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Fondateur↯  Cible officiel des mauvais sorts
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Torben Badenov

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MessageSujet: Remuer les souvenirs...[PV Ciella]   Lun 30 Nov - 9:39

    Le sang battait dans mes tempes. Une douleur sourde me comprimait l'abdomen, et je sentais la sueur glacée couler sur mon front. De la fumée d'encens stagnait dans la pièce qui était ma chambre. Je me sentais malade, fébrile. Mes yeux me faisaient mal, je les gardais mi clos, tandis que ma main portait mon verre à mes lèvres. Je me trouvais au dessus du Chaudron Baveur, dans la chambre que Tom me louait depuis quelques mois maintenant. Mais en même temps, je me sentais loin, tellement loin... Finissant mon verre, je revoyais devant mes yeux se jouer l'épisode de Devchek. Le passé reprenait forme, encouragé par mon alcoolisme et la fièvre qui me consumait. Je revoyais l'horreur de nos actions...


    .....


    Il faisait nuit. Le campement des goules avait brûlé. Pendant un jour et une nuit, nous ne nous étions pas arretés. Maintenant, il fallait traquer les monstres qui avaient survécut. Nous les entendions geindre dans les bois. Emportés par une fureur vengeresse, nous étions sur leurs talons, et les poursuivions pour en finir avec la menace. Gabriele Dante, le frère de la fille que j'avais connu à Poudlard, dirigeait son groupe de chasseurs. Nous rabattions les bêtes vers eux, le piège se refermait. Lorsque les bêtes se jetèrent sur l'autre groupe, les bois furent illuminés de rouge tandis que le groupe lançait sorts sur sorts. Les hurlements de détresse des créatures résonnaient en échos, tandis que les cris d'alerte des chasseurs parvenaient à grand peine de couvrir les premiers. Les bruits de la bataille s'élevaient dans la forêt, et nous fûmes de la partie. Tout n'était que sang, cris et larmes. Je stupéfixais une monstrueuse goule à l'air paniqué, puis l'achevais en répandant son sang dans les fougères. Une autre me sauta dessus, et ses mâchoires se préparaient à se refermer sur ma gorge. Un éclair rouge frappa le front de la bête, m'éclaboussant de son sang. Gabriele se tenait deux mètres plus loin, et je le remerciais d'un signe de tête.


    Une bête lui fonça dessus. Il roula avec elle au sol. Grognant et jurant, je me relevais le plus rapidement possible en entendant les hurlements du jeune italien. Je ne m'étais jamais interrogé sur ses motivations, qu'est ce qu'un italien foutait dans une guerre de territoires entre hommes et bêtes en moldavie? Je ne le savais pas, mais j'avais promis à sa soeur de le ramener en vie, et il venait de sauver la mienne. Tendant ma baguette dans la direction des deux corps se rouant mutuellement de coups, je vis avec horreur que Gabriele avait déjà été mordu deux fois, une fois à l'épaule, et une fois sur l'avant bras. Son visage était constellé de tâches de sang. Son sang, qui s'échappait à gros bouillons de ses plaies profondes. Jurant, je baissais ma baguette en fonçant sur la bête. Gabriele hurlait de peur et de terreur en se débattant, mais il bougeait tant que je ne pouvais le libérer d'un sort. Bousculant la goule, je la frappais à plusieurs reprises, avant de lui faire lâcher prise d'un Doloris bien sentit. Je ne me rendais même pas compte que j'usais de magie noire pa pur désir de vengeance, et par haine de mon ennemi. Me relevant couvert de sang, de terre et de brindilles, je me penchais vers Gabriele. Perdant son sang, griffé et mordu, il hurlait de douleur.


    La guerre n'était pas finie...



    .....


    Buvant une nouvelle gorgée, je me forçais à avaler l'alcool âcre que j'avais acquis le matin même. Chassant ces souvenirs, je savais que je devais me préparer. Ciella Dante se ramenait ce soir. Ce matin, ou hier, je ne savais plus, j'avais reçu un courrier de sa part, pour venir me rendre visite afin de parler de son frère. Elle devait sans doute m'en vouloir que s'en frère s'en soit sortit abîmé physiquement et psychologiquement. N'empêche, il respirait toujours non? On avait tous pris des coups. Tous. Entendant toquer à la porte, je reposais la bouteille, avant d'aller ouvrir la porte. Il ne pouvait s'agir que d'elle, je n'attendais personne d'autre. Ouvrant la porte, je me passais une main dans les cheveux. Ma chambre était toute retournée, j'avais de l'alcool dans le sang et moins de trois heures de sommeil dans le coltard. Ciella pouvait rentrer, j'étais paré.


    | Salut, ma belle. Je crois que tu voulais causer. Vas y entres, et installes toi. |


    L'invitant à s'asseoir sur l'un des deux sièges, je m'asseyais en face d'elle. Je lui servais un verre et m'en remplissait un nouveau.


    | Alors, qu'est ce que tu voulais savoir? |

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MessageSujet: Re: Remuer les souvenirs...[PV Ciella]   Mar 1 Déc - 21:12


« Avant moi ne furent créées nulles choses,
sauf les éternelles, et éternellement je dure :
vous qui entrez, laissez toute espérance ! »


Dante, l'Enfer



      « …Oui, et te souviens tu d’Oncle Melvin ? »
      « Oh, ton oncle Médicomage reconnut mondialement, et qui est récemment revenu de Moldavie ? »
      « …Et bien, il me racontait ses souvenirs de voyages. Figures toi qu’il a essayé de sauver un jeune homme qui s’était fait mordre à plusieurs reprises par des goules. Il m’a dit qu’il hurlait à la mort tant les dents de la goule s’étaient enfoncées dans sa chair, bref, je te passe les détails… »
      « Mon Dieu, c’est horrible ! Je plains la famille… Il s’en est sortit ? »
      « Hélas, Oncle Melvin a fait tout ce qu’il pouvait, mais ce n’était pas suffisant. Mais le meilleur reste à venir : mon oncle m’a dit que ce soldat n’était pas un Moldave, mais un étranger. Il m’a dit qu’il l’avait reconnut grâce au tatouage qu’il portait sur sa peau. Un étoile filante, le signe des Dante, tu sais, l’influente famille italienne de sang pur… En parlant du loup, se ne serait pas une de leur héritière, là bas ? »
      « Si ! La pauvre, avoir perdu son frère si jeune… Quoique, elle n’a jamais aimé personne outre elle-même, alors, ça ne doit pas la changer de d’habitude, non ? »

    Ces filles se trompaient. Ces filles avaient tord, il n’était pas mort. Il n’était pas mort. Dieu, il n’était pas mort. Elle le savait, l’aurait sut, sentit… Impossible. Elle se leva précipitamment, et quitta le plus vite possible ce café chic Londonien. Entendre les commérages de ces filles à papa lui était insupportable. Elle se fichait bien de ce qu’on pouvait raconter sur elle. Son attitude froide et peu bavarde l’a faisait passer pour une prétentieuse, mais affirmer qu’elle n’aimait qu’elle-même était faux. Gabriele, lui, savait qui elle était. Il l’a connaissait aussi bien qu’elle pouvait le faire en retour. Il était l’une des rares personnes qu’elle aimait plus que tout. Son frère, son sang, sa famille. Etant le plus jeune des fils des Dante, ils s’étaient très liés dès l’enfance, et, il était le seul homme à Florence qui pouvait encore se vanter de la prendre dans ses bras sans arrières pensées et dormir à ses côtés lors de ses nuits de cauchemars. Contrairement à ses aînés, Gabriele était le seul qui avait hérité de leur mère, Allegra. Il avait le physique et l’âme d’un ange, si bien que même Ciella s’était demandée pourquoi on l’avait envoyé combattre en Moldavie. Gabriele était un philosophe, une de ces personnes qui restent cachées derrière des tonnes de bouquins. C’était, comme qui dirait, l’intellectuel de la famille, malgré que les talents d’Integra ne soient pas reconnus étant donné qu’elle était une femme. Il n’était pas mort, c’était tout bonnement impossible. La jeune femme s’arrêta dans sa course, à bout de souffle. On ne lui avait pas enlevé Gabriele, Torben lui l’avait promit. Elle marcha à l’aveugle dans les ruelles de Londres, sentant les larmes glisser sur ses joues. A vrai dire, elle n’avait pas eu de nouvelle de son frère, Gabriele. S’il était toujours vivant, sans doute avait-il préféré écrire à sa famille plutôt qu’à elle. Mais dans ce cas, pourquoi ce silence de la part des siens ? Si accoutumée à entendre Lorenzo déverser sa bile contre elle pour le retard qu’elle prenait dans ses lettres, ou encore dans ses études à cause de la fichue mission que lui avait donné de Seigneur des Ténèbres. Pourquoi aurait-elle joint sa famille ? Lorenzo l’aurait forcé à revenir sur le champ en Italie, alors il valait mieux pour elle qu’elle se fasse oublier quelques temps. Elle n’était pas comme sa sœur Integra ; elle ne disait certainement pas « amen » à tous les désirs de ses parents. Non, Ciella était une personne bien différente, sans doute trop sauvage et libérée pour être mariée de force à un homme qu’elle n’aimerait jamais. Ce n’était pas le genre de femme qu’on casait de bras en bras sans se soucier de son bonheur. Disons simplement que l’italienne avait d’autres projets, que de se lier à quelqu’un âgée seulement de dix-huit ans. Elle sécha ses larmes, ne voulant pas qu’on prenne cela pour une faiblesse. Tout en avançant vers sa destination, elle resserra les pans de son manteau de velours contre elle. La jeune femme avait toujours détesté la pluie, et plus encore que ses vêtements humides se collent à elle. « santa Maria, madre de Dio, prega por noi peccatori, adesso e nell’ora della nostra morte » récitat-elle comme une enfant, à voix basse, alors que le serveur lui désignait les escaliers à emprunter pour monter à l’étage. La belle ne se fit pas plus longtemps désirée. Après avoir remit ses boucles blondes convenablement et s’être assurée que ses yeux glacials étaient bien secs, elle s’autorisa à frapper quelques coups sur la porte. Ledit Torben ne tarda pas à lui ouvrir, sans doute plus éméché qu'à l'ordinaire. « Salut, ma belle. Je crois que tu voulais causer. Vas y entres, et installes toi. » Pas de bonjour, juste un vague signe de tête, lui faisant comprendre qu'elle n'était pas d'humeur. En entrant, son regard argenté se posa sur la minuscule chambre de son hôte. Piètre, désordonnée, la médiocrité de la pièce lui froncer le nez en signe de dégoût profond. Comment pouvait-on vivre dans de telles conditions ? Elle avança de sa démarche légère, ses hauts talons claquants sur le parquet. Il l'invita à s'assoir, et lui servit un verre d'eau. Le visage de l'italienne restait de marbre, comme une celui d'une poupée qu'on aurait conservé dans un étau de glace. « Alors, qu'est ce que tu voulais savoir? » Pour la première fois depuis quelques minutes, elle posa véritablement son regard argenté sur lui, et attendit quelques secondes avant de lui répondre. « Est-ce que c’est vrai ? » Dit-elle d’une voix plus tendu qu’elle ne l’aurait voulu, presque chevrotante. « Est-ce qu’il est mort ? » Avant qu’il ne puisse faire quoique se soit, elle lui intima de se taire d’un geste vif de la main, retira son manteau trempé, ainsi que ses gants de cuir, et les posa sur la chaise. Elle récita quelques paroles latines, puis se tourna de nouveau vers son hôte. « Par l’Ange, Torben, je te jure que s’il lui est arrivé quelque chose, je t’arrache les yeux et les fais manger à mes hydres. » Son regard en disait long sur ses intentions, et, tout le monde savait qu’un Italien ne plaisantait jamais avec la parole d’honneur. Elle n'avait même pas eut besoin de dire le motif de sa visite, Torben savait parfaitement -a moins que l'alcool ne lui fasse perdre la mémoire?- qu'il était le seul lien qui le rattachait à Gabriele, hormis sa famille qu'elle ne pouvait pas contacter pour le moment. Alla s'assit, avant que l'extrémité de son doigt alla nerveusement lisser le rebord du verre d'eau. Elle avait la gorge trop serrée pour boire quoique se soit. L'attente était insupportable. Si ce qu'avait affirmé cette fille à papa dans ce café Londonien s'avérait exacte, elle savait qu'elle ne s'en remettrait jamais. Jamais. « Je veux savoir s’il lui est arrivé quoique se soit en Moldavie… Je veux savoir s’il a souffert, s’il a été courageux. Je ne veux pas entendre dire que mon frère est un héro de guerre, pour sauver l’honneur de ma famille ou encore pour qu’ils se réjouissent de la mort de Gabriele. Je veux la vérité. Je veux savoir si tu as tenu ta promesse de me le ramener sain et sauf. » Elle leva les yeux vers le jeune homme, attendant une réaction quelconque de sa part.


