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MessageSujet: Et jamais au long de sa vie l'oiseau n'eut peur d'oublier comment voler... [James P.]   Dim 4 Oct - 13:19

    Hermione tourna la page de son immense bouquin avec la terrible impression qu'il allait se déchirer si jamais elle y allait trop fort. C'était encore un de ces vieux livres qu'elle pouvait trouver à la bibliothèque et qui menaçait de tomber en poussière au moindre mouvement. Délicatement, elle tourna de nouveau la page. Il ne lui fallait pas beaucoup de temps pour tout lire et assimiler. Cet ouvrage parlait des quelques sortilèges assez compliqués et dont les effets semblaient inattendus. Elle n'avait encore jamais récupéré de lecture aussi facile et agréable à la bibliothèque depuis son arrivée au temps des maraudeurs. Il traitait entre autres des farces et attrapes qu'auraient tout aussi bien pu créer Fred et George si jamais ils avaient poussés leurs études de la plaisanterie plus longtemps. Ou du moins, si les cinq voyageurs du temps n'étaient pas partis, car il n'aurait pas été étonnant qu'ils continuent à inventer des tas de choses loufoques...

    Hermione soupira. Que faisaient ses connaissances dans le futur ? Que devenaient les gens ? La jeune Gryffondor sourit en voyant passer Molly et Arthur Weasley au loin. Ils se dirigeaient vers le château. Qu'étaient-ils dans le futur, avec toute leur marmaille, à laquelle bien sûr il manquait Ronald ? Hermione se sortit ces pensées de la tête. Franchement, ça ne valait pas le coup de retourner vivre dans le passé, elle devait assumer le présent. Enfin, c'est toute une question de vocabulaire... Disons que rester hiverner dans les souvenirs n'était pas une bonne idée. Elle devait revenir les deux pieds sur terre, regarder le destin en face, droit dans les yeux. Elle sourit timidement et jetant un coup d'œil aux fenêtres des dortoirs des Gryffondors.

    La veille, elle avait retrouvé Pattenrond ! C'était une sacrée chance ; elle l'avait cherché toute la semaine, en vain, et voilà qu'il se pointait sous les rideaux, tranquillement, comme si de rien n'était. Elle en avait été ravie ! Et d'ailleurs, le fait qu'il soit revenu lui avait permis de bien mieux s'endormir... Hermione referma le livre qu'elle lisait, et contempla un petit moment la couverture.
    { Sortilèges && autres tours de magie
    Pour sorciers accomplis && apprentis de folie }
    C'était vraiment et même complètement étrange qu'un livre pareil se soit retrouvé coincé entre deux exemplaires jamais ouverts, style...
    { L'Histoire Approfondie de la Magie dans le Monde,
    XXXVIe tome }
    Car, franchement, que faisait un bouquin de farces et attrapes pour transformer son voisin un scarabée avec des chaussettes préalablement modifiées ? Non, ce n'était sûrement pas Mrs Pince qui avait placé cette chose sur les étagères ! Sûrement un petit plaisantin qui l'avait oublié sur une table et puis un autre élève qui l'avait rangé, le croyant abandonné par son lecteur. En tous cas, songea Hermione, c'était une excellente idée ! Elle avait pu se divertir un peu l'esprit et imaginait déjà dans sa tête Neville enfilant lesdites chaussettes ensorcelées...

    L'image la fit rire. Neville n'était tellement pas doué ! Elle se rappela le jour où il s'était transformé en poussin jaune vif à cause d'une malheureuse tarte au caramel trafiquée par les frères Weasley. Une bouffée d'air frais s'engouffra dans les poumons de la jeune Gryffondor. Elle rangea paisiblement ses livres dans son sac, puis s'allongea dans l'herbe. Elle avait bien envie d'une petite sieste... Il faut dire que ces derniers temps, elle avait pas mal couru pour ses devoirs, etc. sans jamais prendre de pause. Heureusement, cette après-midi là, elle n'avait pas de cours. La seule ombre au tableau, en ce moment-même, c'était l'absence de Ron et Harry.

    Comme ils lui manquaient ! Harry avait beaucoup à faire de son côté et elle ne le croisait pas souvent. Mais Ron, lui, il faisait exprès. Il l'évitait ! Cela rendait Hermione furieuse. Qu'avait-elle donc fait pour s'attirer ses foudres ? Aller au bal avec Severus Rogue ? C'était pour ça seulement qu'il lui en voulait autant, comme s'il désirait sa mort imminente ? Franchement, c'était un comportement très gamin de sa part, et il le savait pertinemment ! Hermione, rien qu'en pensant à cet épisode, fronça les sourcils et eut la fulgurante envie de se lever pour aller le chercher là où il était, de le tirer par les cheveux, et de lui dire ce qu'elle en pensait ! Peut-être même de lui botter le derrière... Mais après tout, pourquoi se lever ? Autant profiter du moment et aller remonter les bretelles au rouquin un autre fois. Elle n'allait quand même pas gâcher un pareil moment juste pour Ron ! Ce serait admettre que son absence lui manquait et elle en avait assez. A lui, cette fois, de montrer un peu de maturité. D'accepter son erreur, de se faire pardonner sa colère, et de revenir en souriant. Après tout, il n'avait qu'à l'inviter avant Severus, par vrai ? Tant pis pour lui s'il arrivait toujours après la guerre ! Hermione se souvint de Viktor Krum qui l'avait invitée lors du Tournoi des Trois Sorciers en quatrième année... Il lui avait fait le même coup et s'était énervé parce que, soit-disant, elle pactisait avec l'ennemi !

    La réaction de Ron l'avait passablement fâchée. Finirait-il par s'excuser ou continuerait-il à s'énerver pour rien ? D'accord, Hermione aimait beaucoup Ron, mais à qui était-ce de faire le premier pas ? Selon elle, c'était à lui. Et puis de toutes manières, Severus Rogue était un jeune homme charmant. Elle avait été ravie de se rendre au bal à son bras. Bien sûr, elle avait tout de suite regretté sa mine réjouie après un coup d'œil à Lily Evans et Ron, lesquels l'avaient fusillée. Si des regards pouvaient tuer, il ne fait aucun doute que la jeune Gryffondor serait morte à l'heure qu'il est, avec deux assassins sur le dos.

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James Potter

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MessageSujet: Re: Et jamais au long de sa vie l'oiseau n'eut peur d'oublier comment voler... [James P.]   Dim 4 Oct - 14:35

Début d'année. Tout allait bien dans le meilleur des mondes. Enfin, si on peut dire. James savait d'ors et déja que Severus Rogue ne reviendrait pas à Poudlard avant Janvier, ce qui l'emplissait d'une joie certaine. C'était certainement très égoïste et cruel de sa part, mais cette chauve-souris graisseuse avait tout de même manqué de le tuer, ne l'oublions pas. Alors même si le Maraudeur avait fait tout son possible pour lui éviter la prison - avec l'aide de ses camarades -, il n'en restait pas moins heureux de ne pas le croiser dans les couloirs pendant 4 mois. Ca lui ferait de vraies vacances, et tout le monde ne s'en porterait que mieux. La sentence avait été rendue quelques jours à peine auparavant, mais le bruit se propageait déja dans toute l'école. Certains élèves ne parlaient même que de ça, ce qui énervait quelque peu James. On s'en foutait à la fin, de cet imbecile de Serpentard. Si tous ces idiots en quête de ragots pouvaient bien changer de sujet, il leur en serait reconnaissant. Par exemple, ils pouvaient toujours parler de lui.

Le jeune homme prit sans même y penser la direction du parc. Il n'avait pas cours cet après-midi, et envisageait une petite baignade totalement improvisée dans le lac. Ca ne plairait certainement pas aux Aurors chargés de la sécurité (ils étaient légèrement rigides sur les bords), ni au Calmar géant d'ailleurs, mais il s'en foutait. Il faisait encore passablement beau en Angleterre, et il fallait en profiter ! Même si Sirius passait son après-midi avec Anna, que Remus et Lily travaillaient (comme d'habitude), et qu'il fuyait Peter, ce n'était pas une raison pour rester inactif. Le Gryffondor débordait d'énergie. Sur le chemin, il aperçut une crinière brune qu'il connaissait. Hermione Granger. Cela faisait bien longtemps qu'il n'avait pas discuté avec elle... Depuis le Bal de Noel, si ses souvenirs étaient bons. Et si on excluait les réunions de l'Ordre. Les choses avaient bien bougé de son côté à lui, qu'en était-il pour elle ?

Il s'approcha alors, et découvrit un bouquin posé juste à côté d'elle. Pas possible, elle avait vraiment des points communs avec Lily ! Il n'y avait probablement qu'elles deux, ainsi que Rémus, pour étudier par une après-midi pareille ! James ne comprenait pas ce que les filles avaient avec les études. La théorie, ça ne valait rien. Ca n'avait jamais sauvé personne. La pratique, il n'y avait que ça de vrai. On ne maîtrisait un sort qu'après avoir essayé de le jeter
.

-Les cours ont à peine commencé, et toi tu révises déja ? Si tu cherches à faire de la concurrence à Lily, ne t'étonnes pas qu'elle ne t'aime pas !


Il lui lança un large sourire, en se laissant tomber à côté d'elle. James Potter ou l'art de s'incruster. Et également l'art de faire des blagues sur des sujets un peu délicats. Le Maraudeur était d'humeur à rire de tout, en ce moment, comme il l'avait toujours été jusqu'à l'année précédente. Et même s'il avait conscience que l'animosité de Lily envers Hermione était un sujet sérieux, il n'éprouvait aucun complexe à plaisanter avec. Sans gêne, il saisit le livre de sa camarade, et en examina la couverture. Il haussa les sourcils, surpris. Il n'avait pas pensé que ce soit le genre de lectures d'Hermione. Il le reposa en riant.


-Comment tu vas Hermione ? Ca fait longtemps...
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MessageSujet: Re: Et jamais au long de sa vie l'oiseau n'eut peur d'oublier comment voler... [James P.]   Dim 4 Oct - 15:55

    Hermione releva la tête, ouvrit un œil timide, mais avait reconnu la voix qui l'avait interpellée. C'était James Potter. Elle l'avait rencontré avec les autres voyageurs du temps quand ils étaient arrivés, juste après leur discussion avec Dumbledore. Il faut dire qu'on ne voyait que lui. Grand et charmant, toutes les filles ou presque se retournaient sur son passage. Mais si elle l'avait vu, c'était surtout parce que sa silhouette étrangement familière l'avait subitement interpellée. Bon sang, elle connaissait cet homme ! Et en fait, non. Il était seulement la copie exacte de Harry et Hermione n'eut pas besoin de beaucoup de temps pour reconnaître son identité : c'était forcément le père de Harry. Bien sûr, ce n'était pas James qui ressemblait à Harry mais l'inverse, et pourtant la jeune Gryffondor avait souvent du mal à l'avouer, quand elle les voyait ensemble.

