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MessageSujet: Il attend que le monde change    Ven 21 Jan - 18:57

Elle attend que le monde change. Elle attend que changent les gens. Inexorablement, elle attend. Cette chanson, il l’avait entendu une fois à la radio chez … lui ? Non, il ne considérait pas cet endroit comme un « chez soi ». Pourtant, il avait l’impression d’y avoir vécu très longtemps. Alors, qu’est-ce que c’était que cet endroit ? Un nouveau soupir et Harry tenta d’occulter cette nouvelle question sans réponses. Depuis combien de temps se perdait-il dans ses souvenirs ? Beaucoup trop à son goût c’était certain. Cette chanson lui parut, en cet instant, être si proche de ce qu’il pouvait ressentir. Il attendait que le monde change, qu’ « il » change, inexorablement, car il ne parvenait pas à contrôler ce changement. Il attendait en vain que les choses redeviennent normales mais plus le temps passait et plus il perdait espoir. Rien ne serait plus jamais pareil. Les temps changent, le monde aussi, et enfin lui. Les gens changeaient également. Le meilleur exemple était sa maman. Elle était devenue distante et parfois « froide » pour son petit cœur d’enfant. Qu’avait-il fait ? Harry ne le comprenait pas. Elle lui disait de ne pas se soucier d’elle, que tout allait bien, mais comment pouvait-il faire comme si de rien n’était ? Impossible. Ron, Hermione, Neville et Luna… Pourquoi les connaissait-il ? Il avait l’impression de manquer quelque chose d’important en parlent d’eux, mais quoi ? Pas moyen de s’en souvenir. Désormais, les trois gryffondors étaient devenus de « simples » camarades de classe et la petite serdaigle, et bien, on ne pouvait pas dire qu’il recherche sa compagnie plus spécialement que ça. Ils ne se connaissaient pas après tout, n’est-ce pas ?

Toujours les mêmes questions et toujours le même soupir d’exaspération. Harry ne supportait plus cette amnésie omniprésente. Il lui arrivait parfois de se souvenir d’éléments de son passé sans bien pouvoir les expliquer. Par exemple, pourquoi surnommait-il Sirius par Sniffle ? Comment avait-il appris pour le problème de fourrure de Remus ? Ou encore, comment connaissait-il les maraudeurs et leur carte ? James n’avait jamais montré cette dernière depuis qu’il était dans cette époque, ni même la cape. Alors comment pouvait-il connaître leur existence ? Ils n’en avaient jamais parlé. Harry savait. Mais cela se limitait à ça, hélas. Et puis il y avait ce changement lent mais sûr de personnalité. Il devenait plus franc, plus joueur, plus moqueur aussi, et enfin plus dragueur. Par Merlin, qu’est-ce qui se passait dans sa tête ? Harry sentait qu’une partie de lui détestait ce changement soudain, comme si elle lui reprochait de trop lui ressembler. A James. A son père. De l’autre côté, il y avait ce petit côté de gosse, content d’être « comme papa ». Harry ne parvenait pas à décrypter ce double avis sur tout ceci. Pourquoi tantôt était-il content d’être comme James et pourquoi tantôt préférait-il ne pas lui ressembler ? Il avait l’impression qu’il avait vu une fois James à l’œuvre et que son « égo surdimensionné » l’avait marqué de façon négative. Pourtant, depuis qu’il était ici, il n’avait jamais ressenti cela. Alors comment était-ce possible ? Puisque là d’où il venait, ils ne s’étaient jamais rencontrés ? Tant d’interrogations qu’il n’arrivait pas à résoudre… Le pire, c’était qu’il ne parvenait à en parler à personne, si ce n’est un tout petit peu avec Sirius. Et encore…