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MessageSujet: Re: Remuer les souvenirs...[PV Ciella]   Mer 2 Déc - 11:53

    J'aurais dû me douter que je n'y aurais pas coupé. En même temps, il était bien étrange que de me dire que j'avais dû veiller sur un type qui avait à peu près mon âge, qui était bien plus riche et bien mieux né que moi. Un Dante. Gabriele n'avait jamais beaucoup causé sur sa famille. Son espèce de flegmatisme aristocratique l'avait un temps empêché de se mêler à la troupe, mais l'intensité et l'horreur de ce que nous avions vécut l'avait finalement incité à se socialiser. Je l'avais prévenu de la lettre de sa soeur, et il s'était tout d'abord sentit lésé de l'attention de Ciella, puis s'était muré dans un silence gêné. Sans doute que ça avait dû le froisser que de savoir que sa propre soeur n'avait pas confiance en son talent à survivre et à se débrouiller dans ce qu'il pensait être une guerre glorieuse et rapide. Ca n'avait rien eu de glorieux, et pour ceux qui comme nous s'étaient enfoncés dans les bois, ça n'avait rien eu de rapide. Pourquoi avais je promis à cette fille que je ferais attention à son frère? Dans ce genre d'endroit, c'était quand même bien improbable que de parvenir à se préoccuper de quoi que ce soit d'autre que de notre propre personne. Ciella était donc rentré comme une tempête dans ma chambre, et je sentais son impatience, son mécontentement, et quelque part, sa détresse. Sans doute se serait elle attendue à ce que son frangin ne lui revienne rapidement, sans meurtrissure. Raté.


    Le mince visage de l'italienne se dirigea finalement vers moi tandis qu'elle dédaignait le verre d'alcool que je lui avais servit. Tant pis pour elle, mais je ne me risquais pas à l'engloutir moi même, car je savais que si elle voulait la vérité, alors elle en aurait sans doute elle même bien besoin. Elle me pressa alors de questions, elle voulait savoir ce qu'il s'était passé, si son frère était mort. Mort? Ben elle avait pas lu les journaux? S'il serait mort, elle l'aurait su, la guerre était finie depuis un bon mois et demi, et chaque famille sinistrée avait reçu un courrier officiel du conseil des anciens Moldave. Alors que je me préparais à répondre à cette « lady » italienne, celle ci me fit un signe d'impatience qui m'intima l'ordre de me taire. Tempérant, je portais mon verre à mes lèvres afin d'engloutir une nouvelle gorgée de boisson avant que n'intervienne l'orage, qui, je le sentais, n'allait pas tarder à éclater. Me rasseyant confortablement au fond de ma chaise, je faisais signe à Ciella de s'asseoir, alors que celle ci se dessapait. Elle m'intima ensuite une menace qui me fit bien rire intérieurement. Buvant une nouvelle gorgée d'alcool, je reportais mon attention sur ce que je devais dire.



    | Non, il est pas mort. Il est pas beau à voir, mais il respire toujours. Ta famille aurait été prévenue s'il serait décédé, et j'ai renseigné mon adresse aussi sur la fiche de renseignement de l'hopital. J'ai pas reçu de courrier m'indiquant que Gabriele avait finit par claquer. |


    Bon ok, on pouvait pas dire que je prenais des pincettes, mais cela faisait longtemps maintenant que je ne me souciais plus de ma popularité, et que je me fichais bien de froisser l'orgueil des gens que je rencontrais. Ensuite, je l'entendais déclamer ses attentes, et je sentais que finalement, j'aurais bien à aller farfouiller dans tous ces putains de souvenirs que je tentais d'oublier depuis deux mois, pour pouvoir lui donner le fin mot de l'histoire. Pouvais je dire pour autant que cela me déplaisait? Mon plonger dans ce passé terrifiant me ferait peut être un peu de bien. Et puis, depuis que j'avais appris les meurtres que j'avais commis, on ne pouvait pas dire que j'étais particulièrement enclin à considérer mes actions en Moldavie comme profondément écoeurantes. J'avais fait pire, de toute évidence, que de mettre le feu à ces villages de bêtes.


    | Eh bien, disons que... Je te le ramènes sauf. Par contre, sain... Je sais pas. Je peux rien te garantir, il avait l'air plutôt atteint la dernière fois que je l'ai vu. Mais tu veux que je te racontes ce qu'on a fait là bas? Ok, je vais te le raconter... |


    Je me resservais un verre. J'en aurais besoin. Tous ces souvenirs remontaient à la surface de ma mémoire en vagues successives, douloureuses. Je me levais ensuite pour me caler face à la fenêtre. Je ne regardais aps Ciella tandis que je commençais mon récit.


    | Ton frère a été rudement amoché. C'était à la fin de la guerre. On était dans les bois à quelques kilomètres au sud de mon village natal, détruit depuis un an et demi. La nuit précédente, on a détruit le repaire d'un clan de goules. On a tout brûlé, avec les habitants dedans. C'était terrible et magnifique comme spectacle, on était convaincu de venger les habitants de Kalkov, un village sorcier exterminé trois jours plus tôt. On les a massacré, mais certains ont pu s'échapper de cet enfer. On a formé deux groupes. Le mien était chargé de rabattre les survivants la nuit suivante sur une partie de la forêt où le groupe de Gabriele leur tendrait une embuscade. Tout a bien fonctionné. On les a toutes tuées. J'ai faillit être tué, mais ton frère était là. Juste après, àa a été son tour de se faire attaquer. J'ai pu intervenir juste à temps pour le tirer de là, mais il était déjà bien amoché... |


    Relater ces évènements restait terriblement pénible, difficile. Je sentais mon coeur se contracter douloureusement, comme s'il était enfermé dans une cage de fer. Je ressentais de vieilles douleurs revenir, et j'entendais à nouveau les bruits de la forêt, du combat, du massacre. Je n'avais pas fait preuve de la moindre once de compassion ou de pitié dans le ton que j'employais lorsque je relatais les évènements de ces nuits. Je restais impassible; on avait fait notre boulot, c'est tout. Me souvenant de la gueule de Gabriele quand la goule qui l'attaquait fut tuée, je sentais mesdoigts se crisper autour de mon verre.


    | Après avoir tué la bête, j'ai conduit ton frère à notre antenne de secours. Son visage portait de profondes plaies dûes aux griffes du monstre. Il avait été mordu à l'épaule droite et sur les avant bras quand il tentait de se défendre. Il était dans un sale état, cette saleté lui avait arraché pas mal de chair... Mais les médecins ont pu arrêter l'hémorragie, et il est resté longtemps entre la vie et la mort. Aujourd'hui, il guérit lentement, mais les infections que lui a refilé la goule l'ont presque tué à plusieurs reprises. Que je sache, il se remet à l'heure actuelle. Il reste trop faible pour marcher mais il peut s'asseoir, parler, et manger seul. |

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MessageSujet: Re: Remuer les souvenirs...[PV Ciella]   Mer 17 Mar - 13:45





    Son doigt continua de tracer quelques sillons invisibles sur le verre que le Moldave avait daigné lui servir. Sa lèvre retroussée traduisait, non sans gêne, le doute qu’elle avait sur la propreté du verre. On avait toujours reproché à l’héritière d’être trop précieuse, et Ciella n’avait jamais démenti ce défaut. Levant les yeux vers Torben, l’italienne nota qu’il s’était assit face à elle, et l’a fixait depuis quelques minute. Était-ce mauvais signe ? Ce Moldave serait donc si cruel pour ne pas lui annoncer la mort de ce frère qu’elle n’avait pas vu depuis si longtemps déjà ? Elle perdait patience, à mesure que le jeune homme buvait son alcool à petite gorgée, comme s'il aimait la voir si peu maîtresse d'elle-même et de ses émotions. « Non, il est pas mort. » Finit-il par déclarer, alors que les ongles assassins de la belle, crissaient sur le verre. Ce bruit aigu et désagréable ne sembla pas perturber le moldave qui continua sur sa lancée.« Il est pas beau à voir, mais il respire toujours. Ta famille aurait été prévenue s'il était décédé, et j'ai renseigné mon adresse aussi sur la fiche de renseignement de l'hôpital. Je n’ai pas reçu de courrier m'indiquant que Gabriele avait finit par claquer » Ciella s’autorisa quelques secondes supplémentaire pour analyser le flot d’informations que lui délivrait Torben. Elle sentit son cœur s’emballer, à tel point qu’elle sourcilla presque sous cette douleur inconnue. « Santa Maria madre de Dio ! » s’exclama-t-elle à voix basse, alors qu’elle traçait presque inconsciemment le signe de croix sur sa poitrine. Ce n’est qu’alors qu’une larme, fermement emprisonnée dans l’océan de métal liquide de ses yeux, osa s’échapper, et consumer sa courte vie sur la joue de porcelaine de la belle. Une larme, une seule, osa percer la barrière de son âme, prouvant ainsi que cette héritière n’avait pas le cœur aussi froid qu’on le prétendait. La peur, puis le soulagement. L'immense soulagement de savoir que le précieux de son frère battait toujours, qu'elle aurait su s'il lui était arrivé quoique ce soit. Elle balaya d'un revers de main cette déplaisante petite larme qu'elle n'aurait voulu pour rien au monde montrer devant quelqu'un, le rôle de la petite garce lui convenant parfaitement. Relevant lentement sa tête vers le jeune homme, elle lui intima de poursuivre, sans même prendre garde aux dénominations qu'il employais pour désigner son frère, expressions du bas peuple. Grabriele n’était pas n’importe qui. Un homme respectable, un spirituel défendant des valeurs qui méritait un peu plus de décence qu’un vulgaire « claquer ». Mais, elle laissa dire, abandonnant le Moldave à ses effroyables souvenirs. D’un côté, elle s’en voulu presque de demander une telle chose, à un homme qui voulait sans doute oublier toutes ces horreurs. D’un autre, Ciella voulait connaître l’Enfer qu’avait vécu son frère ces quelques derniers mois, peut-être dans l’espoir de l’aider à guérir un jour. Elle apporta pour la première fois depuis qu’elle était entrée dans cette chambre, le verre à ses lèvres, et délecta le liquide qui lui brûla la gorge. « Eh bien, disons que... Je te le ramène sauf. Par contre, sain... Je sais pas. Je peux rien te garantir, il avait l'air plutôt atteint la dernière fois que je l'ai vu. Mais tu veux que je te raconte ce qu'on a fait là bas? Ok, je vais te le raconter... » Elle n’en attendait pas moins, à vrai dire. Quel soulagement, après toutes ces nuits passées à s’inquiéter pour son frère, à songer à ce qu’il pouvait endurer là-bas. Toutes ces choses terribles auquel il avait du faire face. C'est vrai, elle ne s'était pas inquiété pour Torben, et, aucune once de culpabilité ne venait ombrager sa conscience. Elle avait toujours eut l'idée qu'il était animé d'un instinct de survie extraordinaire, ou tout du moins que cela était du à son comportement d'ivrogne si insolent et désinvolte qu'elle n'avait jamais réussit à supporter, même du temps ou ils étaient à Poudlard. Et puis, elle ne venait pas rendre à Torben une visite de courtoisie, et, même si parfaitement consciente qu'elle lui était redevable, Ciella dans son entêtement de petite fille gâtée pensant que tout le monde était à ses pieds, ne voulait aucunement lui montrer qu'elle lui devrait une faveur. Il se resservit un verre, puis se posta devant sa fenêtre. Pour la première fois depuis qu'elle était entrée dans cette pièce, elle fixa Torben avec une attention nouvelle, comme si finalement, lui aussi pouvait souffrir comme le commun des mortels. « Ton frère a été rudement amoché. C'était à la fin de la guerre. On était dans les bois à quelques kilomètres au sud de mon village natal, détruit depuis un an et demi. La nuit précédente, on a détruit le repaire d'un clan de goules. On a tout brûlé, avec les habitants dedans. C'était terrible et magnifique comme spectacle, on était convaincu de venger les habitants de Kalkov, un village sorcier exterminé trois jours plus tôt. On les a massacré, mais certains ont pu s'échapper de cet enfer. On a formé deux groupes. Le mien était chargé de rabattre les survivants la nuit suivante sur une partie de la forêt où le groupe de Gabriele leur tendrait une embuscade. Tout a bien fonctionné. On les a toutes tuées. J'ai faillit être tué, mais ton frère était là. Juste après, àa a été son tour de se faire attaquer. J'ai pu intervenir juste à temps pour le tirer de là, mais il était déjà bien amoché...  » Elle imagina non sans mal, la beauté sanglante des nouveaux paysages moldaves, l'odeur âcre de la mort enfumant les sous-bois, ou encore les cris de vengeance ou d'agonies de tous ces personnages œuvrant chacun pour des motivations différentes. Un vengeance, disait Torben, Gabriele lui ne se vengeait pas. Il défendait l'honneur perdu d'une famille trop encombrante qui n'avait souhaité que se débarrasser de lui. Un intellectuel, personne n'en avait besoin. A Florence, que deviendrait-il ? Trop naïf pour la politique, pas assez fort pour effectuer un cru de vigne. Non, Gabriele courbait l'échine devant une famille contrôlante. Etant le plus jeune des fils Dante, il ne devait qu'obéïr au deux autres. Elle se représenta alors son si beau frère perdu, ou peut-être désemparé dans ce décor si peu habituel, si loin de tous ses ouvrages de bibliothèque qu'il se plaisait tant à éplucher. Malgré tout, la curiosité de l'héritière s'emporta, et elle considéra avec une attention nouvelle le moldave. Il parlait d'un ton froid, comme si cela n'avait pas d'importance, et que le mal était guéri. Comme une besogne dont il s'était chargé comme d'une simple tâche à effectuer, sans aucune compassion.

