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Poufsouffle↯  La loyauté, ça me connait !
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Sasha Tetlan

Poufsouffle
La loyauté, ça me connait !


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MessageSujet: Est-il possible d'oublier ?    Dim 17 Fév - 18:17

    Une semaine que le journal était paru, une semaine que tout avait pris fin. Je ne savais pas définir mon état, je me levais, m'habillais, allais dans la grande salle, ne touchais jamais à mon assiette et puis j'allais en cours, j'écoutais, je travaillais et puis je retournais dans ma chambre. Là je regardais dehors, au loin. Le temps passait ainsi. J'errais, sans prendre conscience du monde qui m'entourais. Je ne faisais pas attention à ces regards qui me fixaient, à tous les chuchotement qui fleurissaient derrière moi. Rien de tout cela ne retenait mon attention, je n'étais plus rien qu'une ombre. Un corps qui avançait, car mon esprit flottait dans un monde à part, un monde qui n'avait rien à voir avec celui dans lequel j'étais censée vivre. Je n'étais plus la même, je ne le serais plus jamais.

    Cette nuit, je n'avais pas dormi, pas du tout et le matin j'avais une nouvelle fois les yeux ouvert quand le ciel est devenu moins sombre. J'ai entendu les couvertures de mes camarades de chambre se soulever et leur conversation battait le plein. Moi je n'y pris pas part, d'autant que les rideaux de mon lit étaient tirés. Je ne voulais pas les voir, ni les entendre. Je les laissais partir, l'une d'elles eu une parole qui m'était destinée, je pense que cela ressemblait à quelque chose comme 'nous y allons, à tout à l'heure'. Mais elles savaient toutes que je ne voulais aucun contact avec elles. Puis le silence. J'avais besoin de ce silence, pour être bien. Enfin, bien était un mot qui ne signifiait en aucun cas mon état du moment.

    Je me levais de mon lit et m'habillais de l'uniforme habituel de Poudlard. Ce qu'il y avait de bien avec cette école, c'est que je n'avais pas à me prendre la tête sur ma tenue du lendemain, étant donné que tous les jours nous devions porter l'uniforme. Et puis je sortis de ma chambre. J'aurais pu me diriger vers la sortie et ensuite la grande salle, mais je ne fis rien de tout cela. Non, mes jambes m'ont emmené là où je n'avais pas mit les pieds depuis un long moment. Sa chambre. Elle était vide, ses camarades étaient eux aussi partis manger leur petit déjeuner. Personne, pas âme qui vive. Je me dirigeais vers son lit, celui où nous avions passé des instants de félicité tous les deux. Je touchais le bois du lit, puis les draps, froids. Plus d'un mois où il n'avait dormi là et il n'y dormirait plus, plus jamais. Je m'assis et fixais la pièce. Quand une phrase revint à mon esprit, une phrase que j'avais lu dans cet article annonçant la mort de mon petit ami. « J'avais toujours des difficultés à te retrouver après ces escapades, j'en avais la nausée, tu étais souillée, mais si belle. »

    Des larmes, ces larmes que je n'avais pas versées depuis quelques jours, celles que j'avais retenues se sont déversées sur mes joues. Cette tension que j'accumulais depuis quelques jours, le premier signe d'une émotion que je tentais de cacher au plus profond de mon être. Une émotion que je lâchais quand je me trouvais seule. Je me laissais tomber sur le sol et je me retrouvais face à sa valise soigneusement dissimulée sous le lit. Je séchais mes larmes et tirais la malle. J'ouvris pour tomber sur ses uniformes propres, ses écharpes et ses effets personnels. Mes doigts effleurèrent les étoffes, une odeur arriva jusque dans mes narines. Je fermais les yeux. Il était là à côté de moi, il touchait mon cou, se penchait pour m'embrasser. Il était là, encore vivant. Mais cette sensation vola en éclat, aussi vite qu'elle était arrivée. Il ne serait plus là, ne me toucherais plus, ne m'embrasserait plus. Je pris son uniforme et je respirais à plein nez. Puis je fouillais dans cette malle à la recherche d'objet qui lui appartenait. Mes mains cherchaient fébrilement, jusqu'à ce que je touche un objet dur, froid. Ma main se refermait autour de cet objet mystérieux et le tirait hors de la malle.

    Une bouteille, contenant un liquide ambré. Une de ses fidèles amies, celle qui nous avait éloigné. Celle qui lui permettait d'oublier quelle piètre petite amie je faisais. Celle qui lui permettait de fuir la vie qu'il détestait tant. Je tournais le bouchon et approchai la bouteille de mon nez. Je respirais l'odeur de l'alcool. J'approchais le goulot de mes lèvres, quand j'entendis un bruit venant des escaliers. Aussitôt je refermais la bouteille et la cachait sous ma cape, et je repris une contemplation quasi religieuse des vêtements de Robert. La porte s'ouvrit sur un de mes camarades.