    Ils étaient tellement identiques ! Comment faisaient les autres pour ignorer leur flagrante ressemblance ? Mis à part les yeux verts de Lily qui éclairaient le visage de Harry, ils étaient indissociables. Bon, et peut-être les lunettes aussi. Mais à part ça, comment les reconnaître ? Quand Hermione les voyait de dos, elle ne savait jamais vers qui aller, ni même qui appeler. Alors elle se fiait à son ouïe et à son instinct : premièrement ils n'avaient pas la même voix, ce qui facilitait les choses, deuxièmement ils n'étaient pas entourés de la même manière. Alors qu'autrefois Harry Potter était le plus célèbre des sorciers car il avait survécu à Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom, il n'était plus aujourd'hui qu'un élève comme les autres sans la moindre côte de popularité. Il était juste un "petit nouveau français". Quant à James, de son côté, il était la star de Poudlard. Plein d'assurance et d'élégance, les filles se pavanaient non loin de lui et certaines, toute dignité rejetée, se lançaient à ses pieds. Ses sourires et ses clins d'œil faisaient tomber tout le monde, comme s'il n'avait rien d'autre à faire pour s'amuser.

    D'un premier abord, comme ça, on aurait pu le trouver crâneur et vantard. Tout comme Hermione, de son côté, avec son doigt constamment levé en classe. Mais en réalité, il était terriblement sympathique et Hermione comprenait d'où Harry tenait sa partie "je sauve le monde, j'y peux rien c'est dans mes gênes". Sauf que Harry, lui, était un tantinet timide comparé à son papounet. Hermione avait tout de suite trouvé en James une personne de confiance et mature, malgré les apparences. Elle lui avait d'ailleurs donné, depuis son arrivée, quelques conseils en matière d'Ordre du Phénix et de Mangemorts. Elle était assez... calée, de ce point de vue là, comme pour beaucoup de choses. Cependant, elle se gardait bien de lui avouer qui elle était réellement, ou alors elle ne laissait tomber que des facettes minimes de sa personnalité ou de sa vie.

    Quand elle le vit arriver, dans le parc, et l'interpeller, elle sut en ouvrant les yeux qu'elle trouverait un James rieur et plaisantin. Pourtant, en l'apercevant à travers les rayons blancs du soleil, elle crut tout d'abord distinguer Harry et cela lui fit un choc, comme toujours. Quand donc s'y habituerait-elle ? Elle n'en avait aucune idée. Et puis, elle n'avait pas revu James, ou du moins uniquement en passant dans les couloirs rapidement, depuis le bal de l'année précédente. Quand elle y était allée avec Severus Rogue... lequel même était actuellement au Ministère de la Magie pour avoir agressé... Devinez-qui ? James, évidemment. Hermione se redressa sur un coude et sourit.


    - Réviser ? Qui te parle de réviser ? Nan, j'apprenais deux trois trucs pour embêter Ron, on sait jamais, ça peut servir...

    Elle perdit son sourire lorsqu'il fit allusion à Lily Evans. James ne voulait sûrement pas vexer la jeune Gryffondor, mais parler d'elle comme ça en rapport avec Lily, ce n'était pas la meilleure chose à faire, sauf si on tenait absolument à mettre Hermione en rogne. Pourtant, elle prit ces paroles assez à la légère et ne releva pas tout de suite. C'était un sujet épineux, certes, mais l'après-midi n'était-elle pas assez belle pour en profiter ? Elle ne pu s'empêcher tout de même de répondre :

    - Je ne fais de concurrence à personne ; je travaille : nuance. Elle ne m'aime pas parce qu'elle n'arrive pas à me cerner, c'est tout. Enfin, je crois. Et puis j'ai toujours été comme ça, je ne vais pas changer pour mademoiselle Evans...

    Hermione en soupira. Voilà qu'elle se mettait à critiquer presque ouvertement Lily d'un ton sarcastique en présence même de son petit-ami ! Ce n'était pas très malin, il fallait l'avouer. La jeune Gryffondor se redressa complètement et s'assit, les genoux remontés contre la poitrine, les bras serrés autour de ses jambes. D'un mouvement de la tête, elle repoussa sa masse touffue de cheveux bouclés, puis tourna son regard vers le lac. A côté d'elle, James s'était assis. Les yeux dans les vide des eaux, elle poursuivit, non sans avoir chassé Lily des méandres de sa cervelle.

    - C'est vrai, ça fait un bout de temps que je ne t'ai pas recroisé... Enfin, à part les réunions de l'Ordre et la salle commune des Gryffondors. Sinon, moi, disons que le vent ne m'apporte pas que des mauvaises nouvelles.

    Elle rit seule de ses pensées à l'instant même, d'un rire discret mais cristallin, puis jeta un coup d'œil à James qui devait sûrement se moquer d'elle en douce. Elle lui sourit de nouveau après qu'il eut observé le titre de son livre. Ce n'était pas son genre de lecture habituelle et il le constata de lui-même. Hermione continua :

    - Je me porte bien, si c'était là ta question. Et toi ? Rien n'a changé dans ta vie ?

    C'était une bien drôle de manière de lui demander comment il allait, mais Hermione hésita un instant à ajouter "de star ?" à la fin de sa question, puis elle se retint. Ce n'aurait pas été correct. Elle se détourna du visage de James avant que celui ne lui réponde et ses pupilles en revinrent aux eaux bleutées-vertes du lac. Il était beau et attrayant, avec la chaleur qu'il faisait. Des élèves devaient sûrement s'y baigner à l'heure qu'il était, et Hermione y serait bien allée aussi avec Harry et Ron si jamais ils avaient été avec elle... Mais ils n'y étaient pas, et cela coupait court à toute suite. C'était triste d'ailleurs, que Ron fasse la tête, songea Hermione. Elle l'aurait volontiers coulé dans les eaux profondes, pour l'embêter un peu. Seulement à ce niveau là, il ne serait pas embêté mais complètement furax... ou même hors de lui. La jeune Gryffondor eut un autre sourire.

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MessageSujet: Re: Et jamais au long de sa vie l'oiseau n'eut peur d'oublier comment voler... [James P.]   Dim 4 Oct - 19:10

L'après-midi de solitaire de James se transformait en après-midi retrouvailles avec Hermione. Malgré l'animosité que sa petite amie portait à la voyageuse du temps, le Maraudeur l'aimait bien. Elle lui rappelait Lily sur certains points, et elle était une parfaite Gryffondor. Le jeune homme ne la connaissait pas vraiment, tout juste avaient-ils eu le temps de discuter un peu durant la danse qu'ils avaient partagé au Bal de Noel, mais c'était tout. Enfin, à présent, il savait qu'elle aussi venait du futur, et ses paroles de ce soir là prenaient donc tout leur sens. Il n'avait pas eu l'occasion de la revoir depuis, et lui semblait qu'une vie entière s'était écoulée depuis cette époque. Hermione aussi, avait dû faire son bout de chemin, il en était certain. Même si ce monde n'était pas le sien, et que les personnes qu'elle aimait s'élevaient au nombre de 4, la vie ne laisse personne sur le côté. Et vu tout ce qui s'était passé depuis un an, elle n'avait pas pu être épargnée. Les rares fois où il la croisait, c'était aux réunions de l'Ordre, et ils n'en profitaient pas pour faire la causette.

Le jeune homme s'était donc assis à côté d'elle lorsqu'il l'avait aperçue dans le parc. Elle avait un bouquin à côté d'elle, et il présuma directement qu'elle étudiait. Ce qui, après vérification du titre du livre, s'avéra totalement faux. Mademoiselle Granger, celle qui a réponse à tout, lisait un livre sur les farces ? Comme quoi, tout peut arriver. Il fit une entrée en matière qui n'eut pas l'air de plaire beaucoup à sa camarade. Pourtant, il plaisantait seulement, ce n'était pas une attaque déguisée ou quoi que ce soit. Hermione était dans son camp, et il n'avait aucune raison de s'en prendre à elle. La jeune fille monta sur ses grands chevaux, et se lança dans une tirade d'autodéfense assez marrante, du point de vue du Gryffondor. Même si elle critiquait légèrement Lily, il était trop occupé à rire pour le remarquer.


-Du calme, c'était juste pour plaisanter ! De l'humour, Miss Granger !


Il rit à nouveau, avant d'attraper le bouquin et d'en observer la couverture. Non vraiment, elle ne révisait pas. Il ne connaissait pas Ron, mais il doutait qu'Hermione ait trouvé quoi que ce soit de bien drôle dans ce livre. Rien ne valait les blagues inventées, et surtout, les blagues improvisées. Si la Gryffondor voulait prendre des idées à quelqu'un, qu'elle s'adresse aux Maîtres en la matière, les Maraudeurs. Il se feraient un plaisir de l'aider à améliorer ses compétences en farces et blagues en tout genre. Il lui demanda comment elle allait, et sa réponse fut quelque peu étrange. Mais comme elle riait, James sourit à son tour.


-Et où est-ce que le vent a dû t'apporter ces nouvelles, cet été ?


Elle lui retourna la question, lui demandant si rien n'avait changé dans sa vie. Etrange question, qui laissait supposer qu'elle ignorait tout des révélations de Harry. Elle ne savait donc pas que James savait. Le Maraudeur s'en étonna, car il avait pensé qu'ils se disaient tout. Mais peut-être que Harry ne savait pas trop comment annoncer à ses amis qu'il avait vendu la mèche, à son père et à son parrain, qui plus est. Il avait même donné le nom du traitre qui ferait basculer leurs vies à tous. James étendit ses jambes, et s'appuya sur ses coudes, se mettant à l'aise.


-Oh que si, bien des choses ont changé dans ma vie... Tellement de choses que je serais d'ailleurs bien incapables de toutes les lister. J'ai parfois l'impression que le temps passe trop vite. Mais si tu veux vraiment savoir, j'ai un grand bouleversement en tête... Le jour où Harry m'a annoncé qu'il était mon fils.


Le Gryffondor tourna la tête vers Hermione, ayant perdu son sourire. Il la dévisageait, attendant sa réaction. Ca lui semblait bizarre comme situation, et il ne voulait pas prétendre qu'il ne savait rien. Elle aussi savait, alors à quoi bon porter des masques ? James avait envie d'en savoir plus sur ce futur qu'il ne connaitrait pas. Il avait envie d'en apprendre plus sur ce fils qu'il n'élèverait pas. Et comme il fuyait Harry comme la peste, Hermione était désormais son seul moyen d'étancher sa soif de connaissance.
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MessageSujet: Re: Et jamais au long de sa vie l'oiseau n'eut peur d'oublier comment voler... [James P.]   Lun 5 Oct - 15:39

    Hermione jeta un coup d'œil en coin au livre fermé sur les farces et attrapes. Apparemment, James Potter ne devait pas avoir le bouquin en très grande estime car il eut un sourire négligé. La jeune Gryffondor s'empara du tome et le repoussa en arrière pour que le père de Harry puisse s'installer à côté d'elle. Il avait le même sourire rieur que d'ordinaire et ses yeux indiquaient très clairement qu'il plaisantait quand il lui fit remarquer qu'elle révisait. Il lui reprocha ensuite de manquer d'humour, mais Hermione Granger laissa passer la remarque. Si jamais elle contestait, elle prouverait justement qu'elle n'en était pas dotée et elle se serait vendue toute seule. Serait-ce bien malin de sa part ? Certainement pas ! Elle se contenta donc de grimacer bêtement, avec une ironie cachée envers elle-même.

    James s'installa confortablement à côté d'elle et prit ses aises. Hermione ne se poussa pas mais il n'en eut pas besoin : dans le parc, il y avait tellement d'espace que tout le monde pouvait s'allonger et s'étaler sans empiéter sur les territoires des autres ! La jeune Gryffondor ne s'attendit pas tout de suite à la question de James sur son lieu de vacances cet été. Comme si la localisation pouvait bien importer ! Mais après tout, il prenait de ses nouvelles, et c'était très aimable de sa part. En même temps, il faut dire que ça comblait le silence. Elle mit un peu de temps avant de répondre, comme si elle réfléchissait silencieusement à ce qu'elle allait bien pouvoir dire.


    - Cet été ? Et bien, j'ai loué une chambre à Londres sur le Chemin de Traverse, au Chaudron Baveur, avec Harry Over, Neville Lanbadut, Luna Loovod et Ron Wasly. Nous y sommes restés toutes les vacances, avec la bourse que Dumbledore donne aux élèves, disons... dépendants financièrement. Nous n'avons pas de coffre chez Gringotts.

    Hermione sourit encore, décidément elle souriait beaucoup pour rien aujourd'hui !, puis se laissa tomber dans la contemplation du lac sans trop écouter attentivement les paroles de James Potter. Mais soudain, elle sentit ses muscles se raidir, ses yeux se fermer, ses oreilles siffler. Qu'avait-il dit ? Bon sang, avait-elle bien entendu ? Elle décrispa lentement ses doigts un à un, tout doucement, en les détachant sans se presser de son pull. Aurait-elle, ne serait-ce que l'espace d'un instant, entendu ce qu'elle voulait entendre et non ce qu'elle pouvait se permettre de recevoir ? James Potter venait-il récemment de lui dire quelque chose de totalement inconcevable ou bien était-ce le fruit de son imagination. Avec le maximum de rapidité qui lui restait, autrement dit avec la vitesse d'un escargot qui court derrière une mouche unijambiste, elle se détourna su lac et observa le visage refermé de James. Non. Ce n'était pas possible. Elle rêvait, elle imaginait cette scène, ce n'était pas vrai. Ce ne pouvait pas être vrai. Dans ses cauchemars ou ses rêves les plus fous, à la rigueur, mais là, maintenant, dans le parc, ce n'était pas possible !

    - James ? bredouilla-t-elle d'une voix étouffée, comme si elle était devenue aphone et qu'elle parlait dans une écharpe particulièrement serrée.

    Elle le dévisagea un long moment, détaillant un par un ses traits, les trouvant ressemblants ou différents de ceux de Harry. La forme des lèvres, la taille du nez, la cavité des joues et des tempes, la couleur des pommettes. Ses cheveux en bataille, pourtant soigneusement coiffés, et ses yeux amusés qui désormais ne rigolaient plus du tout et semblaient même assez sévères, dans le fond des pupilles. Comment donc cette personne normalement constituée, à l'âge de dix-sept ans, pouvait-elle affirmer sans trembler qu'elle avait un fils du même âge ?

    Hermione savait. Elle savait tout. Forcément, puisqu'elle venait du même monde que celui de Harry. Elle venait du futur, elle aussi. Mais comment donc James avait-il pu être mis au courant par Harry ? Ce dernier savait pourtant qu'il ne devait rien dire ! Il savait qu'il devait garder sa langue dans sa poche et ses sentiments dans son cœur sans en faire étalage ! Maintenant James savait. Il avait appris qui il était, et comment il finirait. Ce n'était pas possible ! Hermione arrêta de le regarder fixement et fit descendre ses yeux marrons sur ses pieds qui, étrangement en comparaison avec tout le reste du corps, gigotaient. Ses orteils se battaient en duel et Hermy rougit. Que pouvait-elle répondre à James après une nouvelle pareille ? Comment conserver son rôle maintenant qu'elle était découverte ? Parler fut très difficile à la jeune Gryffondor qui se mit à bégayer.


    - James, je... Je ne sais p... pas... pas quoi te... te dire, vrai... vraiment.

    Hermione ne bégayait jamais, sauf quand un professeur lui annonçait qu'elle avait raté un contrôle. Et ce n'était arrivé qu'une seule fois : lorsque l'épouvantard s'était transformé en McGonnagall pour lui annoncer qu'elle n'aurait pas la moyenne aux examens. Autrement dit, c'était pas demain la veille, et James venait de la voir dans un état pareil pour la première fois. C'était assez étrange venant d'une fille comme ça, du style "je sais tout et cherche pas t'as tort". Au fond, peut-être qu'Hermione était une fille sensible ?

    - Je... Quand Harry t'a-t-il dit que... qu'il était ton... ton fils ? Avant les va... vacances ?

    Décidément, même pour elle c'était déstabilisant de bégayer et bredouiller. Elle n'en avait pas du tout l'habitude. Mais après une nouvelle pareille, il y avait de quoi s'attendre à une réaction plus... poussée, évidemment. Elle tenta de remettre ses idées en ordre, de replacer les sortilèges devant les formules et les enchantements, en plaçant les potions tout derrière. Une fois les cours et les connaissances remis en pile alphabétique, elle attaqua ses souvenirs de Moldue, ceux qu'elle avait eu avec ses parents, et elle les tria par ordre chronologique. Mais quand vinrent ses récents souvenirs, ceux de Poudlard, elle eut plus de difficultés à les écarter un par un. Mais ils se montrèrent assez dociles et ne firent pas les difficiles quand elle les effaça consciencieusement pour le moment. Et enfin, l'esprit vide mais clair, elle réussit à formuler une phrase correcte.

    - C'est pas croyable.

    Oui, bon, d'accord, ce n'était pas la plus jolie des phrases qu'Hermione avait sorties tout au long de sa petite existence, mais c'était déjà pas mal, nan ? Et il lui avait fallu beaucoup de souffle pour lâcher tout ça d'une seule traite. Comment allait-elle continuer ? Elle n'en savait rien. Mais elle était certaine, comme pour beaucoup de choses, que James lui demanderait des détails sur leur vie passée dans le future et sur les évènements qui s'y étaient déroulées. Hermione avait même envie de le faire, pour pouvoir se soulager de tous ces souvenirs encombrants, pour pouvoir les partager enfin et se libérer ! Elle avait tant à dire, tant à avouer ! Mais en avait-elle le droit, au fond ? N'avait-elle pas promis à Dumbledore que rien ne s'échapperait de ses lèvres ? Harry avait déballé son sac, mais Hermione le pouvait-elle également ?


    - Jamais je n'aurais cru que ce moment puisse exister, James... Que sais-tu réellement sur Harry ? Sur nous tous, enfin je veux dire, Ron, Neville, Luna, lui et moi ?

    Elle avait besoin de savoir, au fond. De savoir ce qu'elle avait le droit de dire, le droit de taire. Ce qu'elle pouvait compléter sans se trahir, ou même ajouter sans se découvrir. Peut-être devait-elle se confier à James comme s'il savait déjà tout en long et en large ? Comme s'il n'ignorait rien et que ses souvenirs étaient les leurs communs ? Peut-être ne devait-elle plus se cacher et raconter toute sa vie, toute celle de Harry ? Peut-être le destin lui donnait-il l'autorisation de dévoiler les secrets de l'avenir ? Mais le passé était déjà tellement chamboulé... Comment raconter tout cela sans faiblir ? Comment assumer les évènements dont déroulés sans trembler ? Hermione doutait de ses capacités à tenir bien longtemps le récit du futur. Mais si cela aidait James, si cela l'aidait elle, alors peut-être devait-elle se jeter à l'eau ? Se lancer, et ne plus s'arrêter ? Elle songea avec aigreur à Harry, mais s'en voulut. Elle aussi, n'aurait sûrement pas tenu le pacte de Dumbledore, si elle s'était retrouvée devant ses parents alors qu'ils devaient mourir ensuite. C'était normal. Elle eut même mal pour le pauvre Gryffondor qui était complètement perdu.

    - Et... que veux-tu savoir sur l'avenir ? Dévoiler le futur est mauvais pour tout le monde, James. Tu sais, Harry n'aurait rien du dire... T'étais-tu aperçu de quelque chose ?

    Hermione lança un regard perçant et vif au jeune homme. Elle semblait avoir retrouvé ses moyens et maintenant, elle paraissait suffisamment éveillée pour tenir des propos cohérents. Elle fléchit les genoux, ramena ses pieds sous ses fesses et fronça les sourcils. Elle y était obligée si elle voulait voir James, car les rayons du soleil ricochaient sur la peau du Gryffondor tout en profitant pour l'aveugler. Elle mit sa main en visière au-dessus de ses sourcils pour mieux le distinguer à travers les fils lumineux de l'astre perché dans le ciel. Il avait eu l'air crispé quand il lui avait annoncé la révélation de Harry. Or, désormais, elle n'arrivait même pas à savoir s'il s'était détendu ou non, car ses très lui restaient flous.
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James Potter

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MessageSujet: Re: Et jamais au long de sa vie l'oiseau n'eut peur d'oublier comment voler... [James P.]   Mer 7 Oct - 13:42

Malgré le fait que Lily ne puisse pas encadrer Hermione, James l'avait toujours considéré comme une alliée. Elle était dans son camp, et elle était là pour l'aider. Elle était revenu dans le passé pour tenter de sauvegarder le futur, pour tenter de réparer les erreurs. Et le Gryffondor estimait que ça demandait énormément de courage. Bien assez, en tous cas, pour obtenir son respect. Il s'était approché de la jeune fille en toute innocence, ravi d'avoir l'occasion de la revoir. Ils ne s'étaient pas adressé la parole depuis presque un an à présent, et le jeune Potter trouvait ça dommage. Il avait apprécié le peu de conversation qu'il avait eu avec Hermione, et il aurait aimé la connaître un peu plus. Malheureusement, les événements de leur en avaient pas laissé le loisir, et ils avaient chacun dû s'occuper de leurs problèmes respectifs. James avait du affronter la mort de Pétunia et la dépression de Lily, puis leur rupture, et enfin l'attaque de Pré-Au-Lard et celle de Rogue. Les choses s'étaient enchaînées trop rapidement, depuis Noel.

Il lui demanda où elle avait passé ses vacances. Il savait qu'elle n'était pas de son époque, aussi cela ne l'étonna-t-il pas lorsqu'elle lui annonça avoir passé l'été sur le Chemin de Traverse en compagnie des autres Voyageurs du Temps. Il hocha la tête et sourit, mais ne fit pas de remarque. Hermione continuait à lui mentir, et il comprenait pourquoi. Lui aussi, aurait aimé pouvoir ignorer la vérité. Il aurait aimé pouvoir vivre chaque journée sans songer que s'en était une de plus qui le rapprochait du jour fatidique. Mais Harry lui avait tout raconté, et il devait faire avec. Il voulait en parler à Hermione, et il sauta sur l'occasion lorsqu'elle lui demanda ce qui avait changé dans sa vie. Il n'était pas un menteur, et encore moins un comédien. Il ne supporterait pas bien longtemps de rester assis là à discuter avec elle sans lui dire qu'il savait. Sans lui avouer qu'elle n'avait plus besoin de mentir ni de se cacher. Qu'elle pouvait parler, parce qu'il avait envie qu'elle parle.

Il voulait en apprendre plus sur ce futur qu'il ne verrait jamais. Il voulait connaître ce fils qu'il ne verrait pas grandir. Quel genre de personne était-il ? Un type bien ? Les filles lui courraient-elles après ? Admiré, envié, intelligent ? Il aurait pu savoir tout ça en se rapprochant de Harry, mais il n'en avait ni le courage ni l'envie. Cette situation était plus facile à gérer de loin. Il lâcha sa petite bombe à Hermione, ce qui sembla lui couper la parole. Elle bredouilla son prénom, tout en le dévisageant. James ne détourna pas le regard. L'heure n'était plus aux faux semblants. James avait besoin de partager son fardeau, il avait besoin de parler de son secret. D'abord Hermione, puis Lily. Il devait le lui dire, à elle aussi. Ce ne serait pas facile, mais c'était nécessaire. Hermione savait, elle. Elle pourrait l'aider, peut-être même alléger ce poids qui pesait lourd sur ses épaules.

Il ne dit rien tandis que les yeux de la jeune fille se promenaient sur son visage. Il savait que sa révélation avait choquée la jeune fille, et qu'il aurait peut-être dû prendre des gants. Mais au fond, on n'en avait pas pris avec lui, et il n'était pas vraiment du genre à songer à la sensibilité des gens qui l'entouraient. On avait estimé que lui était assez résistant pour assimiler la nouvelle sans broncher, alors les autres devaient bien l'être aussi. Hermione reprit finalement la parole, au grand soulagement du Gryffondor qui commençait lui aussi à être gêné par ce silence. Elle bredouilla une phrase qui fit sourire le jeune homme. Que voulait-il qu'elle lui dise ? Que tout allait bien se passer, ça serait un bon début. Qu'il n'était pas obligé de mourir, ça serait une suite formidable. Et que finalement, tout ceci n'était qu'une blague, serait une fin en apothéose. Malheureusement, il savait qu'elle ne pourrait rien lui dire de tel. Il secoua la tête et haussa les épaules. Mais il ne répondit pas, reportant son regard sur le lac.

Sur ces quelques troisièmes années qui s'éclaboussaient, riant aux éclats. Il se revoyait, des années plus tôt, en compagnie des Maraudeurs. Il se revoyait couler Remus, puis se faire couler par Sirius. Il revoyait Peter courir pour tenter de leur échapper. Cette époque lui semblait loin et révolue, à cet instant. Même si depuis le début de l'année, il avait retrouvé toute sa joie de vivre et tout son humour, il n'en oubliait pas l'épée de Damoclès qui pendait au dessus de sa tête. Les jours dorés de l'enfance étaient bel et bien révolus, et il devait accepter de porter ses responsabilités d'adultes, quoi qu'il en pense. Hermione parla à nouveau, enfin, essaya, ce qui tira le Maraudeur de sa nostalgie. Il ne tourna pas la tête, mais répondit tout de même.


-Oui, juste avant les vacances d'Avril. Sirius était avec moi. On l'a forcé à tout nous dire, il n'en avait pas vraiment envie.


C'était le moins qu'on puisse dire. Ils avaient même été jusqu'à le menacer, pour qu'il ne leur mente pas. Ils avaient voulu la vérité, ils l'avaient eu. Et maintenant James s'en mordait les doigts. Il attrapa de l'herbe à côté de lui, et l'arracha doucement. Juste pour s'occuper les mains. Il jeta un coup d'oeil à sa camarade lorsqu'elle ajouta un "c'est pas croyable", et eut un faible sourire. Cette histoire ne le faisait pas vraiment marrer, mais c'était plus fort que lui. La réaction d'Hermione l'amusait un peu. Elle semblait complètement perdue, à la limite de la pétrification. Elle bégayait, elle ne trouvait plus ses mots, elle la fille qui avait toujours réponse à tout. Il ne se moquait pas vraiment, il cherchait juste à ne pas verser dans le "je la ferme et je bouge plus parce que je suis mal à l'aise". Il avait toujours été du genre à se foutre de tout, à rire de tout. Même dans les pires situations, il trouvait toujours matière à sourire ou à rire. Et cette fois ne ferait pas exception.

Enfin, Hermione sembla reprendre ses moyens, et lui posa des questions. James se redressa, et la regarda à nouveau avant de répondre.


-Pas grand chose, en réalité. Je sais seulement que Harry est le fils que je suis sensé avoir avec Lily. Que dans trois ans on doit tous les deux mourir en le protégeant de Voldemort, trahis par Peter. Que Harry devait être élevé par Pétunia, ce qui ne sera pas possible vu qu'elle est morte. Que Sirius doit finir à Azkaban. Mais de vous autres, je ne sais rien.


Harry n'avait évoqué que ce qui le touchait lui, Lily, ou Sirius. Il n'avait pas vraiment parlé de ses amis, ou alors les infos ne s'étaient pas imprimées dans l'esprit du Maraudeur. Il n'avait probablement pas tout retenu des paroles de son "fils". Il savait que Ron était le fils d'Arthur et Molly, par son nom de famille. Que Neville était l'enfant de Franck, pour la même raison, et Luna celle de Xenophilius. Mais d'Hermione, il n'en avait jamais entendu parler. Elle était probablement vraiment une enfant de moldus, comme elle l'avait affirmé à son arrivée. Et c'était pour cette raison que son nom lui était inconnu. Il baissa la tête, et observa ses mains quelques secondes. Le dessous de ses ongle était plein de vert et de terre, à cause de l'herbe qu'il s'amusait à arracher depuis plusieurs minutes.

Hermione lui posa alors la véritable question qui l'intéressait. Que voulait-il savoir du futur ? Tout. Il voulait savoir comment était la vie, à cette époque là. Il voulait savoir si les enfants avaient aussi peur que lui aujourd'hui. Il voulait savoir qui se battait encore. Qui était mort. Il voulait connaître l'avenir, celui de ses amis, celui de ses ennemis. Il voulait savoir où leur route les mènerait tous. La Gryffondor ajouta qu'il n'était pas bon de dévoiler le futur, et que Harry n'aurait rien du dire. James n'était pas entièrement d'accord. Bon, évidement qu'une part de lui aurait préféré rester dans l'ignorance. Mais s'il n'avait rien su, que serait-il advenu de Rogue ? Il serait peut-être en prison, à l'heure qu'il est. Alors les révélations de Harry n'étaient pas uniquement néfastes.


-Je ne suis pas d'accord... Harry ne voulait rien dire, c'est Sirius et moi qui l'avons menacé pour qu'il nous dise la vérité. Et je pense qu'il a bien fait de tout nous raconter. S'il ne l'avait pas fait, je n'aurai pas défendu Rogue à son procès, Sirius non plus. Parce qu'on aurait pas su que dans le futur, il devait être libre, et pas sous les verrous à Azkaban. On l'aurait enfoncé, parce qu'il méritait de payer. Mais après ce que nous a dit Harry, on a préféré l'aider. Parce qu'on sait qu'il ne faut rien changer au futur.


James était conscient de tout ce qu'impliquait sa dernière phrase. Notamment, sa mort prochaine, celle de Lily, et l'emprisonnement de Sirius. Il savait que tout ça devait arriver, et que ça arriverait. Du moins, s'il parvenait à trouver assez de courage pour continuer à avancer aussi loin. S'il ne lâchait pas en route. Mais pour l'instant, il était totalement décidé. Il ne restait plus qu'à mettre Lily au courant, lui faire part de sa décision. Et expliquer à Sirius qu'il ne serait pas leur Gardien du Secret. Qu'il devait les laisser mourir. Et aller en prison. Le Gryffondor passa une main dans ses cheveux, et se gratta l'arrière du crâne.


-Non, je n'avais rien remarqué, avant. Enfin, j'avais bien vu que Harry me ressemblait beaucoup, puisque même les Maraudeurs l'ont confondu avec moi. J'ai aussi remarqué qu'il avait les yeux de Lily. Et que vous en saviez tous beaucoup plus que nous, ce qui n'était pas normal. Mais ce sont les paroles de Voldemort, à Pré-Au-Lard, qui m'ont mis la puce à l'oreille. Puis la carte a fini par vous trahir.


Il ne cacha pas l'existence de la carte à la jeune fille. Elle était l'une des meilleures amies de son fils, et il savait que Harry était également en possession de cette carte, dans son époque. Elle était donc au courant pour ça aussi. James se rendait compte qu'il y avait plus de gens dans cette école face à qui il pouvait se montrer tel qu'il était, qu'il ne l'avait pensé. Il avait cru qu'il n'y avait que les Maraudeurs. Mais en réalité, il y avait également Lily, Hermione, Harry, Anna. Et probablement les autres voyageurs du temps également, mais il ne les connaissait pas encore. Il soupira, puis se rallongea, les yeux perdus dans les nuages blancs qui passaient paisiblement au dessus de leurs tête. Impassibles. Des oiseaux chantaient non loin d'eux, et les rires de leurs camarades leur parvenaient aisément. Un instant, il sembla au jeune homme que leur conversation à tous les deux était totalement étrangère au décor. Dérangeante, hors de propos.


-Ce que je veux savoir du futur ? Tout ce que tu pourras m'en dire. Comme c'est la vie, à ton époque ? Est-ce que les élèves se battent, comme nous ? Est-ce que Voldemort est aussi puissant qu'aujourd'hui ? Est-ce que Dumbledore est toujours là ? Et aussi... Comment c'est Poudlard ? Qui sont les professeurs, que sont devenus les élèves qui sont là aujourd'hui ? Et... hum... Quel genre de personne est Harry ?
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MessageSujet: Re: Et jamais au long de sa vie l'oiseau n'eut peur d'oublier comment voler... [James P.]   Mer 7 Oct - 15:47

    Hermione écouta d'une oreille plus que jamais attentive aux propos tenus par James. Elle voulait analyser toutes ses paroles, tous ses mots, tous ses gestes, et en tirer les bonnes conclusions. Seulement il s'avéra que James n'était pas aussi facile à décrypter que les cours de MacGonnagall ou autre. Bien évidemment, elle s'y était attendue, mais c'était quand même assez frustrant ne pas comprendre les pensées les plus profondes des gens. Cependant, elle ressentit dans les paroles du père de Harry une confiance, et un soulagement. Comme si, lui aussi, avait besoin de se confier, de relâcher ses neurones en les vidant un peu, de partager ses souvenirs avec quelqu'un d'autre. La jeune Gryffondor fut touchée de savoir qu'il se confiait à elle et non à un autre voyageur du temps. Elle eut l'impression d'être importante à quelqu'un, d'exister pour une nécessité matérielle.

    Hermione laissa la réponse de James s'ancrer dans sa cervelle puis s'y raccrocha un instant comme à un bouclier que l'on tient fermement devant soi, ou bien comme à une corde lancée depuis le ciel, tenue tout la haut par le plus robuste des anges gardiens... Mais Hermione n'avait ni bouclier, ni corde, juste une phrase. Que devait-elle dire, maintenant ? Elle laissa venir la première phrase qui lui venait à l'esprit, et qui traduisait au mieux ce qu'elle pensait par ailleurs :


    - Avant les vacances d'avril... C'était il y a longtemps ! Il ne nous a rien dit pendant tout ce temps... Oh mon Dieu ! Comme ça a dû être dur pour lui...

    La jeune fille ne songea pas un seul instant à la douleur que devait ressentir James, du moins pas sur le moment. Harry, bon sang, qui avait passé toutes ses journées d'été avec elle, avait tout dit à son père et son parrain ? Mais comment avait-il pu garder tout ça pour lui pendant autant de temps ? Hermione songea qu'il avait sûrement voulu tout avouer aux voyageurs du temps mais qu'il n'avait pas trouvé le bon moment... La jeune Gryffondor se jura d'en parler avec son compagnon d'époque, et meilleur ami accessoirement, le plus tôt possible. Ou du moins, à la première bonne occasion...

    Puis la souffrance apparente de James lui sauta à la figure, aussi évidente que le nez en plein milieu du visage. Il avait dû garder tout cela pour lui, lui aussi, et c'était sûrement pire, car il ne s'attendait rien ! Désormais, il savait qu'il était père d'un élu, qu'il mourrait dans trois ans avec Lily Evans... ou devait-elle dire Lily Potter ? Il avait dû conserver le secret avec Sirius, en sachant que Peter Pettigrow les trahirait, et que son meilleur ami finirait douze années à Azkaban, avec pour seule idée fixe qu'il était innocent. Hermione se rendit compte de sa bêtise et s'excusa :


    - Oh, James, je suis tellement désolée... Tu en as appris beaucoup sur des choses que tu regrettes de savoir, n'est-ce pas ? Et... en as-tu parlé à quelqu'un d'autre que Sirius ? A Lily, par exemple ? Ou même au professeur Lup... à Rémus ?

    En revenant dans le passé, voilà qu'elle avait perdu la bonne habitude d'appeler les maraudeurs par leurs simples prénoms... Elle se demanda ensuite comment, à la place de James, elle aurait agi. Aurait-elle raconté à tous ses proches leur avenir ou se serait-elle tue ?Aurait-elle trouvé le courage d'assumer son futur et d'assumer ses connaissances avec ses amis ? Sans nul doute que oui. Hermione aurait assez mal supporté de ne pas pouvoir se confier à Ron et Harry. Ça lui aurait brisé le cœur et l'esprit, elle en aurait perdu l'appétit de vivre. Comment faire pour avancer seul, sans pouvoir parler à personne ? Heureusement, James avait Sirius. Ils avaient sûrement pu discuter tous les deux, à l'écart des autres. Pourquoi n'auraient-ils pas pu d'ailleurs ? Mais Hermy pensa soudainement de nouveau à Lily. Comment James aurait-il fait pour conserver le secret face à sa petite-amie, la propre mère de Harry ?

    - Ou bien est-ce que tu es resté enfermé seul avec ton avenir dans ta tête ? James, c'est mauvais, de ressasser le futur dans tes pensées. Crois-moi, j'y connais quelque chose, et ça m'en rend malade. Tu dois cesser de penser à ta m... à la vie de Harry et la nôtre. Concentre-toi sur ton présent.

    Sa langue avait fourché et elle avait bien failli lui dire « penser à ta mort », mais ça aurait justement contrecarré le but premier de sa phrase, ou plutôt de son conseil. Mais elle savait aussi que se concentrer sur le présent, c'était une des choses les plus difficiles à faire. A la place de James, Hermione n'aurait jamais su comment réagir. Aussi arrivait-elle à comprendre toutes les actions et réactions de James, elle-même se sachant capable de faire la même chose si jamais cela lui arrivait aussi – ce qu'elle n'espérait pas vraiment, sa vie étant suffisamment bouleversée et chamboulée comme ça. Elle ferma les yeux, visualisa rapidement son ancienne vie. Etait-ce vraiment bien qu'ils en sachent autant ? Les maraudeurs ne devraient-ils pas rester sur leurs connaissances et laisser l'avenir se jouer de lui-même ? Ils en savaient déjà beaucoup trop, et si jamais Dumbledore l'apprenait... Hermione ne voulut même pas songer à la fureur qui l'habiterait et aux insultes qu'il tiendrait.

    - Peut-être, mais la situation de Severus est particulière... Dumbledore aurait pu s'en charger lui-même, sûrement et... Non, James, moins tu en sauras sur le futur, mieux tu te tiendras. C'est une vérité. En revanche, je ne peux te cacher ce que je sais, car j'aurais été dans la même posture à ta place et si tu avais pu m'apporter des informations, je t'aurais écartelé afin de les entendre. Enfin, écartelé... manière de parler. Tu sais, James, c'est assez dur, même pour moi, d'en parler. Tout est changé, maintenant. Regarde : Pétunia est morte ! Qui éduquera Harry dans le futur, avec Sirius à Azkaban ? Comment le monde sera-t-il ? Je l'ignore. Le futur peut-être changé, c'est ce que je tente de t'expliquer. Et si toi et Lily mourrez, comme prévu, que Sirius est emmené, mais que Harry n'a pas le même destin, il se peut très bien qu'il devienne Serpentard et rejoigne le camp de son pire ennemi ! Tu saisis, James ? Tu ne peux pas t'appuyer sur des sources aujourd'hui empoisonnées...

    Hermione réalisa ce qu'elle venait de dire une fois qu'elle eut achevé sa phrase, et elle se rendit compte qu'elle avait jusqu'alors refusé d'y croire, mais que désormais cela prenait une place bien plus importante dans sa tête, dans sa vie. Elle ne pouvait même plus se raccrocher, se retenir à ses souvenirs, ils étaient aujourd'hui faux ! La jeune Gryffondor grimaça, son visage se tordit, et une larme vint couler sur sa joue. Elle l'essuya machinalement et avec colère, avant que James ne s'en aperçoive. Il riait même lorsque la discussion ne le permettait pas et elle ne voulait en aucun cas que son éclat ne se rembrunisse aussi. Elle avait besoin de bonne humeur et de joie pour continuer à croire.

    - Ah oui, la carte de Poudlard avec les chemins secrets et les souterrains... Harry y tenait beaucoup, elle lui a permis de se rendre à Pré-Au-Lard, en troisième année, quand Sirius trainait sous sa forme de Patmol et que les Dursley lui avaient refusé l'autorisation d'y aller... J'étais assez contre le fait qu'il vienne « illégalement », mais j'étais soit-disant trop à cheval sur le règlement.

    Hermione se rappela les mises-en-garde qu'elle avait faites et eut une certaine nostalgie... Comme pour tout, en règle générale et définitive. L'époque où elle pouvait reprocher leur insouciance à ses deux meilleurs amis, Harry et Ron, sans avoir à se reprocher les mêmes choses à elle-même... Elle soupira, mais un sourire vint barrer son visage devenu gris malgré le soleil. C'était comme si, lentement, à travers une progression infime, le bonheur revenait éclairer ses yeux et ses lèvres.

    - Harry... C'est un bien vaste sujet que de vouloir savoir qui est Harry... Que veux-tu que je te dise sur lui ? C'est mon meilleur ami, James, il est comme un frère pour moi. Je n'ai jamais réussi à lui en vouloir pour quoi que ce soit. J'aimerai tant que mon Harry ne change pas, qu'il reste dans cet avenir incertain la même personne qu'il est aujourd'hui...


[HRP : Désolée pour la fin de post bâclée de chez bâclée, mais ça vient de sonner et je dois partir... Encore désolée ! ]
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MessageSujet: Re: Et jamais au long de sa vie l'oiseau n'eut peur d'oublier comment voler... [James P.]   Jeu 15 Oct - 16:42

A la réponse d'Hermione, James haussa les épaules. Oui, probablement que ça avait dû être difficile pour Harry de garder tout ça pour lui tout ce temps. Alors que lui, pas de soucis, il n'avait aucun problème avec ça. Il estimait tout de même que celui qui en bavait le plus d'eux deux, c'était bien lui. Harry ne devait pas faire face à une mort prématurée qui se rapprochait de jour en jour. Le Gryffondor garda le silence, pour ne pas se montrer sarcastique et vexer Hermione. Il ne voulait pas non plus se faire passer pour la victime. Il n'avait nul besoin de pitié ou de compassion. Ce qu'il voulait, c'était des réponses, des directives. Il voulait des indices, pour se faire une idée de la marche à suivre. Il aurait tellement aimé que Dumbledore ne les laisse pas seuls dans cette histoire ! Il avait besoin que le directeur lui dise quoi faire, lui dise aussi que tout irait bien. Malheureusement, ni lui ni aucun adulte ne le lui dirait.

Hermione sembla se rendre compte de sa bourde, et s'excusa. En effet, ça n'avait pas été facile pour lui, mais il ne regrettait pas totalement de savoir. Au moins, il pouvait se préparer, et il profiterait doublement de la vie. Au moins, ils avaient les cartes en mains, et pouvaient placer leurs pièces comme bon leur semblait. Maintenant que les principaux intéressés étaient tous au courant ( ou sur le point de l'être), ils pouvaient élaborer un plan tous ensemble. Mettre au point une ligne de conduite, qu'ils décident tous ensemble de là où ça les mènerait. Évidement, une partie de James aurait préféré ne rien savoir du tout. Pouvoir continuer à vivre sans se poser de questions, prendre chaque instant comme il venait, et ne pas songer que ce serait peut-être le dernier. Ne pas redouter tant une simple date. Mais c'était trop tard à présent, et ils se devaient de tourner toutes ses informations à leur avantage.


-Je ne regrette pas vraiment... Au moins maintenant, je suis fixé. Je sais où je vais, je sais ce qui m'attend. C'est sûr que ça enlève beaucoup de piquant à la vie, quand on sait où mène la route qu'on emprunte, mais je profiterais doublement des moments. Je n'en ai parlé à personne pour le moment. Mais je compte le dire à Lily avant la fin de la semaine. Je veux savoir ce qu'elle compte faire, elle aussi. Quant à Remus... Professeur, vraiment ? Enfin une bonne nouvelle.


James ne mentait pas, l'idée que son loup-garou chéri devienne professeur le ravissait réellement. Ca voulait dire que lui vivrait, au moins. Qu'il y aurait quelqu'un pour s'occuper de Harry, quoi qu'il arrive. Lui mort, Sirius derrière les barreaux, Peter dans le camp ennemi, c'était un réel soulagement que de savoir qu'au moins l'un d'entre eux n'avait pas un destin tragique. Evidement, Lupin devait déja assumer sa lycanthropie, on a connu moins tragique. Mais il vivrait, il aurait un emploi dans cette école qui était devenue sa maison. Il continuerait le combat au nom des Maraudeurs au grand complet. Il faudrait lui en parler, à lui aussi. Lui dire ce qui allait arriver, le préparer. La suite des paroles d'Hermione, tira un rictus désabusé au Gryffondor.


-Me concentrer sur mon présent ? J'aimerai bien. Ne pas m'enfermer dans ma tête ? J'aimerai aussi. Mais je fais ce que je peux pour gérer cette situation, même si je m'y prend peut-être mal. Comment veux-tu que je pense à autre chose qu'au fait que Lily et moi allons mourir dans trois ans ? J'aurai 21 ans, Hermione. Deux minuscules années après Poudlard, et s'en sera fini de moi. Jamais je pourrais devenir un auror, jamais je pourrais avoir une famille. Je pourrais pas vieillir, d'accord ? Alors oui, je pense tout le temps à ma mort, ça me rend fou. Mais j'arrive pas à me focaliser sur le présent, ni sur la vie qu'il me reste.


Ca le rendait malade, de toujours penser à la mort. Il le cachait bien, évidemment. Depuis le début de l'année, il s'efforçait de surtout ne pas y songer. Il avait retrouvé sa bonne humeur habituelle, son humour mordant, et son statut de grand enfant. Mais maintenant qu'il parlait de tout ça, il n'arrivait plus à voir la vie du bon côté. Il ne faisait que penser à toutes ces choses qu'il ne connaîtrait jamais, toutes ces choses qu'il allait manquer. Ca le rendait fou. Il poussa un soupire pour relâcher la pression, et sorti le vif d'or qu'il transportait partout avec lui. Au moins, ça lui changerait les idées. Au moins, une partie de son esprit serait occupée à autre chose, pendant qu'il discutait de son avenir avec Hermione. Il s'amusa alors à le laisser s'envoler, et à le rattraper au dernier moment.

La jeune femme lui fit alors voir l'avenir sous un angle totalement différent. En effet, Pétunia était morte. Le futur ne pourrait être comme avant. Dans ce cas, fallait-il toujours que Lily et lui meurent ? Que Sirius finisse à Azkaban ? Peut-être pas. Peut-être que ça ne changerait plus rien, finalement. Qu'ils avaient autant vivre. Une faible lueur d'espoir s'alluma dans l'esprit du Maraudeur, une petite flamme qui fut vite soufflée par le souvenir des paroles du directeur. Ils devaient tout faire pour que le futur reste le même. Tous leurs efforts devaient converger dans ce sens, c'était leur seule chance. Qui tuerait Voldemort si Harry ne disposait pas de la protection que la mort de Lily lui apporterait ? Le jeune homme secoua la tête, et serra le vif d'or à s'en faire mal aux doigts. Les ailes de la petite balle lui chatouillèrent la paume, et il la relâcha
.

-Dumbledore m'a dit que nous devions tout faire pour que le futur reste le même. Il ne faut pas qu'il change plus qu'il ne l'a déja fait. Sirius pourrait ne pas tenter de nous venger, et élever Harry. Je ne sais pas... Ce que je sais, en revanche, c'est que j'ai pas envie de mourir pour rien. Si personne n'est là par la suite pour s'assurer que l'avenir ne changera pas, alors je vois pas pourquoi nous on ferait tant d'efforts. Hermione, laisse moi te poser une question... Pourquoi vous êtes revenus dans le passé, au juste ?


James ne comprenait pas exactement pourquoi son fils et ses amis avaient remonté le temps. Leur arrivée avait tout bouleversé, et ils auraient dû le savoir. Même lui qui ne s'intéressait que très peu à la théorie savait qu'il ne fallait pas jouer avec le temps. Personne n'en était le maître, et il était dangereux de s'immiscer dans ses rouages pour changer son cours. Si Harry mourrait ici, qui vaincrait Voldemort ? La logique des voyageurs du temps échappait totalement au Gryffondor. Mais l'explication de la jeune femme allait probablement éclaircir tout ça.

Hermione parla de la Carte, et James fut ravi de savoir que son fils y tenait beaucoup. Après tout, il savait qu'il aurait voulu que sa descendance, ou celle de Sirius, possède cette carte. Et un fasse un aussi bon usage qu'eux l'avaient fait. Visiblement, Harry était un parfait détenteur, fidèle à l'esprit des créateurs. Une partie du Maraudeur, une petite partie, aurait pu sauter de joie en apprenant que son fils n'en avait rien à foutre des règlements. Que comme son père adoré, il ne faisait cas d'aucune règle, et qu'il utilisait la carte pour les enfreindre. Aha, digne fiston de son papa. Cherchant les yeux de son amie, James fronça les sourcils.


-Qui sont les Dursley ?


Hermione ne devait pas vraiment se rendre compte qu'elle prononçait des noms qui ne signifiaient rien pour lui. Il n'avait aucune idée de qui pouvaient bien être ces gens qu'elle venait de citer. Qui étaient-ils, pour interdire à Harry de se rendre à Pré-Au-Lard ? En parlant de Harry, noyé au milieu d'autres questions, James demanda à en savoir plus sur lui. Il voulait le connaître, c'était certain. Ce serait probablement sa seule chance de le faire. Mais il se sentait trop perturbé pour aller discuter avec lui. Même si une partie de lui en avait vraiment envie, il savait qu'il ne le ferait pas. Il détestait se sentir mal à l'aise, et fuyait ce sentiment comme la peste. Et il était vraiment inconfortable pour lui de se retrouver en présence du Gryffondor. Pour le moment, du moins.


-D'après tes paroles, on dirait que c'est un mec bien... Ce que je veux que tu me dises sur lui ? Quel genre de personne est-il ? Qu'est-ce qu'il aime ? Et je voulais savoir aussi... Dans ton futur, est-ce que tu sais ce qui est arrivé à mes parents ? Parce que je suis sûr que si je venais à mourir alors que j'ai un enfant, ils feraient tout pour s'occuper de lui... Or ce n'est pas ce qui s'est passé...
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MessageSujet: Re: Et jamais au long de sa vie l'oiseau n'eut peur d'oublier comment voler... [James P.]   Sam 17 Oct - 18:14

    Ainsi donc, James n'en avait pas encore parlé à Lily... Cela étonna grandement Hermione. Elle avait pensé, tout au contraire, que le Gryffondor lui avait déjà annoncé les bonnes - Harry, son fils, était un garçon génial destiné à réduire Lord Voldemort en poussières - et mauvaises nouvelles - elle et James devraient mourir dans à peine trois ans... Hermione comprit que cela avait dû être vraiment difficile pour James. Ne pas le dire à Lily, la regarder, penser que son visage ne sourirait plus dans à peine trois ans, et garder pour lui cet immonde secret. La jeune fille songea que James était courageux. Peut-être trop. Car, après tout, ne devait-il pas partager ses informations au plus vite, pour ne pas succomber sous l'avalanche de révélations ? Hermione n'en savait rien. Elle avait des confidents près d'elle, même si elle ne les avait pas vus depuis longtemps... Et comme ils lui manquaient ! Mais ça n'avait aucun rapport. Hermy et James ne pouvaient être comparés, après tout, ils étaient bien trop différents. Ou pas ? Peut-être au contraire avaient-ils de nombreux points communs ? Ce qui n'empêchait pas James, malgré tout, d'avoir gardé le silence... Et Hermione ne put s'empêcher de lui sourire.

    Hermione avait lâché sans faire exprès le fait que Remus serait professeur dans le futur. Elle n'aurait pas dû. Pour la peine, James se réjouissait de l'avenir d'un de ses meilleurs amis et ne s'imaginait même pas que le pauvre homme serait renvoyé après seulement une année en fonction... Enfin, renvoyé, c'était une manière de parler. Mais comment dire que les parents d'élèves refusaient catégoriquement la lycanthropie d'un professeur ? Remus Lupin avait démissionné dès que Rogue, cet horrible Severus Rogue, l'ai annoncé à tout le monde... Hermione ressentit une immense bouffée de haine à l'encontre du Rogue adulte. Tout ça parce que Remus était un ami de Sirius et que Rogue n'avait pas vu en face le fait que le traître Peter soit réellement vivant ! Mais la jeune Gryffondir s'enfonçait dans des souvenirs lointains et des pensées confuses qu'elle ne devait pas réveiller. Autant les laisser où elles étaient, ces pensées, histoire de les oublier un peu. Et puis, dans le présent, Rogue était adorable avec elle. Dans ce cas, pourquoi lui en vouloir ? C'était débile, enfantin. Mais Hermione revint au sujet Lupin. Il avait été professeur, certes. Et très bon professeur de Défense Contre les Forces du Mal, d'ailleurs. Comparé à Ombrage, il faut dire qu'il était même parfait. Mais malheureusement, Remus avait vite quitté Poudlard et lui prédire un avenir d'enseignant de la magie serait trop optimiste pour le moment...


    - Ne te réjouis pas si vite. Professeur... en fait, pas très longtemps. C'est juste que... l'habitude est revenue et... je suis désolée. Je ne voulais pas dire ça... c'est que... il est parti à cause de Severus. Les parents ont appris qu'il... il était un loup-garou. Hum... Il est un loup-garou.

    Puis elle vit une drôle de grimace se dessiner sur le visage du jeune homme. Elle tentait tant bien que mal de lui expliquer à quel point il était important pour lui - pour eux tous - de se concentrer et de se focaliser uniquement sur le présent. C'était le plus important. Mais d'un autre côté, elle comprit ce que voulait dire James. Il allait mourir, il le savait. Mais comment accepter une chose pareille ? Comment se dire que c'était possible ? Forcément, James se battait en lui-même contre cette vérité. Il ne désirait pas mourir, évidemment, personne ne veut succomber ! Et surtout pas à cet âge-là, avec un bébé d'à peine un an... James ne connaitrait jamais son fils, il ne le verrait pas grandir. Et il le savait. C'était sûrement le pire, dans toute l'histoire. S'il n'avait pas été au courant, il aurait pu continuer à vivre avec insouciance et gaieté. Or, désormais, un sérieux nouveau caractérisait ses traits. Il ressemblait de plus en plus à Harry, avec cette mine réfléchie et vexée à la fois, comme si dans sa tête ses neurones bouillonnaient.

    Mais alors, brusquement, il sortit le vif d'or de sa poche. Harry aussi aimait ce petit obejte doré, muni d'ailes fines sur les côtés, et qui traversait le terrain de Quidditch à la vitesse de l'éclair, dans un souffle discret de lumière. Hermy regarda la balle s'envoler, essayer de s'échapper, mais James la rattrapa au dernier moment. Essayait-il de pousser ses réflexes à leurs limites et de centrer son attention sur la vif d'or pour oublier ce sur quoi ils discutaient ? Pensait-il que le futur pourrait avoir une autre issue ?


    - Pourquoi nous sommes revenus dans le passé ? Parce que... Je... Harry, après la mort de Sirius, a surpris le professeur Dumbledore avec Rogue. Ils parlaient de Tu-Sais-Qui. D'après Rogue, Tu-Sais-Qui voulait lui-même revenir dans le passé pour enrayer ses ennemis avant même leur naissance... Autrement dit, pour empêcher Lily et toi d'avoir Harry, ainsi que Alice et Franck d'avoir Neville. Harry était hors de lui. Et puis... Sirius lui manquait. Ron et moi, on a essayé de le persuader de rester, on voulait le convaincre, tu sais... Mais il a gagné. Il nous a persuadés. Alors... Luna et Neville ont refusé de nous quitter puis... nous sommes partis. Sans réfléchir davantage, simplement guidés par la colère de Harry qui se répandait comme du venin dans nos propres veines. Nous étions sûrs d'agir pour sauver le monde.

    Il y eut un bref silence dans lequel la jeune Gryffondor sentit ses épaules s'affaisser légèrement et ses yeux la piquer. Allait-elle se mettre à pleurer ? Elle se retint de toutes ses forces et remporta la bataille : aucune larme ne dévala ses joues réchauffées par le soleil. Elle fit semblant d'être éblouie par les rayons de ce dernier pour avoir une excuse à essuyer ses yeux d'un mouvement sec.

    - Et... c'est ma faute... je... je ne les ai pas retenus... je les ai suivis... J'aurais dû faire quelque chose ! Les arrêter, n'importe quoi ! Et moi, comme une imbécile, j'étais d'accord avec eux... Même Luna était partante ! Oh, James, si tu savais la bêtise que nous avons faite, c'est pire que ce que tu ne peux imaginer. Simplement, maintenant que nous sommes là, autant servir à quelque chose, pas vrai ? L'Ordre, c'est toute notre vie. Regarde, notre famille n'est plus la même. Nos parents ont notre âge. Le professeur qui me détestait est devenu un ami ! Nous avons tout bousillé en venant ici, James, tout. Et il nous faut réparer ce que nous avons cassé.

    Sûrement le jeune Gryffondor s'attendait à ce que Hermione lui déballe un plan parfait, sans failles, avec logique et réflexion, intelligence. C'était tout le contraire. Hermy avait tout sorti en vrac, pêle-mêle. C'était ainsi que ses pensées étaient rangées dans sa tête. En bazar continuel. Pourquoi ? Ne pouvait-elle donc pas trouver des arguments à proposer à James ? Ne pouvait-elle pas faire comme si elle était sûre de sa réponse, comme d'habitude ? Non. Cette fois, Hermione n'avait pas trouvé dans les livres comment s'en sortir. Et elle était perdue.

    Parce que, s'il arrivait un problème aux voyageurs du temps, comment feraient-ils ensuite pour continuer à sauvegarder le futur ? Hermione n'osa même pas songer à la perte de Harry ou de Ron. Quand elle y pensait, elle laissait dans son cœur des traces noires de suie, grises de cendres. Pour Luna et Neville, maintenant qu'elle les connaissait encore mieux, elle savait que leur malheur était commun. Ils ne pouvaient souffrir sans qu'elle n'en éprouve des séquelles. Et si Luna mourrait ? Et si Neville disparaissait ? Et si Harry décédait ? Et si... Hermione cruty sentir sa cervelle exploser. Pour éviter le massacre, elle préféra se concentrer sur James. Il releva sa remarque sur les Dursley, famille adoptive de Harry dans la futur. Mais James se demandait sûrement pourquoi elle les appelait comme ça... Non ?


    - Enfin, James, les Dursley... Harry ne t'a pas dit qu'il avait été élevé par sa tante Pétunia ?

    Hermione comprit soudainement sa bêtise et réalisa qu'elle n'avait vraiment pas été très maligne sur ce coup-là. Décidément, ces derniers-temps, sa perspicacité s'effondrait complètement. Il faudrait qu'elle revoie ça et y remédie au plus vite, se dit-elle en silence. Elle décida aussi, pour James, de résumer la situation des Dursley le plus vite mais le plus clairement possible. Elle n'en savait pas grand-chose, parce que Harry n'aimait pas en parler, mais elle savait quand même deux trois bricoles. Et surtout que Harry détestait les Dursley aussi cordialement que les Dursley détestaient Harry.

    - Pétunia Evans, la soeur de Lily, a épousé un homme du nom de Vernon Dursley, avec qui elle a un un fils appelé Duddley Dursley. Harry les appelle par leur nom de famille. Ils ne s'entendaient... pas très bien disons. L'oncle de Harry avait tendance à croire que les sorciers étaient une race à part, une espèce particulière, et il ne nous portait pas dans son cœur... Harry n'a jamais fait partie de leur famille, il était anormal, selon eux. Tu vois ?

    Elle fut plutôt satisfaite de son résumé, mais n'en laissa rien, paraître. Puis le sujet embraya définitivement et sûrement sur Harry. Bien évidemment, James voulait le connaître. C'était normal, après tout : il ne le verrait pas grandir et puis il se trouvait à Poudlard aussi ! Et il n'avait peut-être pas envie d'aller poser des questions directement à la personne concernée... Hermione ne savait pas quoi dire sur Harry. Il était son meilleur ami, plein de défauts certes, mais plein de qualités. Comment raconter tout cela ? Il y avait trop de choses à dire ! Tout avouer... Mais quoi, tout ?C'est bien facile de raconter la vie des gens qu'on ne connaît pas, les Dursley par exemple, mais Harry ! Comment brosser son portait aussi vite ?

    - Quel genre de personne ? Il est trop célèbre, de là où je viens, pour appartenir à la catégorie timide. Mais s'il ne l'avait pas été, disons qu'il aurait été du style... discret ? Il ne passe pas son temps à se mettre en avant, bien au contraire. Je crois que c'est le destin qui en a après lui, qui fait que les évènements se retrouvent centrés sur lui. Parfois, il aurait bien aimé disparaître... Et d'ailleurs, il y arrivait très bien, avec la cape. Sinon, il a un côté super-héros involontaire... Tu sais, celui qui sauve le monde alors qu'il veut juste rentrer chez lui pour se faire un chocolat ? C'est un stéréotype qui lui convient à merveille. Il ne s'en plaint pas, mais il le pense très fort, je crois. Qu'est-ce qu'il aime ? Le Quidditch. Il était attrappeur, comme toi. Dès sa première année. Et il était doué. Il l'est toujours je pense. Il avait un balai, un Nimbus 2000, puis quand celui-ci s'est brisé, Sirius lui en a offert un autre. Un balai plus rapide que la lumière auquel il vouait un culte avec Ron... Un éclair de feu. Ne me demande pas les vitesses, je n'en sais rien. Mais crois-moi, c'était très, très rapide. Rien à voir avec les balais d'aujourd'hui... Tes parents ? Écoute, James, là je n'en sais rien. Même Sirius du futur ne nous en a pas parlé. Ou du moins, pour ce qui est de ma personne, je ne sais rien... Que sont-ils devenus ? J'ai oublié... Oh, James, j'ai oublié !

    Sa mémoire lui jouait des tours, c'était impossible ! Hermione en paraissait horrifiée, terrorisée. Comment donc avait-elle pu oublier quoi que ce soit ?
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James Potter

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MessageSujet: Re: Et jamais au long de sa vie l'oiseau n'eut peur d'oublier comment voler... [James P.]   Mar 27 Oct - 14:47

[Désolée pour le retard ! ]

L'annonce de la nomination de Remus en temps que professeur réjouit James, sincèrement. Au moins l'un d'entre eux vivrait une vie presque normale, vivrait tout court. Ils était quatre amis inséparables, quatre garçons qui se serraient les coudes quelle que soit la situation, et qui s'aimaient comme des frères. Jusqu'à l'année passée James croyaient qu'ils étaient tous prêts à donner leur vie les uns pour les autres. Ils avaient longtemps cru que le monde leur appartenait, qu'il n'attendaient qu'eux. Ils avaient rêvé qu'à la sortie de Poudlard, ils arriveraient en conquérants et que tout leur réussirait. Que tous leurs rêves deviendraient réalité, avec une facilité déconcertante. Qu'ils ne seraient jamais séparés, toujours là les uns pour les autres. Mais qu'allait-il leur arriver en réalité ? Dans quatorze ans, leur amitié ne serait plus qu'un vague souvenir, leurs rêves et leurs envies oubliés depuis longtemps. Ils se pensaient les sauveurs du monde, et le monde allait avoir raison d'eux. James allait mourir, Sirius allait finir en prison, Peter allait les trahir. Remus serait le seul témoignage vivant et libre de ce que leur amitié et leur vie avait été.

Hermione mit rapidement fin au faible soulagement que le jeune homme avait ressenti. Remus ne resterait pas longtemps professeurs, les parents n'acceptant pas sa lycanthropie. Ainsi donc, eux qui attendaient tant de la vie, n'auraient jamais le droit d'être heureux. Ils n'auraient jamais le droit de devenir ce qu'ils avaient rêvé d'être, aucun d'entre eux. Merde, la vie était vraiment pourrie, jusqu'au bout. Ils étaient quatre, et pas un seul n'arriverait là où il voulait finir. James eut une soudaine envie d'en parler à Remus. De lui demander comment il gérait tout ça, lui qui savait depuis si longtemps. Comment il acceptait le fait de laisser ses amis mourir, trahir, se faire emprisonner ? Il eut envie de se lever et d'aller courir, sous sa forme d'animagus. Courir jusqu'à oublier, oublier cette douleur dans sa poitrine. Oublier qu'il n'avait plus le droit de rêver, qu'aucun des Maraudeurs n'avait plus le droit de rêver.

Hermione mentionna le nom de Rogue, et James ne pu s'empêcher de le maudire, et ce jusqu'à la huitième génération, si son espèce était capable de se reproduire. Toujours le même, qui venait leur pourrir la vie. A croire que même dans le futur, cette chauve-souris graisseuse n'avait rien d'autre à faire de sa misérable vie que de se mêler de ce qui ne le regardait pas. James n'avait pas oublié le sortilège qu'il lui avait balancé en Avril, et si en plus dans le futur il venait chercher des poux à son Mumus chéri, il ne manquerait pas de l'accueillir comme il se doit en janvier. Dès que le petit Mangemort en herbe mettrait un quart d'orteil à Poudlard, James lui tomberait sur le coin de la figure pour lui refaire le portrait façon Maraudeur. Et nul doute que Sirius voudrait participer.


-Hum, évidement... Encore et toujours lui. Tiens d'ailleurs, qu'est-ce qu'il fait dans le futur celui-là ? En dehors d'être un Mangemort, bien entendu.


James avait la rancune tenace, et les nerfs à fleur de peau. Rien que le fait de prononcer le prénom de son ennemi suffisait à le mettre en rogne. Bien sûr, il n'était pas énervé contre Hermione, au contraire, mais il en voulait à Rogue pour tout ce qu'il avait déja fait, et pour tout ce qu'il ferait plus tard. A croire qu'il aurait mieux fait de l'envoyer à Azkaban ce sale avorton. Enfin, avorton... D'après le Racontard, Monsieur Servilus était de plus en plus musclé. La blague, James avait hâte de voir ça.

Il sortit alors le vif d'or de sa poche, et s'amusa avec. Histoire de se détendre, et d'essayer de se concentrer sur autre chose. Parler de tout ça lui faisait voir la vie du mauvais côté, même s'il savait qu'il en avait besoin. Harry ne leur avait pas tout dit, et il avait envie d'étancher sa soif d'informations. Il avait besoin d'en savoir le plus possible pour être sûr de ce qu'il allait faire. Et puis, il devait avouer qu'il était curieux aussi. Et ce n'est pas tous les jours qu'on a quelqu'un qui arrive du futur. James avait de savoir comment était la vie à cette époque, ce qu'étaient devenu les gens qu'il connaissait, les gens qu'il aimait. Même si ça devait lui faire mal.

Hermione lui raconta, à sa demande, pourquoi ils étaient revenus dans le passé. James sentit tout de suite qu'elle regrettait, et il arrêta de jouer avec son vif d'or. Il tourna son regard vers elle et l'observa. Elle savait qu'ils n'auraient pas dû faire ça, qu'ils avaient changé beaucoup de choses. Mais ils n'avaient agi que pour contrer Voldemort, ce qui était une raison valable, aux yeux du Gryffondor. Et puis, lui-même continuait de croire que ce n'était pas une si mauvaise chose. Même si ça lui avait enlevé tous ses rêves et tous ses espoirs, au moins il savait, et il pouvait se préparer. Au moins, avec ces informations, ils pouvaient tous arranger les choses, les aider à aller dans la bonne direction. Il estimait que c'était un atout, même si ça chamboulait le cours du temps.

Il vit les épaules de la jeune fille s'affaisser, et il sentit que la tristesse la gagnait. Il l'écouta jusqu'au bout, puis se rapprocha d'elle. Il lui donna un faible coup d'épaule amical, un petit sourire aux lèvres.


-C'est pas du tout de ta faute... Si Harry tient au moins un peu de moi, à mon avis il est impossible de le raisonner. Et puis, à ta place, j'aurai aussi accepté. Vous pensiez que vous alliez sauver le monde, que vous alliez aider les gens de mon époque... Et je pense pas que vous aviez tord. Même si vous avez changé quelques trucs en arrivant ici, vous êtes un atout précieux pour l'Ordre. Et puis... C'est la guerre là dehors, et je crois qu'il est bien que chacun sache le rôle qu'il doit jouer. Et c'est parce que vous êtes revenus que Sirius, Remus, et moi on sait quel rôle on a. Tout ce qu'il faut, maintenant, c'est trouver un moyen de vous renvoyer chez vous... Parce qu'à mon avis, ce serait pas vraiment l'idéal si vous mourriez ici.


James n'était pas très doué pour remonter le moral des gens. Il ne parla donc pas de ce qu'ils avaient tous laissé derrière eux pour s'embarquer dans cette aventure. Ils avaient abandonné leur vie et ceux qu'ils aimaient pour venir à cette époque, pour suivre Harry. Soit son fils avait un pouvoir de persuasion qui frisait l'indécence, soit ils étaient tous des amis exceptionnels. Et aucun d'eux ne manquait de courage, ça c'était clair. Une partie de James, celle qui acceptait que Harry soit son fils, fut ravie que son enfant soit si bien entouré. Le rejeton Potter semblait s'être trouvé des amis de grande qualité, qui le suivraient n'importe où.

Hermione reprit la parole. Elle ne se rendait probablement pas compte qu'elle évoquait des choses ou des personnes qui étaient totalement inconnues à son interlocuteur, qui parfois, n'en menait pas large. Il essayait pourtant d'établir des liens entre tout ce qu'il apprenait, mais parfois c'était difficile. Il n'avait aucune idée de qui pouvaient bien être les Dursley. Lorsqu'il posa la question, la jeune fille sembla surprise. James tourna les yeux vers elle, et haussa les sourcils. Si bien sûr qu'il savait que Harry avait été élevé par Pétunia... Mais il n'en avait pas fait une biographie non plus. Il ne dit pas un mot, et Hermione reprit la parole pour s'expliquer. Et ce qu'elle déclara ne plus pas beaucoup au jeune homme. Ainsi, Harry avait été mis à part toute son enfance, parce qu'il était l'enfant de deux sorciers. James savait que Pétunia considérait Lily comme un monstre parce qu'elle possédait des pouvoirs, ce qu'il trouvait on ne peut plus ridicule.

Mais de là traiter un enfant comme tel avant même qu'il ne démontre une aptitude magique, c'était du grand n'importe quoi. Il ne pu s'empêcher de ne pas regretter sa mort... Au moins Harry ne tomberait pas dans cette famille pourrie
.

-Il ne nous avait pas raconté tout ça. Il a pas eu une enfance facile, si je comprends bien... Mais, puisque Pétunia a été tuée... Tu crois que dans ton époque, Dudley Dursley a disparu comme ça, du jour au lendemain ?


Et si ça s'était vraiment passé comme ça, qu'est-ce qui s'était passé pour Vernon Dursley ? Les choses étaient sensées changer, et le futur ne devait plus être exactement tel qu'ils l'avaient connu. Les souvenirs de Harry devaient s'estomper sur ce point, non ? et ceux des autres aussi, normalement. Enfin, à vrai dire, il n'en savait rien. La théorie, comme il se tuait à le répéter à tous ceux qui cherchaient à lui faire apprendre ses leçons, ça n'était pas pour lui. Or, dans le domaine des voyages dans le temps, il ne pouvait pas trop mettre en pratique. Donc tout ce qu'il savait sur le sujet n'étaient que des suppositions. Il n'avait jamais rien lu là dessus, et on ne lui en avait jamais parler. Hermione, en témoin vivant, pourrait probablement lui en apprendre plus.

Il demanda alors quel genre de personne était Harry. Il n'osait pas aller le découvrir par lui-même, mais il était tout de même curieux. Ce type était tout de même son fils, et même si c'était difficile à avaler, il voulait quand même le connaître. Il n'en aurait pas l'occasion plus tard, alors autant saisir sa chance et demander à Hermione, qui devait bien le connaître. Ce qu'elle lui apprit plu au Maraudeur. Ainsi, Harry sauvait le monde sans le vouloir... Il était un héros modeste... Et un attrapeur doué avec le meilleur modèle de balais disponible. Pas de doute, il devait faire craquer les filles. Et il avait hérité de son papa la carte du Maraudeur et la cape d'invisibilité. Tant mieux. Le jeune homme avait reporté son attention sur le vif d'or qui voletait au bout de ses doigts, souriant. Le portrait de son fils qui venait de lui être fait lui plaisait.

En revanche, les choses se compliquèrent lorsque Hermione parla de ses parents. Elle ne savait pas ce qui allait leur arriver. James avait le pressentiment que ça ne pouvait rien être de bon, parce que sinon, ils auraient pris soin de Harry. Jamais ils ne l'auraient laisser grandir dans une famille qui ne l'aimait pas. Jamais il ne l'aurait laissé grandir au milieu de moldus qui considéraient les sorciers comme des anomalies. Quelque chose allait donc arriver à ses parents, et ce, avant que lui-même ne meurt. Super, encore une bonne nouvelle. Les dernières paroles de la jeune fille firent lever la tête du Gryffondor. Ses yeux cherchèrent les siens, et de surprise, il laissa le vif d'or s'échapper. S'en fichant comme de l'an quarante, il resta un instant à observer Hermione. Que voulait-elle dire par "J'ai oublié" ? Etait-elle sensée savoir ? Avait-elle su, dans son époque ? Ses souvenirs s'estompaient-ils à mesure que les choses changeaient ?


-Comment ça tu as oublié ? Les choses ne se passent pas comme prévu avec tes souvenirs changent ? Est-ce qu'il y a d'autres choses que tu as oubliées ?


Sa dernière question n'avait pas vraiment de sens, puisque, techniquement, Hermione ne pourrait pas y répondre. On a en général du mal à se rappeler des choses qu'on a oubliées, ou des souvenirs qu'on a perdus. