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Professeur↯ Les hypogriffes sont gentils, croyez moi
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Phineas Wentworth

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Les hypogriffes sont gentils, croyez moi


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MessageSujet: A l'ombre d'un chaudron...   Sam 8 Sep - 13:04

Phineas ne se décida enfin à quitter la forêt interdite qu’à la tombé du soir. Etant un homme très proche de la nature, il passait le plus clair de son temps à l’extérieur et éprouvait toujours le plus grand mal à revenir dans son bureau. Cet état de fait n’avait pas été facile à vivre pour le personnel de Poudlard à son arrivé en raison de l’impossibilité apparente à pouvoir le contacter en cas de problème. Ceci avait d’ailleurs fait l’objet de quelques reproches… Et même maintenant que tout le monde savait qu’il se trouvait dans la forêt la très grande majorité du temps, certains trouvaient encore à redire, en raison de l’étendu de la sylve qui ne permettait pas de le localiser facilement. Le professeur Wentworth s’était toujours montré relativement désagréable sur ce point. S’il s’aventurait dans ces bois, c’était bien pour qu’on ne vienne pas l’importuner avec des futilités (car bien souvent, leurs problèmes étaient des futilités) et en tant qu’enseignant d’une matière non obligatoire, il ne voyait pas non plus l’intérêt de se mettre à disposition 24h/24. Toutefois, cet isolement dont il faisait preuve l’éloignait également de ses collègues. Ou dans le meilleur des cas, il n’incitait pas au rapprochement. La preuve en était qu’il n’avait finalement fait la connaissance de la professeur d’Astronomie que récemment.

Les pas du vieil homme résonnaient dans les couloirs du château désormais dépourvu de toute activité. Les élèves avaient rejoint leurs salles communes laissant derrière eux un silence apaisant. Nul doute que cette quiétude glaciale, mêlé aux pierres sombres de la bâtisse faiblement éclairé par les chandeliers accrochés aux murs, aurait pu rendre certains individus mal à l’aise, mais Phineas ne s’en incommodait pas outre mesure. Il parcourut ainsi plusieurs mètres jusqu’à la porte qui ouvrait sur son bureau. Sortant sa baguette, il brisa le sortilège de protection qu’il installait sur l’entrée à chaque fois qu’il quittait la pièce. Ceci afin d’éviter que quelques élèves trop curieux aient la soudaine envie de visiter ses affaires. Il ne valait mieux pas que certaines d’entre elles tombent entre les mains de profanes. Une fois à l’intérieur, le professeur alluma les candélabres d’un simple mouvement de baguette, la lueur des flammes se reflétant dans les diverses cloches de cristal aux étranges contenus, positionné sur la grande étagère murale de gauche. Juste en face de celle-ci, était disposé la bibliothèque personnelle de Phineas qui ne comprenait pas que des livres purement inoffensifs. Mais les plus dangereux ne se trouvait évidemment pas là : Il serait particulièrement stupide de les exposer aux yeux des autres enseignants qui y verrait là quelques raisons pour le destitué de son poste. Wentworth n’était certes pas le plus angéliques de tous les professeurs, même si cette évidence se dissimulait habilement derrière son attitude affable.

En dépit des nombreuses bougies allumées, la luminosité de la pièce restait assez basse en raison du sombre décor : Tout y était de noir et de vert, cette dernière couleur étant un hommage manifeste à son ancienne maison qu’était Serpentard. Phineas déposa son sac qu’il avait emporté dans la forêt, puis se dirigea vers son bureau où une pile de copie à corriger l’attendait encore sagement depuis le matin. Alors qu’il prit place sur un siège, deux petites fées jaillirent soudainement d’une mystérieuse plante à proximité du meuble, réveillé par l’animation de la pièce. Les deux êtres s’empressèrent d’apporter de l’encre rouge et une plume de focifère à leur maître avant de se quereller dans un vrombissement d’ailes. Le vieil homme n’y prêtait déjà plus attention, dorénavant penché sur les devoirs de ses étudiants. De toute façon, les fées étaient des créatures colériques et vaniteuses et rien ne pourrait y changer. Encore une chance qu’elles n’avaient pas le don de parole…. Ayant le privilège de disposer d’une classe relativement réduite en nombre contrairement à d’autres instructeurs, la correction se fit assez rapidement. Un sentiment de satisfaction s’empara de lui : la grande majorité des travaux étaient quotté à Effort Exceptionnel. C’était véritablement une promotion dont on pouvait être satisfait. Cette obligation achevé, Phineas profita de son manque de sommeil pour concevoir une potion faiblement connu, même pour les adeptes de cette noble matière. Disons plutôt pour être exact, qu’il s’agissait en réalité d’un poison rare que Wentworth prenait soin à transporter constamment dans une poche intérieure de sa cape en toute circonstance. Il était toujours bon de prendre ses précautions face aux personnes qu’on était amené à rencontrer. Le vieux professeur se posta donc devant la cheminée, à l’opposé de son bureau, où le feu avait été allumé à la même occasion que les chandeliers.

Tandis que les fées, habituées à ce genre de petit rituel, rassemblaient les ingrédients nécessaires, Phineas faisait parvenir un petit chaudron de son placard à ustensile agencé à proximité. La confection du poison pris deux bonnes heures mais il ne s’agissait là que de la première phase. La seconde consistait à laisser chauffer calmement pendant une heure tout en veillant à touiller une fois de temps en temps. Le liquide avait une teinte légèrement violacé et de petites bulles de vapeur éclataient à sa surface. Dans l’attente, le professeur laissa ses pensées vagabonder lorsque quelqu’un frappa soudainement à la porte. Il était loin de s’en étonné ; c’était très justement le soir qu’il recevait le plus souvent des visites de ses homologues ou autres membres du personnel.


    - Vous pouvez entrer ! Répondit sobrement Phineas


La clenche s’abaissa et un visage familier entra dans la pièce. Le vieil homme recula légèrement de son chaudron. Le reflet des flammes de l’âtre dansaient sur son visage, lui donnant un air mystérieux et inquiétant. Ses deux assistantes volantes, elles, observaient le nouveau venu de leurs petits yeux globuleux avec un air farouche. De toute façon, ces créatures n’aimaient personne, même pas lui-même… Si elles le servaient c’était uniquement avec la promesse de figurer parmi les décorations prestigieuses de Noël.

    - Ah ! Professeur Ivanov ! Que puis-je faire pour vous ce soir ? Déclara-t-il d’un ton amical, un fin sourire aux lèvres.

Professeur↯  Les runes, inutiles ? Mais non !
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Adrian Ivanov

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MessageSujet: Re: A l'ombre d'un chaudron...   Sam 8 Sep - 14:00

    Adrian ne savait pas trop ce qu’il se passait en ce moment, mais il avait de gros problèmes de concentration. Il avait toujours mis un point d’honneur à tenir à jour son emploi du temps chargé de professeur et de chercheur en Runes mais depuis des semaines, depuis Sainte Mangouste en réalité, le norvégien ne savait plus où il en était. C’était comme si toute la toile qu’il avait fabriqué depuis son retour en Angleterre se défaisait, comme si quelqu’un s’amusait à tirer un fil mal arrêté. Et Pimprenelle qui avait mal à la patte ces derniers temps. Ce ne devait pas non plus être très inquiétant, et il avait conscience que sa compagne à quatre pattes vieillissait indéniablement, mais c’était un souci de plus, et le professeur de Runes s’en serait bien passé.

    Adrian se regarda dans la glace et s’installa plus confortablement dans son fauteuil. Le pan de mur qui lui servait de bibliothèque attira son regard, et d’un coup de baguette, quelques livres en jaillirent pour se poser sur le bureau déjà encombré. Le professeur soupira une nouvelle fois, et entreprit, baguette posée, de ranger à la main son plan de travail. Une tasse de café froid jouxtait les multiples copies des élèves qu’il avait ramassées le matin même, son ébauche de livre était mélangé à des recherches sur des runes mayas qui accaparaient toute son attention les jeudis et vendredis, lorsqu’il allait au Ministère. Vraiment, il n’avait pas du tout de quoi s’ennuyer mais… Adrian ressentait comme un flottement dans sa vie. Il n’arrivait pas à mettre le doigt sur ce qui le chiffonnait. Pourtant, c’était bien là. Pour se changer les idées, sa plume et son encre rouge vif sortie, Adrian entreprit de corriger les parchemins mais il s’en lassa bien vite. Les élèves n’étaient pas meilleurs cette année que l’année passée, c’était clair, net, et précis. Ils n’arrivaient pas, ou ne mettaient aucune volonté, à assimiler les bases de la magie et de la traduction runique. Pourtant, apprendre quelques mots de vocabulaire et recracher leur définition, ce n’était franchement pas la mer à boire non ? Certes, les questions étaient formulées en runes grecques, Inuits (dans un dialecte groenlandais pour être précis), ou celtiques, mais il leur avait donné une grille de traduction en début d’année pour qu’ils se familiarisent avec ces caractères particuliers. Il avait commencé ainsi, lorsqu’il était étudiant à Durmstrang : savoir reconnaître de quelle langue provenaient les runes face auxquelles on se trouvait était primordial ! Parce que l’aztèque, le maya et l’incas par exemple, étaient des langues extrêmement proches, mais les textes transcrits étaient extrêmement eux aussi, différents selon les caractères. C’était comme pour l’inuit ! Il ne fallait pas confondre l’inuktun, l’inuktikut, l’inukpiaq et le groenlandais, sans quoi on risquait de gros contresens et, une fois mis en laude et en séquence, des catastrophes climatiques ! Pourtant, ces élèves se bornaient à tout ignorer. Bon, Adrian se rendait bien compte qu’il était un peu trop sévère par moment, mais il n’allait pas changer pour autant sa méthode d’enseignement. Il était devenu l’un des plus jeunes graphistes avec cette méthode, pourquoi pas les élèves anglais ! Etaient ils plus bêtes que les Norvégiens ? Non, ils étaient à coup sûr bien plus flemmards, mais ça, c’était aussi du au règlement de Poudlard qui était bien trop laxiste et protecteur envers ses étudiants. La crispation d’Adrian se ressentit lorsqu’il barra d’un geste un peu brusque le timide griffonnage d’un Poufsouffle de quatrième année. L’ensemble était correct mais les fautes élémentaires qu’il faisait ne pouvait pas lui permettre d’avoir plus de piètre.

    Adrian leva la tête de ses copies. Il était tard. Il avait bien de quoi s’occuper jusqu’à deux heures du matin sans difficulté, mais ce n’était pas son but premier. Lorsque ses yeux chocolats se posèrent sur une photo de son manoir norvégien, qu’il ne s’était toujours pas résolu à visiter, Adrian comprit ce qu’il n’allait pas. Il n’avait pas vraiment de personnes à qui il pouvait se confier. Ses amis australiens ne comprenaient pas grand-chose à la politique anglaise et aux problèmes que le monde sorcier anglais rencontraient, les rares personnes de Durmstrang avec qui il avait gardé contact étaient bien trop occupées par leur travail dans des postes haut placés en Russe, Ukraine et autres pays de l’est, pour l’écouter (il ne leur en voulait pas pour autant), et Jackson Potter était tant occupé au bureau des Aurors qu’il n’avait pas besoin qu’un de ses amis lui déballe ses états d’âme, d’autant plus que le-dit ami avait lancé un impardonnable, chose qui concernait encore et toujours le département des Aurors. Bref, Adrian n’avait pas de père ou de figure paternelle qui puisse le guider, et pour la première fois depuis le décès de son oncle, ce fait lui pesait lourdement. Pimprenelle miaula, et Adrian laissa tomber sa main pour caresser les longs poils de sa chatte. Elle avait raison. Il pouvait toujours s’ouvrir à Dumbledore, qui était un homme sensé. Mais Adrian se voyait mal raconter sa vie au Directeur. Non, son orgueil lui refusait de s’abaisser ainsi. Pimprenelle miaula de nouveau et Adrian céda en posant sa plume pour prendre l’animal sur ses genoux.

      « Bon allez, fais moi voir ta patte, petite diablesse. Ce sont des rhumatismes ? Je ne vois aucune plaie. Tu veux qu’on aille voir Phineas ? »


    Le Norvégien murmura quelques incantations inuktikuts sensées éloigner le mauvais œil en massant la patte douloureuse de Pimprenelle qui miaulait tout en ronronnant. Ca l’embêtait de déranger le professeur de Soins aux Créatures à cette heure tardive, surtout pour une raison qui pouvait sembler futile. Mais Adrian était tellement attaché à Pimprenelle que sa décision fut vite prise. D’autant plus que Phineas était apprécié autant du maître que du chat, et qu’il était possible que l’autre l’écoute. Adrian prit Pimprenelle dans ses bras, et sans la reposer entreprit d’enfiler un pull sur sa chemise bleu ciel. Les vêtements moldus étaient bien pratiques, même si les élèves trouvaient souvent incongrus de voir leur rigide professeur de runes habillé ainsi. D’un mouvement d’épaule, Adrian fit passer sa cape et la noua d’un coup de baguette. En sortant avec, en plus de Pimprenelle, un livre qu’il avait emprunté la dernière fois à l’ancien Serpentard, il veilla à bien replacer tous les sortilèges de protection qu’il avait mis en place.

    Les couloirs étaient froids, et Adrian hâta le pas. Il arriva bien vite au niveau du bureau de son confrère et hésita quelques secondes avant de frapper trois coups secs. La réponse ne se fit pas tarder, et Adrian se retrouva face à son collègue qui semblait émerger d’un chaudron. Le Norvégien ne put se retenir de tousser face à l’afflux de fumée et d’odeur âcre qui lui raclaient la gorge, tandis que Phineas l’accueillait avec sa gentillesse coutumière.

      « Bonsoir Phineas, je suis désolé de vous déranger si tard. Mais… c’est au sujet de Pimprenelle… »


    En entendant son nom d’ailleurs, la dénommée Pimprenelle sortit sa tête de la cape du Graphiste et miaula une nouvelle fois. Adrian la caressa sans y penser, pour tenter de la rassurer. La teigne n’était pas du genre sympathique avec ceux qui ne s’appelaient pas Adrian Michaeles Ivanov, et peu pouvaient l’approcher sans s’être pris auparavant plusieurs coups de griffes. Mais pour avoir déjà fait ausculter son animal par Wentworth, Adrian savait aussi que tant qu’il était là, on pouvait dire que le vieil homme ne risquait rien. Après une courte pause qui laissait supposer qu’il était inquiet, le Norvégien reprit, essayant de paraître calme, mais n’ayant qu’une seule envie : discuter d’homme à homme de ce qui le taraudait. Que ce soit la magie noire, la magie du sang, l’emploi des impardonnables ou tout simplement le fait qu’il était, à vingt neuf ans, incapable de se rendre dans sa maison natale norvégienne, qu’il n’avait pas vue depuis l’accident qui avait coûté la vie de ses parents et qui avait laissé une longue cicatrice sur son bras droit.