    Sasha, Qu'est-ce que … Ho … Je comprends, tu veux récupérer certaines de ses affaires ? Tu sais que ses parents vont bientôt venir chercher tout ça, tu devrais prendre ce dont tu as besoin et partir. Je pense que ce n'est pas bon de rester ici. Je vais te laisser et revenir plus tard. Je pense que tu n'as pas envie de parler de tout ça …

    Je n'avais pas regardé le jeune homme, j'avais juste entendu sa tirade, je pouvais prendre ce que je voulais. Je fouillais dans sa malle, trouvant plusieurs bouteilles. Je voulais pas que ses parents trouvent cela dans sa valise, je voulais que l'on garde en mémoire ce jeune homme souriant, plein d'esprit et non l'alcoolique … Je un de ses uniformes que j'étalais par terre, puis je répartis les bouteilles sur le morceau de tissus. Puis j'emballais mes trouvailles, je refermais la malle puis je pris mon fardeau et je sortis de la chambre de mon amour. Une dernière fois.

    Je me précipitais dans ma chambre afin de dissimuler tout cela dans ma valise. Je contemplais mon trésor, voilà ce qui aurait pu me rapprocher de lui. J'étais comme hypnotisée par ce que j'avais devant moi. J'entendis à nouveau un bruit. Sans plus de cérémonie, je pris une bouteille que je cachais sous mon uniforme puis je refermais ma valise, que je glissai sous mon lit et je pris la direction de la sortie. Je marchais dans les couloirs, j'étais fébriles, j'avais peur que l'on me prenne sur le fait. Je n'étais pas moi même, je regardais un peu partout, de peur que l'on me suive, que l'on sache ce que j'allais faire. Jamais je n'avais goûté à cela, car ça me dégoûtais, surtout quand je voyais Robert sous l'emprise de l'alcool, mais … Peut être que j'allais oublier le cauchemar que je vivais.

    J'arrivais à la volière, je ne pouvais dire pourquoi je m'étais rendu en ce lieu, mais j'espérais ne pas y être dérangée. Mis à part par les hiboux, il n'y allait pas avoir grand monde, tout du moins je le voulais très fort. Je me collais au mur, puis je sortis la bouteille de sa cachette et j'ouvris une nouvelle fois le bouchon. Dans cette bouteille, le liquide était transparent, comme de l'eau. Je respirais l'odeur, puis j'approchais le goulot de mes lèvres. Je fermais les yeux et dans un geste je penchais la bouteille, le liquide se répandis dans ma bouche, puis ma gorge. Une gorgée et le liquide me brûla la bouche. Je repoussais la bouteille, je secouais la tête de dégoût. A contre cœur, j'approchais une nouvelle fois la bouteille de ma bouche et j’avalai une nouvelle lampée. Les larmes roulèrent à nouveau sur mes joues, mélange de dégoût, de colère, de tristesse. J'avalais encore une gorgée. La sensation de brûlure laissait la place à cette avidité, celle de finir la bouteille, oublier. Mais, un bruit, des pas approchant me tirais de cette état. Je refermais la bouteille et la cachait derrière moi. La tête me tournais déjà et je ne pus distinguer la personne qui arrivait là où je me trouvais.
Gryffondor↯  La force du lion est en moi
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Sephora A. Jones

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MessageSujet: Re: Est-il possible d'oublier ?    Mer 20 Fév - 12:48



Assise sur un rocher, face à la mer, les cheveux au vent, je profitais des mes derniers instants hors de Poudlard. J'étais toujours en repos chez mes parents, mais pas pour longtemps. Je repartais d'une minute à l'autre. J'avais réussi à convaincre mon père et ma mère de me laisser voir le lever du soleil une dernière fois. Ils étaient très inquiets depuis mon retour à Clacton. Ils me chouchoutaient bien plus que d'habitude. Je n'aimais pas leur mentir, mais j'avais été dans l'obligation de le faire. Je ne le supportais plus et c'était surtout pour ça que j'avais hâte de retourner à Poudlard. Le château me manquait, c'était indéniable. Mais surtout mes amis me manquaient. J'avais tellement hâte de les revoir. J'avais bien vu Maël pendant ma convalescence, mais depuis, je n'avais rencontré personne. J'étais toujours sans nouvelles d'Evey. On s'était envoyé des lettres, mais j'ignorais lorsqu'elle rentrerait. J'avais du mal à imaginer les cours dans elle. J'espérais qu'elle serait bientôt guérie. Cela allait être bien triste dans le dortoir des Gryffondor... En même temps, être dans les murs de l'école me donnait l'impression d'être en sécurité, malgré tous ce qui avaient bien pu se passer ces dernières années.