Ses pas le menèrent lentement vers la volière. Hedwige. Son cœur lui disait qu’elle était là-bas. Mais qui était-elle ? Son esprit ne parvenait plus vraiment à mettre un nom dessus. D’ailleurs, ça le rongeait de culpabilité. Pourquoi donc ? Etait-elle si importante ? Apparemment, elle devait l’être. Etait-ce une rencontre qu’il avait faite dans ce lieu, jadis, là d’où il venait ? Ou bien était-ce un hibou qui lui avait appartenu ? Harry n’arrivait pas à choisir entre l’un ou l’autre. Un nouveau soupir retentit dans ce lieu qu’il venait enfin d’atteindre. Par Merlin, qu’est-ce qui allait se passer maintenant ? Ses souvenirs s’échappaient progressivement, il se souvenait venir du futur mais avait déjà tellement oublié sur ce dernier. Pourquoi être revenu ? Il n’était plus sûr. C’était lié à Sirius, il le sentait mais quoi exactement ? Que devait-il faire face à l’ennemi ? S’il oubliait tout, il ne serait plus d’aucune utilité. Ce sentiment grandissant lui rongeait l’estomac. Il se souvenait d’une prophétie, à son sujet et aussi à son sujet, mais son contenu commençait à s’estomper dans sa tête. Harry finit par s’appuyer contre l’appui de fenêtre, regardant vers le lointain horizon. Voir ces paysages si familiers avait quelque chose de rassurant. C’était déjà ça de pris. Il ne savait pas comment réagir. Il en avait parlé avec Sirius, par courriers. Il n’arrivait pas encore à aborder le sujet de visu. Il en avait parlé aussi avec James, et étrangement, Harry se sentait moins à l’aise avec lui pour en discuter. Il culpabilisait de « rejeter » ainsi de la sorte son père mais pourtant… Il ne pouvait s’en empêcher. Etait-ce parce qu’ils ne s’étaient jamais connus, qu’ils n’avaient jamais discuté ensemble autrefois ?

Harry avait fini par croire que cela devait être lié. Etrangement, il n’en avait pas non plus discuté avec Remus. Pourtant, lui, il l’avait rencontré. Alors, peut-être était-ce juste dans sa tête ? Une impression que Sirius jouait plus le rôle de « papa de substitution » là d’où il venait que Remus. Même avec Lily, il n’en avait pas parlé au début… Il voulait la protéger, il avait peur de la faire paniquer si elle savait. Et puis, comment dire à sa mère « maman, tu sais, je crois que je vais finir par t’oublier, j’oublie tout le reste alors… » Finalement, c’était une grossière erreur quand on voit comment elle agissait désormais. Froide et distante. Qu’avait-il fait ? Elle avait été malade et il n’avait pas été mis au courant. Alors que d’autres… Moins proches d’elle… Etait-ce sa punition pour avoir choisi délibérément de la protéger de ce qui le tourmentait ? Perdu dans ses pensées, Harry ne se rendit pas compte immédiatement que quelqu’un venait d’entrer à son tour dans la volière. Ce n’est que le bruit des pas, répercuté en écho sur les murs de l’endroit, qui le ramenèrent à la réalité. Le jeune homme se retourna et ne put s’empêcher d’avoir un hoquet d’exclamation en tombant nez à nez avec son père. James. Qu’allait-il se passer ? Harry avait brillamment esquivé ce dernier pendant quelques temps et l’occasion avait été prolongée quand il était parti en stage de quidditch. Ils ne s’étaient pas vus, n’avaient pas discuté du sujet des courriers. Mais là, l’enfant était au pied du mur. Une conversation de père à fils allait sûrement avoir lieu. Harry soupira avant de saluer son paternel. S’il avait fait semblant de rester dans ses rêves, ou ses cauchemars, il aurait peut-être pu s’épargner cinq minutes d’interrogatoire. Ou pas, allez savoir.

« Salut James. Alors, ton stage ? Comment c’était ? Ça fait un bail, hein ? »

Tentons de faire diversion. Mais gamin, tu crois y parvenir bien longtemps ? Rêve pas trop tu sais. La chute sera plus douloureuse après.
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James Potter

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MessageSujet: Re: Il attend que le monde change    Lun 31 Jan - 6:11

James était rentré de son stage de Quidditch quelques jours auparavant, et il avait ravi de voir que rien n'avait changé à Poudlard. Enfin... Rien en dehors du départ précipité de sa meilleure amie, Anna Sanders. Le choc de cette annonce n'était toujours pas passé, et James en voulait toujours à Patmol pour ça. Sirius n'était qu'un idiot de première catégorie qui avait foutu en l'air la grande histoire d'amour de sa vie pour une pauvre fille en manque de sexe. Anna n'avait certainement pas mérité cela, et pour cette énième souffrance infligée à cette fille qu'il appréciait tant, Cornedrue en voulait à son frère. Plus rien ne serait comme avant, à présent. Sirius redevenait le coureur de jupons qu'il avait toujours été, et James ne voyait pas cela d'un bon œil. Non pas qu'il était soudainement devenu hyper mature en l'espace de deux semaines... Juste qu'il savait combien il serait dur pour son frangin de se contenter d'histoires d'un soir après avoir été si profondément amoureux de sa vipère. Le jeune Potter sentait que Patmol allait avoir le cafard pendant un bon moment, et il n'avait vraiment pas besoin de cela en ce moment. Mais on ne choisit pas les humeurs de ses amis, malheureusement ! Il allait donc soutenir Sirius comme il se devait, mettant ses propres préoccupations de côtés dès qu'il le faudrait. Et puis, peut-être que finalement s'occuper des problèmes d'un autre lui permettrait de relativiser sur les siens.

Il venait de quitter la salle commune, et remontait d'un pas distrait les couloirs du Château. Il avait promis au Capitaine des Pieds de Montrose qu'il garderait le contact, et il avait justement une lettre à lui envoyer. Il n'avait pas encore grand chose à raconter, mais il ne voulait surtout pas perdre l'affection du célèbre joueur de Quidditch, avec qui il s'entendait très bien. Et puis, maintenant qu'il avait décidé de faire de ce sport son métier, il avait tout intérêt à garder de bonnes relations avec ses probables futurs coéquipiers. Il avait donc écrit une courte lettre, ce qui était toujours mieux que rien, dans laquelle il ne racontait pas grand chose, mais où il renouvelait ses remerciements et son amitié à toute l'équipe. Il avait passé deux fabuleuses semaines en leur compagnie, et il n'oublierait jamais les matchs épiques qu'ils avaient joués.

Le jeune Potter pénétra dans la Volière, et eu la surprise de voir qu'il n'était pas seul. Harry se trouvait déja là, accoudé à la fenêtre. A croire que cet endroit était un lieu privilégié pour les rencontres sérieuses et inattendues ! James se rappelait encore sans peine tous les mots échangés avec Regulus Black entre ces murs, et il semblerait qu'aujourd'hui, la Volière allait accueillir les confidences d'Harry Over. Parce qu'il était hors de question que le Maraudeur laisse son fils s'échapper sans lui avoir tiré les vers du nez à propos de ses pertes de mémoires inquiétantes. Il voulait comprendre ce qui se passait, et pour cela, il avait besoin de l'aide de Harry. Et puis, il devait aussi avouer qu'il était complètement jaloux de la relation qu'Harry entretenait avec Sirius. Patmol l'avait laissé lire la plupart de leurs échanges écrits, et James sentait la jalousie lui enserrer le coeur. C'était lui, le père de Harry, pas Sirius ! Et son fils aurait dû le considérer comme son confident, au lieu de son parrain !

Le jeune Potter remarqua la surprise sur le visage de son camarade lorsqu'il se retourna, et se contenta de lui offrir un sourire pour réponse. Les choses entre eux étaient toujours plus ou moins bizarres, mais leurs relations s'étaient nettement améliorées depuis leur duel de Quidditch en tête à tête. Et si James hésitait toujours un peu sur la conduite à tenir en présence de son fils, il était de moins en moins gêné face à lui. Plus normal, quoi. Le Préfet-en-Chef vit son vis à vis soupirer avant de le saluer, ce qui le fit froncer les sourcils. Harry avait vraiment l'air ravi de le voir...

-Salut Harry, j'ai l'air de t'avoir manqué dis-donc ! Mon stage était super, t'aurais adoré. Et oui, ça fait un sacré bail, j'ai même cru que tu m'évitais passé un moment ! Comment tu vas ?


L'air détaché, le Maraudeur appela son hibou et le caressa quelques instants avant de lui attacher son courrier à la patte. Le soupire de Harry, cumulé au manque d'enthousiasme flagrant de ses paroles, avaient vexé James. Ça l'énervait autant que ça le blessait de ne pas être aussi proche de lui que l'était Sirius, même s'il ne l'avouerait jamais. Il ne comprenait pas cette distance que son fils s'évertuait toujours à mettre entre eux, comme s'il n'était pas assez bien pour être son père. Comme si, parce qu'il avait mal réagi au début, il avait perdu toute estime de la part de son rejeton. Et James, tellement habitué à être admiré et apprécié par le plus grand nombre, avait beaucoup de mal à accepter le rejet de son fils.

Il s'approcha de la fenêtre, Merlin sur le bras, et lui murmura l'adresse du destinataire, comme toujours. Il ne faillait jamais à cette petite habitude inutile qu'il avait prise dès sa première année. Pour se faire, il contourna Harry sans lui accorder un regard, et se pencha à la fenêtre. Il laissa son précieux hibou s'élancer, puis se tourna immédiatement vers son camarade.

-Comment va ta mémoire ?


Puisque de toutes façons Harry n'avait visiblement aucune envie de se retrouver seul avec lui dans cette Volière, autant entrer immédiatement dans le vif du sujet. James voulait des réponses, et il ne laisserait pas son interlocuteur le rembarrer. Et puis, plus vite il obtiendrait ce qu'il voulait, plus vite Harry pourrait courir retrouver Sirius et lui confier combien il aurait fait un bien meilleur père que lui. Puisqu'ils étaient tellement proches...

[Archi-désolée pour le retard ! ]
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MessageSujet: Re: Il attend que le monde change    Mer 2 Mar - 17:36



I want a normal life, just like a new born child dad'. Go ahead and throw your life away, kid. Sooner or later your gonna hate it. Okay, dad'. I' won't do this 'cause I know you won't forgive me... But promise me one thing... Don't forget me...

Je veux juste une vie normale, p’pa. Pourquoi ne puis-je donc pas ? C’est dur d’être un héros des fois. Alors, j’aimerai ne plus être moi… Seulement je n’en ai pas le droit. On ne m’a pas laissé le choix. Je me réveille parfois la nuit sans savoir qui je suis. Je perds mes souvenirs à ne plus en finir. C’est dramatique, tu sais, de ne plus savoir distinguer rêves et réalité ? Accoudé à la fenêtre de cette volière, l’adolescent ne sait pas quoi faire. Il voulait prolonger l’attente, reculant cette confrontation effrayante. Pourtant son père ne lui en laissa pas vraiment le choix, son sourire accompagné de cette remarque blessante laissèrent le gamin coi. Comment était-il supposé prendre cela ? Bien sûr qu’il lui avait manqué, bien plus qu’il n’oserait jamais l’avouer. Seulement voilà, papa était là. Il voulait lui parler, et cela ne serait certainement pas une promenade de santé. Les discussions sérieuses « entre père et fils », il ne connaissait pas ça. La vie les lui avait enlevées lorsque son père avait été tué cette nuit-là. Alors oui, il paniquait, il ne savait pas ce qui allait se passer. Il avait soupiré face à la dure réalité. Plus d’échappatoire possible, aujourd’hui il devrait lui raconter l’impossible. Il devrait tout lui avouer, lui annoncer de but en blanc que tout s’oubliait. Il devrait lui dire ses craintes, ses pensées. « Vais-je finir par t’oublier papa ? » Cette question lui taraudait l’esprit depuis quelques jours et Harry ne voulait pas. Il ne voulait juste pas qu’on l’oublie. Il voulait être sûr que si lui, parmi tous les autres, oubliait qui il avait été et ce qu’il avait fait… Il voulait juste être sûr que les autres ne l’imiteraient pas. Il avait peur de disparaître, de devenir une simple illusion, un simple rêve sans lendemain…

Occupé par ses sombres pensées, le jeune enfant ne fit pas vraiment attention aux dire de son parent. Papa semblait heureux et après tout n’était-ce pas l’essentiel ? S’il devait disparaître mais être au moins certain que ses parents vivraient alors… Peut-être que disparaître aurait un sens ? Il ne savait pas, il ne savait plus. Il avait commencé à en discuter avec son parrain car il avait connu ce dernier dans ce passé lointain. Il savait qu’il l’inquiéterait mais… peut-être était-ce qu’il recherchait ? Il voulait inquiéter quelqu’un, avoir la certitude qu’à un moment de sa vie, il avait existé aux yeux de son ami canin. Harry resta silencieux, observant son père s’approcher pour finir par caresser son volatile préféré, comme si rien d’autre n’existait à ses côtés. Harry se surprit à vouloir lui demander de le prendre dans ses bras. Il avait peur, il tremblait. Il voulait contrôler cette réaction mais n’y parvenait pas. Lorsque la question fatidique fut posée, Harry ne sut que lui répondre pour le rassurer. Car oui, c’était là la seule et unique différence qu’il y avait entre Sirius et James. Avec le premier, Harry voulait le faire paniquer, non pas par cruauté, mais parce qu’il voulait voir quelqu’un prendre peur pour lui. Cette attitude le rassurait car elle lui prouvait qu’il existait. En un sens, lorsque Sirius s’inquiétait, il était vivant, certain d’exister, même un instant. Et puis, ils se connaissaient, il savait que Sirius lui pardonnerait… Mais avec James… Il ne pouvait pas déjà en être aussi certain bien que son cœur de gamin lui assure que son père lui pardonnerait la moindre de ses erreurs. Avec papa et maman, Harry prenait peur. Il ne voulait pas voir la crainte apparaître sur leurs visages.

Ils avaient déjà eu assez peur pour lui par le passé. Ils avaient eu peur de le perdre lorsque ce dernier avait été menacé. Harry ne voulait pas leur infliger ce sentiment encore une fois… Mais surtout, ce qu’il ne voulait pas, c’était qu’ils le délaissent. Harry ne pouvait s’expliquer cette crainte grandissante qui obscurcissait son cœur. Il détruisait tous ceux qu’il approchait, il portait malheur alors si ses parents en avaient marre et s’éloignaient ? Harry avait cru qu’ils ne le feraient pas… C’est pourquoi il avait voulu les éloigner dans un premier temps. Il le faisait pour les protéger, même l’espace d’un instant, il ne voulait pas les confronter à la dure réalité qui prenait place désormais. Seulement maman avait crié, elle avait été blessée et depuis elle s’éloignait. Est-ce que papa allait faire de même ? Ses mains se mirent à trembler de plus belle, il avait froid, dans son cœur. C’est ainsi qu’il se décida. Dire la vérité lui brisait le cœur, il savait que les larmes ne lui seraient pas épargnées mais il le devait. Il ne pouvait se permettre de le perdre, pas une deuxième fois. Et puis… Secrètement, il voulait plus. Il voulait que son père ne l’oublie pas. S’il devait disparaître et être remplacé par un autre enfant, il voulait qu’au moins, James continue de penser à lui. Inspirant profondément, le plus jeune se tourna pour faire face à son père. L’heure de vérité était arrivée et sa gorge en était toute nouée. Comment allait-il réagir ? Qu’allait-il lui dire ? Il essaya de lui sourire mais ce dernier fut plus crispé que rassurant. Non, il n’arrivait plus à le cacher désormais, plus alors qu’il était juste à ses côtés. Finalement, le dire pourrait peut-être le délivrer de cette lourde épée qui surplombait sa tête toute la journée.


    « Je… Ce n’est pas facile à dire alors s’il-te-plaît, ne m’interromps pas, écoute-moi. Ne m’oublie pas, c’est tout ce que je te demande. N’oublie pas qu’un jour, j’ai été ton fils. Même si ça n’est pas encore arrivé pour toi… Même… si cela n’arrivera peut-être finalement pas. Je ne sais pas, je ne sais plus, je suis perdu. Tu… Il faut que tu saches que je ne t’ai rien dit avant aujourd’hui car j’avais peur. J’avais peur de voir ton regard paniqué, j’avais peur de te voir t’éloigner parce que mon cerveau se déglinguait. Avec Sirius, c’est différent, si je deviens fou, si je disparais, vous pourrez toujours le désigner comme parrain pour un autre enfant. Si je disparais, s’il m’oublie, ce n’est pas grave, il aura quelqu’un d’autre à aimer. Et puis, ce n’est pas mon père. Mais si toi tu m’oublies, finalement, pour qui aurais-je existé ? J’ai peur de disparaître, d’être oublié. J’ai peur de n’être qu’une ombre dans l’histoire, de ne plus avoir ma place, de devoir te voir vivre avec maman sans que personne ne sache qui je suis réellement… »

Sa voix s’était mise à trembler, le rendant beaucoup plus nerveux qu’il ne l’était déjà avant de commencer. Il dut faire une pause, sentant les larmes couler sans qu’il ne puisse les arrêter. Il se détourna, le regard de son père était de trop. Il avait peur, tellement peur.

    « Je me lève la nuit sans savoir qui je suis. J’aimerai tant avoir une vie normale. J’aimerai renaître comme tout enfant sans avoir cette destinée qui est toute tracée. Je change ces derniers temps, devenant un peu moins l’enfant que j’étais auparavant. Est-ce un signe du destin ? Est-ce la preuve que l’histoire change ? Je ne sais pas, je suis complètement perdu. Pourquoi je t’ai tout caché ? Parce que je ne savais pas comment te l’avouer. Je ne savais pas comment te dire que j’ai peur un jour de t’oublier. J’ai peur qu’un jour je me réveille et que tu ne deviennes qu’un visage parmi tant d’autre. Si cela arrive avec Sirius, c’est avant tout un ami, un confident, notre lien en pâtira, il en souffrira mais avec toi… Comment prendras-tu le fait que ton fils ne te reconnaisse pas ? Comment prendras-tu le fait que je ne vois en toi qu’un gryffondor parmi tant d’autres ? J’ai peur alors je ne voulais pas que tu le saches. J’oublie progressivement tant de choses sur mon passé. Pourquoi les autres qui ont débarqué en même temps que moi l’ont fait ? Je ne sais pas, je n’arrive pas à répondre à cette question p’pa. Quel intérêt avaient-ils à risquer de tout perdre pour m’aider à sauver Sirius ? Cela n’a pas de sens tu vois ? Comment se fait-il que j’ai connu le secret des maraudeurs bien avant que vous n’en parliez ? Comment se fait-il que j’ai l’impression de t’avoir vu la première fois que j’ai réalisé mon patronus ? Pourquoi ai-je l’impression de t’avoir déjà parlé auparavant alors que tu n’étais déjà plus là depuis longtemps ? Qui suis-je réellement, dis-moi ? Je ne m’en souviens pas. Je perds le fil de mes idées à mesure que je me pose des questions sur mon passé. Comment se fait-il que je n’ai jamais vécu avec Remus ? Après tout, c’était un ami à vous. Avec qui ai-je vécu ? Je ne m’en souviens plus… »

Finissant sa tirade, le gamin resserra ses bras autour de son torse en un geste de protection. Il avait peur, tout tournait autour de lui et ne semblait point vouloir s’arrêter. Allait-il bientôt se réveiller sans savoir son propre nom ? Harry avait toujours eu des insomnies bien qu’il ne sache désormais plus quelles en étaient les causes… Mais aujourd’hui, ses insomnies étaient de plus en plus présentes. Il avait peur. Il ne voulait pas aller se coucher car qu’est-ce qui pouvait bien lui certifier que demain il allait se réveiller en se souvenant de la personne qu’il avait été ?

    « S’il te plaît… Ne m’oublie pas… Tant pis si je ne me souviens plus du passé. Je ne peux pas lutter contre ça mais par pitié, ne m’oublie pas. Tant que je continuerai d’exister dans ton cœur, je sais que ma vie aura eu un sens. »

Il regarda brièvement son père, le visage criblé de larmes. Ses yeux émeraude brillaient de panique, il avait peur. Peut-être était-ce leur dernière conversation de père à fils, qui sait ?
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James Potter

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MessageSujet: Re: Il attend que le monde change    Mar 22 Mar - 1:02

James en voulait à Harry. Il lui en voulait de le traiter comme un camarade alors qu'il traitait Sirius comme un membre de sa famille. Il lui en voulait de considérer son meilleur ami comme son père. Il en voulait aussi à Sirius, de ne pas remarquer que ça le blessait. De ne rien changer à cette situation. Et il s'en voulait d'être en colère contre ces deux personnes. Il s'en voulait d'avoir rejeté Harry au début... Tout aurait été si différent s'il avait simplement pu l'accepter comme son fils et agir comme un père. Aujourd'hui, ses relations avec le Voyageur du Temps étaient à la fois tendues et étranges. Il ne savait toujours pas très bien où ils en étaient tous les deux, ni quelle attitude il devait adopter avec son camarade. Bien sûr, tout allait mieux entre eux depuis Gringotts et leur duel de Quidditch, mais ce n'était toujours pas vraiment ça. Ils ne se confiaient rien, ils ne parlaient de rien, ils ne se côtoyaient jamais seuls à seuls. Ils prenaient toujours grand soin de ne se voir qu'en groupe, pour éviter les blancs et les moments de gêne. Ca n'aurait pas dû se passer comme ça. Il aurait dû être celui vers qui Harry se tournait pour avoir des conseils, pour obtenir du réconfort, ou simplement pour passer un bon moment. Il aurait dû être son modèle, celui qu'il admirait, celui à qui il voulait ressembler. Il aurait dû être celui à qui il confiait ses secrets. Mais cette personne là, c'était Sirius. James avait la sensation que son frangin lui avait volé son rôle de père, et que ni lui ni Harry n'étaient prêts à le lui rendre.

Voila pourquoi il avait été si sec dans ses paroles avec le Gryffondor. Voila pourquoi il était resté distant, et pourquoi il était entré directement dans le vif du sujet. Harry avait probablement très envie de retourner voir Sirius et avoir une véritable conversation à coeur ouvert avec lui, donc il n'allait pas non plus le retenir. Mais il avait des questions à poser, et il entendait bien obtenir des réponses. Tant pis si ça ne plaisait pas à son camarade ou si ça le mettait mal à l'aise. Leur relation ne donnait rien de toute façon, alors pourquoi s'en faire si ça mettait une nouvelle distance entre eux ? James n'avait rien à perdre, et certainement pas Harry. Il avait posé sa question de façon innocente, mais il n'en attendait pas une réponse sincère.

Appuyé contre la fenêtre, le Maraudeur observait son fils en silence, et son air fermé disparu au fur et à mesure de ses paroles. Harry n'avait pas voulu lui en parler parce qu'il était perdu, et qu'il avait terriblement peur. Pas parce qu'il ne lui faisait pas confiance ou parce qu'il ne voulait pas partager ce genre de choses avec lui. James se sentit soudainement bien stupide d'avoir agi de cette façon avec son fils, sans imaginer une seule seconde ce qu'il pouvait ressentir par rapport à tout ça. Comme toujours, il n'avait pensé qu'à lui, lui foutu égoïste qui cherchait toujours à faire tourner le monde autour de son nombril. Et maintenant, maintenant il devait affronter les vérités que lui assénait Harry, il devait affrontait son ton mal assuré et ses larmes. Droit comme un i, incapable du moindre son ou du moindre geste, James regardait son fils se confier à lui comme jamais il ne l'avait fait auparavant. Il le regardait pleurer, serrer ses bras autour de sa poitrine dans une maigre tentative de réconfort... Ses mots résonnaient dans son esprit, moins choquants cependant que ces larmes qu'il voyait couler sans interruption. La seule phrase qui tournait en boucle dans la tête de notre Maraudeur était celle que Harry ne cessait de répéter : Ne m'oublie pas.