      « Elle continue à avoir mal à la patte, et j’ai l’impression qu’elle est un peu enflée. Vous vous doutez bien que je ne serais pas venu si je n’avais pas l’impression que c’était grave mais… »


    Mensonge. C’était un tout petit mensonge. Adrian n’hésitait pas à consulter les médicomages qu’il avait pourtant en horreur, dès que ça concernait la santé de Pimprenelle.

      « Regardez, c’est… oh Pimprenelle, cesse de faire le chaton, c’est cette patte là. »


    Adrian avait grondé la vieille chatte comme si c’était un enfant, mais le fait que c’était peut être ridicule de se comporter ainsi lui passait au dessus de la tête.


    Spoiler:
     
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Phineas Wentworth

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MessageSujet: Re: A l'ombre d'un chaudron...   Mar 11 Sep - 10:55

L’effluve piquant que dégageait le chaudron de Phineas irrita la gorge d’Adrian qui se mit subitement à toussoter. Il était vrai que pour les non habitués, l’odeur funeste qu’elle dégageait n’était pas des plus agréables. C’était d’ailleurs toujours pour ça qu’il s’appliquait à mettre un ingrédient final qui neutralisait l’aromate afin de ne pas éveiller de soupçon lorsqu’il lui prenait l’envie de l’utiliser. Son collègue s’excusa immédiatement du dérangement en prétextant y avoir été contraint par sa chatte qui répondait au nom de Pimprenelle. Le professeur de soin la connaissait plutôt bien pour s’en être occupé déjà auparavant alors qu’elle souffrait d’une douleur à la poitrine. La concernée sortit soudainement sa tête noire de la cape de son maître lorsqu’elle entendit son nom. Face à cette apparition, ses deux assistantes fées eurent un mouvement de recul et tirèrent bruyamment la langue, signe de dédain évident. Phineas ne leur accorda même pas un regard, écoutant plutôt les explications de son visiteur quant au mal qui taraudait son compagnon. De toute façon, il était inutile de les rappeler à l’ordre, ça ne ferait qu’envenimer les choses. Pimprenelle avait donc mal à une patte et cela semblait duré depuis quelques temps à en juger les propos de l’enseignant en runes. Pourquoi n’avait-il pas été le voir immédiatement ? Sans doute en avait-il fait d’abord part à un médicomage… Mais ces derniers n’étaient pas des experts en créatures magiques. Ils soignaient quasi-uniquement des sorciers. Ou alors était-ce autre chose ? Peut-être une simple envie de ne pas l’importuner systématiquement avec ses problèmes ? Pourtant le vieil homme était toujours ravi de s’occuper d’animaux en difficulté. On ne pouvait pas en dire autant concernant les problèmes purement sorciers.

D’ailleurs, à la base, tout le monde pensait qu’il s’orienterait vers une carrière de médicomage étant donné son talent évident pour la botanique et les potions. C’est ce qu’il avait également pensé les quatre premières années de sa scolarité à Poudlard avant de changer radicalement d’avis suite à une visite découverte à St Mangouste et l’attachement de plus en plus marqué qu’il portait aux créatures fantastiques. Lorsqu’il avait changé de voie, la majorité de ses professeurs avaient tout simplement estimé que c’était un parfais gâchis. Rester enfermer entre quatre murs et subir les plaintes de sorciers tout aussi désagréable les uns que les autres ? Non merci ! Toutefois, à titre personnel, il lui arrivait d’administrer des soins à des sorciers qu’il connaissait très bien pour leur épargner le temps d’attente à l’hôpital et aussi et surtout, l’incompétence de certains médicomages. C’était tellement vrai qu’il se demandait parfois comment ils avaient pu obtenir leur diplôme avec un niveau aussi proche de la médiocrité.


    - Ne vous inquiétez pas ! On vient souvent me visiter à cette heure… Je suis désolé pour la fumée, ce n’est pas très accommodant. Je vais ouvrir un peu une fenêtre et je m’occupe de votre favorite ! Déclara Phineas sur un ton humble.


Sur ce, il s’exécuta, laissant un doux air frais entré dans la pièce par l’ouverture, favorisant ainsi l’évacuation du parfum. Le professeur Ivanov ne dissimulait pas son inquiétude, ou en tout cas, s’il tentait de le faire, c’était plutôt raté. Phineas avait déjà eu plusieurs fois l’occasion de constater à quel point il était attaché à son animal de compagnie mais elle commençait à se faire vieille ce qui rimait avec les problèmes de santé. Il imagina subitement l’état déplorable dans lequel serait Adrian lorsqu’elle aurait quitté ce monde. Alors qu’il s’emparait de son monocle magique grossisseur, un sourire s’esquissa sur son visage lorsqu’il entendit son collègue murmurer à son animal. Certains pouvaient trouver ce genre de comportement ridicule mais Phineas, lui, trouvait ça plutôt adorable. De toute façon, quiconque n’aimait pas les animaux, était nécessairement quelqu’un de mauvais selon lui. Positionnant son monocle, le vieux professeur rejoignit Adrian et saisit délicatement la patte souffrante de la chatte que lui indiquait son maître. Elle était effectivement un peu enflée. Instinctivement, il évalua l’état des coussinets, puis ne constatant rien d’anormal, scruta plus à l’intérieur de la patte tout en diffusant une légère lumière de sa baguette magique afin d’augmenter la visibilité. C’est là qu’il remarqua qu’une fine pointe à peine discernable était profondément plantée dans la chair. Phineas pointa alors sa baguette sur son monocle dont le verre pris soudainement une couleur rose. Ce procédé lui permis d’opter pour une vision au rayon X et ainsi confirmer son hypothèse en étudiant la pénétration de l’épine. Se raclant la gorge, il finit par exposer la situation à son homologue qui devait surement attendre son diagnostic avec impatience.

    - Il semblerait que Pimprenelle s’est fait piquer par un frelon… C’est le genre de chose qui arrive assez régulièrement chez les chats lorsqu’ils veulent jouer avec. Son dard est tellement enfoncé dans l’intérieur de sa patte qu’il est à présent à peine distinguable. C’est ce qui justifie également l’enflure de sa patte.


Sans rien ajouté, le vieil homme se retira, à la recherche d’une pince dans ses affaires. C’était le genre d’opération bégnine qui pouvait être exécuté dans l’instant. Retirer un dard ne demandait pas des heures de préparation. Toutefois, dans le cas de Pimprenelle, il allait falloir faire preuve de précaution, prendre garde à ne pas casser l’aiguillon sinon ça allait se terminer en véritable opération pour retirer le restant du dard à l’intérieur de la chair. Revenant avec l’outil de délivrance, Phineas ajouta calmement :

    - Je vais retirer l’épine mais ça risque de ne pas être très agréable pour Pimprenelle alors je vous suggère de la maintenir fermement de sorte à ce que je puisse effectuer la manœuvre sans avoir à procédé en plus à une véritable chirurgie… Ca ne devrait pas être très long…


Il se repencha alors sur la patte concernée, son monocle toujours positionné, la pince dans la main droite. Quant à l’éclairage, il désigna l’une des fées qui étaient resté en retrait jusque-là pour s’en charger. A contrecœur, l’élue se déplaça jusqu’à lui et émit une lueur entre ses mains tout en fixant la chatte d’un regard méfiant. Avec beaucoup de prudence, Phineas agrippa le dard à l’aide de sa petite pince et pris bien soin de la retirer délicatement, petit à petit. Il sentit un mouvement de recul de l’animal mais le professeur de soin maintenait fermement sa patte. Après plusieurs secondes de tension, l’ancien Serpentard parvint à retirer la totalité de l’épine, laquelle il envoya à la corbeille sans s’y attarder. La petite assistante s’empressa, quant à elle, de retourner auprès de sa congénère. Poursuivant son entreprise, Phineas reposa tous ses instruments et revint ensuite avec un pot contenant une étrange substance transparente qui avait la consistance de gel.

    - Pimprenelle a été assez sage pour que je puisse tout lui retirez. C’est bien… Elle s’en remettra bien vite à présent. Il suffit de traiter la plaie pendant quelques jours avec ce produit, Dit-il en désignant le flacon qu’il tenait dans les mains.


Sans plus tarder, il en retira le couvercle et s’appliqua à étaler le gel sur le dessous de la patte de la chatte. Une fois le traitement finit, Phineas s’épongea les mains dans un torchon en ajoutant à Adrian qu’il lui donnait le médicament. Afin d’éviter tout débordement, il retourna ensuite auprès de son chaudron, pris une grande cuillère et fit des mouvements circulaires dans le liquide avec celle-ci. Au bout d’un moment, le vieux professeur adopta un air intrigué :

    - Mais dites-moi professeur Ivanov… Même si je ne doute pas que vous avez à cœur l’état de santé de Pimprenelle, j’ai tout de même l’impression que vous n’êtes pas venu me voir uniquement pour ce petit problème de patte. N’ai-je pas raison ?



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MessageSujet: Re: A l'ombre d'un chaudron...   Mar 11 Sep - 14:34

      -Il semblerait que Pimprenelle s’est fait piquer par un frelon… C’est le genre de chose qui arrive assez régulièrement chez les chats lorsqu’ils veulent jouer avec. Son dard est tellement enfoncé dans l’intérieur de sa patte qu’il est à présent à peine distinguable. C’est ce qui justifie également l’enflure de sa patte.


    Adrian regarda Pimprenelle avec inquiétude. Est-ce qu’il aurait du venir plus tôt ? et lui qui pensait que ce n’était pas très grave. Et si elle avait voulu l’avertir et qu’il ne l’avait pas vu ? Il devenait bien négligent. Et si Phineas le prenait pour un maître bien négligent ? Adrian se serait bien frappé pour avoir de telles pensées, mais il ne pouvait pas décemment le faire devant une tierce personne. Il écouta donc bien attentivement ce que Phineas disait, pour être sûr de tout comprendre. Pimprenelle était sage pour une fois, tandis que l’autre l’auscultait. Peut être avait elle tellement mal qu’elle était prête à se laisser manipuler par d’autres personnes que lui ? Adrian s’en voulait horriblement. Même lorsqu’elle s’était ouvert le côté en Australie, il ne s’était pas senti aussi mal. En même temps, elle était encore jeune pour un chat sorcier, et s’était rétablie rapidement.

      - Je vais retirer l’épine mais ça risque de ne pas être très agréable pour Pimprenelle alors je vous suggère de la maintenir fermement de sorte à ce que je puisse effectuer la manœuvre sans avoir à procéder en plus à une véritable chirurgie… Ca ne devrait pas être très long…


    Adrian cala Pimprenelle un peu plus fermement entre ses bras. La chatte noire le connaissait assez pour lui faire confiance et se tenir calme. Elle sentait toutefois le stress de son maître, et commençait à avoir peur, en plus d’avoir mal. Il était remarquable de voir à quel point les animaux étaient sensibles aux émotions humaines. Pimprenelle avait l’habitude des excès de colère de son maître, de ses moments d’égarement, de ses froids emportements en cours de Runes. Mais elle n’avait pas l’habitude de le voir anxieux à son sujet. Oui, Adrian considérait Pimprenelle comme une personne à part entière, avec le sale caractère qui la caractérisait si bien ! Phineas approcha de la patte avec une pince, et Adrian retint un mouvement de recul, aussi bien de Pimprenelle que de lui-même. Eviter une véritable chirurgie, tel était le deal. Et Pimprenelle, comme le Norvégien, avait les médicomages en horreur. C’était qu’elle était coquette, la bestiole, quand elle voulait, et elle n’aimait pas la manière dont ils la touchaient, avec leurs mains griffues. Si elle avait pu parler, il était clair que Pimprenelle aurait eu le caractère de Narcissa. Lorsque le professeur de soins aux créatures retira le dard de frelon, la vieille chatte ne put retenir un gémissement et Adrian se crispa davantage. Aussitôt la pince éloignée, Adrian rassurait Pimprenelle en lui murmurant à l’oreille des paroles réconfortantes. Auxquelles Phineas rajouta :

      -Pimprenelle a été assez sage pour que je puisse tout lui retirez. C’est bien… Elle s’en remettra bien vite à présent. Il suffit de traiter la plaie pendant quelques jours avec ce produit


    Adrian saisit avec méfiance le flacon et entreprit d’en appliquer sur la patte de l’animal. Regardant autour de lui, il repéra un fauteuil dans lequel il s’assit sous les regards intrigués de deux bestioles volantes qui devaient être des animaux de compagnie de Phineas. D’ailleurs, Adrian ne savait pas vraiment si c’étaient bien des animaux. Avec un corps comme ça, elles ressemblaient plus à des fées. Et elles n’appréciaient visiblement pas leur présence, à lui et Pimprenelle qui les regardait avec un certain appétit. Bientôt, le produit mis et rangé dans une des poches du pantalon du professeur de Runes, Pimprenelle s’enroula sur elle-même et se fit une place confortable sur les genoux d’Adrian pour y ronronner et se remettre de ses émotions. Phineas touillait son chaudron et Adrian regardait des volutes de fumée s’en échapper sans masquer son aversion pour les potions. Enfin, aversion était un terme un peu fort. Il ne comprenait pas vraiment l’attrait qu’avaient les gens pour ce domaine de la magie, bien qu’il fasse grand usage de diverses mixtures préparées dans des chaudrons. Il n’avait d’ailleurs compris dans ses cours que ce qui lui avait permis d’obtenir un acceptable à ses BUSE et un effort exceptionnel à ses ASPIC mais avec le temps, il n’avait pas cherché à en savoir plus. Il aurait même tendance à avoir oublié plusieurs choses de base.

      -Mais dites-moi professeur Ivanov… Même si je ne doute pas que vous avez à cœur l’état de santé de Pimprenelle, j’ai tout de même l’impression que vous n’êtes pas venu me voir uniquement pour ce petit problème de patte. N’ai-je pas raison ?


    La voix de Phineas qui retentit de nouveau dans la pièce fit sursauter Adrian qui se sentit, assez gêné, rougir. Comment ça il ne serait pas venu que pour ce petit problème ? Mais si, bien sûr…. Mais… Pourquoi d’autre serait il venu ? Non, pour rien. Et… Adrian se retrouva à onze ans, en train de patauger pour expliquer à son professeur de métamorphose pourquoi il avait fait partir en fumée le tas de copies qu’elle s’apprêtait à leur rendre (il était inutile de préciser que le devoir d’Adrian avait été plus que passable cette fois ci, et que coup du sort, la professeur n’avait pas relevé leurs résultats, et qu’ils avaient ainsi du refaire le devoir). Oui, il se sentait comme un élève pris en faute, sans savoir comment. Oh, cette fois ci, on pouvait même rajouter, sans savoir pourquoi, parce qu’Adrian n’avait jamais considéré le fait de pouvoir parler à Phineas de son problème de conscience et de ses soucis actuels. Le pauvre professeur Wentworth avait bien mieux à faire et l’orgueil de l’héritier Ivanov était un peu trop exacerbé pour se confier à qui que ce soit qui n’avait pas de liens familiaux avec lui.