    Tout en croisant ses jambes l'une sur l'autre, elle sirotait ce verre d'alcool qui commençait à lui faire tourner la tête. Pourtant, elle ne décrochait pas du récit de Torben, chacun de ses mots lui donnant l'envie de renforcer sa rancune envers lui, pour ne pas avoir protèger son frère comme il le lui avait promit. «Après avoir tué la bête, j'ai conduit ton frère à notre antenne de secours. Son visage portait de profondes plaies dûes aux griffes du monstre. Il avait été mordu à l'épaule droite et sur les avant bras quand il tentait de se défendre. Il était dans un sale état, cette saleté lui avait arraché pas mal de chair... Mais les médecins ont pu arrêter l'hémorragie, et il est resté longtemps entre la vie et la mort. Aujourd'hui, il guérit lentement, mais les infections que lui a refilé la goule l'ont presque tué à plusieurs reprises. Que je sache, il se remet à l'heure actuelle. Il reste trop faible pour marcher mais il peut s'asseoir, parler, et manger seul. » Ciella Dante ne connaissait pas la trahison. Du moins pas celle qui concernait son sens le plus abominable, celle qui vous déchirait les entrailles, allumant un feu pyromane pour ne laisser de vous que de vulgaires cendres. Cette déloyauté abominable qui vous faisait plonger dans un gouffre rempli de lave. Lugubre tombeau où l’on emprisonne vivant. Sombre abîme d’où vous voulez entraîner ces apostats qui ont osé vous briser. Torben lui avait promit de ramener son frère vivant, et tout du moins dans la meilleure santé possible, mais d'après la description qu'il faisait de Gabriele, c'était loin d'être le cas. Il savait pourtant qu'une parole, surtout pour les italiens traditionalistes tels que la famille Dante, était sacrée. Le fait que Torben est manqué à sa parole la plongeait -à moins ce que ne soit l'alcool?- dans une colère abominable. La rage qui déformait ses traits harmonieux lui donnait l'envie sanglante, de parvenir dans un élan de folie meurtrière, à lui faire payer cette trahison. Ne supportant pas qu’on puisse lui mentir, ou ne pas honorer une promesse en mettant la vie d'une autre personne en danger. «Et c'est ce que tu appelles me redonner mon frère vivant ? J’aime autant te prévenir Torben Badenov, …s’il arrive quoi que ce soit à Gabriele… Si il perd la vie… Que ce soit lié aux infections de ces goules de bas étage ou non, que tu sois impliqué de près ou de loin… Même si tu n’as strictement rien à voir là-dedans, je te jure que c’est toi que je tiendrais pourresponsable, et qui paieras. Je te promets une mort lente et douloureuse, Badenov. Médite bien là-dessus.» Se levant, elle poignarda les prunelles de son partenaire de boisson, soutenant son regard pour lui montrer à quel point elle était sérieuse. Lui rappelant que leur accord n’était en rien à sens unique, et que sa loyauté ne tenait qu’à son frère à présent allongé dans un lit d'hôpital. Sa main alla verser de nouveau le contenu de la bouteille dans son verre qu'elle but à coup sec, chose qui lui donna l'envie de s'assoir immédiatement avant de finir dans le décor. Pourtant, une fois encore la fierté de Ciella était plus forte que tout. Chancelante, elle alla se poster au niveau du moldave, le désignant de son index alors qu'elle peinait à rester droite sans vaciller. « Je te faisais confiance, Torben ! Et, ne prends pas ces menaces à la légère, tu sais à quel point j'en suis capable. Quand je pense que je me suis inquiétée jours et nuits... Tu t'es bien fichu de moi !»

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MessageSujet: Re: Remuer les souvenirs...[PV Ciella]   Lun 22 Mar - 20:51

[HS: je suis désolé de la qualité de mon rp; je n'arrive tout simplement pas à égaler le tiens! J'essaierais de mieux faire pour le prochain post]


    La jeune italienne semblait terriblement désemparée. J'aurais pu le comprendre. Je le comprenais même, d'une certaine façon. Et quelque part, j'aurais préféré ne pas assister à ça. Je ne savais pas du tout comment avaient réagit mes soeurs suite à mon départ; je savais juste que Krystel s'en était bien occupée, mais c'était tout ce que je savais. Avaient elles été aussi inquiètes que ça pour moi? Je ne le savais pas, et cela n'avait de toute manière pas beaucoup d'importance. Quoiqu'il aie pu se passer, je ferais tout pour mes soeurs, donc la question passait au second plan. Mais n'empêche, la détresse dont faisait preuve l'italienne.. Elle poussa même une exclamation dans sa langue, qui ne ressemblait à rien de ce que je connaissais. Ca y est... Elle était devenue folle! Elle traça le signe de croix symbolisant le culte des moldus sur sa poitrine, et semblait reprendre ses idées. Elle était quand même carrément bizarre cette fille, j'avais du mal à la comprendre. Pourquoi en faire tout un patacaisse? Son frère était vivant non? C'était toujours mieux que de s'être fait dévorer par des saloperies de goules voraces, non? Elle n'avait rien vu de ce qu'il s'était passé de là bas, et elle n'avait pas idée de ce que son frère avait dû traversé pour finalement attérir sur un lit d'hopital, en temps que blessé permanent.


    Je l'en laissais à ses émotions. Je ne me sentais pas forcément à l'aise dans les déballages de sentiments, de détresse et autres trucs de ce genre. Je ne voulais pas y prendre part, bien que je me fichais bien en être la cause. Faire souffrir un peu plus un peu moins une femme pourrie gâtée riche à outrance et qui s'en fiche de tout, sauf de son frère, je m'en fichais un peu. Entre mon alcoolisme, mes souvenirs et mes deux soeurs que je devais nourrir, j'avais d'autres choses en tête, et pas qu'un peu! Je lui avais cependant raconté ce que j'avais vu, et fait, dans mon pays. J'aurais bien aimé ne jamais avoir vu ces choses. En rêver la nuit, c'était difficile. Y penser le jour, c'était horrible. Y penser à chaque seconde qui passe était une torture. Plusieurs fois, j'avais faillit succomber au syndrome « Voldkov », c'est à dire tourner ma baguette contre moi même, et m'infliger un sortilège d'oubliettes si puissant que mes souvenirs disparaîtraient, et tout ce que je savais de ma vie avec. La bouteille m'aidait à contenir ces noires envies; on aurait pu croire que cela m'aurait aidé à franchir le cap, mais la vérité était toute autre; boire me permettait d'oublier, et de mieux supporter mes souvenirs et mes pensées. Du coup, je pensais moins à ma baguette salvatrice...


    L'italienne semblait fulminer. Elle devait m'en vouloir pour son aristocrate de frère. Une femelle en furie, ça allait, j'avais connu pire... Je pouvais comprendre sa rancoeur, mais c'était pas moi le responsable de l'état de son frangin. Les goules s'en fichaient de savoir qui elles chiquaient, et nombre de chasseurs noirs avaient perdu la vie. J'avais accomplit mon job, et plus encore même, quand on prêtait attention au contexte qui avait vu se dérouler toutes les actions en Moldavie. Et elle me fit des menaces, ce qui me fit partir d'un petit rire, alors que je me resservais un verre, pour commencer à en boire une gorgée.



    | Arrêtes ton char. Ton frère, il respire encore non? J'espère que t'es consciente quand même que y'a des tas de types qui s'en sont pas sortis? Ton frère, j'ai fait du mieux que j'ai pu, et si j'aurais raté mon coup, on serait morts tous les deux. Je peux pas te dire comment il est; j'ai pas eu le coeur à aller le voir. Mais j'ai fait ce que j'ai pu. Si ça te va pas, t'avais qu'à demander à tes chers frères de veiller sur lui... Ou t'engager à ses côtés! Alors viens pas me dire que j'ai pas fait mon boulot, que j'étais un lâche ou que j'ai pas fait ce qu'il fallait. J'ai fait des choses que toi tu pourrais jamais imaginer, alors me fais pas la leçon! C'est grâce à des types comme moi si ton frangin s'est pas fait bouffé! |


    Moi, je m'énervais? Mais non, la vodka parlait à ma place, ou ce que je pouvais picoler. Bon, pas grave. Après tout c'était elle qui faisait tout son foin chez moi. Je me fichais bien de la froisser


    | Et tu crois quoi, que j'vais m'pisser dessus si tu me dis que tu vas me tuer? Vous me faites marrer, vous autres les planqués.Tu crois peut être que c'était facile? Tu crois que se coucher le soir, dans les bois, en entendant les goules hurler au loin, c'est cool? Tu crois que je m'en suis pas pris plein la gueule? Tu veux me tuer? Vas y petite, essayes. D'autres ont essayé, et y sont presque parvenus. J'avoues que je suis même curieux de savoir comment tu t'y prendrais... Y'a rien qui me fait peur, là dedans... |


    Outch, j'étais bien amoché par l'alcool quand même moi hein! Boarf, j'avais l'habitude, et mon esprit ne calculait plus rien. Le plus drôle, c'est que je ponctuais mes paroles en caressant le visage de la jeune femme...


    | Rien de si terrible... |


    Mon regard se perdait dans le vague. Je retirais mes doigts du visage de Ciella. Je revoyais le visage d'une goule, assoiffée de sang. La mâchoire qui s'entrouve, révélant de véritables crocs. Le regard torve, inexpressif. Oui, Ciella était peut être dangereuse. Mais c'était toujours mieux que de se faire dévorer vivant, non?