Comme une supplique, le Gryffondor ne cessait de demander à son père de ne jamais l'effacer de sa mémoire. De toujours se rappeler de qui il était, même si lui-même oubliait. Le coeur de James tomba dans ses talons lorsque Harry ajouta "Mais si toi tu m'oublies, finalement, pour qui aurais-je existé" ? Cornedrue n'aurait jamais imaginé être aussi important aux yeux de son fils, qui montrait beaucoup plus d'affection à Sirius qu'à quiconque d'autre. Pourtant aujourd'hui, c'était lui que Harry suppliait de ne pas oublier, répétant encore et encore que si Sirius perdait la mémoire, ce n'était pas si grave. James dévisageait son camarade en silence tandis qu'il parlait, essayant de faire le tri dans ses propres émotions et d'enregistrer tout ce qu'on lui confiait. Jamais il n'avait pensé que Harry puisse être aussi perdu et terrifié de ce qui était en train de lui arriver. Jamais il n'avait pensé que ces pertes de mémoire atteignaient autant son fils. Evidemment, il se doutait que son camarade n'était pas au sommet de sa forme, et que perdre ses souvenirs devait lui peser, mais de là à le paniquer autant ?

Tandis que Harry finissait sa tirade, les yeux du père et du fils se croisèrent brièvement. Ils n'avaient jamais été proches, et ne le seraient probablement jamais complètement. Jamais James n'avait eu le cran de se comporter comme un père, et jamais Harry ne lui avait donné de véritable chance de se racheter. Au lieu de cela, il l'avait remplacé par Sirius, et James avait accumulé de l'amertume envers eux deux. Mais pas une seule seconde il n'hésita sur la marche à suivre, cette fois. En deux enjambées, il réduit la distance entre son fils et lui à néant, et le prit dans ses bras. Ce n'était naturel pour aucun d'entre eux, pourtant James étouffa sa gêne et serra Harry contre son coeur. Il prenait rarement les gens dans ses bras, il n'était pas le mec tout désigné pour réconforter. Il ne savait pas s'y prendre, il paniquait, bredouillait, et finissait généralement par faire une bourde. La plupart du temps, il utilisait l'humour pour remonter le moral des gens, mais cette fois il savait que ce n'était pas la tactique à utiliser. Harry n'avait certainement pas besoin que son père lui donne l'impression de prendre tout ça à la légère. Sans desserrer son étreinte, le Maraudeur prit la parole.

-Je te promets de jamais t'oublier, Harry. Je te promets de jamais oublier que tu es mon fils. Peu importe ce qu'il se passera, peu importe les souvenirs que tu perdras encore, je resterai toujours ton père. Le futur a changé, celui d'où tu viens n'existe plus... Et pour cette raison, ta mémoire se modifie. Tu oublies peu à peu ce qui a fait ta vie... Mais moi pas. J'ai des réponses aux questions que tu te poses, je sais qui tu étais et qui sont ceux qui sont venus avec toi. Je sais pourquoi vous êtes là, je sais chez qui tu as vécu. Tu m'as raconté tout ça, et moi je n'ai aucune raison d'oublier. Ni tous tes secrets, ni tous tes souvenirs, ni toi.


Il marqua une pause, et relâcha son camarade. Il n'était pas certain d'user des bons mots, il n'était pas certain d'être d'une quelconque utilité. Mais il faisait de son mieux, il prenait ses responsabilités et assumait son rôle, pour une fois. Et même s'il était peut-être maladroit, même s'il n'était peut-être pas d'un grand réconfort, il était là. Et il resterait tant que Harry voudrait de lui. Certes, il était un piètre consolateur, mais au moins il avait le mérite d'être toujours là quand on avait besoin de lui. Il ne prenait jamais la fuite face aux confidences des autres (excepté lorsque Harry lui avait confié son secret...). Les mains sur les épaules de son fils, le Maraudeur planta son regard dans le sien.

-Je sais que j'ai jamais vraiment été là pour toi, que j'ai réagi comme un idiot quand tu m'as dit qui tu étais. Je sais que j'ai vraiment pas assuré, tout ce temps. Je suis certainement pas le père que tu avais espéré, ni même celui que tu avais imaginé. Et je le regrette. Mais quoi qu'il en soit, tu es mon fils. Et tu le seras toujours. Même si tu oublies, je te promets que je ne le ferais pas. Je suis là, d'accord, et je le resterai tant que tu le voudras. Même si tu ne vois en moi qu'un camarade, même si tu n'as plus la moindre idée de qui je peux bien être... Peu importe ce que sera notre relation, moi je saurai toujours qui tu es, et je serai toujours là.


[Désolée pour le retard et pour cette réponse qui n'est pas top... ]







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