Regardant le quadrant de ma montre, il était grand temps que je retourne chez moi. Je longeai la côte pendant une douzaine de minutes, puis empruntai un petit chemin sinueux pour rejoindre le lotissement où habitaient mes parents. Des dizaines de maisonnettes alignées les unes à côté des autres, toutes modelées sur le même modèle. J'avais grandi entre ces rues, jouant avec les enfants du quartier, jouant avec Christopher. Enfin, cela, c'était avant que je découvre mes pouvoirs. À l'époque, j'ignorais que c'en était, je me croyais juste différente. En réalité, j'étais une sorcière. Mais cela, je ne l'appris que bien plus tard. Et avant de recevoir ma lettre d'admission à Poudlard, je n'avais connu que la solitude et le rejet. Les autres élèves refusaient de traîner avec la fille bizarre qui faisait exploser les réseaux électriques. Cela avait été une période très difficile pour moi. Heureusement pour moi, j'avais toujours pu compter sur mon cousin, en n'importe quelle circonstance. Sans lui, je n'aurais sans doute pas tenu. Je passai même devant chez lui sans vraiment m'en apercevoir. Je m'étais rendue chez ma tante et mon oncle plusieurs fois ces derniers jours, pour passer le temps. Je n'avais pas grand chose à faire chez moi, à part dormir et manger. J'avais surtout beaucoup tenu compagnie à la mère de Christopher qui soignait son cancer. Elle me semblait tellement faible... On avait peur qu'elle ne s'en remette jamais... En y repensant, je chassai les larmes qui étaient apparues sur mes joues. Cela me rendait tellement malheureuse. Les nouvelles tristes n'en finissaient pas de tomber ces derniers jours. J'avais appris avec douleur dans les journaux la mort du père de James. Je ne l'avais jamais rencontré, je n'avais fait que l'apercevoir au mariage de son fils mais je savais qu'il était quelqu'un de bien. Je regrettais sa mort. Le département des Aurors avait beaucoup perdu. La mort semblait s'acharner sur la famille Potter puisque Lily avait perdu son enfant. J'étais tellement désolé pour eux... La mort de Robert Lundy me faisait également beaucoup de peine. Je pensais notamment à Sasha et à la douleur qu'elle devait ressentir en ce moment. Je n'avais jamais vraiment su comment réagir face au décès prématuré d'une personne que l'on connaissait. J'avais peur de la croiser et de ne pas savoir quoi lui dire.

J'étais enfin arrivée chez moi. Le tintement de la sonnette retentit lorsque je passai la porte. Ma valise était déjà en bas de l'escalier. Mon père avait insisté pour prendre sa matinée pour m'aider à préparer mes affaires. J'allais monter à l'étage pour le retrouver lorsque j'entendis une douce mélodie parvenir à mes oreilles. Je la reconnus aussitôt, c'était L'hiver de Vivaldi. Je traversais la cuisine pour me rendre au salon et vis mon père assis au piano, jouant avec beaucoup d'émotions. Je m'accoudais au piano à queue et attendis qu'il termine son morceau. Lorsqu'il se leva, je pus presque déceler une larme au coin de ses yeux. C'était toujours pareil lorsque je retournais à l'école. Il avait toujours du mal à me laisser partir. Des tas de choses nous liaient...
« Tu sais Papa, tu n'aurais pas du prendre ta matinée, j'aurais pu me débrouiller toute seule, je suis grande. »
Il leva les yeux sur moi, et ne répondit pas, préférant enchaîner sur un autre sujet.
« Je t'interdis de rejouer au Quidditch Sephora. »
Je fronçais brusquement les sourcils, me demandant durant quelques secondes ce qui lui prenait. Soudainement, je compris. Mes mensonges me rattrapaient, et je ne pouvais rien y faire. Un air contrarié pouvait se lire sur mon visage. Mon père et ma mère ignoraient tout de l'attaque de Pré-au-Lard dont j'avais été victime. Je ne souhaitais pas les mêler à notre guerre. Ils s'en faisaient déjà tellement pour moi... J'avais du inventer un stratagème pour qu'ils ne se doutent de rien et avais prétexté une chute de balai. Ils m'avaient cru, même si je sentais bien qu'ils se doutaient de quelque chose.
« Mais Papa... »
Il me coupa.
« Non, tu ne discutes pas. On aurait jamais du te laisser voler, c'est bien trop dangereux. Tu aurais pu mourir, Seph, je ne veux pas vivre ça. »
Je laissai mon père parler car de toute manière, rien de le ferait changer d'avis. Je n'aimais pas lui désobéir, mais je n'arrêterais jamais de voler. Jamais. Mon père m'aida à mettre mon manteau, et j'enfilais une écharpe autour de mon cou, pour camoufler ma cicatrice. Je commençais à m'y habituer et désormais, cela ne me gênait plus de la regarder. Elle faisait partie de moi, de ce que j'avais vécu à Pré-au-Lard. C'était mon histoire. Il me prit dans ses bras et me serra si fort que je crus étouffer.
« Je t'aime ma petite fille, rentre bien. »
Je lui souris et répondis : [
« Moi aussi Papa, embrasse Maman pour moi. »
Sans un mot, je transplanai et atterris face à la grande grille de Poudlard. Normalement, un membre du personnel devrait venir m'ouvrir. Une fois les pieds bien au sol, je me retournais vers le village de Pré-au-Lard qui n'était désormais rien de plus qu'un tas de ruines. Je secouai la tête et me remémorai cette soirée. Elle avait pourtant si bien commencé... Une voix me sortit de mes pensées : « Mlle Jones ? » Un sourire apparut sur mes lèvres en reconnaissant le professeur Flitwick. Il me tint compagnie jusqu'à la porte d'entrée, faisant voler autour de nous mes affaires. Il m'accompagna même jusqu'à la tour de Gryffondor, je le remerciai une énième fois après qu'il m'eut proposé de ne pas hésiter à venir le voir pour rattraper certains cours. J'adorais beaucoup notre petit professeur de sortilèges. C'était une crème.

Je traversai la Salle Commune, attirant l'attention sur moi. Je jetai vers eux deux trois regards noirs, et ils détournèrent bien vite les yeux. Maël n'était pas là. J'avais peur de le revoir. J'étais certaine qu'il devait être bouleversé par la mort de Robert, même s'ils ne se parlaient plus depuis des mois. Il était même le genre de personne à s'en rendre responsable. Je croisai plusieurs camarades de classe qui semblèrent heureux de me revoir et me souhaitèrent un bon rétablissement. C'était sympathique de leur part. Je pénétrai enfin dans mon dortoir, et faillis bousculer Evelyne qui sortait. Ses yeux étaient rougis et gonflés par les larmes. Décontenancée, je ne sus pas comment réagir. Je la détestais depuis ce qu'elle avait fait à Maël mais tout de même... La voir comme cela me déchira le cœur. J'eus envie de la prendre de mes bras, d'essayer de la réconforter, mais je ne bougeai pas d'un pouce. Elle passa devant moi, et elle ne put apercevoir mon regard compatissant. C'est dur, trop dur. J'ignorais comment me comporter avec elle, alors comment allais-je pouvoir faire face à Maël ? Je posai ma valise au pied de mon lit et m'affalai sur mon matelas. J'y restais quelques secondes, ouvris les pages de mon journal, j'y écris quelques lignes, puis le refermai. Je ne pouvais pas rester ici. Il fallait que je prenne l'air, que je sorte. Je troquai mes vêtements moldus pour mon uniforme scolaire. Je ne voulais pas attirer plus l'attention sur moi. J'enfilai l'écharpe aux couleurs de Gryffondor autour de mon cou. Il faisait de plus en plus froid. L'hiver approchait plus vite que je ne le pensais.

Je dévalai les escaliers, poussai la porte d'entrée. L'air frais me fit frémir. Mes pas me menèrent vers la volière. Ma chouette Elaine était déjà en voyage et il fallait que je prévienne mon père que j'étais bien rentrée. Il ne devrait pas y avoir grand monde. Beaucoup d'élèves avaient leur propre hibou. Doucement, je gravis les marches y menant. Essoufflée, je dus faire plusieurs pauses. Je n'étais pas encore tout à fait remise de mes blessures, et je m'épuisais facilement. Pourtant, au bout de quelques minutes, j'atteignis le sommet, non pas sans difficulté.

Je rentrai dans la volière, certaine de la trouver vide. Pourtant, un visage familier était là. Sasha. Elle avait l'air étrange. « Sasha? » Je m'approchai d'elle et sentis une brusque odeur d'alcool me monter au nez. Elle avait l'air éméchée. Instinctivement, je m'avançai un peu plus et la pris dans mes bras. Elle pouvait pleurer, me repousser, me dire de m'en aller. Peu importe, du moment que ça lui fasse du bien.
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Sasha Tetlan

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MessageSujet: Re: Est-il possible d'oublier ?    Ven 22 Fév - 22:59

    La tête me tournais, je ne me sentais pas très bien. L'alcool produisait son effet, bien plus vite que je ne l'aurais pensé. Mais il y avait un point positif, c'est que je me sentais proche de Robert en cet instant. Même si, malheureusement je ne serais jamais aussi proche de lui que je ne l'aurais voulu, car … Il n'était plus là, il ne le serait plus. Cette idée ne s'était pas encore totalement imposée à moi, pas le moins du monde. Je ne réalisais pas tellement et en même temps je le savais, je sentais ce vide énorme qui s'était creusé depuis le soir de Halloween et surtout depuis l'annonce de sa mort.

    J'avais pris soin d'éviter tout le monde et notamment Maël et Dana. Non pas que je ne voulais pas leur parler, juste que je n'y arrivais, pas que je ne pouvais et j'avais de la rancœur vis-à-vis du rouge et or, étant donné la façon dont il m'avait envoyer me faire cuire un œuf de dragon la dernière fois que nous nous avons envoyé des hiboux. Je voulais être seule, ici dans la volière, ne voir personne et manque de pot pour moi, c'est au moment précis où je souhaitais vider la bouteille que j'avais avec moi, qu'une personne entra et prononça mon nom.

    J'avais eu l'envie de dissimuler la bouteille, mais la personne s'était approchée de moi et m'avais pris dans ses bras. J'eus un haut le cœur à ce moment là, puis … Je ne savais pas ce qu'elle faisait mais je ne voulais pas de ça. Je la repoussais doucement, tout du moins c'est ce que je pensais faire et je m'éloignais d'elle. Je pris appuis contre le mur, tout tournais autour de moi, je ne me sentais pas très bien. Je m'assis par terre et pris ma tête entre mes mains. Je comptais jusqu'à 10, espérant que cette sensation de malaise disparaisse, puis je levais la tête pour discerner le visage de la personne qui était entrée. Je devais regarder la lionne avec un regard hébété, qui mêlé à ma voix mal assurée devait renseigner la blonde sur mon état.


    Seph … Séphora ? Qu'est-ce que … Qu'est-ce que tu fais là ? Je pensais que j'allais être seule alors, j'en ai profité. Tu n'y vois pas d'inconvénient ?

    Perdant toute conscience de mon envie de me cacher, je sortis la bouteille de vodka et je bus une nouvelle au goulot. J'avais soif et j'espérais qu'une nouvelle gorgé ferait taire cette sensation de vertige permanent. Je secouais la tête, tentant de faire disparaître ce goût que je détestais mais qui m'attirait en même temps. C'était Son truc, boire, goûter à un monde loin de tout ce mal être qu'il éprouvait. J'avais été une des responsables, je lui filais la nausée dès que je revenais, après une de mes innombrables escapades amoureuses. J'étais une belle garce, qui avait manqué l'occasion rêvée de vivre pour toujours au côté de l'homme parfait.

    Les larmes montèrent à nouveaux, inondant à nouveau mes prunelles bleutées. Il m'avait abandonné, alors que j'avais terriblement besoin de lui, je le détestas pour cela. Nous avions été tous les deux égoïstes, mais lui encore plus que moi. Je le détestais vraiment, autant que je l'aimais et ça, je ne pouvais pas lui dire, je ne pourrais plus jamais. Les larmes inondaient désormais mes joues, traçant inlassablement des sillons, je ne pouvais pas m'en empêcher, j'avais ce besoin. La seule différence était que j'avais toujours pris soin de pleurer lorsque j'étais seule et jamais avec quelqu'un à proximité, et cela depuis toujours. L'alcool me faisait faire n'importe quoi. Je levais le coude pour boire une nouvelle gorgée. Puis je regardais la rouge et or en lui montrant la bouteille de vodka.

    Voilà la seule chose qui me restera de lui, c'est ma manière de me rapprocher enfin de lui, de le comprendre comme je n'ai jamais pu le faire. Tu pense que si je l'avais accompagner dans ses travers plutôt que de me consacrer aux miens, il se serait senti compris, moins seul ? Je me sens nulle, idiote, je l'ai laissé tombé en pensant que notre amour serait plus fort que n'importe quoi et on voit le résultat. Il est parti, il avait décidé de fuir, j'étais au plus bas, je me rongeais les sangs et lui … Il vivait la vie qu'il a toujours rêvé d'avoir … On le pensait en danger et au final, non. Et il est mort, le plus stupidement possible, il est mort. Et je n'ai jamais pu l'aider, être là pour lui. Je …

    Les mots se perdirent dans le silence, qui se brisaient quand un hiboux s'envolait. J'en avait trop dit, une fois de plus avec Sephora. Et je ne savais pas si c'était bien dans mon état de parler.
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MessageSujet: Re: Est-il possible d'oublier ?    Mer 27 Fév - 16:08



Quand j'avais décidé de monter en haut de la volière, jamais je n'aurais cru voir la scène qui se déroulait sous mes yeux. Sasha Tetlan en train de boire au goulot une bouteille d'alcool fort. Je ne connaissais pas vraiment la jeune Poufsouffle, mais depuis notre dernière rencontre cet été, j'avais ressenti beaucoup d'affection pour elle. Ce n'était pas la fille qu'on disait qu'elle était, c'était quelqu'un de tourmentée et de blessée, comme je l'étais moi aussi. Je pouvais sentir sa détresse dans ses yeux, et aussi, l'envie d'être seule. Je ne savais pas quoi faire. Je venais à peine de rentrer à Poudlard. J'avais passé dix jours dans un centre de soin, puis une bonne semaine chez mes parents, près de la mer. Durant ma convalescence, dès que j'avais appris la mort de Robert, j'avais redouté ce moment. Celui où je croiserais Maël, celui où je croiserais Sasha. Même Evelyne. J'avais crains cet instant car je m'étais toujours demandé comment je réagirais une fois face à eux. Je me demandais bien ce que cela me ferait si j'apprenais que mon petit ami était décédé dans un accident de voiture, comment je réagirais si j'apprenais que mon petit ami avait disparu durant un mois dans le monde moldu car la vie avec moi ne lui suffisait pas. C'est ce que Sasha devait ressentir. Si j'étais elle, il n'y aurait ni tristesse, ni larmes. Seulement de la colère. Une aigreur et une haine immenses envers celui qui m'avait abandonné, envers celui qui m'avais déçu. J'aurais crié, je me serais battue, j'aurais été dans un état secondaire. Mais elle n'était pas moi et je n'étais pas elle. Cela faisait toute la différence. Elle, préférait de loin boire, comme pour être plus proche de lui. Je n'avais pas connu Robert. Ce n'est pas quelqu'un que j'avais trouvé intéressant, même s'il était un très bon mélomane. J'avais bien envie de dire à Sasha de passer à autres choses. Qu'il ne la méritait pas au fond, mais en fait, je ne connaissais rien de leur histoire. Sasha avait fait des erreurs elle aussi. Je ne voulais pas l'accabler plus qu'elle ne l'était déjà.

