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MessageSujet: Somebody that I used to know {PV Torben}   Lun 6 Aoû - 21:45

Un vent mêlé de fine pluie balayait les collines environnant Poudlard. Les épais nuages dans le ciel faisaient tomber la nuit avec quelques heures d'avance alors que le monde perdait ses couleurs. L'automne avait atteint les murs de l'école, et l'herbe virait au brun foncé autour du lac d'acier. Tout était calme dans la nature sauvage de l'Ecosse, les sifflements du vent couvrant les pas de la figure encapuchonnée qui s'approchait de la cabane du garde-chasse. Alice McPherson avait transplané de Londres jusqu'à Pré-Au-Lard, les protections magiques de Poudlard l'empêchant d'arriver directement dans le parc. Arrivée dans le village sorcier, son visage avait été battu par le vent et la pluie écossaise. Et dire qu'il avait fait encore beau et doux dans la capitale! Rabattant le capuchon de sa cape sur ses cheveux, Alice avait traversée d'un pas vif les rues du village, connaissant le chemin jusqu'à l'école comme si elle l'avait emprunté pour la dernière fois la veille seulement. La jeune sorcière n'avait regardé autour d'elle que pour s'assurer que personne ne rodait de manière suspicieuse. Les temps étaient sombre, et elle avait pris l'habitude de marcher dans la rue la main toujours autour de sa baguette. Mais au fur et à mesure qu'elle avait traversé le village, Alice avait sentit l'angoisse et l'attention être peu à peu remplacées par la mélancolie et le chagrin. Elle avait traversé presque en courant la place où le Ministre de la Magie avait fait son discours, et où sa doublure avait été assassinée. Le Ministre était aujourd'hui bel et bien mort, et la place désertée. Elle avait passé l'entrée de la rue où Jessi l'avait torturée. Elle avait reconnu les pavés où Torben était tombé, les membres brisés, et le coin de rue où il l'avait auparavant entraînée pour lui faire des aveux dont elle se serait passée. "Tout cela semble appartenir à une autre vie", s'était-elle dite en regardant le magasin Honeydukes, où elle avait rencontré le Moldave pour la première fois. Alice s'était arrêtée pour regarder la vitrine. Elle avait toujours aimé ces friandises, plus que de raison, mais ce soir, jamais elle n'avait eut moins d'appétit pour les sucreries. Un goût amer habitait sa bouche et son cœur. Par un jeu d'optique, ses yeux étaient passé des bonbons à travers le verre sur son propre reflet sur la surface lisse, et Alice avait cru une seconde voir une autre femme en face d'elle. La jeune écolière avait porté des couleurs vives, un béret rouge assorti aux couleurs de sa maison. Aujourd'hui, elle portait un col-roulé serrée autour de sa cicatrice et une cape rendue terne par la pluie. Ses pommettes étaient toujours là, mais plus son sourire, et ses yeux pétillants étaient soulignés de profonds cernes creusés par les nuits à rédiger ses rapports dans le bureau des Aurors.

Se détournant de son triste reflet, Alice était sortie du village, mettant fin à son parcours mémorial. L'étendue des plaines autour du château encore invisible dans la pluie contrastait avec les maisons serrées de Pré-Au-Lard. Alice s'était sentie soudain à découvert, sans défense, et terriblement seule. S'en était finie de la jeune gryffondor maladroite qui avait peur de voler en balai. Elle était aujourd'hui Alice McPherson, apprentie Auror effrayée de ne pas savoir tuer lorsque le moment l'exigerait, lorsque le Mangemort en face d'elle lèverait sa baguette et prononcerait les premières syllabes de la formule impardonnable. Le visage de Torben apparu soudain devant ses yeux, sa baguette levée vers elle. "Je t'aime" Alice frissonna, passant inconsciemment sa main dans son col. Alors qu'elle passait le portail de l'école surplombé de sangliers ailés, Alice se demanda à quel point Torben avait changé, maintenant qu'il avait perdu la mémoire. Ou à quel point était-il redevenu lui-même? "Vais-je retrouvé le gentleman qui m'a fait un baise-main et m'a emmenée sur les quais de Paris, ou l'homme qui m'a regardée dans les yeux avant de me faire brûlée vive?" Car pour Alice, elle en était sûre, il ne pouvait s'agir du même homme.

Contournant le chemin principal pour longer la lisière de la forêt interdite, Alice, dont la cape était désormais imprégnée de pluie, aperçu la cabane du garde-chasse, dont la fumée sortant de la cheminée était couchée par le vent. Les derniers pas qu'elle fit pour aller jusqu'à la porte lui parurent les plus durs qu'elle n'eut jamais à franchir. Elle avait envie de s'enfuir pour s'éloigner du danger, et en même temps de courir pour retrouver l'homme qu'elle aimait. Le paysage d’Écosse, la pluie, le vent paraissait si paisible, et pourtant son cœur battait aussi fort que si elle s'était trouvée au milieu d'un combat. Sa main légèrement rougie par le froid lui paru aussi lourde que du plomb lorsqu'elle la leva pour cogner au panneau de la porte.

Toc. Toc. Toc.

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Torben Badenov

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MessageSujet: Re: Somebody that I used to know {PV Torben}   Jeu 9 Aoû - 21:24

[désolé pour le retard, j'espère que ça te plairas !]


    Je me réveillais en sursaut. Je me rendais compte que j'avais mal partout, comme si j'avais couru un marathon, chacun de mes muscles paraissait tendu. Et j'étais couvert de transpiration. J'avais un mal de crâne horrible, et avais l'impression qu'on m'avait frappé très fort avec un objet contondant, et à plusieurs reprises. Je me crispais en me redressant, la bouche pâteuse. Au nom de Merlin, qu'est ce qu'il s'était passé ici ? Je n'en savais rien, mais ça puait l'entourloupe. Je grognais un peu plus fort en ouvrant les yeux, et en me retrouvant l'espace d'un moment aveuglé par la lumière. Mes yeux me piquaient et me semblaient aussi désséchés que le plus ardent des déserts. Je claquais la langue contre mon palais deux ou trois fois d'affilée et un goût nauséabond se répandit dans ma bouche. Je me massais le ventre. Je connaissais cette sensation, mais il me semblait que c'était beaucoup plus fort que dans mon souvenir. Je compris, ou plutôt mes soupçons s'avérèrent fondés, quand je voyais la bouteille vide sur la table de bois devant moi, contre laquelle j'avais visiblement dormi. Je me frottais un instant le front dans le vain espoir d'en faire partir le mal de crâne, mais j'abandonnais bien vite. Hagrid m'avait donné cette bouteille pour me réchauffer le soir. Et aussi je m'en doutais, pour éviter de subir trop de solitude, en m'aidant à m'endormir plus rapidement le soir. Le garde chasse titulaire n'avait de toute évidence pas pensé que son nouvel acolyte pourrait descendre ce jus de chaussette à je ne sais combien de degrés en aussi peu de temps qu'il en fallait à une éponge pour s'imbiber d'eau dans un récipient ou dans une baignoire. Pourquoi avais je bu cette chose immonde où massérait plusieurs frelons ? Je ne me rappelais plus vraiment. Je me souviens que la veille, j'étais resté très tard debout. En fait, presque jusqu'aux aurores de ce matin. Je lisais, encore et encore. Pas des ouvrages traitant de magie comme j'en avais l'habitude, mais plutôt des coupures de presse. Poussé par une curiosité dévorante, je m'étais procuré les numéros de la gazette du sorcier de toute l'année en cours et de la précédente. Je me souviens aussi qu'à un moment de la soirée, je m'étais sentit mal à force de lire tout ce monceau d'horreurs, mais que je n'avais rien trouvé d'autre à faire que de boire, apparemment.


    Immédiatement, mon mal de crâne reprit avec plus de vigueur encore qu'auparavant, quand mon cerveau se retrouva assailli de questions. Est ce que je m'étais rappelé de quelque chose, que j'avais bu comme ça, ou était ce juste ce malaise profond face à tant de diableries qui m'avait choqué au point de vouloir dormir d'un sommeil sans rêve pour aboutir finalement à un réveil douloureux ? C'était possible. Mais j'optais plutôt pour la seconde solution. Aucune nouvelle sensations, image, ou souvenir plus prégnant, n'occupait mes pensées. En fait, j'avais plutôt envie de vomir. Avais je été coutumier de ce genre de libations en solo, pendant ces années que j'avais rayé de ma mémoire ? Je n'en savais rien, et c'était aussi frustrant que rassurant. Peut être valait il mieux ne pas savoir en fait, que de se retrouver face à une vérité encore plus cruelle que les appréhensions que je pouvais nourrir. Je savais que j'en saurais peut être plus un jour ou l'autre. Mais là, je ressentais plutôt l'urgence de réparer ce petit passage à vide de ma conscience que de recoller les morceaux d'un passé en lambeaux. Je me reprenais en main. C'était ça, ma nouvelle vie, non ? Ne pas faire de vagues. Rester aussi discret que possible. Faire ce qu'il fallait pour me tenir à mes principes, quand bien même je serais soumis à d'autres forces, à d'autres tentations. Le plus urgent était de me faire passer ce goût dans la bouche. Je me forçais à avaler du pain, un fromage dur comme la pierre, et un peu de jambon séché. Le tout avait mauvais goût, mais cela m'aida à aller mieux. Ensuite, je mâchonnais ces herbes de jardin que faisait pousser Hagrid, et qui soignaient les dents et désinfectaient la bouche. L'expérience était douloureuse, mais pleine de bienfaits. La bouche me piqua une bonne vingtaine de minutes mais j'avais l'impression de moins sentir la mort. Je me laissais finalement devant le miroir que j'avais récupéré. Assez petit, je devais l'orienter pour voir mon corps. Les habituelles écorchures et énormes bleus récupérés au travail côtoyaient une tête de détérré et une barbe naissante. Cela ne me dérangeait pas, mais je devais me lever. Je sortais sous le auvent que j'avais construit sur le côté de la cabane. Enfin, qu'Hagrid avait construit, surtout.


    Je fis chauffer l'eau sur un nid de braises allumées par magie, et entrait dans le grand baquet d'eau. Je me débarbouillais, alors que la nature sous une pluie tantôt fine tantôt plus forte, semblait plus sauvage que jamais. Je n'apercevais que les contours sombres du château. Ici, même sous le auvent, je ressentais la morsure du vent froid, et restais surtout sous l'eau chaude. Mais vint le moment d'en sortir. Les pieds sur le plancher de bois nu me firent l'impression de geler sur place, mais je m'essuyais bien vite, enroulant finalement une serviette autour de mon bassin. Je rentrais à l'intérieur, laissant le bain improvisé dans un vieux tonneau refroidir à l'air frais. Je m'habillais, ayant l'impression de revivre. Ca allait nettement mieux qu'à mon réveil, et maintenant que j'avais les idées claires, je repensais à ces sensations, à ces images redondantes, qui m'imprégnaient l'esprit. Pourquoi avais je sans cesse l'impression d'être observé ? Et pourquoi voyais je parfois une silhouette féminine en périphérie de mon champ de vision. Je devais devenir fou. Je sursautais violemment quand on toqua à la porte. Terminant de m'habiller, j'enfilais un pantalon et un T shirt sans me chausser, remisant mes cheveux en arrière, encore trempés depuis le bain que j'avais pris. J'ouvrais la porte, et discernais une silhouette unique. Une femme, jeune. Il me semblait vaguement la reconnaître, comme une personne qu'on a croisé dans la rue à un moment indéterminé. Je fronçais les sourcils. Les aurors n'étaient pas encore venus cette semaine. Etait elle envoyée par eux ? Sinon, quoi? Je sentais déjà la colère se répandre dans mon corps, et dans mon esprit.



    | Oui, je peux vous aider? |

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MessageSujet: Re: Somebody that I used to know {PV Torben}   Mar 14 Aoû - 10:58

Alors qu'elle attendait devant la porte du garde-chasse, Alice réalisa à quel point elle n'avait rien à faire ici. En passant devant les Aurors chargés de la sécurité, Alice leur avait fait un rapide signe de tête sans s'attarder. Ils l'avaient reconnue, mais cela n'avait fait qu'accroître son sentiment de culpabilité. La sécurité autour du château était à son maximum. Son statut d'apprentie Auror lui permettait de passer Pré-Au-Lard et le portail de Poudlard, mais aucune personne ne faisant partie de l'école ou de la sécurité dédiée aux élèves et aux enseignants n'était censée se trouver dans l'enceinte. Elle moins que quiconque. On savait plus ou moins au bureau des Aurors qu'elle était sortie avec le Mangemort Badenov, et ceux qui connaissaient Alice pour sa naïveté et son bon coeur gardait un oeil sur elle. A raison, de toute évidence. Badenov était un Mangemort reconnu, il n'était plus l'homme qu'elle avait connu, il était même dangereux pour elle, elle devait l'oublier, lui avait-on répété. Et c'était ce qu'elle avait tenté de faire du mieux qu'elle avait pu, pendant des jours. Mais le fait qu'il s'était éffacé la mémoire avait tout changer. Alice avait besoin de savoir. Elle devait savoir ce qu'il avait précisément oublié, avant de pouvoir oublier elle-même. Elle n'était même pas sûre de le vouloir. Elle avait besoin de le voir, de savoir. Alors Alice attendait devant la porte du garde-chasse, rongée par le doute et la culpabilité.

La porte grinca soudain et tourna lentement sur ses gonds. Son visage apparu. Alice en connaissait tous les traits, chaque détails, mais aucune photo ne pouvait rendre l'intensité de son regard. Un sourire effleura ses lèvres alors qu'elle sentait cette sensation l'envahir à nouveau pendant une seconde, cette sensation d'être là où elle devait être, à ses côtés, à sa place. Revoir son visage lui faisait un bien fou. Elle se rappela que la dernière fois qu'elle avait ressentit cela en le revoyant, il l'avait attaqué, mais son angoisse n'était pas assez puissante pour totalement balayer le soulagement qu'elle avait à le revoir. Il avait les cheveux mouillés, l'eau glissant peu à peu sur sa nuque, où elle eut envie de passer sa main pour la sécher, pour le toucher. D'un oeil furtif, elle ressaisit la silhouette de ses épaules, de son torse et de ses bras, où elle s'était si souvent pressée contre lui, qu'elle avait si souvent entouré de ses bras. Mais son regard restait principalement sur son visage et ses yeux, son regard qu'elle buvait littéralement. Pendant quelques secondes de joie indescriptible, elle cru voir quelque chose passer sur le visage de Torben, comme s'il l'avait reconnue. Mais son visage s'assombrit aussitôt et se durcit, et Alice sentit son coeur redescendre dans sa poitrine, lourd comme du plomb. L'avait-il reconnue pour être aussi froid et impassible? Lui en voulait-il encore? Allait-il encore l'attaquer? Alors qu'elle regardait ses mains pour s'assurer qu'il n'avait pas de baguette à la main, Alice était partagée entre le désespoir et la terreur lorsque Torben ouvrit ses lèvres.

TORBEN : Oui, je peux vous aider?

Alice était sur le point d'aller chercher sa propre baguette dans une poche sous sa cape lorsqu'elle se figea, n'en croyant pas ses oreilles. Elle le regardait fixement, son regard stupéfait se remplissant peu à peu d'une tristesse infinie et résignée. Elle n'avait pas entendue sa voix depuis des mois. Cette voix qu'elle connaissait pourtant comme la sienne lui parlait comme à une étrangère. Et Alice eut alors la réponse à toutes ses questions. Non. Il ne se souvenait pas d'elle. Il avait tout oublié, le pire comme le meilleur. Alice passa une main fébrile sur son col roulé. Il avait oublié l'avoir tant haïe qu'il l'avait brûlée vive. Il avait oublié cette dispute horrible qu'ils avaient eut à Ste Mangouste. Il avait oublié toutes les fois où ils s'étaient remis de ses infidélités. Il avait oublié sa visite au Chaudron Baveur où il l'avait embrassée pour la première fois. Il avait oublié Paris sous la neige. Il avait oublié Honeydukes et son béret rouge. Tout oublié.

Alice chercha à répondre, mais elle ne trouva pas sa voix. Que pouvait-elle bien lui dire? Que faisait-elle ici, s'il ne se souvenait même plus d'elle. Alice fut prise par l'envie soudaine de partir en courant, mais son corps s'y refusa. Elle se refusait à l'abandonner, encore. Elle ne l'avait vu que pendant quelques secondes, elle en voulait plus. Elle le voulait lui.

ALICE : Bonjour, Torben.

Ses lèvres avaient parlé sans même qu'elle ne l'ai ordonné. Les mots étaient sortis de sa bouche naturellement, polis, proches et intimes, bien que sa voix était plus grave qu'habituellement, mais ça, comment pouvait-il le savoir? Ses lèvres continuèrent à parler de leur propre ressort.

ALICE : Comment va-tu?

Son ton laissait entendre qu'elle ne s'attendait pas à ce qu'il aille bien. Il s'agissait d'une réelle inquiétude pour quelqu'un de cher, de l'attention pour un être proche. Ses longs cheveux noirs relevés en queue de cheval étaient légèrement humide de la pluie qui tombait au dehors, tout comme sa cape, et ses pommettes étaient légèrement rosies par le vent froid. Ses yeux sombres étaient graves et tristes, mais ils avaient quelque chose de réconfortant, de doux et de bienveillant. Alice eut un nouveau demi-sourire, triste mais sincère, s'attendant à ce qu'il ne lui sourie pas en retour.

[Je suis désolée, j'ai eut un week-end plus chargé que prévu. Ca ne se reproduira plus.]
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MessageSujet: Re: Somebody that I used to know {PV Torben}   Mer 15 Aoû - 11:55

    J'avais maintenant la confirmation définitive du fait que j'avais connu la jeune femme. Cela me paraissait être une évidence ; j'étais devenu coutumier du fait de voir dans le regard de mes vis à vis la honte, la colère, la tristesse, tant de choses qui dénotaient un passé en commun et qui traduisaient une proximité ancienne que mes actions avaient entièrement démolies. J'avais ressenti de la colère en pensant qu'elle était une auror. Ceux ci n'étaient peut être encore jamais venus seuls pour constater l'absence d'évolutions de mon état, mais je savais qu'il ne fallait surtout pas que je campe sur des habitudes aussi récentes qu'éphémères. Je savais que le ministère n'aurait probablement de cesse de vouloir me destabiliser, pour la simple et bonne raison que c'était quelque chose que j'aurais fait à leur place si j'aurais eu à gérer une situation de ce genre là. Bref, peu importait de toute manière, j'avais dû me tromper. Jamais le ministère n'aurait envoyé une jeune femme esseulée et d'apparence si fragile contre moi. Qui plus est, la terreur glacée et le désespoir que je ressentais en plongeant dans son regard, en auraient fait un coup de poker bien trop aléatoire. Mais n'était ce pas là encore un but que pourrait rechercher le ministère ? Mettre sur mon chemin des personnes que j'avais connues, dans l'espoir que cela provoque un déclic qui finisse par libérer l'intégralité de mes souvenirs ? Stratégie un peu vicieuse, puisque cela ne tenait pas compte du choc que devaient parfois ressentir les gens quand ils revenaient à mon contact, après toutes les horreurs que l'on m'attribuait. J'essayais maintenant d'en finir avec toutes ces conjonctures, dans le sens où si je lisais dans son regard des émotions très fortes que je supposais être dûes à un passé qui nous avait peut être fait déjà nous rencontrer, ce n'était pas forcément le cas. Peut être était elle simplement de Poudlard, vu sa jeunesse apparente, et qu'elle était venue chercher son lot de sensations fortes en allant toquer à la porte du tueur sanguinaire et fou furieux du coin.


    Ma réaction semblait la plonger dans un profond embarras, et je pouvais sentir une incroyable tristesse exsuder de son corps tout entier, à tel point que je fus pris d'un espèce d'élan de compassion à son égard. Si j'avais réagit à l'instinct, probablement que j'aurais esquissé un mouvement vers elle. La prendre dans mes bras, la prendre par la main, essayer de la rassurer. Mais ce qu'il y avait de nouveau avec ce corps et cet esprit que je ne reconnaissais plus, c'était que mon esprit avait une assise bien plus importante qu'autrefois sur mon corps. Je ne bougeais pas, j'attendais qu'elle fasse elle même un premier pas qui briserait cette glace. Je ne me sentais même pas mal à l'aise comme j'aurais pu l'être autrefois devant une fille aussi jolie que troublée par ma faute. Je ne ressentais rien, le vide absolu. Je n'étais même pas sur d'éprouver quelque curiosité à son égard, dans le sens où j'avais très vite compris que vouloir en apprendre plus sur mon passé était à double tranchant. Je savais qu'il y avait après tout d'énormes chances pour que les choses affreuses que je découvre ne me quittent plus jamais. Dans cette perspective, pourquoi bousculer le destin ? Je n'en faisais donc rien, j'attendais que l'inconnue retrouve toute sa contenance. En la regardant plus attentivement, je me rendais compte que j'avais non seulement conservé la même impression fugace que nous nous étions connus, mais j'eus un instant l'impression que la femme que je ressentais parfois, était elle. Mais pas tout à fait. Comme si je trouvais la forme d'une partie des réponses à mes questions, sans rien savoir pour autant. Que c'était confus dans ma tête... Etait ce d'elle dont je rêvais, et que mon corps se rappelait la chaude proximité, quand j'étais dans mon lit ? L'inconnue finit par me saluer par mon prénom. Elle me connaissait donc, ou en tous cas elle en savait assez sur le garde chasse adjoint de Poudlard pour l'identifier, ce qui n'était pas forcément la même chose. Elle me demanda ensuite comment j'allais. Elle me sourit. J'étais destabilisé par sa présence, par ses paroles, par son regard. Je m'écartais sur le côté pour l'inviter à entrer, même si je ne lui en soufflais mot. J'étais perturbé à mon tour. Et je voulais en savoir plus bien malgré moi.



    | Euh, je vais bien. Merci. |


    Je la laissais entrer, la regardant de dos. Je n'avais pas honte d'accueillir cette personne ici. Je ne savais toujours pas qui elle était, et au moins cet endroit m'appartenait, je l'avais façonné de mes mains et de ma baguette, avec l'aide de ceux que je pourrais aujourd'hui considérer comme des amis. C'était tout ce que j'avais comme possession matérielle sur ce monde. Et comme tout ce qui avait constitué mon existence en ce monde, je me rendais compte à quel point c'était éphémère. Il suffisait d'une décision du ministère, et tout serait démonté.


    | QUi êtes vous? Vous êtes avec eux? |


    Je désignais d'un signe de tête l'extérieur, où des aurors surveillaient le château en général et moi en particulier. Parce que ça avait de l'importance pour moi, de le savoir.

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MessageSujet: Re: Somebody that I used to know {PV Torben}   Jeu 16 Aoû - 10:17

Sans surprise, Torben resta insensible à son sourire, son visage restant froid et immobile comme de la glace. Puis il s'écarta, lui révélant l'intérieur de la pièce. Alice avança de quelques pas hésitants, s'attendant à ce qu'elle ait mal compris et qu'il ne l'arrête, mais rien en se passa, et Alice finit d'entrer plus assurée. Regardant autour d'elle, la jeune sorcière défit sa cape qu'elle mit sur son bras. Alice était habillée comme à son habitude, un col roulé couvrant sa gorge, ses vêtements moulant son corps frêle et plus petit que la moyenne, mais sans jamais paraître vulgaires. La pièce autour d'elle était toute faite de bois, du sol au plafond. Le feu dans la cheminée crépitait doucement, éclairant la pièce d'une lumière vivante. Lorsque ses yeux tombèrent sur le lit de Torben, Alice ne put s'empêcher de se demander si quelqu'un d'autre y dormait avec lui, bien qu'elle n'était plus censée s'ne inquiéter. L'écossaise nota la présence d'une bouteille vide. Torben ne semblait pas avoir perdu ses vieilles habitudes. Alice se rappelait un matin peu après Noël, où elle l'avait trouvé entouré de nombreuses bouteilles semblables avec une barbe de plusieurs jours. Le soir précédent, il l'avait trompée avec une autre personne, du nom de Jana. Quand soudain Alice se rappela d'un tout autre jour, de Jana en question, leur révélant qu'elle ne s'était jamais rendu en Angleterre à cette période de fin d'année. Qui s'était donc fait passée pour elle? Si Torben avait trouvé la réponse à cette question, elle avait été perdue avec tous ses souvenirs. Tout cela n'avait plus d'importance aujourd'hui. Alice était simplement satisfaite que cette bouteille vide soit la seule, et de trouver Torben propre et rasé de près. Lorsqu'elle l'entendit avouer aller bien, la jeune sorcière se retourna vers lui avec son premier vrai sourire. Même attristée qu'il ne souffre pas de son absence comme elle souffrait de la sienne, elle préférait l'entendre dire aller bien sans elle que malheureux sans qu'elle ne puisse rien y faire...

Alice n'avait fait que quelques pas à l'intérieur, mais se trouvait déjà presque de l'autre côté de la pièce. Debout près de la table en son centre, Alice n'osait s'asseoir ni poser sa cape sans y être invitée, ne voulant pas paraître trop envahissante. Elle n'était pas chez elle après tout. Elle continuait de regarder autour d'elle avec un regard curieux et interessée. Voir tous les objets autour desquels vivait Torben était comme le voir dans sa vie de tous les jours, et Alice n'en aurait jamais assez. Son regard revint sur lui lorsqu'il lui demanda qui elle était. Le visage d'Alice se figea, rosissant soudain, mais peut-être était-ce encore l'effet du froid dehors sur son visage. Elle n'avait naturellement pas penser à se présenter. Cette pensée était trop douloureuse. Il avait oublié jusqu'à son nom. Mais c'était cependant la moindre des politesses et Alice y avait cruellement manqué.

ALICE : Je m'apelle Alice... Alice McPherson.

Alice avait dit son nom très lentement, avec une ombre d'hésitation dans sa voix. Elle ne pouvait s'empêcher d'avoir un fantôme d'espoir que son nom décencherait quelque chose chez lui, quelques souvenirs ou impressions. Mais comme à chaque fois qu'elle se surprenanit à l'ésperer, les doutes et la peur l'assaillait à nouveau. S'il se rappelait, que se rappellerait-il? La jeune fille qu'il aimait ou celle qu'il avait attaquée? La façon dont il lui demanda si elle était une Auror la blessa tout autant que lorsqu'il lui demanda son nom, mais Alice ne le montra pas plus. Il fut un temps où elle avait douté, et où lui-même l'avait encouragée à suivre cette voix, à mener cette guerre pour ses principes. Torben avait toujours été un homme de principes, un homme d'honneur, tentant de tenir la moindre de ses promesses, même lorsqu'elle semblaient aller dans des sens opposés. Mais il lui parlait aujourd'hui comme à une étrangère, et ce qui les avait rapprochés dans le passé semblait sur le point de les séparer d'avantage aujourd'hui.

ALICE : Oui.

Alice lui avait répondu avec un brin d'indignation et un regard légèrement accusateur, comm s'il lui avait repproché une faute dont elle n'était pas responsable.

ALICE : J'ai commencé ma formation d'Auror. Mais je ne suis pas venue pour te juger ou te surveiller, je suis venue voir si tu allais bien. Je ne suis pas venue en tant qu'Auror, mais en qu...

Alice se trouva sans mots pour se décrire. "Ancienne petite amie" était trop brusque. Elle n'avait pas à lui imposer cette histoire passée s'il ne voulait pas se la rappeler. "Amie" n'était pas adéquat non plus. Ils ne s'étaient plus donner de nouvelles et la dernière fois qu'ils s'étaient vus, Torben l'avait brûlée vive. Et pourtant. Torben ne s'en rappelait plus. Peut-être était-ce l'occasion de repartir à zéro? Alice ne voulait que son bien. Elle était son amie...

ALICE : ... en tant qu'amie.

Après une courte pause, Alice reprit d'une voix normale :

ALICE : Tu te plais à Poudlard? J'imagine que tu a pu revoir tes soeurs? Comment vont-elles?

Alice imaginait bien qu'à chaque parole qu'elle prononcait révélant tout ce qu'elle savait sur Torben devait le mettre un peu plus mal à l'aise. Mais elle n'était pas certaine de pouvoir compter sur lui pour la conversation, et elle préférait parler des choses qu'il aimait. Ses soeurs en faisaient indéniablement partie. Et Alice était curieuse de savoir s'il s'intégrait mieux à Poudlard en tant que garde-chasse amnésique qu'en tant qu'élève torturé par le passé.
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MessageSujet: Re: Somebody that I used to know {PV Torben}   Lun 20 Aoû - 20:14

    Je suivais finalement la jeune femme du regard, alors que je me rendais compte qu'elle entrait de manière un peu plus assurée à chaque pas, dans ce qui s'avérait être une demeure des plus humbles. Celle que j'occupais. Qui était à moi sans l'être. Je n'aimais pas ce constat ni tout ce que cela impliquait, mais il fallait bien avouer que je n'avais pas le choix, que de me confronter à la réalité précaire de mon existence actuelle. Je refermais doucement l'huis alors que dehors, il semblait se remettre à pleuvoir avec une vigueur renouvelée. Pas un temps à travailler, ça non, mais j'anticipais déjà la venue d'Hagrid, tout sourire, me disant qu'il faisait un temps formidable pour aller s'occuper de telle créature bestiale qui en voudrait probablement à la chair de mes doigts, ou alors d'une plante particulièrement fragile qui devait lâcher des gaz immondes. Bref, le genre d'horreurs qu'affectionnait tant le garde chasse principal du château, sans compter les besoins des professeurs en calamités végétales ou animales. Peu importait aux gens de l'école après tout, que moi, couvert de pluie, de boue, et de sueur, je me casse le trognon à récolter les fèves de je sais pas quel truc rougeâtre qui a des poils qui collent et qui puent. Oui, tout le monde s'en fichait, tant que ça leur permettait de faire des potions. Bah, de toute manière, je pensais à n'importe quoi mais pas à la personne que je venais de faire entrer dans mon chez moi. Je me retournais, me décidant à me confronter un peu plus vigoureusement à cette réalité là, qui pointait le bout de son nez. Je la regardais, immobile et dos à la porte. Quelque chose dans sa démarche, dans son attitude, laissait sous entendre que l'on se connaissait bien plus que ce que ma mémoire me le laissait imaginer. Elle venait comme si nous nous connaissions, et je vis sa tête se pencher vers la bouteille vide, le lit défait, et de manière peut être légèrement plus évasive le reste du mobilier. Je la voyais regarder la table et les chaises, se demandant sans doute si elle pouvait s'asseoir. Je ne voyais aucune raison de mon côté pour couper court à ses interrogations, principalement du fait que je n'avais aucun intérêt à dissiper sa gêne éventuelle. Après tout, je n'avais aucune idée de qui elle pouvait être. Et si elle était auror, je n'avais en aucun cas à me montrer amical, cordial, ou charitable. Et ce, en aucune façon que ce soit.


    Je vis clairement se peindre sur son visage avec une forte évidence, la gêne que lui occasionnait ma question. Je me rendais nettement compte que nous nous étions bel et bien rencontrés. Je n'en avais toujours pas la confirmation explicite, mais tout ce faisceau de présomptions me suffisait pour l'instant. Alice Mc Pherson ? Cela ne me disait rien du tout. Mais cela aurait dû, j'en avais le sentiment tenace. Mon cœur se serra quand elle me dit qu'elle était avec ceux de dehors, et mon visage se ferma un peu plus, alors que je sentais tout mon corps se crisper sous l'effet de la colère que je ressentais. De la colère, et de la peur. Ces gens étaient prêts à tout, j'en avais eu un avant goût au Ministère, lorsqu'on m'avait soumis aux sortilèges impardonnables pour me faire avouer des fautes que je n'avais pas commises. Sans compter tous les autres sévices que j'avais subit, physiques ou psychologiques. Ils étaient peut être le dernier rempart de la société contre le cancer qui la rongeait, mais si c'était bel et bien le cas, alors l'Angleterre était foutrement mal barrée. Que la guerre soit gagnée ou perdue, il n'y aurait que des vaincus. Plus personne ne semblait avoir de principes, ici. Et s'il fallait les croire, moi non plus, je n'en avais plus. Ou alors, j'avais oublié la raison profonde de mes agissements, ce qui n'était pas forcément mieux. La jeune femme se rattrapa presque immédiatement en tentant de me rassurer sur ses intentions. Voir si j'allais bien ? Une amie ?



    | Eh bien, bonjour, Alice Mc Pherson. J'imagine qu'il est inutile pour moi de me présenter, pas vrai ? Vous autres, aurors, vous en savez plus sur moi que je n'en saurais jamais. Ca doit me rassurer alors, que vous ne soyez avec eux. Sauf que pas. Voyez vous, après les interrogatoires, la menace du baiser du détraqueur, sans compter tout ce que vous m'avez fait subir dans les geôles du ministère, je suis assez peu disposé à me montrer patient. Qu'est ce qui me prouve que vous dites la vérité, et que ce n'est pas encore l'un des jeux pervers de ceux qui pourraient vous envoyer ? Parce que de toute manière, je ne me rappelle toujours de rien. |


    J'avais dit tout cela d'un ton assez vif, bien qu'une certaine lassitude transpirait de mon propos. J'étais vraiment las de tout ça, mais comment pouvais je y échapper un jour ? D'autant que j'étais de plus en plus persuadé que le ministère faisait bien de me tenir à l'oeil, tant les noires pensées occupaient mes nuits, et désormais mes journées également. Le timbre de voix d'Alice me tira finalement de ces sombres préoccupations, alors qu'elle me demandait si je me plaisais ici, et si j'avais revu mes sœurs. Je n'aurais su dire pourquoi, mais je me sentais d'humeur à parler, même si je n'appréciais pas forcément les circonstances de cette rencontre. C'était comme si ma solitude me poussait à parler, à profiter de ce contact humain aussi ténu soit il. Je regardais un instant par la fenêtre.


    | Ce n'est pas mal ici. Je m'y sens bien. S'il n'y avait pas tous ces gens pour me surveiller... Le travail est dur mais honnête, et j'ai accès à toute la nourriture, le confort et la lecture dont j'ai besoin. Il me manque les gens, mais j'ai mérité d'être ici, pas vrai ? C'est ce qu'ils pensent, en tous cas. |


    J'avais dit cela en regardant la direction des aurors en faction. Je ne les voyais pas a cause de la pluie, mais je les sentais bien présents.


    | J'ai pu revoir Lyra. Hannah est partie aux Etats Unis, d'après ce que j'ai compris. Elle fuit l'existence que je lui ai imposée ici. Lyra m'en veut, elle a souffert à cause de moi, mais elle est toujours là. Alors je ferais comme avant, je la protégerais aussi bien que possible. |


    Je me tournais vers elle, le regard inquisiteur.


    | COmment nous connaissons nous? |

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MessageSujet: Re: Somebody that I used to know {PV Torben}   Lun 27 Aoû - 17:47

Alice était désespérée. A chaque mot qu'elle prononcait, elle sentait Torben se renfermer un peu plus. A chaque pas qu'elle faisait vers lui, il semblait s'éloigner d'avantage. Elle était venue jusqu'ici, elle avait déjà transplané de Londres jusqu'à Pré-au-Lard, et traversé tout le parc de Poudlard sous la pluie, pour le voir. A chaque coup de poignard qu'il lui assénait en lui révélant avoir oublié son visage, son nom, elle accusait le coup, et lui répondait, pour voir sa raison ajouter une pierre de plus sur le mur qui les séparait. Ils étaient là, debout face à face aux opposés de la pièce, et si ses yeux avaient bu la vision même de Torben, ce n'était plus suffisant. Elle voulait s'en approcher, le toucher, sentir sa main dans la sienne, son cou entre ses bras, traverser ce mur de glace par la chaleur de sa tendresse, adoucir la vivacité de sa méfiance par des gestes aimants et rassurants. Mais par un étrange sort qu'elle ne connaissait pas, les quelques mètres qui lui restaient à franchir semblaient plus difficiles à faire que les kilomètres qu'elle avait déjà parcourus... Alors elle restait là, impuissante, comme le jour où il avait levé sa baguette vers elle, à écouter ses mots froids et douloureux.

TORBEN : Eh bien, bonjour, Alice Mc Pherson. J'imagine qu'il est inutile pour moi de me présenter, pas vrai ? Vous autres, aurors, vous en savez plus sur moi que je n'en saurais jamais. Ca doit me rassurer alors, que vous ne soyez avec eux. Sauf que pas. Voyez vous, après les interrogatoires, la menace du baiser du détraqueur, sans compter tout ce que vous m'avez fait subir dans les geôles du ministère, je suis assez peu disposé à me montrer patient. Qu'est ce qui me prouve que vous dites la vérité, et que ce n'est pas encore l'un des jeux pervers de ceux qui pourraient vous envoyer ? Parce que de toute manière, je ne me rappelle toujours de rien..

Alice, qui avait jusque là gardé son regard sur le sol, affronta soudain celui de Torben, la douleur innocente dans ses yeux brillants.

ALICE : Et parce que tu ne te souviens plus de moi, cela te donne le droit de me juger sans me connaître? Oui, je suis apprentie-auror, mais ce n'est pas moi qui t'es enfermé, interrogé ou menacé...

C'était tellement injuste de sa part. Lui qui l'avait tant fait souffrir, qui lui avait torturé le corps et l'esprit, l'accusait aujourd'hui d'en avoir fait de même avec lui? Elle, Alice McPherson, que tout le mode connaissait pour être tristement incapable du moindre mensonge, de la moindre attention malveillante envers les êtres les plus vils.

ALICE : Je ne t'ai jamais fais le moindre mal, Torben Badenov. Mais toi si, pensa-t-elle.Alors la moindre des choses que tu pourrais faire serait de me donner ma chance, et peut-être me proposer un thé pour me réchauffer de la pluie que j'ai traversée rien que pour venir te voir...

Sa voix n'avait pas haussé d'un ton. Alice était incapable de crier, si ce n'est de douleur. Elle avait parlé d'une voix douce et calme, quoique déterminée et tremblante de sanglots. Son regard brillant de larmes ne quittait cependant pas les yeux de Torben, l'affrontant de tout la justice qui était la sienne, et ses joues restaient sèches malgré tout... Et Torben finit par s'ouvrir à elle, et lui parler...

TORBEN : Ce n'est pas mal ici. Je m'y sens bien. S'il n'y avait pas tous ces gens pour me surveiller... Le travail est dur mais honnête, et j'ai accès à toute la nourriture, le confort et la lecture dont j'ai besoin. Il me manque les gens, mais j'ai mérité d'être ici, pas vrai ? C'est ce qu'ils pensent, en tous cas.J'ai pu revoir Lyra. Hannah est partie aux Etats Unis, d'après ce que j'ai compris. Elle fuit l'existence que je lui ai imposée ici. Lyra m'en veut, elle a souffert à cause de moi, mais elle est toujours là. Alors je ferais comme avant, je la protégerais aussi bien que possible.

Alice s'était adoucie. Tout ce qu'il voulait bien lui donner, chaque mot, chaque phrase qu'il acceptait de lui dire, elle le prenait comme un cadeau. C'était désespérant, mais c'était ainsi. Alice savait qu’après tout le mal que Torben lui avait fait, il était mieux pour elle de l'éviter. Elle savait que s'il ne se souvenait plus d'elle, il était plus sain de tourner la page et de ne jamais regarder en arrière... Mais elle en était incapable. Il lui avait manqué, terriblement manqué. Elle avait secrètement gardé ses lettres de Moldavie, et s'était même procuré quelques articles d'un journla moldave afin de mieux comprendre ce qu'il avait vécu là-bas, peut-être même de trouver une raison expliquant tout ce qu'il avait fait à son retour, la raison pour laquelle il s'était trouvé du mauvais côté de la ligne... Alice refusait de désespéré. Bien qu'il ait tout oublié, elle refusait d'abandonner la réponse à ses questions. Elle refusait de l'abandonner lui...

ALICE : Et ça te surprends? malgré tout le mal que tu pourras jamais leur faire Torben, ceux qui t'aiment vraiment seront toujours là pour toi...

Alice, le ton réconfortant, semblait totalement ignorante que ce qu'elle disait du comportement de Lyra en disait aussi beaucoup trop sur le sien...

ALICE :Si tu manque de compagnie, je pourrais revenir te voir... si tu veux bien de moi.

Ses mots n'avaient pas fini de franchir ses lèvres qu'elle savait déjà qu'elle ne le pourrait sûrement pas. Ci-tôt que Maugrey saurait qu'elle était retournée voir un détenu en liberté conditionnel sans raison professionelle, elle pourrait être sûre qu'il garderait son oeil magique sur elle...

ALICE :Tu as toujours eut un peu de mal à te faire des amis, déjà lorsque tu es arrivé à Poudlard.

TORBEN : Comment nous connaissons nous?

ALICE :A Poudlard, en sixième année, tu arrivais de Moldavie...

Le demi-sourire qui avait commencé à naître sur les lèvres d'Alice disparu, comme balayé par un coup de vent. Elle ne savait pas ce qu'elle voulait répondre. Elle ne savait pas ce qu'elle devait répondre. Elle lui devait la vérité, mais lui la voulait-il? La supporterait-il? Le fait de lui dire qu'ils étaient sortis ensemble ne les ramèneraient pas dans la boutique de friandises de Honeydukes, ni sur les quais enneigés de Paris. Le fait de lui montrer sa brûlûre ne le ferais ni se justifier ni s'expliquer. La vérité ne lui apporterait pas la moindre choses hormis doutes, culpabilité et souffrance. Et Alice n'en voulait rien. Tant pis si elle ne saurait jamais la vérité, la raison pour laquelle il l'avait attaqué après lui avoir dis ces trois mots, où était-il passé tous ces jours de disparitions... Elle pouvait prendre sur elle, tant qu'il était heureux, et en paix. Alice l'avait suffisemment vu hanté de culpabilité et de démons, de fantômes de Moldavie, de ses parents... S'il avait oublié, s'il était enfin en paix, elle n'aurait pas la force de lui ramener tous ces malheurs en mémoire... Soit elle lui faisait tort, soit elle lui faisait mal... Alice était dans l'impasse...

ALICE :Tu te souviens de la Moldavie? De Kienbaum? De tes parents?

Alice savait que ce souvenir insoutenable, ce massacre, le meurtre de ses parents, était tout ce qui définissait Torben. Ce n'était pas elle, ce n'était pas lui. Torben était un homme de principe, un homme honnête, et venger la vie de ses parents, éviter qu'un tel drame ne se reproduise jamais, était tout ce qui avait toujours dirigé sa vie. S'il ne se souvenait plus de ça, alors Alice ne gardait plus rien de l'homme qu'elle avait connu...

ALICE :Je ne prétends pas te connaître, Torben. Je n'ai partagé qu'un court moment de ta vie. Il y a ce que j'ai vu, et ce que tu as bien voulu partagé avec moi. Et ce qu'on m'a dit. Tout n'a pas forcément été vrai, et ta mémoire n'est plus là pour me dire la vérité. Car la seule vérité pour moi a toujours été ce que tu me dis. Je t'ai fais confiance Torben, et je pense que tu m'a fais confiance aussi...

Ou bien manipulée... pensa -t-elle. Mais ce qui est certain c'est que...

ALICE :Tu n'as jamais eut à douter de moi... Je suis de ton côté Torben, je ferais ce que tu voudra. Je te raconterais ce dont tu veux te souvenir, bien que ce que je pourrais te dire ne sera qu'une partie de l'histoire et partielle en de nombreux points... Ou si tu es fatigué d'entendre parler de choses dont tu ne peux te souvenir et aller de l'avant, je peux aussi t'accompagner et faire de nouveaux souvenirs avec toi... Ou complètement disparaître, si tu préfères tout entièrement oublier...

A sa voix, il était évident qu'elle redoutait cette dernière option plus que tout et que cela l'anéantirait. Mais elle était honnête, elle lui laissait sa liberté. Elle était dévouée, c'était évident. Elle n'était pas là pour le juger, pour l'espionner ou le menacer. Elle n'était pas là à ses propres fins, elle était là pour lui, pour l'aider si elle le pouvait, pour lui laisser savoir que quelqu'un, quelque part, se souciait réellement de son bien-être, vers qui il pouvait se tourner, si jamais il en avait besoin...
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MessageSujet: Re: Somebody that I used to know {PV Torben}   Mer 12 Sep - 16:11

    Je me sentais maintenant de plus en plus tiraillé devant le fait de vouloir en savoir plus sur moi et sur les gens que j'avais connu, sur ce que j'avais fait, mais d'un autre côté je pressentais toujours la catastrophe à venir si j'en apprenais bien plus que je n'aurais voulu savoir sur moi même, sur ce que j'avais fait aussi. Me sentir ainsi écartelé n'était pas dans ma nature ; je m'étais plu « plus jeune », c'est à dire avant de me réveiller dans cet hôpital magique incendié, que j'étais un homme aussi téméraire que fonceur, un homme de principes. Je tranchais dans le vif et n'hésitais que rarement. Comment ma vie et ma nature avaient pu s'altérer de la sorte ? Il me semblait clair qu'il y avait dû y avoir tant de choses qui avaient changé pour moi que j'en vienne à ne plus savoir quoi faire ni choisir. J'étais perdu, perdu dans mes pensées, perdu dans les brides de souvenirs, perdu aussi du fait de ces choses que je ressentais, ces choses contradictoires. Ce violent rejet de la vérité, en parallèle d'un appétit sans borne pour toutes les actions et relations que j'avais vécues pendant le trou noir qui béait dans mon existence. Je savais bien que j'avais toutes les portes ouvertes, ne restait plus qu'à mettre les deux pieds dans le plat et de décider d'une option à choisir. Bien sûr que j'avais envie d'aller plus loin, mais était ce bien sage ? Je décidais de reporter ce choix pour la simple et bonne raison qu'il ne m'apporterait que de la misère si je le prenais dans la précipitation. Autant attendre un peu, voir ce qui allait se passer. Me montrer plus sage, plus mature d'une certaine façon, puisqu'il me faudrait attendre et voir plutôt qu'agir et subir. J'avais changé, c'était indéniable. Cela dit, je ressentais toujours aussi rapidement qu'avant la colère m'étreindre l'esprit et me serrer le cœur. Je blessais la jeune femme qui était venue me voir, j'en avais bien conscience, mais qu'y pouvais je ? Je ne pouvais m'empêcher malgré tout de rester sur la défensive. J'avais de gros a priori sur tous ceux qui travaillaient pour le ministère désormais, et peu de choses à leur sujet me rassuraient désormais. Je voyais cependant dans les yeux de mon interlocutrice que mes paroles lui paraissaient bien cruelles, ce qui me fit ressentir un peu de culpabilité. Ce qu'elle me dit n'était pas faux, mais elle non plus ne pourrait me reprocher l'amalgame que je faisais désormais quand on me parlait des aurors. C'était comme ça, je n'y pouvais rien. Et pire encore, je ne pouvais m'en plaindre puisqu'à ce qu'il paraît, j'avais mérité chaque instant subit entre leurs mains, ou plutôt chaque moment passé devant leur baguette. Je réfléchissais un instant à ses paroles suivantes. Là, je sus que je devrais faire un choix. Ou bien je l'acceptais et j'en apprendrais plus sur moi même, ou bien je finissais de la mettre dehors. Nos regards se croisèrent quelques longs instants, et ce que j'y vis me chamboula un peu. Qui était elle donc ? Je lui fis lentement signe qu'elle pouvait s'asseoir.


