oublier à quel point mon comportement pouvait être inapproprié, c'était l'une de ses facettes à double tranchant.

« On m'a toujours enseigné que plus haut est le soleil, plus longue sont nos ombres, ce qui me fait penser que peut-être les plus épaisses ténèbres, capables d'englober tout un monde, sont projetées par une source de lumière plus grande encore, qui se garde cachée pour le moment.
Ne perds pas espoir, tu peux te perdre à cause du Noir, mais la décision d'arrêter de chercher une issue ne dépends de personne d'autre que de toi.
Un jour pourrait arriver où tout ceux que nous chérissons ne sont plus plus, serait-ce pourtant la fin du monde? Tout comme les champs qui n'ont rien donné l'année passée donneront l'année suivante, celui qui n'a plus rien à aimer trouvera toujours d'autre personnes à aimer, à défendre, c'est pour ça que l'on dit que tant qu'il y a de la vie y a de l'espoir, non? »


Je n'avais surement jamais déverser un tel flot de parole en compagnie d'un inconnu. Ce soir je me sentais libre de dire le monde à ma façon, à qui que ce soit.
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Maël J. Fontaine

Gryffondor
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MessageSujet: Re: Two-dimensional world    Sam 2 Mar - 12:36

      « Ne sois pas si prompt à demander pourquoi les choses sont ce qu'elle sont. Si tu me permets, je te conseillerai plutôt de te demander "quoi faire?", cette question là peut se révéler bien plus productive que la première.


    J’éclatais dans un rire totalement désabusé. Ne pas demander « pourquoi » ? C’était stupide. C’était… stupide. C’était le seul mot que je trouvais pour qualifier ce qu’elle venait de me dire. Même si elle avait raison dans un sens. Mais le pourquoi m’obsédait. Ce n’était pas juste. Ce n’était pas logique. Tout me semblait chaotique. Pourquoi Robert, qui n’avait rien fait ? Pourquoi lui ? Pourquoi l’attaquer ainsi, pourquoi le faire souffrir ainsi ? Pourquoi avait il décidé de partir ? Non, ce pourquoi là, je le savais. Je lui avais soufflé l’idée de tout laisser, de fuir le monde magique qui n’apportait rien de bon en ce moment. Je lui avais soufflé l’idée sans le vouloir. La culpabilité m’étreignit le cœur, me faisant hoqueter, m’empêchant à nouveau de respirer. Il était mon ami, et je l’avais abandonné. Mais il m’avait trahi avant. Mais il était mon ami. Des questions, des accusations, des regrets, des remords tournoyaient dans mon esprit. Et la fille continuait de parler tandis que des larmes salées dégringolaient mes joues, courant librement sur ma peau, sans que je ne fasse un geste pour les essuyer, les retenir, les faire disparaître.

      « On m'a toujours enseigné que plus haut est le soleil, plus longues sont nos ombres, ce qui me fait penser que peut-être les plus épaisses ténèbres, capables d'englober tout un monde, sont projetées par une source de lumière plus grande encore, qui se garde cachée pour le moment. Ne perds pas espoir, tu peux te perdre à cause du Noir, mais la décision d'arrêter de chercher une issue ne dépend de personne d'autre que de toi. Un jour pourrait arriver où tout ceux que nous chérissons ne sont plus, serait-ce pourtant la fin du monde? Tout comme les champs qui n'ont rien donné l'année passée donneront l'année suivante, celui qui n'a plus rien à aimer trouvera toujours d'autre personnes à aimer, à défendre, c'est pour ça que l'on dit que tant qu'il y a de la vie y a de l'espoir, non? »


    Ses mots se frayaient lentement, mais sûrement, un passage dans les amoncellements de pensées négatives qui obstruaient mes capacités de réflexion. Que disait-elle ? Quoi faire ? Je n’en savais rien. Je n’avais plus rien envie de faire. J’étais un battant, normalement. Je n’étais pas une loque capable de rester allongée sur le sol toute une journée, à tenter de cesser de penser. De respirer. D’exister. Qu’est ce que j’avais exactement ? Impossible de mettre des mots sur le sentiment d’abandon, de perdition totale qui m’habitait. J’étais perdu. Vide. Egaré. Désabusé. Et cette fille, je ne voulais même pas savoir qui c’était, parce que ce serait la matérialiser davantage, me parlait, comme si j’allais l’écouter. Des maximes, des images… Je me concentrai sur ma respiration, laissant les mots venir tous seuls et éclore sur mes lèvres comme des bulles de savon, sans qu’il n’y ait forcément de liens entre eux, sans qu’il n’y ait forcément de cohérence. J’étais hors du monde, j’étais hors du temps. Je ne voulais pas ouvrir les yeux pour ne pas être forcé de réintégrer le monde des vivants.