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MessageSujet: Re: Remuer les souvenirs...[PV Ciella]   Dim 28 Mar - 16:38




    « Arrêtes ton char. Ton frère, il respire encore non? J'espère que t'es consciente quand même que y'a des tas de types qui s'en sont pas sortis? Ton frère, j'ai fait du mieux que j'ai pu, et si j'aurais raté mon coup, on serait morts tous les deux. Je peux pas te dire comment il est; j'ai pas eu le coeur à aller le voir. Mais j'ai fait ce que j'ai pu. Si ça te va pas, t'avais qu'à demander à tes chers frères de veiller sur lui... Ou t'engager à ses côtés! Alors viens pas me dire que j'ai pas fait mon boulot, que j'étais un lâche ou que j'ai pas fait ce qu'il fallait. J'ai fait des choses que toi tu pourrais jamais imaginer, alors me fais pas la leçon! C'est grâce à des types comme moi si ton frangin s'est pas fait bouffé! »

    La était toute la complexité du tempérament de Ciella. Elle avait conscience d’agir en toute mauvaise foie, à la manière d’une petite ‘gosse de riche’ égoïste et capricieuse. Mais la vérité était toute autre : elle se raccrochait à n’importe quoi pour ne pas sombrer définitivement, pour se sentir autrement qu’en ruines, même si pour cela elle devait entretenir une haine maladive envers le moldave si Gabriele l’abandonnait à son tour. Une haine qui effacerait tout, même l’amour, et qui la maintiendrait en vie par cette rage incendiaire qui s’épanouirait comme une plante vénéneuse dans son cœur. Torben ne comprenait pas. Non bien sûr, il ne pouvait pas comprendre et à vrai dire, elle ne pouvait pas le blâmer pour cela. Dans les débris de sa famille, il ne lui restait plus que Gabriele. Son père, agonisant dans son lit, sirotant toute la journée du vin pour oublier la mort de sa femme. Lorenzo, qui agissait déjà en maître sur le Domaine des Dante, et qui ne rêvait que de voir sa sœur au tempérament d’écorchée vive, domptée par un de ces héritiers primaires et violent d’Italie. Gabriele était son seul rempart, son seul protecteur. Torben avait connu la barbarie des combats, et cela n’ était en rien comparable à ce qu’elle pouvait vivre avec les siens. Pourtant, ils connaissaient tous deux la souffrance. Une souffrance qu’elle était incapable d’extérioriser autrement que par du cynisme ou de violentes crises de nerfs, sa fierté mise à rude épreuve.

    « A mes frères ? Ah ah, la belle affaire ! Ignores-tu que la famille est comme le lierre? Elle s’accroche à nous, parfois jusqu’à nous étouffer. Ce sont ces soit disant frères qui ont volontairement écarté Gabriele, profitant du malheur de mon père. Pourquoi crois-tu que j’aurais fait appel à toi, Torben ? Pour le simple plaisir de revoir ta tête d’ivrogne ?! Et ne me fais pas dire ce que je n’ai pas dit ! En aucun cas-tu es un lâche, je sais parfaitement ce que tu vaux ! »

    Ses prunelles d’acier poignardèrent celle du Moldave avec une telle rage qu’on pu se demander si elle allait obéir à ses pulsions meurtrières. Personnes à Londres ne connaissaient ses colères, tempêtes qui enflaient jusqu’à prendre des proportions terrifiantes, qui la faisaient rugir et casser tout ce qui se trouvait sur son passage. Jusqu’à présent, Torben n’avait jamais été l’objet d’un de ses excès de fureur, pourtant cette fois, elle avait besoin de se défouler sur lui. Colère, vives réprimandes. Elle l’avait bien cherché, au fond. Provocations faussement espiègles qui avaient fini par la perdre. Jeu puéril du ‘jusqu’à quand restera t’il impassible’. Elle l’avait souvent jalousé pour ça, ce calme à tout épreuve quand elle ne parvenait pas à rester placide plus de deux minutes d’affilées. Elle l’enviait de ne pas être aussi impulsif qu’elle, de parvenir à se contenir jusqu’à ce que la dernière des dernières limites ne s’effondre. Sachant aussi qu’elle était allée trop loin, cette fois. A quoi elle jouait ? Ce qu’elle cherchait ? Ciella se le demandait vraiment. Attitude presque aux antipodes de l’habituelle, situation dangereuse qui l’amenait à se comporter comme la pire des garces. Feu hypnotique dans lequel elle essayait de plonger sa main, se brûlant les doigts un à un, forcée de revoir ses ambitions à la baisse. Curiosité malsaine, petite fille s’aventurant à l’endroit précis qu’on lui avait recommandé d’éviter. Elle n’avait pu s’en empêcher, liquide vermeille et écarlate qui l’avait attirée diable seul sait pourquoi. Tentative peut être inconsciente de panser ses propres blessures, d’aspirer tout ce venin hors de lui. Envie inaltérable de lui prouver que malgré tous ses dires, rien chez lui ne la répugnait, qu’elle ne le voyait pas comme un meurtrier, qu’elle le comprenait, quelque part.

    « Et tu crois quoi, que j'vais m'pisser dessus si tu me dis que tu vas me tuer? Vous me faites marrer, vous autres les planqués. Tu crois peut être que c'était facile? Tu crois que se coucher le soir, dans les bois, en entendant les goules hurler au loin, c'est cool? Tu crois que je m'en suis pas pris plein la gueule? Tu veux me tuer? Vas y petite, essayes. D'autres ont essayé, et y sont presque parvenus. J'avoues que je suis même curieux de savoir comment tu t'y prendrais... Y'a rien qui me fait peur, là dedans... »

    « ’Planqués’ ? Parce que pour toi, c’est honorifique d’avoir fait la guerre ?! Tu crois que la vengeance t’apportera quelque chose ? Oh je t’en prie Torben, parle d’argent ou de putains mais ne parle pas d’honneur, tu ignores ce que c’est.  Et comment oses-tu dire une telle chose ?! Toi qui a survécu à la bataille, ou est donc passé ton instinct de survie ? Tu n’as donc aucun amour-propre pour ainsi te laisser aller, et à boire comme un trou du soir au matin ?! Oui, je te tuerai Torben, je te tuerai de mes propres mains parce que le seul frère qu’il me reste est allongé dans un lit d’hôpital qu’il ne quittera peut-être jamais, alors que toi, tu respires, tu marches, tu parles normalement, et tu t’apitoies sur toi-même ! Gabriele n’a pas eu ta chance, alors cesse ton petit égocentrisme, quitte ton petit monde fantaisiste et reviens à la réalité. »

    Remord atroce, poison écœurant qui venait s’insinuer dans les failles qui ébranlaient un myocarde en déroute. Incapable d’hurler à quel point elle s’en voulait de dire ces choses. Incapable de jouer les notes qui défilaient trop rapidement sur la partition qui risquait de prendre feu d’un instant à l’autre. Juste bonne à frapper comme une démente sur une batterie qui s’abîmerait bien trop rapidement pour pouvoir tenir jusqu’à la fin de cette folie grotesque. Ne jamais s’arrêter, ne jamais jouer la note fatidique… prière silencieuse qui glissait dans les veines de l‘italienne, de stopper ces cellules imbibées d‘alcool qui lui faisaient dire n‘importe quoi. Cette douleur dans sa poitrine, ce grondement sourd, ces intenses vibrations, ce rien et ce tout qui formaient l’essence même d’une vie humaine. Fondations qui permettaient de bâtir la sculpture sans qu’elle ne s’effondre, sur le point chez l’italienne de s‘affaisser d‘une seconde à l‘autre. Et pourtant, les caresses du moldave sur son visage ne l’affectaient en rien, ne lui donnaient pas cette occasion tant espérée de le haïr pour de bon. Non, elles ne lui donnaient que cette envie soudaine d’être plus proche de lui, de tester ses limites, maltraitant le jouet comme une petite fille avide de voir dans combien de temps il se briserait. Satané alcool qui lui faisait perdre la tête. Sa vision troublée, elle lui arracha des mains la bouteille s‘en saisissant par le goulot, en but quelques gorgées, avant d’en casser le tesson contre la table. Le verre brisé sinua sur sa peau diaphane quelques cicatrices sanguinolentes, mais l’héritière ne s’en soucia pas, trop obnubilée par le moldave, lui brandissant le col de la bouteille sous le nez.

    « Rien de si terrible… »

    Elle eut un petit rire entre deux hoquets, l’infâme liquide au bord des lèvres. Elle s’approcha du jeune homme, affichant son habituel sourire mielleux, pointant le bout du col brisé de la bouteille le plus coupant contre la gorge de Torben.

    « Et je ne suis pas petite. Que vas-tu faire maintenant ? »


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MessageSujet: Re: Remuer les souvenirs...[PV Ciella]   Mar 30 Mar - 14:46

[HJ; Quand on attaque Torben, Torben contre attaque! Comment ça il a aucune répartie le pauvre xD? Je t'ai aussi envoyé un mp pour la fin, que je peux changer si tu le désires ;p]


    Je reconnaissais volontiers que je n'avais pas beaucoup de tact, de patience et de savoir vivre durant cette rencontre. Comprenez bien que je me sentais plutôt paumé en ce moment, entre mon retour de guerre, mon éloignement avec mes soeurs, le chômage et l'alcoolisme. Et une femme que je connaissais à peine qui entrait chez moi comme une furie en me hurlant dessus et à me faire ressasser le passé, c'était plutôt moyen pour me tirer de l'espèce de torpeur dans laquelle je m'étais alors enfoncé. Difficile de prétendre que je pouvais tolérer autant de remue ménage, et surtout les paroles cruelles de l'italienne. Prétendre toutes ces choses et s'en prendre à moi de cette façon, ce n'était pas vraiment la meilleure des choses à faire par les temps qui courent. En fait, j'étais même plutôt décidé pour la foutre dehors. Je m'étais expliqué, cela ne lui suffisait pas, je n'avais pas à me justifier ou à me chercher des excuses. J'avais fait ce que j'avais promis de faire, en allant jusqu'aux limites de mon endurance, de ma patience, et de ma vie elle même. Si ça ne lui suffisait pas, elle n'avait qu'à avoir des remords quant au fait d'avoir laissé son frère partir seul en guerre, et ne pas me casser les pieds avec sa conscience qui la travaillait. J'estimais avoir suffisamment de problèmes en ce moment pour ne pas avoir à m'occuper en plus de cette fille déchaînée.


    Elle rit sans joie alors que je lui parlais de sa famille. Apparemment, elle n'avait personne sur qui comptait. Tant pis pour elle, jusque là, ce n'était pas mon problème. Oui, mes pensées étaient dures, cruelles même. Mais on ne pouvait pas dire que je sois non plus particulièrement patient ou philanthrope. Elle commença alors à me déblatérer ses malheurs. Je l'écoutais d'une oreille distraite, me reconcentrant sur mon verre d'alcool. Boire m'aider à apaiser mes pensées, et Merlin savait que j'en avais bien besoin à l'heure actuelle. Quoiqu'il en soit, je fronçais les sourcils en apprenant que les frères de Gabriel étaient les responsables de ce qui lui était arrivé. C'était eux qui l'avaient donc envoyé là bas? Mais ces fumiers avaient ils conscience de ce qu'ils avaient infligé à leur frère? En même temps, j'avais conscience d'avoir une fibre familiale particulièrement développée, mais jamais au grand jamais je n'aurais pu envoyer quelqu'un que j'aimais, ou en tous cas quelqu'un de mon propre sang, dans la gueule des goules. Ces bestioles étaient atroces, et réservaient un châtiment horrible, particulièrement horrible même, à ceux qu'elles prenaient vivants. Mieux valait mourir vite face à de tels monstres, ou mieux valait se liquider soi même quand tout était perdu. Ces pensées me ramenèrent plusieurs mois en arrière, mais je les rejetais très rapidement. Par contre, je tiquais tandis qu'elle m'insultait encore. J'allais finir par perdre mon calme, si elle continuait! Merde alors, j'étais chez moi non? Par contre, elle finit sans vraiment finir.



    | Vas jusqu'au fond de ta pensée, j't'en pries! Qu'est ce que je vaux, moi et ma gueule d'ivrogne? |