      « Je… si, c’était… le… Pimprenelle et vous… enfin, merci. Et… »


    Tout cela était un peu confus. Adrian ne savait pas trop quoi dire. Son regard chocolat était attiré par le chaudron qui bouillonnait et il le fixait avec une telle intensité qu’il aurait pu faire monter la température de la mixture à lui seul. Pendant un instant, il considéra l’idée de demander à Phineas de lui faire une potion contre ses maux de tête, mais ne serait que le fait de s’abaisser de nouveau à… Non, même dans ses pensées il était confus. Et il évitait aussi de regarder l’autre professeur. Adrian se sentait vraiment comme un enfant en présence de Phineas. Le chaudron l’obnubilait. C’était peut être pour ça aussi qu’il n’aimait pas les potions. C’était trop… hypnotisant. Une brève seconde, il se demanda s’il y avait du bézoard ou de l’aconit dedans. Si c’était cela qui l’avait fait tousser. S’il allait y avoir des effets secondaires. Et si ses parents étaient eux aussi allergiques à ces substances. Adrian se frappa de nouveau mentalement. Franchement, pourquoi penser à ça maintenant. Puis il replongea dans ses pensées. Et en oubliant presque la présence de Phineas. Avant d’avoir pu comprendre ce qu’il lui arrivait, il se retrouva à murmurer.

      « J’avais huit ans quand mon père est mort. Et je crois qu’il ne m’a jamais autant manqué qu’en ce moment. Je dois faire des choix, et je me demande sans cesse ce qu’en aurait dit Alexei Ivanov. Je me retrouve dans une guerre en me demandant si je ne ferais pas mieux de rentrer en Norvège. Je me retrouve responsable d’enfants, alors que tout ce que je voudrais, ce serait d’être seul avec mes runes et Pimprenelle. »


    Adrian laissa sa voix s’éteindre. C’était l’une des premières fois qu’il exposait ainsi ce qu’il lui arrivait et qu’il mettait des mots sur ce qui le taraudait. En fait, c’était la première fois qu’il prononçait ses mots à l’oral. Bien sûr, il y avait eu August, son oncle, mais ce n’était pas pareil puisqu’il n’était que le frère d’Alexei. Secouant la tête comme pour sortir d’un rêve, Adrian entama un mouvement pour se lever, mouvement qui réveilla Pimprenelle, et s’excusa :

      « Je suis désolé, je ne sais pas ce qu’il m’a pris, vous avez mieux à faire que m’écouter. Au fait, voulez vous de l’argent pour les soins apportés à Pimprenelle ? »


    Le Norvégien était plus que gêné d’avoir ainsi profité de l’ambiance… hum… chaleureuse, et d’avoir perdu contenance pendant un si long moment. Se passant une main nerveuse dans ses fins cheveux, il se recoiffa et repositionna Pimprenelle qui était montée, comme à son habitude, sur son épaule.

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Phineas Wentworth

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MessageSujet: Re: A l'ombre d'un chaudron...   Ven 14 Sep - 12:58

La dernière question qu’avait subitement lancée Phineas semblait avoir provoqué un sentiment de gêne chez le professeur Ivanov. Cela ne faisait en fait que confirmer son hypothèse. Les joues légèrement rougis, il bafouilla deux trois mots, lui indiquant qu’il le remerciait pour son intervention auprès de Pimprenelle. Le concerné ne prit même pas la peine de répondre, constatant que dans l’instant qui suivit, Adrian était totalement immergé dans ses pensées, ne se souciant sans doute plus de là où il se trouvait. L’ancien Serpentard avisa le regard fixement posé d’Ivanov sur le chaudron dont il s’occupait attendant une quelconque réaction. Il ne le pressa pas, sachant bien qu’il finirait par avouer la raison de son mal-être, comme beaucoup l’avait déjà fait avant lui. La seule différence, c’était que contrairement à la majorité de ces autres gens, Adrian avait de forte chance d’être écouté avec sérieux, mais également, si c’était possible, d’être aidé. Après un bon moment à passer dans un silence uniquement perturbé par le vrombissement des ailes des fées et des bulles de vapeurs qui éclataient à la surface de la potion violacé, Phineas entendit finalement son homologue murmurer. Ce jeune homme qui semblait si fier et endurcit lorsqu’on le croisait une première fois, déballait à présent ses états d’âmes. Etait-ce donc du soutien psychologique qu’il était venu chercher auprès du vieux professeur ? Tout portait à la croire, même si les deux protagonistes ne se connaissaient pas vraiment plus que ça. Hormis les quelques services que Phineas avait pu lui rendre, ainsi que les discussions sur les travaux du maître des runes, ils n’avaient jamais dévoilé leur vie privée. Non pas que le professeur de soin avait quelque chose à cacher, mais ce genre de conversation ne se prêtait pas vraiment auprès des professeurs, contrairement à ce qu’on pourrait penser. Quant à personnes extérieures, autant ne même pas y songer, vu le nombre d’escrocs et de malfrats qui sauterait sur l’occasion pour vous nuire.

C’est ainsi que Phineas apprit que le père d’Ivanov se nommait Alexeï et qu’il était décédé lorsque son fils avait atteint à peine ses huit ans. C’était très jeune pour perdre un parent. Mais peut-être avait-il encore sa mère ? Adrian commençait à douter sérieusement sur son choix à rester en Grande Bretagne et enseigner sa matière à des élèves qu’il jugeait souvent inapte à comprendre pleinement son domaine de prédilection. Une fois ces révélations prononcé, son collègue sembla lui aussi piquer par un frelon du fait de son brusque changement d’attitude. Il venait sans doute de regretter ce qu’il venait de dire, pensant qu’il abusait de sa bonne patience. Mais Phineas ne s’en offusquait pas, bien au contraire. Il avait d’ailleurs noté que les gens faisaient plus facilement des confidences à des personnes d’un âge déjà avancé, ceci probablement dû à l’expérience de vie que ces derniers pouvaient avoir. Or, dans ce château, le professeur de soin faisait incontestablement parti des plus âgés. Il y avait bien sûr Albus Dumbledore mais ce grand homme avait certainement bien assez de problème pour s’occuper plus avant de l’état psychologique du corps enseignant. Quant à Minerva McGonagall, il n’était pas sans savoir qu’Adrian ne l’appréciait pas vraiment et que de toute façon, ce n’était certainement pas vers elle qu’on pouvait se tourner pour ce genre de problème en raison de son attitude plutôt sévère et distante. Par conséquent, ne restait plus que lui si on faisait abstraction du cas Dunstan McFly évidemment, mais quasiment personne n’était censé le savoir. Alors qu’Ivanov s’empressait tout d’abord de s’excuser de son égarement, il demanda si Phineas souhaitait être rémunérer pour ses services, lequel éclata de rire.

    - Vous savez j’ai déjà ma paye en tant que professeur et je n’ai nul besoin d’une majoration. Ca fait déjà partit de mon travail d’une certaine façon et j’aime bien rendre des services gratuitement. Pour vous donner un exemple, je retourne parfois à Gringotts pour m’occuper des dragons et je le fais bénévolement alors vous imaginez bien que je ne vous demanderez rien pour Pimprenelle. Si ça vous perturbe, considérez que c’est un cadeau d’ami, expliqua-t-il amusé.


Considérant un moment que son collègue quitterait les lieux le plus rapidement possible pour éviter de l’indisposer avec son embarras, Phineas préféra le devancer.

    - Vous savez Adrian, je pense que vous ne devriez pas trop vous efforcer de calqué sur les choix qu’aurait fait votre père… Vous devriez vous contentez d’être vous-même même si je comprends votre volonté à vouloir marcher dans ses pas. Quant au retour dans votre pays natal, je ne pense pas qu’il pourrait vous permettre de fuir la guerre, ou du moins à long terme… Si Tom Jedusor parvient à s’emparer de la Grande Bretagne, il se retournera ensuite vers d’autres territoires. Sa soif de pouvoir ne semble pas posséder de limite même si le monde est bien trop vaste pour lui pour qu’il n’en prenne entièrement le contrôle, selon moi. Par ailleurs, je comprends qu’avoir la responsabilité d’un certain nombre d’enfant à sa charge n’est pas une tâche facile mais je pense que transmettre votre savoir et vos découvertes à la nouvelle génération est tout de même quelque chose que vous devez avoir à cœur sinon, pourquoi seriez-vous ici ?


Il marqua une pause, laissant le temps à son collègue d’ingurgiter tout ce qu’il venait de dire, puis voulant l’inciter à demeurer en sa compagnie pour soulager ses angoisses :

    - Je vous en prie, reprenez place… La mine que vous dépeignez montre clairement que vous avez grand besoin de parler… Et comme vous pouvez le constater, je ne suis pas occupé au point de vouloir faire la sourde oreille et vous expédiez de mon bureau !



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Adrian Ivanov

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MessageSujet: Re: A l'ombre d'un chaudron...   Ven 14 Sep - 14:49

      -Vous savez j’ai déjà ma paye en tant que professeur et je n’ai nul besoin d’une majoration. Ca fait déjà partit de mon travail d’une certaine façon et j’aime bien rendre des services gratuitement. Pour vous donner un exemple, je retourne parfois à Gringotts pour m’occuper des dragons et je le fais bénévolement alors vous imaginez bien que je ne vous demanderez rien pour Pimprenelle. Si ça vous perturbe, considérez que c’est un cadeau d’ami



    Adrian se mordilla la lèvre inférieure et acquiesça, admettant que l’autre ne voulait pas être payé. C’était comme lorsqu’il apportait de l’aide à des Briseurs de Sortilège du Ministère qui venaient le voir dans son bureau. Oui, c’était tout comme. Adrian avait besoin de se justifier mentalement, et de justifier aussi la gentillesse de Phineas. Après tout, c’était toujours gênant de demander un service et de ne pas savoir comment remercier matériellement. Le Norvégien allait proposer de l’aider si jamais il avait un besoin d’un expert en langues anciennes, mais le professeur de soins aux créatures magiques avait du lire son intention de quitter la pièce au plus vite et répondit à ce qu’il avait dit un peu plus tôt, sur le coup d’une absence.

      -Vous savez Adrian, je pense que vous ne devriez pas trop vous efforcer de calquer sur les choix qu’aurait fait votre père… Vous devriez vous contentez d’être vous-même même si je comprends votre volonté à vouloir marcher dans ses pas. Quant au retour dans votre pays natal, je ne pense pas qu’il pourrait vous permettre de fuir la guerre, ou du moins à long terme… Si Tom Jedusor parvient à s’emparer de la Grande Bretagne, il se retournera ensuite vers d’autres territoires. Sa soif de pouvoir ne semble pas posséder de limite même si le monde est bien trop vaste pour lui pour qu’il n’en prenne entièrement le contrôle, selon moi. Par ailleurs, je comprends qu’avoir la responsabilité d’un certain nombre d’enfant à sa charge n’est pas une tâche facile mais je pense que transmettre votre savoir et vos découvertes à la nouvelle génération est tout de même quelque chose que vous devez avoir à cœur sinon, pourquoi seriez-vous ici ?


    Adrian arqua un sourcil. Tom Jedusor ? Qui était-ce ? Il lui semblait que celui à la tête du groupe de terroriste se nommait Voldemort, mais ce ne devait être qu’une confusion de la part de son collègue, ou alors l’adjoint du leader, ou quelque chose dans ce registre. Pimprenelle miaula doucement et se cala dans les bras de son maître, qui prenait le temps d’assimiler ce que venait de dire Phineas. Il n’avait jamais considéré que sa tendre Norvège soit possiblement la cible des Mangemorts. Oh, avec la proximité de Durmstrang, et l’amour qu’affichaient les pays scandinaves et de l’est pour la magie noire, il était certain que nombreux seraient ceux qui s’allieraient au Leader des terroristes. D’ailleurs, il risquait même de ne pas avoir de guerre, mais bel et bien une alliance ; les pro-sang purs étaient extrêmement nombreux. Durmstrang refusait bien la plupart des né-moldus non ? Les professeurs essayaient de prédire les prédispositions des élèves de parents moldus avant de les accepter, ou non, dans leur école polaire. Oui, Adrian n’avait jamais réellement considéré que la Norvège puisse se retrouver au centre du conflit. Quant à son poste de professeur… il l’avait fait au départ de Célise pour ne pas se retrouver seul, et aussi pour renouveler l’attrait en perdition que les jeunes avaient pour les langues anciennes et la magie runique. Aimait-il ça ? Adrian eut été bien en peine de le dire. C’était bien sûr toujours très intéressant de discuter avec des élèves intéressés de problèmes de traduction, et d’agencement de runes, mais aucun n’avait un niveau suffisant pour que la discussion entre en profondeur. Il faudrait pour cela qu’ils aient sept ans et non cinq d’enseignement, mais le Ministère refusait toujours de rendre la matière obligatoire, et ce malgré les demandes des Graphistes. En même temps, il était cohérent : il leur enlevait des subventions, il n’allait tout de même pas promouvoir leur domaine dans le milieu scolaire…

      - Je vous en prie, reprenez place… La mine que vous dépeignez montre clairement que vous avez grand besoin de parler… Et comme vous pouvez le constater, je ne suis pas occupé au point de vouloir faire la sourde oreille et vous expédiez de mon bureau !


    Adrian esquissa un sourire, qui changea totalement son visage fatigué, faisant apparaître de ce fait ses vingt neuf ans. Il était reconnaissant envers Phineas de se montrer aussi… ouvert. C’était le mot qui convenait. Ouvert et disponible. Adrian se retrouva des années en arrière, lorsqu’il pénétrait dans le bureau de son oncle, fabricant de chaudron, et accessoirement potioniste, puisqu’il testait lui-même la résistance de ses nouveaux chaudrons. Lorsqu’il allait le voir dans son bureau, c’était le même calme, avec un peu moins de livres, et sûrement plus de potions. Et de fumée. Mais Adrian suspectait August de faire artificiellement de la fumée pour faire peur à son jeune neveu… De nouveau, un sourire se dessina sur les lèvres d’Adrian qui se rassit sur le fauteuil qu’il venait de quitter. Pimprenelle lui enfonça assez méchamment ses griffes dans les avant-bras, pour lui faire comprendre que si c’était pour revenir à son point de départ, il aurait mieux faire de rester assis et de la laisser dormir tranquille. Puis elle se mit en boule et partit rapidement dans un demi-sommeil, comme en étaient capables les félins.

      « Merci Pro… Phineas. C’est que… »


    Adrian ne savait pas vraiment comment s’y prendre. Il soupira une nouvelle fois, toujours gêné lorsqu’il était amené à parler de lui-même. Du coin de l’œil, il regarda la bibliothèque de l’enseignant. Il ne connaissait presque aucun des livres. En même temps, la plupart concernait les animaux. Celui sur les kneazle, il l’avait lu plusieurs fois. Tout comme celui sur les croisements, et celui sur les focifères et manticores. Dans les livres de sortilège, il les connaissait de vue, certain de nom, mais sans plus. Mais Phineas ne devait sûrement pas attendre de commentaires sur sa bibliothèque. Non. Adrian se mordilla de nouveau la lèvre inférieure qui râla légèrement.

      « Je ne veux pas suivre les traces de Pap… de mon père, je… je crois. Je pense que… il doit être agréable d’avoir quelqu’un qui vous dit ce qu’il faut faire, lorsque toutes vos convictions ou votre univers part en lambeaux. Enfin, ce que je veux dire, c’est que… devons nous réellement rejeter la magie noire ? »


    La claque mentale qu’Adrian s’infligea aussitôt résonna dans son esprit pendant plusieurs secondes. Non mais quel idiot. Ce n’était pas du tout ce qu’il voulait dire, ça non ! Ou plutôt, c’était l’une des questions qu’il aurait aimé poser à son père. Mais en aucun cas il ne voulait aborder ce sujet si controversé avec un sorcier qu’il ne connaissait, somme toute, pas vraiment. Et surtout dont il ne connaissait pas les convictions politiques. Mais bon, Adrian était quelqu’un d’assez fier et bien qu’influençable lorsqu’on le caressait dans le sens du poil, il assumait parfaitement ce qu’il pensait, et après un long mois de remise en cause, et d’écoute des runes, il savait qu’il ne pourrait plus jamais se dissocier des Runes de Sang. Et plus précisément de la Magie du Sang qui pervertissait les runes, et son esprit. Adrian avait conscience d’être confus, et aussi conscience que c’était en partie du à son utilisation de la magie du sang. Après tout, il y était extrêmement sensible, et même s’il savait comment lutter contre l’attraction qu’elle exerçait sur lui, les maux de tête qu’il avait étaient la preuve de sa faiblesse. Peut être allait il finalement pouvoir en toucher deux mots à Phineas… ou peut être pas. Tout dépendait de la réaction du Professeur Wentworth. D’ailleurs, en songeant à cela, Adrian regarda Phineas droit dans les yeux, ignorant à quel point il ressemblait à Alexei Ivanov à cet instant.

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MessageSujet: Re: A l'ombre d'un chaudron...   Ven 14 Sep - 19:32

L’étonnement qu’afficha Adrian Ivanov lorsqu’il prononça le nom « Tom Jedusor » n’échappa pas à Phineas. En même temps, très peu de personne connaissait la véritable identité de Voldemort et les rares ne le mentionnaient pas forcément pour autant. A sa connaissance, seul McGonagall et Dumbledore le savait dans l’enceinte du château. Le professeur de soin ne pouvait en revanche pas se targuer d’avoir bien connu cet élève. En effet, il n’était arrivé à ce poste que lors de la septième année du jeune Jedusor et celui-ci ne faisait pas partie de son cours. Il s’était donc contenter de le croisé dans les couloirs et de se jeter quelques mots de politesse. Et ceux qui l’avait connu durant sa scolarité, savait également tout comme lui que rien ne pouvait laisser transparaître à ce moment-là, qu’il allait devenir le mage noir le plus redouté de toute la Grande Bretagne. Il était même ce qu’on aurait pu qualifier « d’élève modèle ». Contrairement à d’autres, Phineas n’éprouvait aucune gêne à l’appeler par son vrai nom, jugeant le surnom qu’il s’était donné d’un ridicule particulier. Mais après tout, ce n’était que pour effrayer davantage le cœur des gens. Car quoi de plus inquiétant si ce n’ai une menace sous couvert d’un pseudonyme et dont on ignorait tout de ses origines ?

    - Tom Jedusor est celui que tout le monde connaît sous le nom de Voldemort. Je l’ai connu brièvement lors de son apprentissage ici… Expliqua le vieil homme avec un calme déconcertant, tandis qu’il observait la trajectoire de son interlocuteur, le conduisant à se rassoir dans le fauteuil de cuir noir qu’il avait quitté quelques secondes plus tôt.


Les sourires répétés de son collègue lui indiquèrent que son esprit s’était à nouveau échappé. Il fallut donc encore un bon moment avant que le professeur Ivanov se décide à reprendre ce qu’il avait commencé. Tout portait à croire que l’expert en rune cherchait un « guide » ou au moins un donneur de conseil face aux évènements qui bouleversaient le pays mais aussi son parcours plus personnel. Phineas le comprenait sans peine même si lui-même s’était toujours dispensé des recommandations qu’on avait bien pu lui faire jusqu’à maintenant. Il n’avait eu de cesse de poursuivre ses propres convictions et d’assumer pleinement ses choix, ce qui en faisait parfois un être un peu entêté. Cependant, dans le fond, tout ceux qui le connaissait estimait qu’il avait pris les bons chemins à quelques exceptions près et qu’il était lui-même porteur de bon conseil. Bien sûr, il était loin d’être parfait, mais on le lui pardonnait facilement. « Il doit être agréable d’avoir quelqu’un qui vous dit ce qu’il faut faire »… Le problème à ce genre de situation, c’est que la personne en question pouvait se montrer d’une telle influence qu’elle pouvait ainsi modeler complètement les actes et la personnalité de son « protégé ». On pouvait très vite se montrer influençable lorsque la confiance était pleinement portée sur quelqu’un.

Les propos d’Adrian qui suivirent eurent l’effet du chant du phénix sur l’ancien Serpentard. Se figeant soudainement dans une expression dont il était parfaitement impossible de déterminé s’il s’agissait de crispation, de fascination ou tout simplement de stupeur. C’était bien la première fois qu’il entendait un professeur qui se permettait d’exposer la douloureuse question de la place de la magie noire. Bien sûr, il n’était pas sans ignorer que son collègue avait fait l’objet de plusieurs interrogations quant à l’usage d’un sortilège impardonnable lors de l’attaque de St Mangouste par les mangemorts mais il pensait tout simplement qu’Adrian souhaiterait conserver ce funeste souvenir dans un coin sans le ressortir. C’était un geste qui n’avait clairement pas été bien vu. Pourtant, à l’en croire les dernières informations signalaient que les Aurors avaient parfaitement le droit d’en faire désormais usage à l’encontre des mages noirs. Autant dire que cette mesure était sombrement n’importe quoi si seul les sorciers de cette profession y était habilité. Pourquoi donc un citoyen « normal » ne pouvait-il pas en faire de même ? Par crainte d’y donner goût peut-être ? Pourtant la magie noire ne se résumait pas à ôté des vies pour sa puissance personnel.

Adrian Ivanov venait de l’école de Durmstrang, il n’était finalement pas illogique qu’il puisse être amené à se poser la question. Après tout, cette école était bien connu pour n’accepté que des sorciers de sang pur et enseignait les arts subtils de l’obscurité. Phineas hésitait à dévoiler clairement le fond de sa pensée sur le sujet. Il ne connaissait que très peu Ivanov et l’idée que ce fut une question piège lui traversa un moment la conscience. Pourtant, il ne voyait pas réellement l’intérêt d’user du mensonge. Dans un premier temps, toujours penché sur sa potion, il se contenta de répondre au premier problème exposé.

    - Moi, on peut dire que je fais plutôt cavalier seul, je ne m’embarrasse pas vraiment de ce que peuvent me dire les autres quant à mes choix de parcours… Mais je comprends que certaines personnes puissent éprouver le besoin qu’on les aide à choisir dans les moments de doute et de difficulté. Si vous en éprouvez le besoin, je pourrais toujours vous aidez…


Il poussa ensuite un énorme soupir, ne sachant véritablement quoi délivrer sur le second problème. Lâchant la cuillère et se détournant complètement de son chaudron, Phineas alla rejoindre son collègue en s’installant sur le fauteuil qui se trouvait juste en face de lui. Choisissant bien ses mots, il entama alors, sur un ton très sérieux :

    - Il est vrai que l’usage de la magie noire est un phénomène tabou dans notre société. On évite d’en parler… Elle fait très souvent peur car elle est bien méconnue. Le sorcier de base ne songe qu’aux trois impardonnables lorsqu’on en évoque le mot mais cette discipline recèle des choses bien plus fascinantes… Du moins à mon goût… Enfin, je pense que vous n’êtes pas sans savoir étant donné que vous avez été scolarisé à Durmstrang…


Il marqua une pause, laissant planer un fond de mystère. Déjà là, Ivanov devait se douter que le vieil homme était très loin de condamner cette forme de magie. Son regard s’attarda un moment sur les fées qui se décidèrent à retourner dans leur abri végétal, considérant que leur maître n’avait visiblement plus besoin de leurs services. Un peu plus loin, deux yeux globuleux brillait dans la pénombre. Gidéon, son hibou grand-duc, semblait intéressé par la tournure de la conversation.

    - Pour ma part, je ne pense pas que la magie noire soit réellement à rejeter… Contrairement à la majorité des sorciers, je pense qu’elle complète la magie blanche. Elles ne s’opposent pas vraiment… Il n’y a pas d’ombre sans lumière et inversement… Le tout est de savoir comment bien équilibrer les deux…


Constatant qu’il manquait visiblement quelque chose sur la table basse juste entre eux, le vieux professeur ajouta avec plus de légèreté :

    - Je sais qu’il se fait un peu tard mais peut-être avez-vous envie d’un bon verre d’hydromel, histoire de bien se poser ?



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MessageSujet: Re: A l'ombre d'un chaudron...   Dim 16 Sep - 13:27

      -Moi, on peut dire que je fais plutôt cavalier seul, je ne m’embarrasse pas vraiment de ce que peuvent me dire les autres quant à mes choix de parcours… Mais je comprends que certaines personnes puissent éprouver le besoin qu’on les aide à choisir dans les moments de doute et de difficulté. Si vous en éprouvez le besoin, je pourrais toujours vous aidez…


    Adrian fronça les sourcils. C’était un reproche, une moquerie, une main tendue, ou quelque chose d’autre ? A dire vrai… il ne s’attendait pas du tout à cette proposition. Il se rendait bien compte qu’il l’avait inconsciemment espérée, mais sans le formulé à vive pensée. Vu le ton et l’air assez… neutre et sympathique de Phineas, le Norvégien écarta rapidement la thèse du reproche et de la moquerie. Peut être était il vraiment prêt à lui donner des conseils ? C’était gênant de se dire ça, et pire, Adrian se savait incapable de s’abaisser à aller quémander de l’aide. Même si c’était un peu ce qu’il faisait actuellement. Non, pas qu’un peu. Adrian considéra sa conduite avec une certaine honte. Mais le chaudron qui bouillonnait les apaisa, lui et le malaise qu’il se ressentait à être aussi… ouvert, lisible… presque risible en fait. Il était sensé être apte à conseiller les élèves qui venaient le voir, pas aller lui, chercher conseil à côté. En fait, il n’était qu’un élève. Ou quelque chose dans ce genre. Puis vint le sujet de la magie noire qu’Adrian avait balancé avant de comprendre ce qui lui arrivait.

      -Il est vrai que l’usage de la magie noire est un phénomène tabou dans notre société. On évite d’en parler… Elle fait très souvent peur car elle est bien méconnue. Le sorcier de base ne songe qu’aux trois impardonnables lorsqu’on en évoque le mot mais cette discipline recèle des choses bien plus fascinantes… Du moins à mon goût… Enfin, je pense que vous n’êtes pas sans savoir étant donné que vous avez été scolarisé à Durmstrang… Pour ma part, je ne pense pas que la magie noire soit réellement à rejeter… Contrairement à la majorité des sorciers, je pense qu’elle complète la magie blanche. Elles ne s’opposent pas vraiment… Il n’y a pas d’ombre sans lumière et inversement… Le tout est de savoir comment bien équilibrer les deux…


    Phineas savait qu’il venait de Durmstrang ? Bon, après tout, ce n’était pas un secret, et il assumait totalement l’école dans laquelle il avait fait ses études de magie. C’était une des trois grandes écoles d’Europe, et ce n’était pas pour rien. Même si elle n’avait pas une excellente réputation à l’Ouest de l’Europe. Enseigner la magie noire… Les directeurs de Durmstrang avaient tous songé à un moment ou à un autre de leur « carrière » à ce poste, mais contrairement à ce que pouvaient croire les anglais, jamais ça n’avait abouti. Oh, bien sûr, ils avaient tous les cours d’histoire de la magie noire, de théories des arts sombres, des limites de la magie blanche et des applications de la magie noire. Bien sûr, ils abordaient d’un point de vue théorique toutes les faces « ténébreuses » des matières scolaires, mais sans jamais passer à pratique. Après tout, il était sous entendu qu’ils allaient tous aller plus loin dans la pratique une fois les bancs de Durmstrang et les ASPIC derrière eux. Mais bon. Dans tous les cas, préjugés ou non, rumeurs ou non, Phineas était dans le vrai : Adrian avait une approche beaucoup moins manichéenne que la plupart des anglais, bien qu’il ait très longtemps rejeté la Magie du Sang, la considérant basse et avilissante. C’était le cas, mais il y avait une grandeur à passer outre les pulsions violentes et malsaines auxquelles nous poussaient les runes perverties. Oui, il n’y avait pas de lumière sans ombre, ni de blanc si le noir n’existait pas. Le Ying et le Yang… Le Professeur de Runes essayait de faire la part des choses de ce qu’il venait d’apprendre. Phineas n’était donc pas contre la magie noire. Il avait donc bien fait de lui en parler… Donc… Adrian se sentit en confiance. Ce n’était pas un regard dégoûté qu’il allait croiser s’il parlait de ses recherches, de ses tâtonnements, de ses succès et de ses échecs. Sa main blessée le brûla à cette pensée. Ce n’était pas un échec. C’était un grand succès que cette première utilisation des Runes de Sang qui lui avait semblé un jeu d’enfants. C’était tellement simple, tellement enivrant… à portée de main… tout comme le pouvoir, la grandeur. La reconnaissance… Phineas le coupa dans ses pensées ambitieuses :

      -Je sais qu’il se fait un peu tard mais peut-être avez-vous envie d’un bon verre d’hydromel, histoire de bien se poser ?


    Adrian esquissa un sourire et s’appuya, un peu plus détendu, au dossier du fauteuil. Pendant quelques secondes, pas plus de cinq, il chercha les mots les plus appropriés. Puis d’une voix douce, qui tranchait avec celle utilisée en cours et pendant ses colères, il acquiesça :

      « Hum… bien volontiers. Vous savez, votre point de vue sur les Arts Sombres rejoint le mien. Enfin… l’avis que j’ai fini par avoir après plusieurs semaines de réflexion. Durmstrang… Durmstrang nous a présenté la magie noire comme une branche de l’arbre des possibilités magiques, mais a toujours esquivé la question de la pratique, pour rester en accord avec les lois internationales. Je pense avoir une bonne idée des possibles depuis longtemps, mais jusqu’à quelques mois, j’avais toujours rejeté cette forme de magique. »


    Adrian cherchait de plus en plus ses mots, non pas part prudence ou crainte d’une réaction violente d Phineas, il était passé outre, puisque le sorcier était visiblement d’accord pour une discussion plus poussée, mais surtout pour exprimer le plus clairement sa pensée. Les fréquents appels aux runes qu’Adrian était habitué à lancer, ou à lire, avaient modulé son mode de fonctionnement vers l’intransigeance et la perfection. En même temps, il suffisait de dire un mot en trop dans une laude dont le sujet principal était Wunjo pour qu’il se vexe et décide d’accentuer ce qu’on lui demandait. C’était une rune extrêmement susceptible, et elle ne supportait pas tous les multiples de sept lorsqu’on l’incantait. Il suffisait d’une laude en quatorze mots pour qu’une catastrophe arrive. Moindre bien sûr si on faisait aussi appel à d’autres runes, mais tout de même ; et Adrian refusait parfois de songer à ce que pourrait faire une laude en quarante neuf mots… Mais de nouveau il s’égarait.

      « Je m’aperçois maintenant, que je n’étais ni dans le vrai ni dans le faux en refusant la magie noire. En même temps, je me suis surtout interrogé sur la branche sombre de mon domaine de prédilection, et mes connaissances dans les autres domaines noirs sont trop faibles à mon goût pour statuer sur leur sort mais… je sais que la Magie du Sang présente étrangement un plus gros risque sur les Graphistes que sur les non-initiés à cours terme. A long terme bien sûr la tendance s’inverse mais le fait est là. C’est pour cela qu’on nous répète qu’il est interdit de goûter à la Magie du Sang, sans quoi nous pourrions ne pas avoir un esprit assez fort pour passer au dessus des tendances… malsaines des Runes sanguines. Je ne sais pas si vous me suivez… je parle en termes techniques je m’en excuse. Mais ma question est là : une magie qui peut vous maîtriser, est il réellement utile de la rejeter ? Pourquoi ne pas juste nous former à la maitriser, nous ? »


    Ils y étaient. Au cœur du sujet qui turlupinait Adrian. Au cœur des runes, au cœur de leur influence sur le professeur… au cœur de tout ! C’était… bon bien sûr, la question d’Adrian était plus « suis-je en train de devenir inéluctablement un pantin aux mains des Runes de Sang ou puis-je les vaincre et les mettre à ma merci », mais il ne pouvait pas vraiment avouer qu’il touchait à la magie noire depuis quelques mois. C’était un peu trop personnel. Et seul un autre… euuh… « mage noir » pourrait en parler avec lui. Même si Adrian ne savait pas si la face noire des potions par exemple, pouvait avoir un effet addictif et mauvais sur le potionniste.

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Phineas Wentworth

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MessageSujet: Re: A l'ombre d'un chaudron...   Mar 25 Sep - 16:17

Phineas remarqua immédiatement le soudain froncement de sourcil d’Adrian lorsqu’il lui avoua son penchant particulièrement autonome. Sans doute pensait-il que le vieux professeur se moquait de lui en piquant sa fierté. Ivanov avait des faiblesses comme tout le monde (bien que Wentworth ne le connaissait pas encore assez bien pour pouvoir les déterminer pleinement) mais il n’aimait pas facilement les admettre, ce qui, quelque part, était amusant. L’ancien Serpentard pouvait se montrer blessant, certes, toutefois il s’attaquait aux personnes peu estimables par leur comportement. En guise d’exemple, l’étoffe d’une Ciella Dante ou encore d’une Alecto Carrow rentrait dans ce champ d’application. Adrian, lui, était fier, mais pas spécialement arrogant. C’était bien là la différence et c’était de là qu’émanait le respect du vieil homme envers le professeur de runes. Par conséquent, il n’y avait aucune raillerie dans ses propos. C’était une remarque purement innocente et ne prie même pas la peine de l’expliquer, jugeant Adrian suffisamment intelligent pour discerner ses véritables intentions.

Lorsque la question de servir de l’hydromel fut posé, Adrian sembla se détendre… Enfin… Appréciant désormais tout le confort de son siège, il accepta l’offre. Ne s’éternisant pas davantage, le maître potionniste se releva de son fauteuil pour aller fouiller dans ses réserves. La bouteille convoiter enfin dans les mains, Phineas en profita encore une fois pour re-touiller son chaudron tandis qu’il passait juste à côté, puis retourna à sa place. D’un coup de baguette magique, il fit apparaître deux flûtes sur la table basse en ébène qui séparait les deux enseignants, déboucha la bouteille et fit couler généreusement le liquide d’une couleur paille dans chacun des verres. Durant ce temps, Adrian en avait profité pour lui exposer à son tour son point de vue concernant l’utilisation de la magie noire, d’une voix qu’on ne lui connaissait pas. Le jeune homme devait certainement se sentir en confiance pour admettre lui aussi que son opinion sur la question rejoignait celui de Phineas. Venant de la part d’un ancien élève de Durmstrang, ce n’était guère étonnant en soit, mais cela faisait toujours drôle aux oreilles d’entendre que quelqu’un d’autre partageait sa vision des choses sur le problème. La suite du discours de son hôte eut par contre l’effet de quelques irritations. Ainsi donc à Durmstrang, seul la théorie était évoquée ? Pourtant, pendant des années, les médias n’avaient eu de cesse d’incriminer cette école d’enseigner la pratique de cette forme de magie ! Encore un mensonge éhonté ! Car de toute évidence, Adrian n’avait aucune raison de mentir à ce sujet. Plus les jours passaient, et plus Phineas avait un esprit de frondeur. Car si en l’occurrence, il s’agissait d’un mensonge médiatique, cette prise de position émanait d’une instance bien plus élevé, à savoir le gouvernement.

Se recentrant sur le sujet véritable, la dernière phrase que venait de déclarer son collègue était à souligner au rouge. Il venait entre autre, d’avouer qu’il pratiquait la magie noire depuis quelques mois. Voilà qui était particulièrement intéressant. Certains auraient songé immédiatement à l’incident de St Mangouste, mais Phineas se doutait bien que c’était plus complexe que ça. Quel domaine de la magie sombre pouvait-il bien utiliser ? Chaque matière possédait son penchant obscur, aussi ne doutait-il pas une seconde qu’Adrian se plonge dans la partie noire de son domaine de prédilection mais en utilisait-il d’autres ? Phineas s’y adonnait en potion et en botanique tout particulièrement, parfois en défense ou maléfice bien placé…. Au niveau des créatures magiques, c’était bien plus délicat… Il n’allait certes pas s’amuser à faire un élevage de Nundu par exemple qui aurait pu rentrer dans la classification noire mais son but n’était évidemment pas de ravager l’école et pourrait mourir lui-même par sa propre création. Stupide donc… Ou en tout cas dans les circonstances présentes… Le vieux professeur avait jusque-là, privilégié la discrétion. De plus en plus intriguer par son homologue, il se lança dans sa réponse, le regard brillant d’une curiosité nouvelle :


    - Jusqu’à quelques mois vous dites ? Ces simples mots me font soupçonner que vous y avez touché… Dit-il tout en buvant une gorger de son hydromel.


Il s’égara un moment, se passant en mémoire toutes ses inventions noires des potions, contribué largement par la botanique et des éléments pouvant être prélevé sur diverses créatures magiques malfaisantes. Maitriser absolument toute les parcelles d’une science, ou au moins être le seul à posséder un tel niveau de connaissance était quelque chose de jubilatoire lorsqu’on en atteignait le but, mais cette soif était tellement dure à satisfaire qu’elle pouvait devenir aliénante et obsédante. Adrian devait certainement le ressentir déjà. Quelques mois suffisaient pour plonger. Quant à lui, il s’était un peu calmé depuis tout ce temps, mais il allait sans dire qu’il ne perdait pas une occasion si elle se présentait. Et s’étant assagit, il prenait tout ceci moins à cœur, même s’il ne s’en était jamais détourné.

Le plus intéressant suivit presque immédiatement. Comme c’était prévisible, Adrian s’interrogeait surtout sur la face noire des runes. Cette matière étant déjà mystérieuse par nature, la deuxième face devait l’être encore bien davantage, et en tant que passionné, il était presque naturel qu’il en vienne là. La magie du sang ? Voilà une dénomination que Phineas n’avait pas entendue depuis des décennies. L’attention du vieux professeur doubla instantanément. Bien que ses connaissances sur le sujet fussent relativement limitées, il comprenait parfaitement ce qu’évoquait son hôte. Pour avoir fréquenté un autre passionné de rune durant sa jeunesse, il savait à quel point les runes sanguines pouvaient être addictive et ravager complètement une personne. Finalement, Ivanov posa la question qui semblait lui dévorer les lèvres depuis un moment. Pourquoi ne pas nous apprendre à maitriser cette forme de magie ?


    - Certains aspects de la magie noire sont tellement puissants que parfois même le plus fort des sorciers pourrait y succomber en tentant de les maitriser… Je m’interroge parfois s’il n’y aurait pas en quelque sorte une forme de vie à l’intérieur même de ses aspects… Il faut un esprit de métal pour espérer pouvoir maitriser quelque chose dans les domaines sombres et je crains que bien peu de sorcier remplisse cette condition, même si ce n’ait évidemment pas là un reproche que je peux faire… Je pense qu’on devrait au moins, si ce n’ait en enseigner la maitrise pour les plus doué et les plus déterminé, cesser de rejeter cette forme de magie… Mais quoi qu’il en soit, j’ai passé outre cette interdiction et je ne suis et ne serait évidemment pas le seul…


Ces derniers mots étaient clair et sans ambiguïté. En d’autres termes, il venait juste d’avouer qu’il pratiquait la magie noire sans la moindre gêne. Evidemment c’était un risque fou qu’il venait de prendre. Si ça se savait dans tout l’établissement, ce serait sans doute une catastrophe et la ministre de la magie elle-même s’empresserait certainement à demander sa démission au poste de soins aux créatures magiques.


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Adrian Ivanov

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MessageSujet: Re: A l'ombre d'un chaudron...   Ven 28 Sep - 9:59

      - Certains aspects de la magie noire sont tellement puissants que parfois même le plus fort des sorciers pourrait y succomber en tentant de les maitriser… Je m’interroge parfois s’il n’y aurait pas en quelque sorte une forme de vie à l’intérieur même de ses aspects… Il faut un esprit de métal pour espérer pouvoir maitriser quelque chose dans les domaines sombres et je crains que bien peu de sorcier remplisse cette condition, même si ce n’ait évidemment pas là un reproche que je peux faire… Je pense qu’on devrait au moins, si ce n’est en enseigner la maitrise pour les plus doués et les plus déterminés, cesser de rejeter cette forme de magie… Mais quoi qu’il en soit, j’ai passé outre cette interdiction et je ne suis et ne serais évidemment pas le seul…


    Adrian accusa le coup avec souplesse. Phineas était parfaitement dans le vrai, puisque seuls les esprits forts pouvaient combattre l’influence de la Magie Noire sur les caractères. Et il ne doutait pas un seul instant faire partie de ces esprits forts. Après tout… il était encore sain d’esprit non ? Mais bon, là n’était pas la question. Les propos de son collègue étaient pertinents, mais plus encore troublants. Pour connaître à ce point là le revers de la médaille… et surtout pour terminer sur une phrase aussi ambiguë, il fallait pratiquer la magie noire. Adrian frissonna en y songeant. C’était tellement… déroutant. Il était conscient de sa chance d’avoir en face de lui ce qu’on pouvait appeler un « mage noir », mais ce n’était pas pour autant qu’il en était heureux. Enfin si, il l’était, parce qu’il savait que Phineas pouvait comprendre mieux que quiconque ce qu’il se passait dans sa tête, mais… ça lui faisait peur d’une certaine manière. C’était étrange de s’en rendre compte, mais Adrian était intimidé par Phineas. Pourtant, il reprit rapidement contenance. Sans réelle surprise, le professeur de soin l’avait percé à jour, et Adrian eut un sourire gêné, comme un gamin pris en faute, mais qui ne regrette absolument pas son erreur. Dans un sens, il était conscient qu’il aurait du ressentir un peu de culpabilité à l’idée de pratiquer même en tant que novice, la magie noire, mais non, il en était même fier et ça le tuait de ne pas pouvoir montrer à tout le monde quelle puissance une telle magie apportait.

    Adrian considéra le verre d’hydromel et y porta les lèvres avec prudence. Il était un peu plus habitué à la vodka nordique ou au whisky pur feu des soirées, étudiantes ou non. Le breuvage n’était pas mauvais, et le Norvégien en avala une gorgée, avant de répondre à Phineas.

      « Vous n’êtes pas le seul, en effet. Et c’est pour ça que je pense que Poudlard aurait beaucoup à apprendre de Durmstrang de ce côté-ci, et aussi niveau discipline. Si même moi, qui ai été formé à comprendre et… hum… à admettre, je ne trouve pas d’autres mots, la Magie Noire, je l’ai rejetée aussi longtemps, c’est normal que des sorciers à qui on inculque la peur de cette branche la rejette. C’est juste dommage… J’ai de la chance, au final, d’avoir été scolarisé à Durmstrang, puisque même si on ne nous l’enseigne pas, on nous prépare à la maîtriser. »


    Adrian lâcha un petit rire nerveux, et secoua la tête. En fait, il encaissait juste à l’instant le fait que quelqu’un qui le comprenait ; on pouvait même pousser à dire que Phineas était comme lui. Se passant une main tremblante dans les cheveux et la faisant retomber dans la nuque, Adrian joua un instant avec le verre d’hydromel. Et se rendit compte de tout ce que leur discussion incluait. L’un comme l’autre, ils avaient entre leurs mains le sort de l’autre professeur, puisqu’un simple hibou à la Ministre pouvait lancer l’enquête, et vu les faits actuels, la tension régnant dans le pays, et, dans le cas du Norvégien, ses récentes convocations du côté des Aurors, ce serait tout bonnement la prison, et la radiation de l’ordre des Graphistes dans son cas. Le regard d’Adrian perdit toute gaité pour se durcir en songeant à cela. Un nouveau froncement de sourcil vint s’ajouter sur son visage. Lentement, Adrian posa ses yeux chocolat dans ceux de Phineas.