      « Je… ne sais pas. Pour quoi ? Espérer, mais pour quoi… Pourquoi toujours se battre, pourquoi toujours attendre que le soleil revienne. Pourquoi sont-ce toujours ceux qui méritent de vivre qui partent, et ceux qui méritent de partir qui restent ? Pourquoi sont-ce toujours ceux à qui on tient le plus qui nous font le plus souffrir ? Pourquoi ? Pour… quoi… »


    Plus je le disais, plus le « pourquoi » m’obsédait. C’était une question à laquelle j’imaginais que je n’aurais jamais de réponses. Le « quoi faire » aussi, flottait dans un coin de mon esprit. Mais il n’arrivait pas à s’imposer, parce qu’à lui non plus, je n’avais pas de réponses… Ou plutôt, j’en avais mais je les savais stupides, inutiles et je les savais infécondes. Partir ? Faire comme Robert, tourner le dos au monde de la magie, et partir, au Brésil, en Australie, en Afrique du Sud ? Tout quitter, tout recommencer, était-ce une solution ? J’avais besoin de m’évader. J’avais besoin de partir, de changer de paysages. J’avais voyagé les onze premières années de ma vie, et cela faisait maintenant sept ans que je m’étais sédentarisé, de force, à cause des études. Mais peut être étais-je un nomade dans l’âme, et qu’il me fallait partir ? Non. J’étais heureux, avant. Pourquoi avais-je l’impression que je ne pourrais plus jamais l’être ? Le choc, peut être. Je n’arrivais plus à respirer. Un poids sur ma poitrine, imaginaire mais semblant si présent, m’en empêchait. Je suffoquai, à nouveau. J’avais entendu la fille se déplacer. Je tremblais. Ma voix était tremblante, un peu moins… ailleurs, sûrement parce que je pensais plus depuis quelques minutes que les deux, trois ?, dernières heures réunies.

      « Partir. Est-ce une solution ? Fuir. Fuir les nuages pour trouver le soleil. Changer de champs pour avoir des récoltes. Fuir ceux que j’aime pour recommencer. A zéro. Quitter son cadre pour changer de tableau, pour changer de peinture, d’époque, de temps… Partir… loin… Pourquoi prendre le risque de s’attacher à quelqu’un, lorsque ce quelqu’un peut nous être enlevé à tout moment, hein ? Pourquoi ? »


    Je fis une pause. Ma voix était étranglée par la douleur. Même fermés, mes yeux me renvoyaient l’image de Robert, rieur, un peu ailleurs, parce que je l’avais toujours connu ailleurs. Ma langue sentait le goût de cet alcool qu’il chérissait tant, et que j’appréciais aussi de mon côté, peut être pas dans les mêmes quantités. Mes doigts cherchaient les touches d’un piano, pour accompagner en musique le Poufsouffle. Une autre larme cristalline s’échappa de mes cils et je sentis sur ma peau tout son parcours pour rallier mon oreille, la contourner, descendre dans mon cou, et enfin, à bout de souffle, sécher dans un dernier soupir au contact de ma chemise.

      « Es tu heureuse ? »

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MessageSujet: Re: Two-dimensional world    Sam 2 Mar - 19:51