    Okay, là, j'étais vraiment en colère. Et qu'on ne me dise pas qu'elle ne l'avait pas cherché. Elle avait tout fait pour me foutre en rogne, pour me foutre la honte ou tout ce que vous voulez. D'autant plus que les paroles qui suivirent ne firent rien pour arranger mon humeur. Elle m'attaqua sur des points essentiels pour moi; la gloire, l'honneur et la vengeance. Elle ne savait rien de tous ces mots, et elle se complaisait dans une critique acerbe de ce que je recherchais, et de ce que j'avais accomplit. Pire, elle me critiqua directement sur ce que j'étais devenu selon elle. Ciella ne savait rien de la Moldavie, elle ne savait rien de la guerre, et que je sache, elle ne savait rien de la mort! Comment pouvait elle se permettre de me faire la leçon comme on la faisait à un gamin de cinq ans? Nan mais quoi, je vous le demande! Le pire fut sans doute quand elle m'accusa d'égoïsme. Une vie à venger des parents, à pourvoir aux besoins des ses soeurs sans jamais vraiment s'occuper de soi, c'était de l'égoïsme? Est ce qu'on pouvait me traité d'égoïste après tout ce que j'avais fait? J'éexplosais de fureur.


    | La vengeance m'a plus apporté que n'importe quelle autre chose en ce monde, alors fermes-la! Moi j'ignore ce que c'est que l'honneur? Et ta famille alors? Y'en a pas un pour rattraper l'autre! Parler, vous savez faire, mais protéger votre frère et le sortir de sa merde, ça, personne ne sait! Tu préfères que je parle de quoi? D'argent ou de putains? De l'argent, j'en ai et je m'en sers pas, et les putains, ça te regarde pas! Et tu sais ce qu'il te dis mon amour propre? Ma vie ne te concerne en rien, et ne te concernera jamais. J'ai toujours été et serais toujours seul maître de mon destin, peu importe où ça me conduira! Et si je te fais pitié, je vais te donner un scoop; j'en ai vraiment rien à foutre. T'es personne pour moi. T'es rien. T'es qu'une gosse de riche qui vient hurler parce qu'elle a pas été capable de protéger son frère. |


    Et paf! Je tremblais de fureur, et cela ne m'était plus arrivé depuis bien longtemps. Je ne sachais trop quoi dire, quoi faire, ou comment réagir. Inutile de vous préciser que j'étais au bord du point de rupture. Si j'écoutais cette partie de moi, la plus vile, la plus enfouie, alors je ferais chèrement payer à Ciella ses cruelles paroles et son attitude plus que désinvolte. J'avais envie de lui faire ravaler ses mots, de lui faire mal pour ses mots, ses insinuations. Je n'avais que faire que nous n'étions pas seuls dans la bâtiment. J'avais envie de la tuer. J'avais envie de la détruire. Pourtant, je ne faisais rien, et me contentais de trembler en me contenant. Si je cédais, j'allais exploser. J'avais encore un minimum de self control, et je l'utilisais. Elle prit la bouteille, sans réagir quand je la touchais sur le visage. Elle brisa la bouteille, et porta son tesson acéré contre ma gorge. Je relevais légèrement la tête, sans pour autant me reculer. Si on aurait pu évaluer le dégrés de haine qui m'habitait, j'aurais fait exploser tous les instruments de mesure. Elle me demanda alors ce que j'allais faire maintenant. Je la regardais d'un regard noir, et répondais à l'instinct, sans avoir pris le temps de réfléchir. J'y allais à l'instinct, comme à chaque fois que ma vie avait été menacée.


    Je repoussais violemment Ciella, et je lui écartais sa main tenant son arme improvisée, sans parvenir à la retirer. De l'autre main, je la giflais violemment. Puis, je me plaquais contre elle, la poussant violemment contre le mur. Je faisais pression contre son corps avec le mien, pour qu'elle soit un minimum entravée dans ses mouvements.



    A toi de me le dire. Qu'est ce que je dois faire de toi?

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MessageSujet: Re: Remuer les souvenirs...[PV Ciella]   Sam 19 Juin - 17:15



    « La vengeance m'a plus apporté que n'importe quelle autre chose en ce monde, alors fermes-la! Moi j'ignore ce que c'est que l'honneur? Et ta famille alors? Y'en a pas un pour rattraper l'autre! Parler, vous savez faire, mais protéger votre frère et le sortir de sa merde, ça, personne ne sait! Tu préfères que je parle de quoi? D'argent ou de putains? De l'argent, j'en ai et je m'en sers pas, et les putains, ça te regarde pas! Et tu sais ce qu'il te dis mon amour propre? Ma vie ne te concerne en rien, et ne te concernera jamais. J'ai toujours été et serais toujours seul maître de mon destin, peu importe où ça me conduira! Et si je te fais pitié, je vais te donner un scoop; j'en ai vraiment rien à foutre. T'es personne pour moi. T'es rien. T'es qu'une gosse de riche qui vient hurler parce qu'elle a pas été capable de protéger son frère. »

    Regrets insignifiants devant le nouveau flot de colère qui venait de s’échapper des lèves de Torben. Résultat causé par les sarcasmes et les accusations qu’elle n’avait eu de cesse de lui porter. Lueur de douleur qui persistait pourtant dans ses prunelles, traces à peine visible qui montrait que ces dernières paroles avaient réussit à le toucher. Une sourire élargie les lèvres de l’italienne en voyant le moldave trembler de fureur, tentant tant bien que mal de se contenir. C’était presque jouissant de savoir qu’elle était la cause d’un tel état d’énervement, qu’elle pouvait par le pouvoir de quelques mots le faire littéralement exploser. Cependant, s’il y avait bien une chose auquel Ciella ne s’était pas attendue, c’était bien que son jouet échappe à son contrôle. Elle avait crut qu’un tesson de bouteille aurait suffit à refroidir les ardeurs de son compagnon de boisson, mais elle s’était trompée. Ce fameux instinct de survie dont elle s’était moquée quelques minutes auparavant était revenu à la charge en moins d’une fraction de secondes, l’a déstabilisant. Puis la gifle, violente, lui avait fait tourné la tête avec une telle brutalité que ses boucles blondes avaient suivit le mouvement avec grâce avant de lui fouetter vicieusement le visage. Ciella comprit qu’elle était plaquée contre le mur, seulement quand ses esprits lui revinrent, comme si le temps s’était suspendu. La joue rougie, le souffle court, elle essaya de se défaire de l’emprise du moldave, sans grand succès.

    « Peu m’importe maintenant. Peu m’importe Torben que je ne sois rien pour toi, je suis humaine probablement plus que tu ne l’es, et je peux mettre des mots sur mes opinions si je le veux. Cela n’a pas d’importance que je sois chez toi ou chez quelqu’un d’autre. Je dirai toujours ce que je peux bien penser, figlio di buona madre, capisci ?! »

    Elle eut un petit rire léger, carillonnant, la joue encore rougie par le coup qu’il venait de lui donner, le souffle peut-être plus court et haletant qu’à l’ordinaire. Elle sentait la colère et la rage s’épanouir dans ton cœur comme une fleur vénéneuse, irradier le sang dans ses veines. Ses yeux céruléens le fixaient de façon incendiaire, flamboyant de son aura dévastatrice. Le pire, c’est qu’il lui avait presque semblé reconnaître Lorenzo dans les traits du jeune moldave. Cette fois de la faire taire lorsque quelque chose le contrariait, lorsqu’il n’avait pas envie de l’entendre. Comme une envie de la voir ramper, ravaler toute sa fierté, tous ses sarcasmes. Cette simple et impétueuse envie de voir ce petit bout de femme brisée, battue par tous les vents, rendre l’âme. Enfin.

    « A toi de me le dire. Qu'est ce que je dois faire de toi? »

    Le col de la bouteille dans sa main, elle inclina son poignet manière à tracer une coupure sur l'avant bras du jeune homme, malheureusement pas assez profonde pour le faire souffrir comme elle l'aurait souhaité. Elle leva ses yeux argentés à la lueur taquine vers lui, se délectant de voir la cicatrice sanguinolente qu’elle venait de tracer sur sa peau. Depuis quand redoutait-elle le danger, depuis quand avait-elle peur… du misérable indigent qu’était le moldave ? Elle ne se souvenait même plus comment ses pas avaient pu la porter jusque là, tant l’exacerbation se déversait en elle à une vitesse fulgurante.

    « Sérieusement, tu n’as rien trouvé de mieux Torben ? Il y a pourtant mieux que moi pour satisfaire ton sadisme de bas étage, non ? Tu es pitoyable. Tu l’as toujours été mais c’est de plus en plus flagrant. »

    Sa bouche vint meurtrir la sienne, lui insufflant ce profond dégoût chargé de ce désir abject qu’elle avait tant peiné à réprimer. Tentant de le distraire, de le faire lâcher prise pour qu’elle puisse ainsi se dégager de ce mur qui entravait ses mouvements et lui écrasait le dos. Elle sentit sa propre langue forcer la barrière de ses lèvres, mais elles ne se heurtèrent qu’à des dents tranchantes, refusant de se laisser entraîner dans cette duperie folle qu’elle tentait de mettre en œuvre. La froideur du mur vint une nouvelle fois violemment heurter sa nuque, et elle ne put retenir une grimace de douleur sous l’impact. Puis sans prévenir, le repoussant légèrement ou tout du moins, du mieux qu’elle pouvait, elle planta le taisson de verre déjà ensanglanté qu’elle n’avait jamais lâchée, dans son flanc, seule partie qu’elle pouvait oser espérer toucher sans que la force du moldave l’en empêche.

    «T’es content de toi Badenov ? Sérieusement, sur une échelle de un à dix, tu te sens comment ? Je suis curieuse de savoir qu’elle impression ça te fais là, tout de suite. Je pensais que tu valais mieux que ça. »

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MessageSujet: Re: Remuer les souvenirs...[PV Ciella]   Lun 28 Juin - 21:43

[HJ; La fin de mon rp est brutale et violente, alors n'hésites pas à te défendre et à en foutre plein la tronche à Torben, il l'a mérité c'tenfoiré!]


    Cette pauvre folle se nourrissait de ma colère autant qu'elle se nourrissait de la sienne. J'avais cru que la haine était ce qui me guidait dans la vie que j'avais choisie, mais je n'avais pas compris ce que cela incluait réellement. Ce n'était pas la haine qui me guidait. Ni même la colère. C'était la vengeance dans son état le plus pur. La haine, c'était le moteur des gens comme cette garce d'italienne. La haine, et le mépris. Elle se prenait pour quelque chose, celle là, et les autres ne devaient que servir ses desseins, ses penchants, ou se briser sous le talon de sa botte d'acier. Je n'étais pas du genre à me plier sous ce genre de choc. Je répondais, j'allais me battre jusqu'au bout, comme le fauve en cage que j'étais. Bien sûr, quand on y regardait de plus près à la situation, on pouvait se rendre compte à quel point la situation avait pu déraper. Rien n'était moins sûr que la suite que nous allions donner à notre discussion. Quand on pensait que tout cela était partit d'une simple explication... ma mère aurait sans doute attrapé des cheveux blancs rien qu'en voyant comment son fils se comportait. Ma mère n'était plus là, de toute façon. Je faisais ce que je voulais. La gifle était libératrice, et je l'appréciais pour ce qu'elle était; un acte de revanche, violent, mais pas gratuit. Je savais que la femme allait exiger paiement. Tout avait toujours fonctionné ainsi. Mais ma prise était solide, et se débattre n'était pas une option envisageable pour la jeune femme. J'éclatais d'un rire rauque, fièvreux, alors qu'elle me balançait sa vérité à la figure. Comme si elle avait tord... Je vins humer l'odeur de son cou, de sa chair, en remontant jusqu'à ses lèvres, un peu comme un prédateur prêt à savourer un plat particulièrement succulent. La guerre vous changeait un homme. Moi, elle ne m'avait pas fait changer. J'étais juste une creuvure un peu plus flagrante aujourd'hui.


    | Tu n'es pas plus humaine que moi, Ciella. Et tu ne le seras jamais. Nous sommes deux espèces de monstres différentes, et le seul point commun que nous ayons, c'est que nous sommes dangereux. Et qu'un jour ou l'autre, ou nous fera payer pour ce que nous avons fait. Dis ce que tu penses, pendant que tu as encore une langue... |