    | Je n'ai pas de thé, je suis désolé. Par contre, je dois avoir encore un reste de ce vieux cacao qu'Hagrid m'a procuré quand j'ai emménagé ici. C'est assez fort, on dirait presque du café. C'est tout ce que j'ai. C'est ça, ou une timbale d'eau de vie. |


    Je restais debout, alors qu'elle même semblait à deux doigts de craquer. Avait elle tenu à moi qu'elle se retrouvait dans des états pareils ? Peut être. Cela m'interpella un peu plus. Je restais debout, prêt à lui servir ce qu'elle désirerait, mais je réitérais mon geste pour qu'elle s'asseoit ; Ce n'était pas le grand luxe et la chaise était en bois brut, dur, mais c'était tout ce que j'avais. Quand je me suis mis à lui parler, à lui donner quelques détails sur mon existence présente, je vis très nettement le visage d'Alice s'adoucir, comme si cela la rassurait en même temps que ça lui faisait plaisir que je m'ouvre à elle, même de manière aussi ténue et superficielle. Je la regardais avec étonnement quand elle me dit d'un ton assez... impliqué, que les gens que j'aime seront toujours là pour moi. Devais je comprendre quelque chose ? Elle même se proposait de revenir, si je voulais bien d'elle. Je la regardais avec de grands yeux, j'avais vraiment de plus en plus le sentiment que nous avions été proches par le passé, sinon pourquoi tiendrait elle tant à ma compagnie quand tous les autres m'évitaient comme la peste ? Je ne répondais pas à ce qu'elle me dit, chamboulé par les implications et gêné de ne pas savoir lui donner de réponse. Je me protégeais moi même, se faisant.


    | A ce qu'il paraît, j'ai vu tout ceux dont j'étais proche mourir en Moldavie, j'imagine que ça n'aide pas à épanouir une sociabilité. |


    Les paroles étaient dures, mais ne se voulaient pas méchantes ; je ne voulais pas qu'elle les prenne mal d'autant plus que j'étais plus que jamais curieux de ce qu'elle avait à me dire. Nous nous étions connus en sixième année ? Cela n'éveillait toujours rien chez moi. Je fuyais son regard quand elle me parla de mon ancienne vie. Oui, définitivement, nous avions été proches. Elle savait toutes ces choses... Ou alors, elles les avaient apprises dans mon dossier au ministère ?


    | Oui, enfin... Je me souviens d'eux avant seulement... |


    Je n'avais définitivement pas envie de parler de ça, c'était un fait. Ne pas se rappeler la mort de ses propres parents, alors qu'elle était survenue sous mes propres yeux... Mon interlocutrice s'attacha ensuite à me faire un discours des plus émouvants, dans le sens où je ressentais tout son désir d'être auprès de moi, qu'on se connaisse à nouveau, qu'on partage des choses ensembles... Et cette simple compréhension de ses attentes me figea. J'écarquillais les yeux. Au ministère, ne m'avait pas on dit que...


    | Vous êtes Alice McPherson. Putain, qu'est ce que je suis con ! Bien sûr ! Ô Merlin, c'est vous que j'ai à moitié massacrée à Gringotts alors ?! Ils m'ont parlé de vous. Ils m'ont dit que vous et moi... Qu'on était ensemble, avant, et qu'à mon retour de Moldavie j'avais changé, et je vous ai attaquée pour rejoindre les mangemorts ! C'est là que j'ai secouru une femme de l'autre camp... |


    J'étais figé, paralysé par la monstruosité de la situation.


    | Que faites vous ici, si je vous ai bien fait subir ça ? Bordel... Je l'ai vraiment fait? |

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MessageSujet: Re: Somebody that I used to know {PV Torben}   Ven 12 Oct - 8:41

Alice avait posé sa cape humide sur le dossier de la chaise en bois que Torben lui avait indiqué avant de s'y assoir.

TORBEN:Je n'ai pas de thé, je suis désolé. Par contre, je dois avoir encore un reste de ce vieux cacao qu'Hagrid m'a procuré quand j'ai emménagé ici. C'est assez fort, on dirait presque du café. C'est tout ce que j'ai. C'est ça, ou une timbale d'eau de vie.

ALICE: Du cacao ira très bien, merci. répondit Alice avec un doux sourire.

La chaise était dure, et le chocolat annoncé ne paraissait pas reluisant, mais Alice s'en contentait parfaitement. Lentement mais sûrement, ils semblaient se remettre à se parler. Torben la regardait toujours avec de grands yeux, tantôt méfiants, tantôt curieux, mais au moins non plus menaçant. Il lui parlait avec des phrases sèches et courtes, mais au moins ne l'accusait-il plus. Alice était heureuse de recevoir de lui tout ce qu'il acceptait de lui donner, aussi peu soit-il. S'il était toujours l'homme qu'elle avait connu, Alice savait que le Moldave n'était pas quelqu'un de très sociable, qui restait d'avantage silencieux et impassible plutôt que de s’épancher en compliments et en phrases de soutien. Torben était capable de sentiments, mais Alice avait su prendre le moindre de ses sourires et de ses regards tendres comme les cadeaux qu'ils étaient. S'il était aujourd'hui distant et dur, Alice savait le prendre comme son comportement habituel et non comme une insulte envers elle...

Elle n'était là que depuis une trentaine de minutes, mais Alice se sentait déjà mieux qu'elle ne s'était sentie ses derniers mois. Être auprès de lui, retrouver le sorcier qu'elle avait rencontré à Honeydukes. Même plus vieux, plus sombre et plus torturé, il était toujours lui. Il avait toujours les même yeux, toujours la même voix. Alice en avait rêvé de nombreuses nuits, en fantasmes aussi bien qu'en terreurs nocturnes, mais rien n'était comparable à le voir devant elle, si près qu'elle pourrait le toucher, si jamais elle se trouvait le courage de parcourir les deux pas qui les séparaient... Et soudain dans les yeux de son Moldave, il y eut un déclic. Le regard ténébreux de Torben s'éclaira soudain alors qu'il s'exclamait avec effroi.

TORBEN: Vous êtes Alice McPherson. Putain, qu'est ce que je suis con ! Bien sûr ! Ô Merlin, c'est vous que j'ai à moitié massacrée à Gringotts alors ?! Ils m'ont parlé de vous. Ils m'ont dit que vous et moi... Qu'on était ensemble, avant, et qu'à mon retour de Moldavie j'avais changé, et je vous ai attaquée pour rejoindre les mangemorts ! C'est là que j'ai secouru une femme de l'autre camp...

Alice était devenue plus blanche à chaque mots que Torben prononcait sans le quitter des yeux. Merlin savait qu'elle souffrait tous les jours de tout ce que Torben lui avait fait subir, mais se les entendre dire une à une de ses propres lèvres, c'était comme s'il les rouvrait toutes à coups de poignard, comme si elle les revivait toutes pour la première fois. Alice se leva brusquement, incapable de lui faire face, pour se tenir devant la cheminée, lui tournant le dos.

TORBEN : Que faites vous ici, si je vous ai bien fait subir ça ? Bordel... Je l'ai vraiment fait?

Alice avait la gorge serrée.Les yeux fermés, sa main monta à son cou, sous son col, ses doigts passant sur la brûlure qui lui couvrait l'épaule. Et soudain, elle se sentit brûler toute entière. Elle se souvenait de la chaleur insoutenable qui lui avait enserré le corps, de sa peau se desséchant et se craquant, de ses poumons suffoquant alors qu'elle ouvrait la bouche pour appeler à l'aide et qu'elle buvait les flammes à chaque inspiration. Alice sentit sa tête tourner et ouvrit les yeux pour se soutenir au manteau de la cheminée. Son regard se posa sur les bûches enflammées et leur chaleur finit de la faire défaillir. Alice tituba à l'écart des flammes vers la fenêtre toute proche. Elle était en état de panique. Elle ne pouvait rester dans la même pièce que son agresseur, mais ne parvenait pas à s'enfuir loin de l'homme qu'elle aimait. Derrière la vitre, la nuit commençait déjà à tomber sur le château au loin, et la pluie continuait de marteler contre les carreaux. Ce son l'apaisa quelque peu, et Alice se trouva le courage de se retourner vers Torben, la fraîcheur de la vitre dans son dos effacant le souvenir insupportable des flammes qu'il lui avait lancé.

Alice soupira, lasse. Que pouvait-elle lui répondre? Que faisait-elle ici? Il l'avait trompée, l'avait brûlée, puis l'avait oubliée. Pourquoi était-elle venue? Pour savoir la vérité? Pour connaître les raisons pour lesquelles il l'avait agressée et s'était retrouvé chez les Mangemorts? Non. Alice l'avait espéré, mais elle savait au fond d'elle qu'il avait sans doute tout oublié. Etait-elle alors venue dans le déni? Avait-elle espéré pouvoir repartir à zéro, oublier tout ce qui s'était passé comme il l'avait fait? Bien sûr que non. Sa brûlure serait toujours là pour la lui rappeler. Alice y passait souvent sa main, non pas dans une tentative inconsciente de l'effacer, mais parce que c'était tout ce qui la rattachait encore à Torben. Elle la cachait aux yeux de ses collègues comme elle cachait les sentiments qu'elle avait encore pour lui. Le souvenir de cette brûlure était insoutenable, mais elle préférait garder chaque blessures, chaque mauvais souvenirs plutôt que de totalement l'oublier. Alors était-elle venue pour régler ses comptes? Pour lui rappeler tout ce qu'il avait lâchement choisit d'oublier, toutes les promesses qu'il avait rompu? Non, Torben n'avait pas besoin de ça en ce moment. Il allait suffisamment mal comme ça... Et Alice réalisa que c'était précisément pour cela qu'elle était venue.