Son éclat de rire me serra le coeur, cela faisait longtemps que je n'avais pas entendu un rire. Mais le sien n'était pas de ceux que je voulais entendre à nouveau, le sien se moquait de ce que je disais, et il sonnait plus triste que les larmes d'une fillette. Je me fichai bien qu'il ne prête pas une oreille attentive à ce que je racontais. Après tout, j'étais habituée à être la seule à m'écouter, et le monde avait toujours continué de tourner ainsi. Mais tournait-il toujours aussi bien aujourd'hui? Dans ma tête le monde tournait, là dessus il n'y avait aucun doute, il tournait même trop vite. Le désarroi de ce garçon me mettait mal à l'aise, tout comme il me donnait l'envie de faire quelque chose pour arrêter ça. Mettre fin à ses tourments, et aux tourments du monde entier, j'aurais tout donnée pour ça. Je voulais que les gens comprennent que la puissance et la beauté du monde ne réside pas dans ce que l'homme accomplit, pense ou dit. J'avais toujours été et serait toujours une fervente protectrice de la Nature avec un grand N, pour moi rien n'était plus majestueux, plus prodigieux, plus évocateur qu'un écosystème harmonieux, tel la forêt de Malhornes de mon enfance, et jamais je n'éprouverais plus de respect pour un homme, quel qu'il soit, que pour cette beauté, cette pérennité, cette diversité qu'était le règne végétale et minéral. Mais voilà bien longtemps que la forêt avait perdu son éclat et qu'elle embrassait les ténèbres toujours de plus près, et j'avais peur pour cela plus que pour tout autre chose au monde. Je craignais avec une intense terreur la domination de la nature par l'Homme, et pourtant je voulais croire de toutes mes forces que rien n'y personne n'en viendrait si facilement à bout. C'était l'essence même de notre vie, rien ne la forcerait à s'effacer.

« Beaucoup de ceux qui sont morts auraient mérité la vie, et encore plus vivent lorsqu'ils mériteraient la mort. Mais qui sommes nous pour en juger? Qui sommes nous pour faire justice nous même? Je n'ai pas dit qu'il fallait continuer à se battre à tout prix... Ça serait grotesque puisque moi-même je ne suis la vaillante défenderesse d'aucune cause. Peut-être pourrait-on dire que je me cache derrière des idéaux utopiques et trop nobles pour notre temps, peut-être... Mais au moins je ne me suis jamais trahie moi-même pour plaire à qui que ce soit, et je n'ai jamais détourner mes yeux de ce pourquoi je pense que ma vie vaut encore le coup d'être vécue. »

Ce garçon était au plus bas, et moi j'étais au plus haut, ironiquement. J'avais des bouffées de chaleur qui me montaient à la tête et alors que je regardais mes doigts, je les voyais danser comme ceux d'un pianiste virtuose. J’étais une serpentarde, et nous ne sommes pas réputés pour nos mots doux et nos talents de compassion, mais je n’étais pas du genre à me définir en fonction de mes camarades, et si j’avais l’occasion de me hisser plus haut qu’aucun autre vert et argent ne le pourra jamais dans ce domaine, je le ferais avec joie. Pas pour la gloire ni pour la reconnaissance, j’ai foi en la personne que je suis, et je sais que ce camarade ce soir a besoin de réconfort, même s’il ne le cherche pas.

« Je ne suis personne pour te dire ce à quoi tu dois t’accrocher pour traverser ce que tu vis, et je ne suis personne pour te dire ce en quoi tu dois garder espoir. Ce sont des réponses que tu dois trouver en toi, et cela peut prendre du temps. Mes réponses à moi je les puise au plus profond de mes entrailles, et certaines n’y existent même pas encore. »


Ses mots trouvaient néanmoins une écho malveillante dans un coin de mon cerveau dopé, et je m’interrogeai cyniquement sur le pourquoi du comment. Pourquoi lui et pas moi allongé sur ce sol dur et froid ? Pourquoi ses proches et pas les miens ? Quel facteur de l’équation détermine si l’on se trouve du bon côté ou du mauvais ? Il existait peut-être une réponse tout bête qui ne comporte que huit lettres : victoire. C’est la victoire qui justifie le bien du mal, c’est la victoire qui désigne ceux dont la vaillance sera associée à de la grandeur et ceux dont elle sera associée à la trahison. Le monde est imprévisible, et l’Homme l’oublie souvent, croyant pouvoir dominer toute chose, même le futur.

Il parlait de partir, et ces mots lui fendaient le cœur de douleur, je le sentais mais étais impuissante face à tant de désespoir. Je commençai à être presque curieuse de comprendre cette tristesse insurmontable qui le terrassait, je ne pouvais pas m’empêcher d’imaginer ce qui avait bien pu lui arriver pour qu’il en soit là désormais. J’essayai de garder une respiration profonde et égale, pour gérer à la fois cette douleur contagieuse et ma défonce vertigineuse, et croyez moi les deux formaient un mauvais combo.