    Qu'est ce que j'étais en train de faire, sacré bon sang? Je ressentais cette chose au fond de moi, tirer toutes ses ramifications dans mon être. J'allais finir damné. Mort ou damné, je le sentais au plus profond de moi. J'étais quelqu'un de mauvais, et la conscience que j'avais de cet état de fait ne changeait pas grand chose à ce que j'étais en train de faire. Ciella était une menace, et j'agirais envers elle comme telle. Alors que je lui demandais son avis sur le sort que j'aurais à lui réserver, la jeune femme se saisit de nouveau de son tesson de bouteille, et me lacéra l'avant bras. Je supportais la douleur un instant, la comprimant plus fort contre le mur alors que je sentais mon sang chaud couler de mes plaies. Les mots de l'italienne auraient pu me frapper, me faire prendre conscience de ce que je faisais, du mal que j'embrassais peu à peu. Mais c'était tout l'inverse. J'étais, et je n'étais pas ce qu'elle disait.


    | La vérité te sautes aux yeux, semble t'il. Tu as raison. Il y a tellement mieux que toi. Sur tous les points, petite garce. Ce qui est surtout flagrant, c'est que je te suis supérieur quand je m'aventure sur ton terrain. Et tu le sais, c'est ça qui te rends aussi en colère. Savoir que je suis plus fort que toi à ce petit jeu te fais enrager. Et j'adore ça. |


    Elle essaya de m'embrasser, pour me divertir. Une seule femme aurait réussit à ce petit jeu là, et elle n'était pas Ciella. Je fermais résolument la bouche, et serrais els dents alors que je sentais sa détestable douceur, son abjecte fraîcheur, et son répugnant goût de framboise. Je ne me laissais pas faire. Ce n'était pas de sexe dont j'avais envie. Mais alors que je renforçais mon emprise sur la jeune femme, celle ci profita d'un instant d'équilibre précaire pour me balancer le verre brisé qu'elle avait entre les mains en plein dans mon flanc. Je sentis le verre froid craquer ma peau et pénétrer de quelques centimètres sur le côté de mon abdomen. Elle n'avait rien touché d'important, du moins l'espérais je. Pourtant, je saignais déjà, et le sang abondant vint souiller la main que je pressais contre ma blessure. L'hémoglobine coula partout, colla à ma peau, à mes vêtements et coula au sol. Je me sentais chanceler, et me rattrapais un mètre plus loin au mur, m'appuyant contre. Je pressais toujours ma main contre mon flanc, sentant mes fluides vitaux s'écouler hors de moi. Ce n'était pas vraiment douloureux, mais je me sentais m'affaiblir de seconde en seconde. Je partais d'un rire nerveux aux paroles de la jeune femme. Puis, je riais aux éclats. L'adrénaline submergea mes sens comme un raz de marée.


    | Ah ah ah ah... Je me sens... Comme au pays. Cela faisait longtemps. Je vais te tuer, et tu vas souffrir. Sûr de sûr. |


    Je me saisissais d'un verre sur la table toute proche, et le lançais dans la direction de Ciella, avant de me jeter sur elle, abandonnant ma blessure à ma souffrance. Je la renversais de mon poids, et l'enserrais au niveau du bassin. Je la soulevais du sol, les forces décuplées par l'ardeur et l'adrénaline. S'il ne me restait pas longtemps à vivre, j'aimerais que ces précieuses minutes soient bien employées. Je plaquais Ciella sur la table, renversant tout son contenu sur le sol, puis je tirais ma baguette de ma poche.


    Je ne pensais pas à me soigner.


    Je plaquais ma main sur la bouche de ciella, alors que ma baguette descendait de son cou jusqu'à son nombril, la magie déchirant son vêtement. Je pivotais ensuite ma baguette vers la cuisine.



    | Accio Couteau. | annonçais je d'une voix macabre.

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MessageSujet: Re: Remuer les souvenirs...[PV Ciella]   Mar 17 Aoû - 15:11



      « - Tu n'es pas plus humaine que moi, Ciella. Et tu ne le seras jamais. Nous sommes deux espèces de monstres différentes, et le seul point commun que nous ayons, c'est que nous sommes dangereux. Et qu'un jour ou l'autre, ou nous fera payer pour ce que nous avons fait. Dis ce que tu penses, pendant que tu as encore une langue... »


    Elle sentit l’émanation de chaleur qui le caractérisait contre sa peau d’albâtre, puis son souffle dans son cou et finalement cette infâme odeur de cette boisson qu’ils avaient bu avant que leur dispute n’éclate. L’odeur du sang l’insupportait comme jamais, Dieu savait pourtant à quel point elle l’affectionnait. Il referma violemment sa pression contre le mur, tâchant sa robe de liquide vital. Il l’a traitait comme si elle avait été une vulgaire proie, indigente créature piégée entre les pattes d’un félin. Animalité effrayante qui lui coupa le souffle. Respiration temporairement bloquée qui semblait ne jamais vouloir repartir. Odeur âcre de sang qui lui donna la nausée, spasme violent de dégoût venu briser ses entrailles. Scène sanglante et atroce qui attisa la folie de son cœur. Morceau de chair frappant violemment contre sa poitrine, la faisant souffrir comme jamais. Brisée, réduite en poussière en un misérable instant. Situation pathétique qui l’aurait fait sourire si seulement Ciella n’avais pas été aussi… Mal. C’était le mot. Une douleur insidieuse s’était infiltrée jusqu’au cœur de ses veines, qu’elle dévorait avec sournoiserie. L’abjecte vérité, en réalité. Même s’il lui en coûtait de se l’avouer, le moldave avait raison. La vie, le destin ou le hasard, les avaient fait devenir des monstres. Et il ne tardait qu’un jour quelqu’un leur rende la monnaie de leur pièce. Respiration saccadée qui commençait seulement à se calmer, tandis que le forcené dans sa poitrine refusait de ralentir l’allure de sa sombre symphonie.

      « Tu as raison. Mais la vérité c’est que contrairement à moi, tu es vide, Torben Badenov. Si vide que la moindre contrariété, la moindre frustration te pousse à bout. Il ne te reste que ta vengeance et ta colère… et elles te tueront bien avant qui que ce soit, même avant moi ce que je constate avec tristesse. C’est si facile d’atteindre un monstre, Torben, si tu savais… »


    Calme, ferme, cette voix ne lui ressemblait pas, surtout dans une situation pareille. Maîtresse d’elle-même à ses heures perdues, son tempérament explosif lui empêchait la plus part du temps de garder son sang froid, en particulier quand son adversaire la provoquait sans cesse. Trop habituée à montrer ses griffes et ses crocs à la moindre violence de son frère aîné. Indomptable, elle n’obéissait qu’à elle-même depuis la mort de ses parents. Bien sur, en ayant rejoint les rangs, elle avait pour ainsi dire voué sa vie au Seigneur des Ténèbres. Mais sa motivation première était celle d’acquérir sa liberté, de se détacher pour de bon de ses frères d’Italie. Elle ne se demandait donc pas ou était le Bien, ou se trouvait le Mal dans ce qu’elle faisait, trop égoïste pour penser aux malheurs des autres. La belle Italienne était de ceux qui riaient à gorge déployée du malheur des gens, première à la tête de ce troupeau d’imbéciles, pensant avec une certaine arrogance qu’une calamité de la sorte ne pourrait jamais lui arriver. L’arrogante était devenue l’imbécile. Elle se rendit seulement compte alors que la pluie dehors avait reprit de son intensité, lui rappelant avec vigueur la phobie de son frère Gabriele. Elle agissait sur lui comme de fines lames de rasoir lacérant sa peau. Ciella ne s’était jamais avoué ressentir les mêmes sensations lorsqu’elle se trouvait à son contact.

      « - La vérité te sautes aux yeux, semble t'il. Tu as raison. Il y a tellement mieux que toi. Sur tous les points, petite garce. Ce qui est surtout flagrant, c'est que je te suis supérieur quand je m'aventure sur ton terrain. Et tu le sais, c'est ça qui te rends aussi en colère. Savoir que je suis plus fort que toi à ce petit jeu te fais enrager. Et j'adore ça.»

      « - Petite garce ? Serais-tu en train d’essayer de me flatter Badenov ? Tu te dis supérieur lorsque tu t’aventures sur mon terrain, mais qui de nous deux vient de voir un bout de verre déchirer son abdomen ? C’est vrai, peut-être que mes actes sont incapables d‘égaler mes pensées meurtrières, même quand il le faudrait. Même ma rage s‘essouffle. Tu joues sur ta force physique, certes supérieure à la mienne, soit. Mais ne te donne pas autant d’importance devant moi, Torben, comme je te l’ai dit il y a quelques minutes je sais parfaitement ce que tu vaux. Et je crois d’ailleurs que c’est pour cela que mon frère est dans un lit d’hôpital. Il serait affligé de ta haine. »


    Le verre se brisa sur elle l’a déséquilibrant. Mais ce fut le poids du jeune moldave qui l’a fit basculer en arrière, sa tête heurtant violemment le sol, émettant un craquement qu’il l’agaça. Elle eut à peine le temps de retrouver ses esprits et son souffle, qu’elle était soulevée en l’air à bout de bras, puis plaquée contre la table désormais débarrassée de tout objet encombrant. La pression de la baguette contre son cou lui donna la furieuse envie de se relever, mais Ciella en fut empêchée par la main de Torben qui s’écrasa durement contre ses lèvres lui donnant la désagréable impression d’hémoglobine dans la bouche, alors que le tissu de sa robe tâchée du sang de l’ex-Gryffondor se déchirait en deux. En d’autres circonstances, elle aurait été gênée de se trouver en pareille tenue devant Lui, mais lorsqu’il jeta le sort d’attraction sur le couteau, et qu’elle vit la lame qui brillait d’un éclat assassin flotter dans les airs jusqu’à Lui, son myocarde malmené depuis le début de la soirée par le moldave et dont le rythme frôlait dangereusement la crise cardiaque redoubla de vigueur. Seigneur Dieu, qu’allait-il faire ? Etait-ce pour la punir de ses sarcasmes à son égard ? De son arrogance ? Voulait-il se délecter de ses plaies suintantes, faire d’elle une véritable œuvre artistique de sang et d’organes ? Il allait-être déçu, car l’Italienne ne comptait pas rester bien sagement les bras croisés à attendre le coup fatal. Ses assassines mordirent la peau de sa main, jusqu’à ce qu’elle y vit perler quelques gouttes d’une teinte écarlates, intense, sentant le moldave vaciller sous la douleur. Il ne lui fallut pas plus de quelques secondes pour tomber au sol, et s’emparer d’un des bouts de verre brisés de la bouteille d’alcool, s’entaillant par la même occasion les coudes. Elle se releva, sous-vêtements dévoilés et cheveux blonds pour la première fois désordonnés, avant de le gratifier de son regard le plus glacial. Elle remarqua alors être couverte de sang, et constata avec un certain plaisir que ce n’était pas le sien.

      « -C’est ce que tu préfères, n’est ce pas ? Me voir à tes pieds, d’une manière ou d’une autre. Te sentir comme un Dieu, surplombant de toute ta hauteur toutes ces bécasses soumises à ta volonté. Moi y compris. Sache que j’aime mieux me faire hérétique plutôt que de t’offrir telle satisfaction »


    Sur ses mots, sans prendre garde, Ciella fit en sorte que le mur adjacent vienne violemment heurter la nuque du moldave, et elle ne put retenir un sourire de contentement lorsqu’elle le vit grimacer sous l’impact. Ses assassines mordirent de nouveau jusqu’au sang les siennes, tandis qu’elle laissa une de ses mains, vile tentatrice, s’égarer sur sa chemise, la déboutonnant comme s’ils jouaient aux amants. Comme s’Il ne venait pas de mentionner le sors d’attraction sur un couteau de cuisine. Retrouvant le contact si précieux de sa chair brute, laissant ses doigts se délecter de la douceur de sa peau encore un peu. Sans prévenir, s’écartant légèrement, elle planta le petit bout de verre qu’elle n’avait jamais lâchée, dans son poitrail cette fois, l’enfonçant aussi profondément qu’elle pu pour admirer son Essence jaillir. Elle aurait voulu le vider de tout ce sérum, le voir agoniser à ses pieds. Lentement, sadiquement, le rendre fou de douleur, jusqu’à ce qu’il lui implore de cesser, même si son autre moitié savait parfaitement qu'un sorcier comme lui ne se laisserait jamais soumettre. Par une ‘garce’, d'autant plus. Elle aurait voulu s’émerveiller de ses plaies suintantes et maquiller son meurtre en fantastique ouvrage artistique. Oui, l'autre Ciella aurait adoré. Si seulement cela avait été n’importe quel autre homme à la place de l’homme qui avait veillé son frère, et ramener en lieu ‘sûr’, et dont le souffle la lésait. Se collant plus encore à Lui, elle continua de se distraire avec le bout de verre ensanglanté, refusant de laisser un seul millimètre de sa peau, même ne serait-ce que l’espace d’un instant. Se réjouissant de la souffrance qu’elle faisait naître en lui par ses gestes agressifs, désireuse de Le punir autant qu’il avait sans doute pu mutiler victimes, ou tout du moins pour les souffrances qu’il causait chez elle. Puis, elle laissa le bout de verre rejoindre le sol dans un tintement sourd, recula lentement jusqu’à ce que sa hanche entre en contact avec le bois de la table sur laquelle elle s’assit. Les paumes retournée, maculées du sang du Moldave, sa lèvre ouverte, ses boucles soyeuses désordonnées, ses vêtements déchirés. On aurait dit à s’y méprendre une psychopathe des temps modernes, tout juste échappée d’un asile pour fous furieux. Jack l’Eventreur faisait pâle figure devant elle. Son regard céruléen se posa sur les plaies suintantes de Torben. L’orage grondait au loin, profitant de la moiteur du climat pour faire trembler les éléments, menaçant de ses éclairs. Si la foudre ne tombe jamais deux fois au même endroit, alors les deux partenaires de boissons seraient à l’abri.