Je serrai Sasha fort contre mon cœur durant plusieurs secondes jusqu'à ce qu'elle me repousse doucement. Je pouvais le comprendre, elle avait sans doute envie d'être seule, ou peut-être qu'elle croyait que j'avais pitié d'elle. Ce n'était pas le cas. J'étais triste pour elle, c'est tout. Sasha n'était pas une amie comme les autres. Avant notre discussion de cet été, nous nous étions quasiment jamais parlé. Après ça, nous nous adressions des petits coucous et des sourires quand nous nous croisions, échangeant quelques banalités quand l'occasion se présentait. Pourtant, je me sentais proche d'elle. Peut-être parce que nous nous étions confiées l'une à l'autre et qu'on avait maintenant l'impression de mieux nous connaître. Je ne savais pas vraiment.

L'air hébété de Sasha me donna mal au cœur. La voir dans cet état-là était douloureux pour moi. Je n'aimais pas voir les gens souffrir de la sorte. Doucement, elle glissa contre le mur et tomba à terre, l'alcool faisait probablement déjà effet et la terre lui tournait. Elle me parla, et me demanda ce que je faisais là. Sa voix indiquait clairement qu'elle avait bu. Une voix âpre et mal assurée.
« Tu veux que je parte ? »
J'étais parfaitement disposée à le faire. Il y avait trois personnes que j'aimais le plus au monde : mon père, ma mère et mon cousin Christopher. J'imaginais pendant une seule seconde que l'un d'entre eux soit décédé. Je ne demanderais qu'une seule chose, qu'on me laisse tranquille, seule. Si elle voulait que je quitte les lieux, je le ferais sans hésiter.

Devant moi, elle sortit la bouteille et but une nouvelle fois. Des larmes coulèrent doucement sur ses joues. On aurait dit un ange qui pleurait. Sasha était vraiment très belle et la voir ainsi me donner envie de pleurer à mon tour. Je m'accroupis en face d'elle et essuyai les gouttes salées qui glissaient sur son visage. Mais ses pleurs ne tarissant pas, j'abandonnai. Elle en avait peut-être besoin. De verser toutes les larmes de son corps pour après se sentir mieux. Je ne disais pas un mot. Et elle non plus, elle se contentait de boire un peu de temps à autres. Au bout d'un certain temps, elle leva la bouteille vers moi et se confia à moi. Je n'aurais jamais pensé qu'elle le ferait. Nous nous étions rapprochées, certes, mais au point de me livrer ce qui la tourmentait tant... Même si ce n'était pas bien difficile à comprendre. Robert était la cause de tout cela, de son dérapage. Elle me révéla que boire était le seul moyen qu'elle avait trouvé pour se rapprocher de lui. Comment elle se sentait coupable d'avoir préférer succomber à ses propres vices plutôt qu'aider Robert à ne pas sombrer dans les siens, comment la culpabilité la rongeait.

Cette révélation m'intima le comportement à prendre. Je m'assis près d'elle, lui pris la bouteille des mains et avalai une gorgée. Je reconnus aussitôt le goût infâme de la Vodka pure. Je détestais ça, je trouvais ça trop fort. Je savais que boire de l'alcool était mauvais dans mon état. Le mélange Vodka médicaments ne faisait pas bon ménage, mais j'en avais besoin moi aussi. Je voulais oublier ces derniers jours. Mes soucis étaient sans doute moins important que les siens, mais peu importait. Sans m'en rendre compte, de ma main libre, je touchai ma cicatrice. C'était désormais devenu une habitude. Comme pour vérifier qu'elle était toujours là, que Pré-au-Lard n'avait pas été qu'un rêve.
« T'en veux pas Sasha, tu n'y étais pour rien. Il a choisi sa propre destinée. Sérieux. C'est lui l'imbécile, pas toi. Il ignorait la valeur de la vie. Il a préféré t'abandonner pour vivre dans le monde moldu au lieu d'affronter clairement ses problèmes. C'était qu'un con. Voilà mon avis. Tu mérites bien mieux. »
Je me doutais que mes mots seraient pour elle durs à entendre. Mais j'avais l'habitude d'être franche avec moi-même et avec les autres. C'était ce que je pensais, alors j'avais le devoir de le lui dire. Je lui retendis la bouteille, elle en avait plus besoin que moi pour l'instant.
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Sasha Tetlan

Poufsouffle
La loyauté, ça me connait !


Carte du maraudeur
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Bonus: + 11
MessageSujet: Re: Est-il possible d'oublier ?    Dim 3 Mar - 10:17

    Il avait laissé un vide énorme, un vide que je comptais remplir à cet instant par l'alcool que j'avalais goutte après goutte. Comment pouvait-il aimé ça ? Enfin, je doute qu'il aimait, mais cela lui faisait oublié tant de choses qu'il haïssait. Je buvais pour me rapprocher de lui, mais aussi pour oublier ce grand vide qu'il avait laissé, oublier qu'il s'était payé ma tête en disparaissant, en nous laissant croire qu'il avait été enlevé. Il avait fuit, il avait fait preuve de lâcheté et je lui en voulais terriblement. Mais je l'aimais, énormément. Je ne me voyais pas du tout ma vie sans lui, mais je devais me rendre à l'évidence, il ne ferait plus jamais parti de ma vie, il ne serait plus jamais là. Je voulais me jeter dans ce grand vide et disparaître moi aussi. Sauf que je n'étais pas assez égoïste pour le faire.