« Rien ne t’oblige à t’attacher à qui ce soit, tout comme rien ne nous oblige à rester. Mais réfléchis-y à deux fois, serait-ce réellement mieux ailleurs ? Qu’est-ce qui te fait croire que le mal qui rongent les âmes humaines ici en Grande Bretagne ne le fait pas tout autant partout ailleurs sur Terre ? Où serait-tu sûr de ne plus subir la peur, la violence, la haine… Je n’ai pas assez confiance en notre race pour croire qu’un tel lieu existe. En outre, que sera ta vie lorsque tu auras cessé d’aimer… ? Je préfère ne même pas l’imaginer. »

Heureuse, moi. Jamais on ne m’avait posé la question de but en blanc de cette façon, pourtant j’avais si souvent imaginé y répondre. Etrangement cependant, aucune des réponses que je m’étais imaginé ne me venait à l’esprit maintenant, au contraire plein d’autres réponses jaillissait de mes neurones en ébullition. Comment décris-tu le bonheur ? Comment sait-tu que le détiens ? Comment le gardes-tu ? Oui le monde est en guerre et je suis on ne plus heureuse parce que je sais que mon sang ne sera jamais questionnée. Oui je suis heureuse parce que je sais que dès que je serais majeure je disparaitrais au plus profond d’une forêt tropicale et n’en ressortirais jamais. Il n’y avait pas de bonne réponse à cette question bien sûr, et on pouvait encore moins y répondre par oui ou par non à mon sens.

« On a qu’une vie, et je suis heureuse d’avoir une chance de vivre encore la mienne, c’est tout ce que je peux dire. »

J’agitai alors ma flasque dans sa direction, et lui en proposait une gorgée, à tout hasard.
Gryffondor↯  La force du lion est en moi
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Maël J. Fontaine

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MessageSujet: Re: Two-dimensional world    Dim 17 Mar - 20:26

      « Je ne suis personne pour te dire ce à quoi tu dois t’accrocher pour traverser ce que tu vis, et je ne suis personne pour te dire ce en quoi tu dois garder espoir. Ce sont des réponses que tu dois trouver en toi, et cela peut prendre du temps. Mes réponses à moi je les puise au plus profond de mes entrailles, et certaines n’y existent même pas encore. »


    Ses mots atteignaient de manière différée mon cerveau, et je m’en rendais bien compte. C’était… flou. Elle semblait, d’une certaine manière, vraiment déterminée à m’aider, et je ne comprenais pas pourquoi. Ca ne servait à rien de vouloir m’aider. Je n’avais pas besoin d’aide. Si, j’en avais besoin, mais je n’en avais pas envie. Les réponses ? Je ne savais même pas si j’avais envie de les entendre. Je me complaisais dans la nuit de mes paupières fermées, imaginant le plafond que je fixais, dans ses moindres détails. Je rajoutais une toile d’araignée, là, à droite. Et un défaut à une pierre, juste au dessus de moi, qui allait peut être faire s’écrouler toute la structure millénaire. Un sourire fatigué s’étira sur mes lèvres. Je songeai pour la première fois depuis des heures à me redresser voire m’adosser à un pan de mur. Pourquoi ? Je n’en savais rien. J’étais incapable d’aligner deux pensées cohérentes en fait… Et elle non plus visiblement…

      « Rien ne t’oblige à t’attacher à qui ce soit, tout comme rien ne nous oblige à rester. Mais réfléchis-y à deux fois, serait-ce réellement mieux ailleurs ? Qu’est-ce qui te fait croire que le mal qui rongent les âmes humaines ici en Grande Bretagne ne le fait pas tout autant partout ailleurs sur Terre ? Où serait-tu sûr de ne plus subir la peur, la violence, la haine… Je n’ai pas assez confiance en notre race pour croire qu’un tel lieu existe. En outre, que sera ta vie lorsque tu auras cessé d’aimer… ? Je préfère ne même pas l’imaginer. »


    Cesser d’aimer ? Ce devait être reposant. Je songeais à Evelyne, à Robert, à Sephora même ! Tant d’attaches, tant de liens, qui m’avaient amené autant de souffrances que de joie. Plus de souffrance, même, récemment. Evelyne… je lui avais confié mon cœur sans aucune arrière-pensée, sans aucun doute. Spontanément, je lui avais offert mon entière et pleine confiance, et elle m’avait trahi avec l’autre personne qui avait ma confiance absolue. Etrange, comme c’étaient les deux personnes que j’aimais le plus qui m’avaient planté de concert un couteau dans le dos. Et maintenant, c’était trop tard… Je n’avais pas pu m’expliquer avec Robert, les mois pendant lesquels je l’évitais ayant mis entre nous un gouffre si grand qu’il avait fui Poudlard sans que je ne soupçonne quoique ce soit… Si aller de l’avant avec Evelyne m’avait semblé impossible il y a quelques semaines, c’était à présent tout bonnement inenvisageable. Simplement inenvisageable. La seule solution aurait été d’avoir une discussion en tête à tête (à tête) entre nous trois, mais c’était trop tard. Une nouvelle larme s’échappa de mes yeux bruns.