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MessageSujet: Re: Remuer les souvenirs...[PV Ciella]   Dim 22 Aoû - 16:05

    Pour le coup, j'étais en train de montrer à Ciella ma vraie nature, celle que je n'avais encore montré à qui que ce soit d'encore vivant. Je ne l'avais effleurée du bout des doigts qu'a quelques sanglantes reprises en Moldavie, mais sans jamais réussir à aller au fond des choses. Cette petite garce d'italienne réveillait en moi des choses innommables, des choses que j'aurais préféré continuer à ignorer. Je ne pouvais tout simplement pas continuer ainsi. Damné, c'est ce que j'étais en train de devenir à force de me comporter de cette façon. J'avais quelque chose de pourri à l'intérieur de mon propre corps, et pire encore, à l'intérieur même de mon âme. Je ne savais pas du tout ce que je pouvais faire pour la contenir ou pour m'en débarasser. Je n'étais même pas certain d'en être capable, au fond. Je savais bien que je n'étais pas le plus vertueux des anciens combattants de Moldavie; j'avais déjà beaucoup de sang sur les mains, mais j'étais pourtant convaincu de ne pas être un salaud d'enfoiré, capable de tuer sans même pouvoir le décider réellement. J'agissais par pulsions, et je me sentais corrompu au plus profond de mon âme. Entre ça et les différentes blessures que m'avait infligé Ciella, je me sentais donc au plus mal.


    Alors, l'italienne parla d'un ton qui me tira de mes sombres pensées. Je ne percevais que difficilement ce qu'elle me disait, mais je sentais bien qu'elle avait raison. Ce qui ne fit d'ailleurs qu'accroître encore un peu plus mon mal être. Vide... elle avait raison; je l'étais bel et bien. Quelle en était la cause? Multiple, c'était la seule chose dont j'étais certain. Il y a un an, je vous aurais bien dit que la cause de ce néant qui m'habitait était dû à la perte brutale et tragique de la quasi totalité de mes repères familiaux ou amicaux, mais je n'étais plus si sûr que ce soit la seule raison... Depuis la Moldavie, il y avait aussi cette part d'obscurité qui s'éveillait dans les pires moments, comme c'était le cas aujourd'hui. J'avais tout perdu en perdant ma famille, mais il était clair que j'avais déjà quelque chose qui clochait à l'origine, car j'étais convaincu que le mal qui me rongeait de l'intérieur n'était pas né avec les féroces affrontements dans mon pays. Là bas, je m'étais rendu compte de son existence, et l'avait modelée puis utilisée pour m'en tirer en étant plus sauvage encore que mes bestiaux d'ennemis.



    | J'en ai bien conscience, tu ne m'apprends rien, gamine stupide. Je suis peut être facilement atteignable, mais nous savons tous les deux que tu ne pourras pas me tuer. Comme tu le dis si bien, ma colère et ma vengeance s'en occuperont pour moi... Mais en attendant, laisses moi te faire goûter mon expérience de la mort acquise pendant la guerre. |


    L'italienne continua, se targuant d'être une garce. Au moins en avait elle conscience, ce qui n'était déjà pas si mal. Je me demandais comment elle pouvait faire pour cacher sa véritable nature aux yeux du monde. Avait elle des ressources insoupçonnées de self control, ou ne vivait elle tout simplement pas avec le commun des mortels? Si elle avait un truc pour contrôler ses pulsions meurtrières (auxquelles elle était de toute évidence soumise tout comme moi), je devais absolument savoir ce que c'était. Un masque dont elle se paraît simplement pour éviter qu'on la remarque? Une nonchalance hautaine, fruit de deux décennies d'expérience à devoir se cacher de la face du monde? Je n'en avais aucune idée, et je trouvais cela extrêmement frustrant. Pas étonnant de la part de quelqu'un d'aussi vide que moi, comme dirait Ciella... Elle avait cependant raison sur un point; c'était elle qui m'avait sans doute le plus blessé. Mais pouvait elle vraiment gagner une lutte à mort contre moi? Que ce soit magiquement ou façon moldue, j'étais convaincu avoir de meilleurs réflexes qu'elle, et une plus grande force physique. Qui plus est, l'expérience m'avait appris également à utiliser les éléments de mon environnement susceptibles de m'aider dans ma sanguinolente tâche. Par contre, ses dernières paroles me firent littéralement sortir de mes gonds. Petite garce insolente.


    Je la giflais violemment d'un revers de la main, sentant les os de la jeune femme rentrer durement en contact avec les miens.



    | Ne me parle pas comme ça! Ton frère, je l'ai protégé comme je l'ai pu, j'ai saigné pour lui. Ce n'est pas ma faute si on ne pouvait pas faire plus inadapté que lui pour ce genre de travail! Ma haine? Ma haine envers toi? Parce que je n'en nourris aucune à son encontre. Ce n'était qu'un homme sans préparation jeté dans un merdier trop sale pour lui. C'est ta faute et celle de ta famille d'aristos à la con qui êtes responsables de ce qui lui arrive. Envoyer un fils de grande famille, italienne de surcroît, dans un bourbier moldave, faut vraiment être les derniers des nobles consanguins! |


    La violence de mes propos n'égalait en rien celle de mes actes. Je renversais la jeune femme, lui causant douleur et je l'espérais, un peu de panique quant à la suite des évènements. Je sentais sa peur, je pouvais presque la frôler du bout des doigts. Le contact de sa chair contre la mienne m'exacerba les sens alors que j'appelais à moi l'arme favorite des tueurs déments. A vrai dire, je ne savais pas encore vraiment comment m'y prendre, mais j'étais convaincu que je trouverais bien... Avec toute la haine, la colère et la douleur que je ressentais, je pensais bien que trouver quelque chose qui fasse vraiment mal et qui en plus serait sanglant ne serait pas bien compliqué. Alors que je m'apprêtais à la taillader un peu plus franchement comme elle le méritait à cet instant précis. Je sentais soudain une vive douleur dans mes mains, et du sang coula. De surprise, je tombais par terre en glissant sur le sol, m'entaillant les coudes par la même occasion. Chierie, dans quels drapes m'étais je encore fourré? Alors, Ciella se releva et m'attaqua derechef. Elle avait cependant totalement tord sur mes motivations. Je n'aimais pas voir les gens à mes pieds, ce n'était pas ce qui me procurait du plaisir. Ma conscience, elle, se satisfaisait pleinement de ma vengeance tandis que le mal qui me consumait n'était quant à lui motivé que par les effusions de sang, et les plus sales possibles. La domination n'était donc pas mon dada, mais j'avais mieux à faire que de rétorquer aux paroles de l'italienne.


    Elle m'assomma violemment contre le mur, et me déshabilla de l'autre main. Affaiblit par le choc et la perte de sang, je vis des étoiles fleurirent dans mon champ de vision alors que j'étais pris de vertiges. J'étais bien conscient que tout pouvait basculer à cet instant. Je ne reculerais pas sans me battre, et ne la laisserais pas me tuer sans me défendre. Mais maintenant que j'avais une nouvelle occasion d'accueillir la mort, je me sentais prêt à lui tendre les bras. La mort était inéluctable, éternelle. Salvatrice. Je l'attendais avec impatience. Je me sentis me redresser, juste avant qu'un objet tranchant ne me déchire les chairs au niveau de mon torse. Du sang remonta de mes entrailles jusque dans mon nez et ma bouche, tandis que je sentais le chaud liquide maculer mon abdomen. Le contact douloureux se prolongea de longues secondes. Je sentais la chair dénudée de Ciella contre la mienne, mais tout contact semblait finalement m'échapper en même temps que les sensations. L'objet ressortit de mon corps, libérant un peu plus encore d'humeurs carmines. Je me laissais tomber face contre terre en un choc sonore. Je tentais de me hisser sur mes bras sans y parvenir. J'avais l'impression de m'étouffer avec mon propre sang. Il me fallait ma baguette, et vite. Je tâtonnais alors que je sentais ma conscience m'échapper. Si je tombais dans les vappes, j'étais assuré d'être achevé sur place et balancé aux requins par la suite. Ma main ne se refermait sur rien, et je me sentis faiblir, encore et encore, jusqu'à ne plus sentir mes membres. D'un regard trouble, je vis un bout de bois que j'espérais être ma baguette. Je parvins à m'en saisir, et la tournais vers mon torse.



    | Episkey |


    Mes plaies, non magiques, se refermèrent d'elles mêmes. Je laissais retomber ma main sur le sol, rouvrant les yeux. J'y voyais déjà plus clair, et je sentais un peu de force revenir en moi. Mais la perte de sang avait été telle que je ne pourrais plus me battre, ou en tous cas plus gagner si jamais nous recommencions. Je commençais pas me redresser et m'adosser au mur.


    | Catin du diable. | lui lançais je d'une voix menaçante, sans pour autant vraiment y parvenir.


    Je me redressais un peu plus, et me tint debout. Je me ravançais droit vers Ciella, et posais mes mains sur ses cuisses.


    | Et maintenant, on fait quoi? Soit tu m'achèves, soit tu vas dans le placard me chercher un truc à manger avant que je ne tourne de l'oeil. Je suis trop faible pour aller moi même à Ste Mangouste, et je me vois mal expliquer comment je me suis fait ça. Mais saches que tu ne perds rien pour attendre. |

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MessageSujet: Re: Remuer les souvenirs...[PV Ciella]   Mar 2 Nov - 22:26



    La seule question qui existait, et qui semblait n’exister que pour ébranler à jamais ses doutes et ses incertitudes, se formulait en six misérables mots. Comment en était-elle arrivée là ? Esquisse de ses lèvres ensanglantées devant le grotesque de ces interrogations futiles qui semblait chaque jour rythmer un peu plus son quotidien. Prunelles claires suppliantes et à la fois lointaines, comme perdues à jamais dans les abysses d’une âme qu’elle avait toujours peiné à analyser, n’en saisissant que des bribes, terrifiée à l’idée de la vastitude de son fort intérieur et de ce dont il pouvait receler. Paumes de mains tâchées de liquide infidèle, posées sur des genoux délicats et dénudés, elle n’avait pas la moindre idée de la beauté sanglante et froide dont elle pouvait faire preuve à cet instant, comme étrangère à ce qui pouvait se dérouler sous ses yeux. Un peu comme si le destin avait appuyé sur ‘Pause’, mettant en arrêt sa propre existence, alors qu’elle sortait péniblement des limbes. Alors, comment en était-elle arrivée là ? Avait-elle eut des prédispositions, à devenir la femme damnée qu’elle était aujourd’hui, ou le monde s’était-il chargé de la modeler à cette image ?