      « J’espère qu’il est inutile de dire que ça restera entre nous en tout cas. »


    Adrian aurait aimé que ça sonne comme une menace, par fierté personnelle d’intimider quelqu’un, mais ses propos sonnèrent plutôt comme ceux d’une personne inquiète pour son poste et sa condition sociale, ce qui était aussi le cas. Les Runes représentaient toute la vie d’Adrian, et se voir refuser l’accès à toute la bibliothèque du Ministère, se voir interdire de la manipuler… ce serait tout bonnement inconcevable. Oh, bien sûr, même une interdiction ne pourrait pas l’empêcher de faire appel aux Runes puisqu’elles avaient une vie propre, sur un autre plan d’existence. C’était un peu comme une incarnation de la magie, sans la dimension ‘chair’ du terme incarnation bien sûr. Malheureusement, rares étaient les personnes capables d’entendre l’appel des runes, leurs chuchotements, rares étaient les sorciers qui sentaient et pressentaient ce que désiraient les runes. Adrian considérait ça comme un don, et il l’avait de la même manière que lui manquait celui des potions. Son oncle avait tenté de lui expliquer comment on pouvait préparer des potions à l’instinct, mais il était rapidement apparu qu’il ne fallait pas demander à Adrian davantage que ce qui était exigé pour les ASPIC niveau connaissance. Adrian se recentra sur la discussion en cours. Il avait de plus en plus de mal à ne pas s’éparpiller dans ses pensées, mais il commençait aussi à s’habituer à cet état de fait. En même temps, que pouvait-il faire contre ? Il était toujours aussi performant et doué lorsqu’il s’agissait d’étudier des laudes runiques, alors qu’il ait du mal à suivre une conversation sans absence, sincèrement, ce n’était pas bien grave. La paume de sa main le picotait encore, et sans réfléchir, Adrian demanda :

      « Hum… puisque nous en sommes plus ou moins aux révélations à la confiance mutuelle, on peut dire ça comme ça, avez-vous déjà eu des cas de… blessures relatives à la magie noire, à soigner. Je veux dire des blessures comme celle-ci... »


    Adrian ouvrit sa main droite posée sur la table, laissant apparaître la profonde entaille qui barrait sa paume et qui, si elle ne saignait plus depuis longtemps, refusait de se refermer et de guérir. Ce n’était pas une vilaine plaie, puisqu’elle avait été fait très proprement, de la baguette même du Graphiste, mais on sentait aussi qu’elle avait quelque chose de… sombre. Adrian était comme hypnotisé à chaque fois qu’il la considérait. C’était saisissant de savoir que cette blessure lui avait permis d’arrêter le temps. D’une entaille de deux centimètres, elle avait grandi pour barrer toute sa main, mais elle lui avait permis, il y a à présent deux mois, d’arrêter le temps pendant cinq secondes. Pour le laisser incapable de jeter un sortilège d’un niveau au dessus que la cinquième année pendant les quatre jours qui avaient suivi. Adrian se sentit repartir dans la cave de celui qu’il savait, à présent, mangemort. Il n’avait pu, pareillement, détacher son regard de sa plaie les minutes qui avaient suivi sa première utilisation des Runes de sang. Sa première et sa seule aussi… importante. Il avait été fou d’incanter quelque chose d’aussi délicat, fou ou totalement sous le contrôle des Runes. Avec le recul, il s’apercevait à quel point il avait été faible d’esprit les premières fois. Dire qu’il avait été persuadé de tout contrôler… A présent il contrôlait sa soif de runes de sang, de pouvoir, de savoir.
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MessageSujet: Re: A l'ombre d'un chaudron...   Lun 5 Nov - 8:59

Le certain malaise qui sembla soudainement s’emparer de son homologue n’échappa nullement au perspicace Phineas. Il fallait dire que ses propos n’incitaient pas forcément à la sympathie et la confiance en lui. Avouer ouvertement qu’il pratiquait la magie noire aurait fait fuir plus d’une personne. Et ceci pour la simple et bonne raison qu’un individu pratiquant les « sciences occultes » était synonyme de mage noir ou mangemort dans le jargon populaire. Même si le professeur Wentworth ne faisait pas partie des gens les plus facile à cerner, ce n’était pas pour autant qu’on pouvait se permettre de le comparer à ces imbéciles de serviteur de Lord Voldemort. A vrai dire, il n’avait quasiment aucun point commun avec eux. Le faible sourire qu’afficha Adrian Ivanov juste après eu le mérite de confirmer ce qu’il pensait. Ce cher professeur de runes avait également touché au défendu. L’état de gêne disparu finalement bien assez vite pour laisser place à un brin de fierté brillant d’impétuosité dans le regard chocolat du norvégien. Cela était relativement clair. Il se trouvait un peu honteux, si on pouvait dire cela comme ça, d’avoir été découvert mais aucunement sur le principe même de faire usage de magie noire. D’aucun aurait immédiatement trouvé ce comportement suspect. Cela faisait-il de lui un mangemort ? Non, sans doute pas. La première raison était bien évidente d’ailleurs : jamais Dumbledore ne serait ainsi floué au point d’engager un mangemort dans l’école. Du moins, chacun voulait s’en convaincre. De plus, les récents évènements de St Mangouste avaient prouvé dans quel camp il se situait. Ou n’était-ce là qu’un subterfuge pour brouiller les pistes ? Non plus, Adrian n’avait clairement pas le profil du mangemort. Cette classe sociale était réservée aux imbéciles.

Bref ! Phineas ne voyait aucun mal à faire confiance à ce jeune Ivanov, fanatique inconditionnel de runes. Ce dernier se mit alors à faire une brève critique de Poudlard par un petit comparatif avec Durmstrang. Ce n’était pas la première fois qu’il s’évertuait à user de ce procédé mais le professeur de soins ne s’en offusqua pas. A vrai dire, il trouvait même qu’il avait raison. Sur le côté magie noir, c’était évident, et côté discipline… Disons qu’il fallait bien signaler que depuis la dernière fois qu’il avait mis les pieds à Poudlard et encore plus lorsqu’il était lui-même élève ici, la discipline s’était bien relâché. En revanche, ne connaissant pas grand chose des règlements de conduite de l’école de magie nordique, il n’y avait pas lieu de faire de comparaison de son côté. Mais en dépit de cet état de fait, les élèves ne s’étaient non plus transformés en redoutable trublion (du moins durant ses cours en tout cas) à quelques exceptions prêtes. Il tenait donc de relativisé, d’autant plus que desserré un peu le verrou n’était pas non plus un mal, du moment qu’on ne tombait radicalement dans le laxisme. Tel était la vision réelle de l’ancien Serpentard. Finalement cette petite discussion sur les arts obscurs permit d’en connaître davantage sur ce cher Adrian. Le fait qu’il ait tout d’abord rejeté cette forme de magie ne le surpris guère. C’était là, le comportement typique des sorciers à cet égard. La différence, c’est qu’il avait fini par franchir le cap.


    - Je comprends tout à fait votre point de vue. Pour ma part, j’ai toujours fait preuve d’une certaine désobéissance sur les avertissements que les professeurs nous gratifiait à longueur d’année. Je ne peux prétendre avoir touché à la magie noire en étant encore simple élève mais je m’arrangeais assez habilement pour avoir accès à la bibliothèque défendu… C’était donc purement théorique. J’ai passé à la pratique quelques années après avoir obtenu mes ASPIC, se contenta-t-il de dévoiler. Mais en ce qui vous concerne, le rejet premier dont vous avez fait preuve n’a rien d’exceptionnel. Ce qui l’est en revanche, c’est que vous avez finit par vous soustraire de cette contrainte « moralistique »…


Une nervosité encore plus apparente que précédemment s’empara de nouveau du scandinave. Sans doute venait-il de comprendre la gravité de leur discussion. La suite vint d’ailleurs confirmer l’hypothèse du vieil homme lorsqu’Adrian lâcha dans un froncement de sourcil qu’il espérait que tout ce qu’ils venaient de dire ce soir ne serait relayer à quiconque d’autre. Le son de sa voix était bien celle d’une personne inquiète. Rien de plus normal ! Après sa petite mésaventure à St Mangouste qui lui avait valu plusieurs convocations, nul doute que transmettre ce qu’il venait de révéler ce soir-là aurait le don de clôturer son dossier par un petit séjour à Azkaban. Et d’aucun savait que cet endroit était sûrement LE lieu à éviter. Les coudes sur les accoudoirs de son fauteuil de cuir noir et les mains entrelacées, Phineas plongea son regard perçant dans celui de son homologue. Il marqua un temps avant de se décider à répondre, comme pour insister sur la gravité de la situation, son silence mystérieux faisant office de menace.

    - Il vaudrait mieux, en effet, que ces confidences ne traversent jamais ce mur… Si vous trahissez ma confiance Adrian, je puis vous assurez que je ne me priverais pas de vous dénoncer aux autorités et vous pourrez ainsi dire adieux à ce qui vous ait le plus cher… Comme vous pouvez le constater, nous sommes liés l’un à l’autre désormais… Répliqua le professeur de soins sur un ton menaçant, accompagner en prime par un sourire malsain, puis un bref clin d’œil.


Autant mettre les choses au clair d’avance. Lorsqu’il s’agissait de mise en garde, Phineas avait toujours été dans le registre de l’intimidation. Celui qui osait briser le lien de confiance avec lui, le faisait à ses risques et périls, d’autant que le brave Wentworth était un sauvage rancunier. Le nombre de ses vengeances personnelles ne se comptait plus. Toutefois, il pensait ne pas être en tort en attribuant sa confiance au jeune homme ; il avait tout de même une certaine droiture qui allait à l’encontre d’un délateur professionnel. Quoi qu’il en soit, un autre sujet s’ouvrit soudainement. Avec une certaine hésitation, le professeur Ivanov s’enquit de sa capacité à soigner les blessures relatives à l’usage de la magie noire. Pour illustrer son propos, le norvégien dévoila une plaie sur la paume de sa main droite. Sans réfléchir outre mesure, Phineas s’en empara pour examiner la meurtrissure de plus près. Se faisant, il ne dissimula pas son admiration quelques secondes plus tard. S’il était un parfait ignare quant à l’utilisation des runes et la complexité de leurs mécanismes, on ne pouvait certes pas le duper sur ce point : Adrian avait donc fait usage des runes de sang. Ayant eu la chance de rencontrer un professionnel de runes durant ses voyages, le professeur de soins avaient longuement entendu parler de ces runes et même assister à ce genre de rituel. Ceci n’était donc guère nouveau pour lui. L’expert en question avait été confronté au même problème et n’avait eu de cesse d’affirmer à quel point cette magie était dangereuse et aliénante. Si bien d’ailleurs, que beaucoup avait fini par en perdre la tête et s’était suicider. Retournant dans l’instant présent, l’ancien Serpentard relâcha alors la main de son collègue, une mine triste se dessinant alors sur son visage.

    - Je crains ne rien pouvoir faire pour vous sur cet aspect… Je puis soigner des blessures relatives à la magie noire mais celles concernant les runes de sang… J’ai bien cherché un remède par le passé pour un ami mais toutes mes tentatives ont échoué. Je pense que cela doit provenir de mon déficit de connaissance dans la matière runique.


Cet obstacle qu’il n’avait pas su surmonter lui était d’ailleurs resté en travers de la gorge. Phineas avait simplement horreur de rester sur un échec. Même s’il ne le montrait pas nécessairement, il avait un certain amour propre. Gardant cette considération pour lui, il se jura intérieurement de reprendre les recherches. Il était d’autant plus motivé qu’il savait bien qu’Adrian ne pouvait vraisemblablement compter que sur lui sur ce point. Ce n’était certainement pas Dunstan McFly qui allait le secourir, et pas davantage les medicomages qui ne connaissaient aucune des subtilités de la magie noire. Sinon, il ne restait plus qu’à Adrian de faire appel à un mangemort mais les chances de succès étaient de l’ordre de nul puisque si Phineas n’avait pas trouver, tout génie qu’il était, ce n’était certainement pas un idiot utile prônant la pureté du sang qui allait le devancer. Ou dernier recours, trouver un maître en runes et en médicomagies pencher sur les arts occultes, ce qui dans le coin, et vu les tensions actuelles, relèverait du miracle. Tout ceci pour dire que Wentworth avait un nouveau défi à relever.
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Adrian Ivanov

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MessageSujet: Re: A l'ombre d'un chaudron...   Ven 9 Nov - 8:28

    Adrian retint un moment de recul lorsque le professeur de soins aux créatures magiques saisit sa main blessée dès qu’il la vit. Visiblement, l’attraction qu’elle avait sur le Norvégien, elle l’avait aussi sur le vieil homme. C’était rassurant dans un sens, et inquiétant aussi dans un même temps. Si une simple blessure fascinait… Quelle serait la tête de Phineas si Adrian commençait à incanter en Runes de Sang à l’instant ? Sûrement la même que lui-même, devant la potion que réalisait le professeur lorsqu’il était entré dans le bureau un peu plus tôt. Finalement, Phineas lâcha la main d’Adrian qui fronça les sourcils. Son homologue semblait… intrigué. Et surtout, il ne semblait pas avoir une réponse facile ou instantanée. Lorsqu’il prit la parole d’ailleurs, cette impression se confirma :

      - Je crains ne rien pouvoir faire pour vous sur cet aspect… Je puis soigner des blessures relatives à la magie noire mais celles concernant les runes de sang… J’ai bien cherché un remède par le passé pour un ami mais toutes mes tentatives ont échoué. Je pense que cela doit provenir de mon déficit de connaissance dans la matière runique.


    Un ami ? Un remède ? Par le passé ? Et bien, son ami ne devait pas avoir un niveau extraordinaire en Runes lorsqu’il s’était attaqué aux Runes de Sang parce que la blessure, en dehors d’être douloureuse, n’avait aucun impact sur la vie d’Adrian, du moins à première vue. C’était juste un rappel continu de l’allégeance qu’il avait faite aux Runes, mais de ca, il en était parfaitement conscient. Il leur avait offert sa vie des années et des années plus tôt, lorsqu’il avait entamé sa sixième année à Durmstrang. Il leur avait offert sa vie, et on pouvait dire qu’il leur avait offert son âme cet été, lorsqu’il avait cédé à la pression des Runes de Sang. Adrian contempla sa main et réfléchit en silence à ce que venait de dire Phineas. Il dissociait donc Magie Noire de Runes de Sang. Et mieux, en fait, Adrian s’en apercevait tout juste dans sa réflexion, il avait rencontré un Graphiste qui avait côtoyé les Runes de Sang… Déjà, Adrian ne connaissait pas beaucoup de Graphistes de sa génération (ils ne devaient pas être plus de deux cents dans le monde à avoir entre 25 et 40 ans, dont au moins une centaine sortaient de Darwin, cinquante autres de Santiago, et le reste des trois petites écoles de très moindre prestige), et les connaissant presque tous de vus si ce n’était de nom, il n’en voyait qu’une petite vingtaine qui avaient montré dès leur formation un intérêt pour les Runes. D’un autre côté, le Norvégien estimait aussi que tous les Graphistes un peu compétents étaient forcément attirés par les runes, puisqu’un bon graphiste avait le souci de la perfection , de la progression et qu’ils étaient tous plus ou moins attirés, voire faits esclaves, par le savoir. Adrian avait d’ailleurs rencontré lors de séminaires et autres congrès entre Graphistes, certains qui parlaient couramment huit ou neuf langues, toutes mortes. En sortant de Darwin, Adrian parlait sans problème hébreu, grec, latin et copte, et se débrouillait convenablement dans sept ou huit autres dialectes, mais il n’était pas allé jusqu’à savoir les parler couramment. Ce qui l’intéressait plus c’était de devenir familier avec les Runes. Connaître leurs préférences, leurs petites habitudes. Il y avait ce qu’on leur enseignait en cours, comme les chiffres et nombres à éviter, les différents pentacles, les rituels, les possibilités et les limites (mais y en avait il réellement ?) de la Magie Runique, mais seule l’expérience propre nouait des liens entre les Graphistes et les Runes.


    Adrian papillonna des yeux. Depuis combien de temps était il ainsi plongé dans ses pensées ? Il fallait qu’il se concentre davantage pour qu’on ne puisse pas se rendre compte de ses absences, il fallait… Adrian était parfaitement conscient que ce n’était pas par hasard qu’il avait de plus en plus de mal à se concentrer dans tous les domaines qui ne concernaient pas les runes. Avant c’était déjà le cas, un de ses professeurs à Darwin lui en avait d’ailleurs fait la remarque, ajoutant que c’était généralement le signe d’une hypersensibilité aux Runes et qu’il devait faire attention, mais maintenant, ça s’accentuait de plus en plus rapidement et intensément. Le Norvégien remit lentement un bandage sommaire qu’il s’était fait autour de la coupure, avant de considérer le verre d’hydromel. Puisqu’il avait la chance d’avoir un… « mage noir », faute d’appellation plus correcte à se mettre sous la main, ne devait il pas en profiter ?

      « J’avais hésité à en parler à Mcfly, Adrian cracha le nom de son collègue avec un certain dégoût, sachant pertinemment que Phineas ne pouvait qu’être au courant de l’antipathie qu’il éprouvait pour le potionniste, étant donné que c’était le seul potionniste valable que je connaissais, avant de savoir que vous aimiez vous aussi touiller dans des chaudrons, mais je pense que j’ai bien fait de m’en abstenir. »


    Adrian s’interrompit, assez hésitant. Tant qu’il avait un potionniste compétent et intelligent sous le coude, ne pourrait il pas en profiter ? Non, ce serait trop impoli. L’éducation rigide qu’il avait reçue le percuta de plein fouet et Adrian préféra se taire. Ne pas trop demander en une seule fois, voilà qui était une règle logique et immuable. Déjà qu’il s’était un peu trop exposé, et qu’il avait un peu trop dévoilé de ses nombreuses faiblesses, s’il commençait à parler de ses insomnies et de ses maux de tête, on n’en avait pas fini. D’autant plus que qui disait potion, disait bézoard et / ou aconit. D’ailleurs en parlant de cela… Adrian repensa à ce qu’avait dit Phineas, comme quoi c’étaient peut être ses trop faibles connaissances en magie runique qui l’avaient pénalisé lorsqu’il avait voulu aider son ami. Inconsciemment, le Norvégien prit le visage du maître en la matière qu’il était, le visage de celui qui sait, qui comprend, le visage d’un Graphiste en fait.

      « Vous disiez que si vous aviez échoué la première fois, c’était peut être à cause de vos faibles connaissances en runes. Si je peux répondre à vos questions, n’hésitez pas. Sans vouloir être prétentieux, je suis l’un des meilleurs Graphistes d’Europe si ce n’est du monde, et je pense avoir une connaissance suffisante de la magie elle-même pour… appréhender ce qui ne s’est pas bien passé. Beaucoup de personnes visualisent les runes comme juste la retranscription écrite d’une langue perdue, un alphabet comme il en existe tant. Rares sont les personnes qui ont compris que les runes avaient une dimension qui s’approchaient plus des sortilèges. Et encore plus rares, enfin, et ce sont presque tous des Graphistes cela va sans dire, conçoivent, parviennent à appréhender, que les Runes ne sont que des moyens de faire appel à des entités magiques très faibles, sans aucun impact sur nous mais belles et bien présentes tout autour de nous, qui n’attendent que d’être flattées et d’agir pour montrer leur puissance.


    Adrian s’interrompit, conscient qu’il aurait pu partir sur un cours de trois voire quatre heures sur le sujet. Ou voulait il en venir au début ? Au Wyrd. Non. Pas au Wyrd… à la conception de l’önd. Non plus. Il voulait parler de… Ah oui, ils parlaient de l’entaille qui barrait sa main. Adrian serra le poing pour s’empêcher de la contempler. Ou en était il ? Ah oui…

      « Bref, désolé je m’emporte facilement sur le sujet. Donc ce que j’ai pu théoriser sur l’entaille qui barre ma main, c’est qu’elle n’est plus seulement physique, mais que sa guérison… sorcière est limitée par les Runes elles-mêmes qui veulent par ce biais me rappeler que… »


    Adrian s’arrêta juste avant de dire qu’il leur appartenait. C’était un concept que les sorciers lambda ne pouvaient comprendre pleinement et il avait conscience de risquer de passer pour un fou. Il biaisa, sentant en réaction un mal de tête lui enserrer le crâne :

      « que j’ai utilisé la magie du sang. De cette théorie, j’en ai conclus qu’il fallait que je passe outre cette barrière pour permettre à la médecine moldue de me guérir. Je ne sais pas s’il y a des ingrédients en potion qui empêchent les actions magiques. Comme un… bouclier allons nous dire, qui bloquerait le flux de magie latent des sorciers. »


    Adrian plissa les yeux, le mal de tête s’amplifiant au fur et à mesure qu’il parlait. Ce mal de tête… il lui semblait qu’il était évident qu’il était provoqué par ces mêmes Runes… En leur donnant son sang, leur avait il donné du pouvoir sur lui, bien plus qu’avant ? C’était possible, même probable. C’était sûrement la réalité des faits à dire vrai. En leur donnant son sang, il s’était fait leur esclave et si les Runes n’avaient pas moyen de contrôler ses mouvements, elles agissaient sur les parties les plus sensibles d’un être humain : les blessures et l’esprit. La douleur augmenta encore d’un cran et Adrian sentit sa main trembler. Il l’appuya discrètement sur la table pour endiguer les tremblements. Puis le mal de tête reflua, le laissant exténué.

      « Pardonnez… je ne sais pas si j’ai été très clair… »

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Phineas Wentworth

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MessageSujet: Re: A l'ombre d'un chaudron...   Mar 1 Jan - 15:19

Suite à la rapide « examination » de sa main, et à la réponse plutôt décevante de Phineas, Adrian sembla de nouveau plonger dans un vide. Son regard absent en témoignait longuement, d’autant plus que cela s’était maintenant produit déjà plusieurs fois dans la soirée. Le professeur de soin se contenta de l’observer une fois de plus, ne souhaitant pas l’interrompre dans ses réflexions, si toutefois il s’agissait bien de cela, car après tout, rien ne pouvait le confirmer. Ses absences répétées auprès du monde réel concernaient peut-être tout autre chose. Pendant un moment, le vieil homme alla se poser des questions jusqu’aux plus effrayantes. Et s’il était sous l’emprise de l’Imperium en ce moment même ? Cela voudrait tout bonnement dire que Phineas était en vérité en train de dévoiler des pans caché de sa vie privée à un autre type et risquer ainsi de compromettre son statut. Etait-ce les effets des Runes de sang ? Pourtant jamais il n’avait côtoyé ce genre de comportement chez son ancien ami ou alors ces effets se manifestaient de manières différentes en fonction des sujets. Etait-il en train de perdre une partie de son âme avec ses petits jeux runiques ? Ou encore était-ce partie intégrante de la personnalité d’Ivanov ? Tout ceci commençait à sérieusement intriguer l’ancien Serpentard, si bien qu’il finit par interrompre le silence :

    - Vous sentez vous bien Adrian ? Questionna-t-il sans émettre d’indications supplémentaires qui le poussaient à poser cette question.


Le concerné sembla finalement reprendre vie, réajustant le bandage auparavant ôter autour de sa main. Le nom de McFly traversa soudainement ses lèvres avec une certaine violence qu’il ne cacha pas. Phineas réprima un sourire. L’animosité qui régnait entre ces deux enseignants n’était plus à prouver bien que lui-même ne comprenait pas réellement les raisons de celle-ci. On lui avait expliqué qu’Adrian ne supportait tout simplement pas le caractère déplacé de Dunstan et sa trop grande familiarité avec les élèves ce qui était tenable (lui non plus n’arrivant pratiquement jamais à s’autoriser une discussion sérieuse avec l’étrange personnage) mais il devait sûrement y avoir plus que ça. Quant à Dunstan, il était parfaitement impossible de savoir ce qui le poussait tant à haïr son collègue des Runes, en vertu encore une fois de ses discussions non-sérieuse, si ce n’ait déjà qu’il rendait tout simplement la pareil de ce qu’il recevait. Le professeur de soin ne put que soutenir les propos de son homologue. Il avait en effet adopté une attitude sage en allant pas quémander de l’aide au loufoque vampire et ainsi colporter des informations qu’il aurait sans doute du mal à appréhender. Puisque de toute évidence, Dunstan était un vampire parfaitement inoffensif et un sorcier « blanc » sinon, il n’aurait jamais franchi l’enceinte de Poudlard. Tout cela pour dire que le vieux McFly aurait sans doute très mal pris le fait qu’Adrian pratique une sorte de magie noire et qu’en tant que pire ennemi dans ce château, cela aurait pu tourner au drame.

    - Je pense effectivement que vous avez bien fait de ne pas lui en parler. On ne sait pas dans quel oreille cela peut retomber ensuite. Et puis, pour tout vous dire, je ne pense pas que McFly soit compétent dans cette branche. Je suis à mon avis plus à même de répondre à vos problèmes sans vouloir m’auto-congratuler sur mes aptitudes. Sans parler évidemment que vous soyez en mauvaise intelligence avec lui, ce qui pourrait le pousser à aggraver votre situation plutôt qu’à l’améliorer… Admit Phineas d’un ton posé.


Le sujet des potions lui rappelèrent soudainement à l’esprit qu’il en avait une en préparation sur le feu. La discussion était tellement intéressante qu’il l’avait presque oublié. Se levant d’un bond de son fauteuil, il repartit ensuite faire un tour du côté de son chaudron, s’emparant de son énorme cuillère à touiller. Le vieil homme se doutait bien qu’Adrian se retenait de lui demander quelque chose mais il ne chercha pas à en savoir davantage. Il n’allait tout de même pas lui facilité la tâche ! Après avoir opéré plusieurs mouvements circulaires dans le liquide, Phineas retourna finalement à sa place. Il en profita également pour se resservir en hydromel. C’est le verre aux lèvres qu’il écouta les mots suivants d’un Ivanov très sérieux. La suffisance clairement affiché de ce dernier le fit largement sourire. Non pas qu’il le jugeait en dessous de ce qu’il vendait mais bien parce que c’était justement le contraire. Un orgueil justifié donc. Orgueil qui pourtant lui déplaisait assidument lorsqu’il s’affichait sur des personnes tels qu’Alecto Carrow ou encore Ciella Dante. Ceci se justifiait par le fait que selon lui, ces deux demoiselles n’avaient tout bonnement aucunes raisons valables de s’estimer supérieur à qui que ce soit. Aucun exploit n’était à leur attribuer contrairement au génie d’Ivanov qui n’était plus à démontrer.

    - J’ai toujours pensé que les Runes étaient une autre forme de magie. Une magie qui ne passe pas par les baguettes magiques… Une magie infiniment complexe mais qui doit assurément être passionnante et redoutable lorsque l’on sait s’en servir… Tout comme les Oghams en sommes. Le sorcier de base reste confiné à sa simple baguette alors qu’il y a tant d’autres formes de magie qui nous entoure. C’est plutôt extraordinaire. Vous ne savez à quel point je vous admire Ivanov. Vous avez une grande maîtrise sur un art dans lequel peu de gens peuvent en dire autant ! Avoua soudainement l’ancien Serpentard, les yeux brillants d’avidité de connaissances.


Phineas retint l’offrande de savoir unique que lui proposait Adrian. Après tout, il n’était jamais trop tard pour apprendre et la matière commençait à sauvagement attisé sa curiosité. A son âge, il ne serait sans doute pas un maître dans le domaine, mais il ne regarderait plus béatement son interlocuteur dès que celui-ci entamerait ce type de conversation. Le passionné finit par s’excuser de son zèle, bien que le vieil homme ne trouva rien à pardonner.

    « Bref, désolé je m’emporte facilement sur le sujet. Donc ce que j’ai pu théoriser sur l’entaille qui barre ma main, c’est qu’elle n’est plus seulement physique, mais que sa guérison… sorcière est limitée par les Runes elles-mêmes qui veulent par ce biais me rappeler que… »


Lui rappeler quoi ? La pause qu’émit brutalement le professeur de Runes éveilla un doute, chez Phineas, sur la sincérité de ce qu’il rapporta ensuite. Lui rappeler qu’il avait utilisé les runes de sang ? Etait-ce véritablement cela qu’il s’apprêtait à dire il y a quelques instants ? Probablement pas. Ceci peut-être pour ne pas le choquer. Le visage du collègue changea subitement d’expression, comme s’il combattait un mal intérieur, tandis qu’il tentait de bloquer les tremblements de sa main. Phineas préféra adopter une attitude stoïque, faisant mine qu’il n’avait rien remarqué, se contentant d’énoncer :

    - Vous êtes très clair, rassurez-vous, bien que je sente votre esprit quelque peu embrouillé. Sachez que les potions sont un domaine très vaste qui ne semble pas disposer de limite. Il suffit de disposer d’une grande créativité doublé d’un génie évident et vous pouvez constituer à peu près tout et n’importe quoi. Il existe effectivement ce genre de potion. Une potion capable de refoulé les puissances magiques qui pourraient nous atteindre, tout comme il existe une potion capable de « guérir » de la condition de sorcier, bien qu’elle soit d’une difficulté inouïe à réaliser. A chaque chose existe un contre-pouvoir. La seule question délicate est de pouvoir le trouver, Adrian. Souvenez-vous bien de ceci.




Spoiler:
 
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Adrian Ivanov

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MessageSujet: Re: A l'ombre d'un chaudron...   Lun 21 Jan - 15:40

      « Je pense effectivement que vous avez bien fait de ne pas lui en parler. On ne sait pas dans quel oreille cela peut retomber ensuite. Et puis, pour tout vous dire, je ne pense pas que McFly soit compétent dans cette branche. Je suis à mon avis plus à même de répondre à vos problèmes sans vouloir m’auto-congratuler sur mes aptitudes. Sans parler évidemment que vous soyez en mauvaise intelligence avec lui, ce qui pourrait le pousser à aggraver votre situation plutôt qu’à l’améliorer… »


    Adrian n’esquissa pas l’ombre d’un sourire. Ce n’était pas sujet à rire, et de toute manière, lorsque l’ahuri de service entrait dans la conversation, ça le dégoûtait totalement. Même si cet ahuri était un potionniste qualifié, apparemment suffisamment pour faire cours à des élèves. Et même s’il l’avait « aidé » en préparant des potions aux effets douteux mais qui avaient partiellement réussi à endiguer ses maux de tête. Adrian repartit dans ses songes runiques, et prit le temps d’expliquer à Phineas ce qu’étaient les runes. C’était agréable d’avoir quelqu’un en face, qui voulait apprendre. Qui voulait comprendre l’univers d’Ivanov, qui voulait combler le gouffre de son ignorance en ce qui concernait le domaine des runes… Pendant que le professeur parlait, il observa le visage de son collègue, cherchant à savoir ce qu’il pensait. Un sourire. Peut être que l’emportement d’Adrian prêtait à rire. Non. Ce ne devait pas être ça. Enfin… Adrian termina son petit exposé, y coupa court plutôt, parce que pour l’achever, il aurait du faire un cours de trois voire quatre heures, tableau noir, craie, historique des recherches en runes et exemples en appui.

      « J’ai toujours pensé que les Runes étaient une autre forme de magie. Une magie qui ne passe pas par les baguettes magiques… Une magie infiniment complexe mais qui doit assurément être passionnante et redoutable lorsque l’on sait s’en servir… Tout comme les Oghams en somme. Le sorcier de base reste confiné à sa simple baguette alors qu’il y a tant d’autres formes de magie qui nous entoure. C’est plutôt extraordinaire. Vous ne savez à quel point je vous admire Ivanov. Vous avez une grande maîtrise sur un art dans lequel peu de gens peuvent en dire autant ! »


    Un fin sourire s’étira cette fois sur les lèvres d’Adrian malgré ses traits fatigués. Les Oghams… Et Phineas disait l’admirer. C’était tout ce que souhaitait le professeur de Runes. Qu’on comprenne que les Runes n’étaient pas une science obscure et un simple apprentissage de plusieurs langues étrangères, même si c’en était une grande part. C’était une ouverture à la magie comme on pouvait rarement en voir. C’était une sensibilisation à des choses dont les moldus et la plupart des sorciers n’avaient pas conscience ou rejetaient l’existence. Adrian frissonna en entendant Phineas dire qu’il l’admirait. Oui, il était un maître en Runes. Et rares étaient les maîtres Graphistes. Deux cents dans le monde, maximum. Et une quarantaine à son niveau. Adrian ferma les yeux et prit le temps de se masser les tempes, tandis que Wentworth reprenait :

      »Vous êtes très clair, rassurez-vous, bien que je sente votre esprit quelque peu embrouillé. Sachez que les potions sont un domaine très vaste qui ne semble pas disposer de limite. Il suffit de disposer d’une grande créativité doublé d’un génie évident et vous pouvez constituer à peu près tout et n’importe quoi. Il existe effectivement ce genre de potion. Une potion capable de refoulé les puissances magiques qui pourraient nous atteindre, tout comme il existe une potion capable de « guérir » de la condition de sorcier, bien qu’elle soit d’une difficulté inouïe à réaliser. A chaque chose existe un contre-pouvoir. La seule question délicate est de pouvoir le trouver, Adrian. Souvenez-vous bien de ceci. »


    Le Norvégien contempla le verre d’hydromel à présent vide qu’il tenait encore entre ses doigts. A chaque chose existe un contre pouvoir. C’étaient une idée et un concept assez intéressants. C’était… possible que ce soit vrai. Même si Adrian ne concevait pas que quelque chose, un pouvoir, une puissance ou quoique ce soit existe qui puisse « tuer » les Runes. Elles étaient bien trop vieilles et bien trop puissantes. Non, ce qu’il lui fallait, c’était juste le moyen de les contourner, d’esquiver leur piège et de redevenir leur maître. De rester leur maître. Adrian ne considérait pas qu’il avait perdu son autorité sur les Runes, parce que s’il commençait à le croire, il risquait de perdre définitivement pied. Il devait savoir qu’il conservait encore sa place de maître, qu’il maîtrisait encore parfaitement ce dont il avait fait sa vie. Adrian se massa de nouveau les tempes, laissant son regard dériver dans la pièce, s’attarder sur le chaudron et revenir sur le vieil homme :

      « N’est ce pas le propre de la magie que d’offrir une solution à tout problème ? Contre sorts, antidotes, c’est au programme des cours de sorcelleries, principalement sixième année si mes souvenirs sont bons. Oui, à chaque chose, un remède ou un moyen de contrer existe mais… comment dire… je ne m’y connais peu en potions. J’ai seulement les fondamentaux exigés aux BUSEs et aux ASPICs pour obtenir un Effort Exceptionnel ou un Optimal, rien de plus. Ce que je veux vous dire c’est que… hum… Il faudrait que je me renseigne. »


    Adrian regarda sa main comme si elle allait l’aider à formuler ce qu’il avait à dire. Elle le narguait. La plaie le narguait. Il se demanda s’il n’existait pas une laude qui pourrait le soigner, renforçant de ce fait son allégeance à la magie Runique, aux Runes de Sang. Pimprenelle miaula légèrement dans son sommeil et lui griffa de manière superficielle la main lorsqu’il voulut la caresser. Sale teigne adorable.

    Adrian se leva à moitié, sur ces mots, prenant la chatte noire dans ses bras en veillant à ne pas maltraiter davantage sa patte blessée. L’heure avait coulé entre ses doigts plus rapidement que le sable fin des plages australiennes et le norvégien, refaisant le fil de la conversation, s’aperçut qu’il en avait beaucoup trop dit. Oh ! Ce n’était pas forcément un mal puisqu’il était désormais convaincu de ne pas mal faire en suivant le chemin de son père vers la face sombre du domaine magique qu’il adorait, mais… ce n’était pas forcément bien que Phineas soit au courant d’autant de détails sur ses faiblesses et sur son intérêt pour la magie noire. Adrian regarda l’heure à sa montre et se mordilla la lèvre, comme un enfant prit en faute :

      « Il est plus tard que je ne le pensais… je ne vais pas abuser de votre temps davantage, Phineas… d’autant plus qu’il me reste des copies à corriger, je ne pensais pas autant m’attarder… »


    Le Norvégien avait l’impression de fuir. Non. Ce n’était pas qu’une impression. Il fuyait bel et bien, mais il ne savait quoi. Les questions trop précises de son collègue ? Certainement pas, Phineas l’aidait à remettre de l’ordre dans ses pensées. Il fuyait le risque d’en dire trop à son sujet ? Plus probablement… A dire vrai, c’était bel et bien cela qu’il fuyait. Pour repousser à plus tard la discussion. Parce que parler potion aller inévitablement mener à son dossier médical. Parce que si Phineas se mettait en tête de guérir sa plaie, et c’était visiblement le cas, Adrian n’allait pas prendre le risque d’être l’objet de réactions entre les multiples potions qu’il ingérait régulièrement pour rester éveiller, supporter la douleur de sa jambe encore un peu blessée, endiguer ses maux de tête… le tout en évitant d’absorber de l’aconit ou du bézoard, ces deux ingrédients lui étaient fatals.

      « Merci encore pour Pimprenelle. Et pour vos… conseils, et votre écoute. »


    Adrian était mal à l’aise, et ça se sentait dans sa posture. Et dans l’agitation de ses doigts qui parcouraient le pelage de Pimprenelle en jouant avec ses longs poils noirs.

    [spoiler]Désolé pour l'attente ! Je propose qu'on conclusse (Suspect c'est chelou comme conjugaison) le sujet, vu que l'intrigue va bientôt finir et que ça se passait avant :x[/spoiler@
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MessageSujet: Re: A l'ombre d'un chaudron...   Jeu 24 Jan - 12:43

    « N’est ce pas le propre de la magie que d’offrir une solution à tout problème ? Contre sorts, antidotes, c’est au programme des cours de sorcelleries, principalement sixième année si mes souvenirs sont bons. Oui, à chaque chose, un remède ou un moyen de contrer existe mais… comment dire… je ne m’y connais peu en potions. J’ai seulement les fondamentaux exigés aux BUSEs et aux ASPICs pour obtenir un Effort Exceptionnel ou un Optimal, rien de plus. Ce que je veux vous dire c’est que… hum… Il faudrait que je me renseigne. »


Il y avait un vrai problème. Ivanov était maître en runes mais de performance plutôt médiocre en potion, et inversement concernant Wentworth. Voilà qui compliquait bien les choses, et même s’ils pouvaient allier leurs connaissances respectives en vue de produire l’antidote parfait, cela avait peu de chance de réussir malgré tout. Il fallait se rendre à l’évidence, pour obtenir un résultat satisfaisant, il fallait combiner ces deux matières en une seule et même personne. Il faudrait qu’il se renseigne ? Etait-ce bien utile ? Pour résoudre l’ « énigme » de sa main, nul ne doute qu’un grand maître des potions devait s’y coller et Adrian, même avec toute sa bonne volonté, ne parviendrait sûrement pas à un tel niveau. C’était comme si Phineas se décidait à égaler celui d’Ivanov dans le domaine runique. Alors quoi ? Que faire ? Sans doute la réponse ne se trouvait-elle pas dans les potions après tout. Il existait bien des moyens de guérison en ce monde et tous ne passait pas par les potions, loin sans faux. La piste des « simples » sortilèges comme l’évoquait précisément Adrian était pour le moins intéressante. Mais dans cette hypothèse, Phineas n’était pas vraiment la personne indiquée. Car même s’il n’était pas mauvais dans cette discipline, ce n’était pas non plus son domaine de prédilection avéré. Cependant, il y avait très peu de chance que le professeur de sortilège en faction à Poudlard comprenne l’étendue du problème s’il devait se pencher sur la question. Personne n’était censé user de magie noire au sein de l’établissement, et nul doute que même le plus stupide du corps professoral décèlerait sans trop de difficulté, les pratiques douteuses du professeur Ivanov. Autant dire que ce dernier se trouvait bien coincé désormais. Soit il stoppait ses petites recherches, ce qui semblait bien être une option à exclure d’office, soit il devrait faire avec sa blessure de manière permanente. Mais même là, on finirait par se demander…

Et le directeur ? Dumbledore se montrerait sûrement réceptif à son cas, non ? Il a toujours été connu comme étant quelqu’un de très compréhensif et n’hésitait pas à apporter de l’aide à ceux qui en ont besoin. Tellement débonnaire à vrai dire que c’était d’ailleurs que fusait un certain nombre de critique à son égard. Et puis, n’était-il pas le plus grand magicien de son temps ? Toutefois, l’ancien Serpentard ignorait le type de relation qui régnait entre lui et Adrian. Quoi qu’il en soit, ce dernier venait à présent de se lever de son siège, sa chatte dans les bras. Ainsi, il souhaitait prendre congé. L’heure tardive n’était sûrement qu’un prétexte, car lorsque Phineas jeta furtivement un œil à sa pendule de marbre noire, il ne put que constater qu’il avait déjà connu bien pire avec d’autres collègues et certes pas dans une ambiance aussi calme. Mais qu’importe… Il n’allait tout de même pas retenir son homologue si celui-ci estimait qu’il en avait assez dit en une soirée. Car le vieil homme lui-même estimait qu’il en avait trop dit également sur son compte. Après tout, qui sait dans quelle oreille, pareilles informations pouvaient-elles tomber ? Enfin, il était trop tard désormais pour faire demi-tour. Il fallait dès lors, faire confiance en ce cher Ivanov. Et puis, à bien y réfléchir, il ne connaissait finalement pas grand-chose de lui. Seule sa partie « obscure » avait été dévoilée et encore, pas dans sa totalité. Sa vie privée, il n’en avait dit mot. Toujours est-il qu’il était amusant de constater cet air hésitant et déstabilisé du jeune professeur de Runes lorsqu’il était seul à seul avec lui, alors qu’il se montrait particulièrement froid et sûr de lui en présence d’élèves ou des autres enseignants. Amusant, oui… Et c’était pour ça qu’il n’allait pas le retenir davantage. Il fallait lui laisser le temps d’assimiler l’étendue de l’importance de cette soirée qui aurait pu sembler bien banale autour d’un verre d’hydromel. Adrian finit par le remercier encore une fois pour Primprenelle auquel Phineas répondit humblement d’un signe de la main, signifiant par-là que c’était tout naturel.


    - C’est tout à fait normal que je vous écoute Adrian, l’inverse aurait été impropre à la bonne conduite. D’autant plus que vous êtes tout de même quelqu’un de respectable, et digne d’intérêt, contrairement à ce qu’on peut croiser en dehors de ces murs… Si l’envie vous revient un de ces jours, ma porte est grande ouverte, Répondit le vieil homme avec ce clin d’œil malicieux qui le caractérisait tant.


Face à la nervosité d’Ivanov, Wentworth pris les devants. Se levant de son fauteuil à son tour, il alla ouvrir la porte de son bureau pour le laisser sortir. Il ajouta un « Bonne nuit, Professeur » avant de refermer délicatement derrière lui. Il prit ensuite un moment pour respirer profondément, se remettant les idées en place tout en se frottant légèrement les yeux. Quelle étrange conversation ils avaient tenu ! Un peu de sommeil lui ferait désormais du bien. La fatigue commençait à se faire sentir et il n’était plus tout jeune, il convenait de le rappeler. Mais avant, il se devait de terminer le travail qu’il avait entreprit avant l’arrivée de son cher collègue. Pour ce faire, il fouilla dans l’un de ses grands placards à la recherche de plusieurs flacons opaques, puis entreprit de déverser soigneusement le liquide de sa marmite dans chacun d’entre eux. Après quoi, il disposa ces derniers dans un endroit sûr avant de nettoyer son chaudron d’un coup rapide de baguette magique et le ranger à son tour. Les verres et la bouteille d’hydromel écopèrent du même traitement et une fois le ménage terminé, Phineas se frotta vigoureusement les mains d’un air satisfait. Traversant son bureau, il rejoignit prestement sa chambre où un bon lit l’attendait. Les lumières s’éteignirent alors et un silence complet s’imposa dans les appartements du professeur de soin aux créatures magiques. Cette mystérieuse soirée allait sans nul doute changer le cours des jours et des semaines à venir, et la simple relation qu’avait entretenu Phineas et Adrian jusqu’à aujourd’hui allait inexorablement changer…


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