    Sephora s'assis à côté de moi. Je ne savais pas si j'avais envie qu'elle fasse ça, en fait mon esprit était tellement embué par les vapeurs d'alcool que je réfléchissais assez mal. Puis elle me pris la bouteille des mains et bu à son tour. Je tournais la tête vers elle, trop vivement, car la volière se mit à tourner plus vite qu'auparavant. Je fermais les yeux quelques secondes puis je les rouvrit. J'attendis qu'elle finisse sa gorgée pour lui prendre la bouteille des mains.


    Hé c'est la mienne !


    Je lui pris la bouteille pour avaler le liquide au goulot. La gryffondor me parlait, de Robert, de sa lâcheté, etc. Elle disait tout haut ce que mon inconscient savait déjà, ce que je me disais intérieurement, mais que je ne voulais pas réaliser pour le moment. C'était encore trop tôt pour que je me dise que tout était de sa faute à lui, que je n'y étais pour rien. Car la vérité, était que je me sentais affreusement coupable d'avoir été la fille que j'étais, de n'avoir pas eu assez d'attention pour lui, d'avoir été la garce, la fille facile sur laquelle tous les garçons de Poudlard (ou presque) étaient passés. Je pleurais, inlassablement, les larmes perlaient au coin de mes yeux pour tomber sur mes joues. Je posais ma tête contre le mur, j'inspirais une grande bouffée d'air.

    Tu sais Sephora, je ne sais pas si je mérite mieux. Je ne sais même pas si je le méritais. Il était là dans les moments les plus durs, quand j'ai perdu mes parents. Il savait tout de moi, je pensais qu'il ne m'en voulait pas quand … quand je me retrouvais avec d'autre garçon. J'ai été stupide, aveugle... Je m'en veux. C'est peut être un con, un con que j'aimais, que j'aime plus que tout. J'arriverais peut être à réaliser qu'il ne sera plus là, qu'il ne reviendra pas. Mais, aujourd'hui j'ai encore beaucoup de difficulté à le croire, à ne pas me sentir coupable et puis … Je suis bête de boire ça, je déteste ce goût. Comment tu fais pour apprécier, toi ?


    Je posais la bouteille par terre, je voulais plus en boire pour le moment, la tête me tournais trop, je ne supportais pas du tout l'alcool. Je passais une main sur mon visage. Est-ce que j'étais dans le vrai que de faire ça ? Je devais remonter la pente, mais je ne m'en sentais pas du tout le courage, je voulais juste descendre plus bas que terre, être au plus bas. Je n'étais pas en capacité de remonter la pente, même si mes amies me proposaient leur aide, même si mes camarades m'offraient leur regard plein de pitié et compatissant, je n'y arrivait pas. Je regardais Sephora, elle était là pour moi, alors que l'on était pas si proche que ça, enfin nous nous étions rapprochées depuis peu. Je savais que je pouvais compter sur elle, dans n'importe quelle circonstance. Et moi ? Je m'apitoyais sur mon sort et je ne me préoccupais pas de son état. Je ne m'étais pas inquiété de sa santé. J'étais si égoïste.

    Désolé … Je suis désolée Sephora, je ne sais même pas comment toi tu vas ? Tu vas mieux ? Après … tout ça ?
Gryffondor↯  La force du lion est en moi
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Sephora A. Jones

Gryffondor
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MessageSujet: Re: Est-il possible d'oublier ?    Dim 7 Avr - 11:20



Je pouvais bien comprendre dans quel malaise psychique se trouvait la jeune Poufsouffle. Elle avait l'air si désemparée, si perdue, que cela me faisait beaucoup de peine de la voir ainsi. Franchement, je n'étais pas triste de la mort de Robert car je ne l'avais pas connu, mais j'étais plutôt désolée pour tout ses proches endeuillés par sa disparition si soudaine. Je n'osais imaginer la douleur que je ressentirais si je perdais à mon tour un de mes amis ou quelqu'un qui m'était cher. Si je perdais mes parents, Christopher, Evey ou Maël ? Je n'osais même pas y penser tellement cela me paraissait inconcevable. Sasha quant à elle semblait au bord du gouffre. Tellement qu'elle buvait pour combler le manque de son petit ami, peut-être pour se rapprocher d'avantage de lui. Robert avait sombré dans l'alcool je ne savais même pas trop comment étant donné que jamais je ne m'étais intéressée à lui. Et malgré tout les ragots qu'on avait colporté à Poudlard sur le couple Sasha – Robert, je pouvais maintenant affirmer avec certitude que la jeune femme l'aimait. Cela se lisait aisément dans sa peine et sa douleur.