      « C’est injuste… »


    Ces trois mots m’échappèrent juste après ma question directement adressée à l’autre élève. Injuste… tout simplement. Elle ne dut pas les entendre, après tout ils n’étaient guère plus robustes que des petits papillons de nacre s’approchant d’une torche, puisqu’elle répondit à ma question sur le fait qu’elle était, ou non, heureuse.

      « On a qu’une vie, et je suis heureuse d’avoir une chance de vivre encore la mienne, c’est tout ce que je peux dire. »


    Dans un soupir profond, j’expirai tout l’air de mes poumons. Une vie, une chance… c’était tout. Et pour ceux qui n’avaient pas de chance, qui faisaient confiance aux mauvaises personnes, qui se confiaient aux mauvaises personnes, ils n’avaient pas de seconde chance. Je songeais au père de Potter, je songeai à mon meilleur ami, à toutes les victimes de la guerre. Elles n’avaient pas de deuxième chance. Une vie, une chance, c’était ce p#tain de deal qui me foutait le jeton. Je me sentais partir dans une grossièreté à laquelle je n’étais pas habituée. Vers quoi, où dérivais je ? Je me sentais glisser le long d’une pente. Une pente qui me conduisait vers des abysses dont j’ignorais la nature. Lentement, avec une grimace parce que je n’avais pas bougé depuis bien longtemps, je me redressai finalement, assis à même le sol, ramenant mes jambes vers moi et finissant par m’assoir en tailleur, ouvrant péniblement les yeux, les refermant devant le rayon de soleil qui me surprit, puis les rouvrant sur le sol de pierre. Je me passais une main sur les yeux, avant de plonger mon visage entre mes mains, appuyées elles sur mes genoux, mes jambes ramenées contre ma poitrine. Je suffoquais moins qu’en cours de métamorphose, peut être, mais bon… ce n’était pas pour autant que j’allais mieux. Je plissai les yeux en essayant de distinguer le visage de celle qui se tenait éloignée de moi, mais j’abandonnais vite cette idée, de un parce que il fallait que les paupières se réhabituent à la faction ouvertes, et que la lumière me gênait un peu, de deux parce que je n’avais toujours pas réellement envie de savoir quelle élève c’était.

      « On a qu’une vie, oui… qui décide si elle doit s’abréger prématurément, ou se poursuivre à l’infini, qui ? La nature ? la « chance » ? Les autres ? Une entité supérieure qui s’amuserait à couper des fils dans une chambre noire ? Est-ce trop… ambitieux d’espérer pour ses proches une longue vie, une vie sans trahison, sans mensonge ? Et même, d’espérer ça pour soi ? Tu trouves ça… juste, d’apprendre par la presse que ton meilleur ami est mort, qu’il était malheureux, qu’il gardera à jamais de toi l’image d’un ami distant… »


    Je parlais de plus en plus vite, de plus en plus fort. Je me levai brusquement pour tourner le dos à l’élève et frapper dans le mur le plus proche avec le poing. Je m’y appuyai ensuite, toujours dos à la fille.

      « Plus de dix ans d’amitié ruinés en un soupir, et oubliés en quelques mois de disputes… Et même pas le temps de se réconcilier, même pas le temps de se pardonner… Dix ans pour découvrir par le biais d’un p#tain de journal qu’il était malheureux, qu’il a préféré tous nous lâcher plutôt que me le dire, qu’il ne voulais pas qu’on sache, dix ans pour qu’un p#tain de journal m’apprenne qui était mon meilleur ami, m#rde ! »


    Je m’énervai à nouveau sur ce pauvre mur, ignorant mes phalanges qui criaient grâce et les hématomes qui commençaient à se former sur ma main.

    Spoiler:
     







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