      « Catin du Diable. »


    Murmures à peine plus haut que le silence, et qui pourtant, réussit à la sortir de sa léthargie chaotique avant de la faire revenir à la réalité. Elle posa ses yeux sur lui, misérable indigent, complètement esclave de la douleur qu'il pouvait ressentir, au même titre qu'elle : ses joues à force d'avoir été battue avaient prit une légère teinte rosée. Contact gelé contre ses cuisses dévêtues sur lesquelles il avait innocemment posé ses mains, tout du moins, elle l’espérait pour lui. Elle ne fit rien pour qu'il les retire, se contentant d'un vague sourire.

      « Et maintenant, on fait quoi? Soit tu m'achèves, soit tu vas dans le placard me chercher un truc à manger avant que je ne tourne de l'œil. Je suis trop faible pour aller moi même à Ste Mangouste, et je me vois mal expliquer comment je me suis fait ça. Mais saches que tu ne perds rien pour attendre.»


    Un lourd silence était venu emplir la pièce. Nuage invisible, à peine secouer par le fracas du vent contre les carreaux. Grincements légers qui résonnaient des pièces voisines. Des décharges électriques rampèrent le long de ses muscles douloureusement tendus. L’italienne finit par se redresser, prenant appui sur des pieds engourdis, sa main se retenant contre la table. Elle se sentit chanceler sur ses hauts talons quand elle fut enfin debout, restant un bref instant immobile avant d’oser faire quoi que se soit. Lèvres crispées qui finirent par se détendre pour esquisser un sourire ironique. Elle regarda le moldave d’une expression indéchiffrable, témoin de l’extrême tension qui régnait dans la pièce. L’odeur d’hémoglobine séchée affolait ses sens, la tiraillant de part en part avec un sadisme et un ravissement non dissimulé. Elle tira la chaise pour qu’il s’y assoit, bien consciente qu’il avait du mal à tenir sur ses deux misérables jambes.

      « Je ne suis pas ta bonne, Badenov. Alors, ne met pas ce que je vais faire sur le compte de la gentillesse, ni de la charité. Dans ton état, quoique tu dises, je pourrais t’achever en moins d’une minute. »


    Menaces vides du sens qu’elle aurait tant voulu leur donner. Ciella aurait souhaité cesser de rentrer continuellement dans son jeu, première victime de leurs joutes verbales incessantes, et elle aurait aimé que sa raison vacillante l’empêche de le provoquer ouvertement à son tour, dès qu’elle en avait l’occasion. Que cherchait-elle, au fond ? Pourquoi aimait-elle tant leurs guérillas insensées ? Elle s’empara de divers ingrédients dans les placards poussiéreux, sans se soucier du regard du Moldave. Bientôt, une odeur pâte à cuire se répandit dans la chambre miteuse du Chaudron Baveur. Elle appuya sur le pancake avec sa spatule, faisant carboniser la partie en contact avec la poêle, avant de les servir dans une assiette. Au dernier moment, elle les retourna dans celle-ci, afin que la partie carbonisée soit bien en vue. Esquisse sadique de ses lèvres couleur carmin, elle se débarrassa des derniers lambeaux de sa robe souillée, avant de déposée l’assiette et les couverts devant le Moldave d’un geste brusque.

      « C’est ça. Mange donc au lieu de commérer inutilement. Crois tu sérieusement que tu es en état d’imposer tes conditions ? Encore une petite chose, Coniglietto mio, si tu me gifles encore une seule fois, ce n’est pas le tesson qui te transpercera mais la bouteille entière. Ah et, vu ce que tu as fait de ma robe, j’imagine que j’ai le droit de t’emprunter une chemise, hum ? »


    Elle s’éloigna à nouveau, sans se gêner d’être en lingerie fine devant lui, contourna la table, ses talons finissant de briser le verre qui s’était éparpillé sur le parquet usé. Laissant son regard embrasser la pièce, et le mobilier déplorable qui la décorait, elle remarqua que la chambre n’était pas plus grande que le salon dans lequel ils avaient cessé leurs ‘ébats’. Peau gracile de ses doigts, avide de retrouver le contact rassurant du textile, elle ouvrit l’armoire, s’empara de la première chemise qu’elle trouva, avant de la revêtir. Doigts tremblants qui attrapèrent une cigarette et un briquet qu’elle avait laissé trôner sur le lit. Elle ne fumait presque jamais. Gardant ça uniquement pour les situations d’extrême nervosité. En détestant l’odeur et l’addiction qui pouvaient en émerger. Elle avait eu le temps de les récupérer dans son sac avant de laisser le moldave en compagnie de ses pancakes carbonisés, instinct infaillible qui lui avait susurré qu’elle en aurait besoin pour ne pas flancher. S’y reprenant à deux fois pour l’allumer. S’insultant silencieusement au passage pour sa maladresse. Soufflant une bouffée un bref instant avant de laisser la cendre voleter sur le sol immaculé. Elle se rapprocha de la minuscule fente qui servait de fenêtre pour jeter un regard au dehors. Ciel d’un noir d’encre, dénué du moindre petit astre étincelant. Lune pâle qui éclairait sans la moindre retenue une nature morte et angoissante. Expirant une nouvelle bouffée de fumée, elle ressentit comme l’envie assassine de revenir se blottir contre lui. Comme si, quelques minutes plus tôt, elle ne s’était pas distraite en entaillant sa peau avec un morceau de verre. Présence dans son dos qu’elle aurait pu remarquer, si elle n’avait pas été aussi assommée par tous ses sens.

      « Pourquoi tu l’as jeté ? Ce cœur qui faisait de toi le comique rassurant que tu pouvais être, lorsque nous étions à Poudlard ? Qu’est-ce que ça t’a apporté de le piétiner comme tu l’as fait ? Venge-toi, si cela te chante. Lave ton honneur bafoué à cout de couteau. Je ne ferai rien. »



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Torben Badenov

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MessageSujet: Re: Remuer les souvenirs...[PV Ciella]   Lun 29 Nov - 16:34

[Vu depuis le temps que le sujet est ouvert, je pense qu'il serait bon de cloturer ce sujet... 6 mois dans le jeu ont passé depuis le début ^^, sans compter le temps IRL... Torben est mangemort maintenant, et n'a vraiment plus rien a voir avec celui de ce rp!]


    Je me sentais faible, fatigué et las. Ma colère retombait. Je ne ressentais rien à part le besoin urgent de me laisser tomber, et de dormir. Quand je me rendais compte de l'état dans lequel la chambre avait été mise... C'était un miracle que personne n'avait prévenu la brigade magique à cause du bruit, des hurlements, et du bruit de bagarre. Ciella et moi étions ivres de fatigue, et je sentais que nous en étions à un tournant. Je ne voulais plus l'écouter, ni lui parler, ni même la voir. L'injustice de cette entrevue était pregnante, sans compter que la dispute violente qui s'en était suivie m'avait révélé à tout ce que j'avais toujours voulu cacher et refouler. Si je ne cachais pas le mal qui me rongeait, celui ci finirait par totalement me submerger et me ferait renier tous mes principes, et surtout, damerait la pion à ma vengeance. Je devais prendre garde. Je me dégoutais moi même. Je ne suis pas assez fort, et je ferais honte à mes parents s'ils me regardaient. J'avais totalement perdu le contrôle. Pire, j'avais aimé ça, au fond de moi. Faire du mal à Ciella était irrationnel au vu de la situation, mais j'avais rejeté en bloc toute notion de morale ou d'éthique pour me concentrer sur l'expression de mes sentiments les plus purs, même si cela se faisait contre tout ce que j'avais pu apprendre. Restait il encore quelque chose pour me protéger des ténèbres de mon âme? J'en doutais fortement, et je sentais au fond de moi que c'était un de ces combats perdu d'avance.


    La belle italienne se releva, et son corps trahissait la même fatigue que le mien. Bien sûr, elle n'avait pas dégusté autant que moi, mais elle avait tout aussi peu l'habitude de la violence. Dans son monde, on ne se bat pas tous les jours pour sa vie, et même si elle avait gagné cette fois ci, ce n'était que parce que je l'avais sous estimée. En tant que femme, je ne l'aurais jamais imaginée faire preuve d'autant de cruauté, de sadisme, et de veulerie. Cela aurait pu être fatal. Si je voulais survivre dans mon combat contre Lord Voldemort, je devrais faire preuve d'un peu plus de sagesse, et de tempérance, mais je devrais me montrer aussi plus sauvage, plus radical. Ne plus laisser la moindre chance à mes ennemis. Je devrais être impitoyable, et oublier que ceux que j'allais tuer sont des êtres humains tout comme moi. Cela serait différent de tuer des goules. Et c'était très bien ainsi. Tuer un autre être humain ne devait pas être aussi facile.Je crachais un peu de sang sur la table, quand Ciella repartit de plus belle dans la dynamique de conflit de notre discussion.



    | Non, t'es pas ma bonne. T'es juste une paumée qui n'avait rien de moi à faire ce soir qu'à me pourrir la vie. Je sais que tu pourrais m'achever. T'as qu'à le faire, si t'en crèves autant d'envie. |


    Elle commença tout de même à faire à manger alors que je m'asseyais sur ma chaise. De toute évidence, la tension retombait petit à petit. Elle bricola des espèces de grosses crêpes bizarres comme en mangeaient parfois les anglais. En gros, elle avait pas l'air de vouloir faire de la vraie bouffe quoi. Elle se débarassait également des derniers vestiges de sa robe salie et déchirée, mais cela n'éveilla en moi nul désir et nulle pulsion. Je crois que les actions de Ciella m'avaient à jamais guéries de l'attrait de son corps. Je peinais à rester pleinement éveiller. Chierie, ce que je n'avais pas encore perdu comme sang! Visiblement, cela me tombait toujours dessus. Elle revint m'amener la nourriture, que j'engloutis sans la moindre retenue, alors qu'elle me traitait d'imbécile, me menaçait. Je grognais mon assentiment lorsqu'elle me demanda une chemise. Qu'elle se serve, pour ce qu'il me restait de toutes façons...


    | Ce que TU as fait de ta robe. Mégère. Me mets pas sur le dos tes conneries, c'est toi qui a tout fait pour qu'on en arrive là. Et si je te gifle, tu pourras me faire tout ce que tu voudras, c'est promis. |


    Je mangeais en silence, me désinteressant de ce que faisait Ciella. Tout danger n'était pas écarté, mais qui pourrais je? Je n'étais de toute façon plus en mesure de m'élever contre elle. J'entendis un briquet s'allumer et je souris. Marrant, tous ces sorciers de la haute qui se prennent pour des dieux, et qui pourtant utilisent des objets bassement moldus. Je n'avais jamais fait de telles considérations, et je ne me plaignais pas de ce choix de ma part. Mon père m'avait appris beaucoup de principes, mais surtout celui qu'aussi sorciers que nous étions, un coup dans la figure et on saignait comme les autres. Je sentais la fumée de cigarette, et cela fit tousser mon corps meurtri. Je faisais ce que je pouvais pour suivre ces préceptes, et restais toujours très discret sur mes positions. Je n'avais jamais fait de vagues... Ciella revint un peu plus habillée. Elle semblait fébrile. La tension retombée, elle n'assumait pas ce qu'elle avait fait? Je n'en savais rien, de fait. Ciella me questionna sur ce qui avait changé en moi. Je levais vers elle un regard noir, sourd de colère.


    | Tu n'as toujours pas compris que la guerre, c'est mal? Redescends sur terre. J'ai tout fait pour ton frère, j'ai même risqué ma vie. Tu aurais préféré quoi, qu'on meure tous les deux? La guerre nous change. Nous n'étions pas des soldats, mais des guerriers. Cette guerre, nous l'avons gagnée. Avec nos mains pleines de sang et nos gueules d'assassins. Qu'est ce que tu veux que je te dise? Ce coeur, j'ai dû l'enterrer depuis bien longtemps. Pour survivre. Je n'ai rien à te dire de plus, Ciella. Y'a que ton frère, qui pourrait comprendre. Vas t'en maintenant; on en a assez fait pour ce soir. Je vais me renseigner pour ton frère, et j'te tiendrais au courant. Mais maintenant, vas t'en. |


    Je n'implorais pas son départ, je l'exigeais, d'un air terriblement sérieux.

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