ALICE: Je suis ici parce que je m'inquiète pour toi Torben. lui dit-elle en revenant enfin vers lui. Je t'ai vu heureux en de très rares occasions et c'est de cet homme dont je suis tombée amoureuse. Oh mon dieu! L'avait-elle vraiment dit? Mais il fallait qu'elle continue. Si elle s'arrêtait maintenant, jamais elle ne trouverait la force de reprendre. Tu ne vas pas bien et je pense que c'est pour cela que... que tu as fait ce que tu as fait. Rien de cela ne serait arrivé s'il n'y avait pas eut cette guerre! Alice comprenait de mieux en mieux. La guerre avait tout détruit sur son passage, aussi bien en Moldavie qu'en Grande-Bretagne. Et plus rien ne laissait espérer qu'ils pouvaient encore la gagner. Torben était peut-être la seule personne qu'elle pouvait encore espérer retrouver s'ils en voyaient le bout. Si eux y survivaient, tout n'aurait pas été perdu. Oui, je t'aime encore. Et elle l'avait encore dit! Mais ce n'est pas ce qui compte. Je ne m 'attends pas à ce que tu m'aime toujours, ou même que tu puisse m'aimer un jour, tu ne sais même plus qui je suis. Ce qui compte, c'est que je suis ton amie, et qu'aujourd'hui plus que jamais, aucun sorcier ne devrait resté isolé.

Alice réalisa soudain qu'elle s'était approchée de Torben jusqu'à se tenir à côté de lui, et qu'elle avait posé sa main sur la sienne. Délicatement, timidement, comme pour lui laisser la possibilité de la retirer s'il le voulait...

ALICE: Veux-tu bien que nous soyions amis?
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MessageSujet: Re: Somebody that I used to know {PV Torben}   Ven 19 Oct - 12:26

    Assez étrangement, je semblais avoir correctement deviné le choix de la jeune femme qui me faisait face. Je l'imaginais assez mal se rabattre sur une timbale d'eau de vie, je la voyais même assez mal ingurgiter n'importe quelle sorte d'alcool. Ce n'était pas quelque chose de désobligeant, mais la jeune femme avait cet aspect sérieux, cette façon de regarder les choses qui l'entouraient, cette manière de se tenir, et cette façon de parler, qui ne collaient pas trop avec l'image d'une jeune femme qui se laissait aller à picoler. Enfin, je disais ça mais je ne la connaissais pas... Ou plutôt si... Seigneur, que c'était compliqué toute cette affaire ! Je m'exécutais alors, manuellement puisqu'on m'avait privé de ma baguette. Je pris une de mes casseroles en étain pour la suspendre au dessus du feu de cheminée que je ravivais, versant du lait et du cacao et laissant mijoter. Le problème de le faire à l'ancienne, c'était le temps. Passer d'un monde où tout se passe rapidement et sans effort à un univers beaucoup plus rude, difficile et où chaque action était effectuée avec la lenteur la plus désobligeante, la plus pénible. Je me réhabituais à devoir tout refaire par moi même. Ce n'était pas toujours facile mais au moins avais je l'impression que mon travail servait à quelque chose, et c'était toujours ça de pris. Je me retournais vers Alice, qui continuait de me regarder. Cela me déstabilisait, dans le sens où je me rendais compte que j'étais bloqué par ces belles prunelles ; elles m'auscultaient littéralement. Elle ne me dévisageait pas comme les élèves ou les aurors, mais comme quelqu'un que j'avais connu, une personne proche qui voulait que je la reconnaisse. Ou en tous cas, qu'elle même puisse me reconnaître, ce qui n'était pas gagné tant les choses avaient changé au fil du temps. C'était pile à ce moment là que j'avais compris, que j'avais enfin tilté ce qu'il se passait ici, et qui était cette fille pleine de gentillesse et de prévenance.


    Je perdais le contrôle de mes émotions, j'avais un mal de crâne terrible en deux temps trois mouvements, comme si tout se bousculait dans ma tête. C'était horriblement douloureux, et je me sentais en même temps fatigué, déprimé, en colère aussi. Comment avais je pu être stupide au point de ne la reconnaître que maintenant ? On m'avait tant parlé d'elle au ministère quand on m'interrogeait. Je les revoyais alors, tous ces types autour de moi. Qui me lançaient des sorts qui me faisaient souffrir, boire des potions pour raviver mes souvenirs ou me forcer à parler, ou même pour certains, me frappaient. La guerre contre les mangemorts était peut être une guerre souterraine, elle n'en était pas moins brutale, sans pitié. Les aurors n'étaient pas les plus costauds dans ce conflit, mais ils voulaient vraiment leurs réponses... Et une partie du traitement que j'avais subit consistait justement à me jeter à la figure des brides de mon histoire pour tenter de provoquer un déclic certain dans ma tête, même si cela n'avait pas fonctionné. C'était comme ça qu'on m'avait parlé de mon idylle avec cette élève de Poudlard, que j'avais ensuite brisé et brûlé sans pitié pour m'enfuir avec une autre femme, une mangemorte, dévoilant par la même occasion toute l'obscurité de ma nature. Alors que de mon côté je suffoquais sous l'effet de toute la violence de ces émotions que je ressentais en même temps, je vis Alice fermer les yeux et elle était visiblement gênée, blessée, peut être perdue dans ses souvenirs. Je ne l'enviais pas. Je la vis défaillir en un instant se levant et titubant comme une ivrogne, sous le coup à des souvenirs probablement douloureux et cuisants. Qu'avais je fait ? Elle se cala contre la vitre fraîche alors que je m'avançais à son secours. Elle me retourna mon regard, et je me stoppais dans mon mouvement. Je la laissais reprendre son souffle, tout en me sentant malade, nauséeux. Je ne me supportais plus moi même. Vous dire que vous êtes un criminel, un homme dénué de sens moral et de pitié, c'était une chose. Affronter la vérité en face en rencontrant une de vos victimes en était une autre. Je me sentais à deux doigts de perdre pied, et mon instinct de conservation m'intimait de m'enfuir avant de commettre une bêtise, mais je ne parvenais pas à bouger d'un pouce.


    Alice me dit qu'elle était venue pour moi, qu'elle s'inquiétait pour moi. Elle me dit qu'elle avait été amoureuse de moi, ce qui me serra le cœur. Et elle me trouvait l'excuse de la guerre, ce qui me donna encore plus envie de vomir. Je n'avais pas eu besoin de la guerre pour faire n'importe quoi. Je n'en avais toujours pas besoin alors que j'avais tout oublié. Elle me dit qu'elle m'aimait toujours, et je crus que j'allais m'effondrer. J'avais mal à la tête, de pire en pire, je sentais mon cœur avoir plusieurs ratés, et j'avais envie de pleurer. Je me contenais difficilement à vrai dire... Je la laissais me tenir la main comme un automate, ne sachant trop quoi dire ni quoi faire.



    | Je... Je ne sais pas. Je pense que... |


    Je n'étais plus le même. J'avais fait des choses horribles. Je m'étais endurci. Je tentais de reprendre le contrôle de mon propre corps.


    | Non, c'est pas la faute de la guerre. C'était en moi, Alice. Je le sens encore, je le sais. Je pense parfois à des choses... Je ne me rappelle de rien, mais je sais que je serais capable de recommencer si j'en ressentais le besoin. Je ne suis pas ce type que tu crois que je suis. J'ai ça en moi, tu comprends? |


    Etre amis ? Elle m'aimait toujours... Et moi, je ne me rappelais plus rien d'elle.


    | Est ce que c'était bien, quand on était ensemble? |

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MessageSujet: Re: Somebody that I used to know {PV Torben}   Lun 12 Nov - 22:11

Sa peau était chaude contre la sienne. Alice avait oublié la sensation de sa main dans la sienne. Elle s'était rappelée le moindre détail de son visage, le son de sa voix, mais pas la force de ses doigts plus grands que les siens. Ce seul simple contact lui rappela chacun des endroits où les mains de Torben s'étaient posées. Sur ses tempes alors qu'il l'embrassait, sur ses cheveux et son dos pendant qu'il l'enlassait, sur son épaule lorsqu'ils marchaient côte à côte, dans sa main, comme aujourd'hui... Non, pas comme aujourd'hui. Aujourd'hui sa main autrefois sûre et forte était inerte, comme étrangère...

TORBEN : Je... Je ne sais pas. Je pense que...

Lentement, Alice retira sa main. Tout était silencieux, excepté le son de la pluie tombant violemment au dehors. Elle n'en croyait pas ses oreilles. Etait-ce un "non"? Lui indifférait-elle tellement qu'il ne se souciait même plus d'être son ami? Pour autant qu'elle en savait, peut-être faisait-elle partie de ces souvenirs qu'il avait délibérément choisi d'effacer de sa mémoire... Un coup de tonerre gronda au loin. Alice ne l'interrompit pas, le laissant finir sans le quitter des yeux.

TORBEN : Non, c'est pas la faute de la guerre. C'était en moi, Alice. Je le sens encore, je le sais. Je pense parfois à des choses... Je ne me rappelle de rien, mais je sais que je serais capable de recommencer si j'en ressentais le besoin. Je ne suis pas ce type que tu crois que je suis. J'ai ça en moi, tu comprends?