Une fois assise auprès d'elle, je sentis l'odeur pestilentielle de l'alcool sur elle. Comment la boisson pouvait-elle ravager à ce point une personne ? Lorsque j'en bus une gorgée, cela me détruisit la bouche et l’œsophage. Comment pouvait-elle continuer à vider la bouteille ? Personnellement, je n'en voulais déjà plus. Et, je sentais déjà mon esprit s'embrouiller. Peut-être parce que je n'avais pas du tout l'habitude. C'était sans doute cela. Sasha récupéra ce qui lui appartenait. Enfin, je n'étais pas vraiment certaine qu'elle était à elle, mais qu'est-ce que cela pouvait bien faire ? « Garde-là si ça te fait plaisir, après tout. »

Sasha ne parut pas vraiment s'offusquer de mes propos. J'avais parlé en toute connaissance de cause, en disant tout. La franchise était une de mes qualités. Ou l'un de mes défauts. Cela dépendait du contexte. Pour le moment, je n'avais pas voulu blesser Sasha en lui disant cela, mais plutôt pour la faire réagir. Pour qu'elle comprenne qu'elle n'était pas responsable de tout ce qu'avait fait Robert. Enfin, peut-être un peu, je ne savais pas. Mais pour qu'elle aille mieux, elle ne devait surtout pas penser à cela. Alors que je pensais à cela, elle pleura de nouveau. S'en était plus que je pouvais supporter. La gorge serrée, je sentis moi aussi des larmes me monter aux yeux. Peut-être que l'alcool avalé exacerbait mes émotions. Moi aussi, je réfléchissais beaucoup à la vie en ce moment. Je ne voulais pas la gâcher à pleurer et à vivre dans le passé. Je voulais le meilleur avenir pour mes enfants et pour les enfants de mes enfants. J'en avais marre de cette guerre, de ces morts, de ces pleurs, du chagrin qui nous consumait tous les uns après les autres. Et encore. Je n'avais pas encore croisé Maël. Je sentais que cela allait être dur pour moi de le voir aller mal. Je me posais dix milles questions : allait-il feinter que tout allait bien ? Ou montrer qu'il était six pieds sous terre ? Le connaissant, je pencherais plutôt pour la première solution. Je ne le voyais pas vraiment laisser paraître la moindre émotion. Je craignais tellement notre prochaine rencontre.
« Tu sais Sephora, je ne sais pas si je mérite mieux. Je ne sais même pas si je le méritais. Il était là dans les moments les plus durs, quand j'ai perdu mes parents. Il savait tout de moi, je pensais qu'il ne m'en voulait pas quand … quand je me retrouvais avec d'autre garçon. J'ai été stupide, aveugle... Je m'en veux. C'est peut être un con, un con que j'aimais, que j'aime plus que tout. J'arriverais peut être à réaliser qu'il ne sera plus là, qu'il ne reviendra pas. Mais, aujourd'hui j'ai encore beaucoup de difficulté à le croire, à ne pas me sentir coupable et puis … Je suis bête de boire a, je déteste ce goût. Comment tu fais pour apprécier, toi ? »
«Nan, t'en veux pas. S'il t'aimait vraiment, il t'aurait pas laisser faire ça, et lui, n'aurait pas faire ça. Enfin, tu vois ce que je veux dire nan ? Et en fait, je déteste, je trouve ça dégueulasse. En plus, ça nous brouille le cerveau et ça nous faire dire n'importe quoi. T'as vu comme quoi... »
Comme quoi quoi ? Je perdais la tête moi aussi. Je parlais pour ne rien dire, ma tête me tournait vraiment. Je tenais vraiment pas la chopine comme disait mon père. Sasha posa la bouteille, et sans savoir pourquoi, je l'attrapai et en but une autre gorgée. Au moins, comme ça, j'avais l'impression de partager un peu plus sa douleur. Mais peut-être qu'elle ne le souhaitait pas. J'avais du mal à concevoir comment nous étions devenues copines à force de nous conter nos malheurs respectifs. En fait, Sasha, je l'aimais bien. Pour moi, elle était finalement devenue une amie. Certes, c'était une relation plus particulière qu'avec mes autres amies, comme Evey par exemple. Tout-à-coup, elle changea de sujet. Franchement, cela ne me dérangea pas, parler de Robert me rendait malade.
« Désolé … Je suis désolée Sephora, je ne sais même pas comment toi tu vas ? Tu vas mieux ? Après … tout ça ? »
Après sa question, je gardai le silence pendant de nombreuses secondes. Je réfléchissais. Au fond, comment j'allais ? Physiquement, j'allais mieux. Moralement, j'étais toujours choquée par ce qui m'était arrivée. Je me rendais toujours pas bien compte que j'avais failli perdre la vie. Je savais que je demeurais toujours mentalement légèrement perturbée. J'avais toujours des absences parfois. J'oubliais ce que j'avais fait deux minutes plus tôt, je me retrouvais à des endroits sans que je ne sache comment j'ai été arrivé là. Cela me rendait les choses un peu plus confuses. Mais celles-ci se faisaient de plus en plus occasionnelles. Peu à peu, je reprenais une vie normale. Si on pouvait dire cela comme ça. Il me resterait toujours des traces de cet accident, autant dans mon âme que dans mon corps. Inconsciemment, je touchai ma cicatrice qui s'étendait sur mon cou.
« Oh, tu sais, ça va... Je garderai toujours quelques séquelles, comme sur mon cou, mais je me remets. J'ai toujours des petits soucis de concentration, et j'oublie un peu des trucs des fois, mais c'est bon. C'est rien. Des gens s'en sortent moins bien que moi. »







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