Les yeux d'Alice brillaient intensément, sans doute parce qu'elle n'avait pas scillé depuis qu'il avait ouvert la bouche. Il n'était pas celui qu'elle croyait qu'il était. Tous ses amis le lui avait dit et répété, mais était-ce vrai pour que Torben lui-meme le lui dise également? Il lui avait montré de nombreux visages durant leur relation, parmis lesquels Alice avait du choisir lesquels étaient les vrais, lesquels étaient mensonges. Et elle avait toujours choisir de croire au meilleur dont il était capable. Avait-elle donc eut tort? C'était-elle trompée sur toute la ligne, tout ce temps?

TORBEN : Est-ce que c'était bien, quand on était ensemble?

Alice ne savait comment lui répondre. Elle ne pouvait pas dire "oui" en toute honnêteté. Toutes ces infidélités, toutes ces choses horribles dont on l'avait soupçonné, tous ces fantômes qui l'avaient hanté... Et pourtant, pourtant, Alice regrettait cette période de toute son âme. Elle aurait tout donné pour retourner deux ans en arrière et tout refaire à nouveau. Car oui, si c'était à refaire, Alice ne changerait rien. Elle irait de nouveau lui rendre visite au Chaudron Baveur. Elle lui pardonnerait à nouveau chaque gueule de bois, chaque infidélités. Elle lui accorderait toujours sa confiance, jusqu'au point de lui céder son innocence, avait-il seulement eut le désir de la lui prendre.

ALICE : En toute sincérité? Les pires moments de ma vie... Mais les plus beaux aussi.

Et à bien y repenser, que restait-il des pires moments de sa vie? Il avait eut le Bal de Noël, d'où Torben était ressorti avec une infidélité et un potentiel double-meurtre. Aucun de tous ces faits ne s'étaient avérés vrais. Lorsqu'elle l'avait rencontré, Jana semblait avoir révélé qu'elle n'avait même pas été en Angleterre à cette période de l'année. Le double-meurtre? Torben en avait été innocenté, s'étant trouvé sous Imperium, coupable du seul crime d'avoir fait apparaître la Marque des Ténèbres. Puis il y avait eut la Moldavie, et qui sait ce qu'il y avait vécu là-bas? Alice s'éloigna de Torben et alla se rasseoir. Elle n'avait aucune envie de se rasseoir sur cette chaise cruellement dure. Elle préféra s'asseoir sur le lit tout proche, à moins d'un mètre de sa chaise. Dehors, la nuit était tombée, et le tonnerre se faisait de plus en plus puissant, de plus en plus proche. La jeune femme aux longs cheveux noirs passa une main blanche sous son col, secouant doucement la tête. Puis elle rit silencieusement.

ALICE : Tu es encore plus stupide qu'un troll simple d'esprit, tu sais? dit-elle affectueusement. Même cela sonnait comme des mots d'amour dans ses lèvres. Tu me dis ne pas être l'homme que je connais, mais qu'en sais-tu? Même quand tu avais encore tes souvenirs, tu ne savais pas qui tu étais. Tu m'as dis m'avoir trompée, avant de m'assurer que ça ne s'était jamais passé. Tu as redouté avoir tué deux personnes, tu étais même persuadé de t'en souvenir, avant que l'on te prouve le contraire... Je ne sais peut-être pas qui tu es, mais je t'assure Torben tu n'en sais rien non plus...

Un éclair illumina les fenêtres, blanchissant momentanément la lumière même du feu, presque immédiatement suivit du tonnerre. Mais l'intérieur de la cabane était toujours bien sec et relativement chaud. Si la tempête semblait rager au dehors, Alice semblait paradoxalement calme et sereine, plus en paix avec elle-même. Elle souriait doucement à Torben, la lumière du feu faisant ressortir ses pommettes.
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MessageSujet: Re: Somebody that I used to know {PV Torben}   Jeu 15 Nov - 10:18

    Je ne savais pas quoi dire ni quoi faire, et je m'en voulais à moi même de ce sentiment d'impuissance particulièrement récurrent, comme si j'étais fondamentalement incapable de faire quoi que ce soit correctement depuis que j'avais été capturé et interrogé. Comme si tout ce qui me tombait dessus, j'étais incapable de le gérer. Comme si les découvertes que je faisais ne servaient qu'à me rendre de plus en plus confus, à tel point que j'avais maintenant des doutes sur mes capacités, sur ce que je pouvais faire. Je me rendais bien compte que le contact de ma main contre la sienne plaisait à Alice, et à moi aussi. Peut être pas pour les mêmes raisons... J'avais l'impression d'être gelé, comme si rien ne pouvait me réchauffer. Je me sentais vide et glacé à l'intérieur, comme à chaque fois que je découvrais des choses sur mon passé, des éléments que j'avais pensé à jamais perdus et qui s'avéraient finalement accessibles. Et dangereux. Dangereux pour un certain nombre de raisons. La première et la plus évidente était bien sûr que je risquais de perdre à nouveau l'esprit ; j'avais sans cesse l'impression que tout ce que je pouvais découvrir s'avérait encore plus terrible que la fois précédente, comme si j'avais été incapable de connaître du bonheur, de la bonté, de la compassion, pendant ces années que je m'étais moi même volé. Elle retira sa main alors que j'hésitais, que je ne savais pas comment lui répondre, que je me retrouvais le cul entre deux chaises. Je n'avais pas dit non je n'avais pas dit oui ; je me sentais perdu, inutile. J'arrivais à blesser à nouveau une femme qui me proposait son amitié, qui me tendait la main, alors que je n'avais fait que la meurtrir au plus profond de son cœur par le passé. Alice McPherson... c'est superbe jeune femme que j'avais tant fait souffrir. Comment avais je pu me conduire ainsi avec elle ? Le temps se mit à correspondre de plus en plus à ce que je ressentais, ou bien peut être était ce l'inverse. Le tonnerre claqua dans le ciel alors que la pluie battait violemment contre les carreaux de la masure qui était la mienne. Son regard brillait, et je comprenais comment j'avais pu tomber amoureux d'elle dans le passé. Belle, gentille, tendre... Et surtout, d'une bonté incroyable.


    Je me rendais compte aussi qu'à mettre les pieds dans le plat, je mettais la jeune femme au pied du mur à propos de nous deux. Je ne lui laissais qu'assez peu de loisir à garder le secret de mes souvenirs, et je la forçais carrément à prendre position pour l'un ou l'autre des partis. Ou elle me disait non, ou elle me disait oui, mais je ne laissais que peu de place à la non réponse. De toute manière, je ne savais pas si je pourrais m'en satisfaire. Assez étrangement, plus je me sentais perdu et plus j'avais envie de me perdre. C'était tout moi ça. La réponse d'Alice me frustra, quand elle me dit que c'était les plus beaux moments mais aussi les pires. C'était quelque chose d'étrange quand même, et cela faisait écho aux paroles de mon père, qui m'avait dit jadis que l'amour causait les plus grands maux mais aussi les plus grands bonheurs. J'avais toujours ignoré pourquoi il m'avait dit ça, si ça avait un rapport avec ma mère ou pas, et je l'ignorerais toujours. Encore une chose qui me faisait ressentir ce terrible manque de mes parents. Alice alla s'asseoir sur le lit. Je me tournais vers elle en finissant ma timballe d'alcool, ce qui me donna une intense envie de lâcher un renvoi que je réfrénais pour ne pas paraître froidement impoli ou totalement vulgaire. Je ne savais toujours pas quoi lui dire, alors j'optais pour du Torben tout craché...



    | ... j'imagine que le bien c'était parce qu'avec moi c'était forcément torride... Et le moins bien, parce qu'avec tout ce que je sais, j'ai dû t'en faire baver pas mal. Cocktail explosif. Et toi qui m'aime toujours... Je me demande ce que j'ai fait pour mériter pareil attachement! |


    Oui, je me le demandais sincèrement. Comment rendre une fille accro alors qu'on se compotait comme un connard dangereux avec elle ? Comment m'y étais je pris ? Ressentais je la même chose pour elle et avais je tout perdu ? Si oui, pourquoi l'avoir quittée pour une autre femme ? Je me souvenais que beaucoup des questions des aurors portaient sur cette beauté brune et masquée que j'avais secouru en changeant de camp à Gringotts. Elle devait compter pour une raison ou une autre, non, pour que je trahisse tous mes amis ici ? Alice se mit à rire et à se moquer doucement de moi. Cela m'aurait mis en colère avant, mais dans sa bouche ça ne résonnait pas comme une insulte, mais plutôt comme quelque chose d'affectueux. Je devais remarquer qui plus est, qu'elle s'avérait viser juste à mon propos. Ce qui ne fit rien pour améliorer mon humeur, et j'avais de plus en plus mal au cœur. Visiblement, je n'avais jamais su qui j'étais, plus depuis la mort de mes parents en tous cas. Si mon ancien moi était déjà perdu, comment pouvais je prétendre retrouver moi même la voie ? La voie semblait être sans espoir.


    | Sans doute... J'ai encore tellement de questions. Mais à quoi ça sert pour moi de connaître la réponse, si je n'ai jamais vraiment su qui j'étais ? A quoi bon continuer d'apprendre des horreurs sur mon compte, si ça ne m'aide pas à me retrouver ? Je sais pas, tout ça, c'est tellement compliqué... |


    Je devais quand même poser une dernière question qui me brûlait les lèvres.


    | Qui ais je sauvé ce jour là à Gringotts pour t'attaquer juste ensuite, Alice ? Est ce que tu en as une idée ? |


    Le tonnerre grondait dehors, une vraie tempête. Si je ne faisais pas fuir Alice, je lui proposerais sans doute mon fameux ragoût maison...

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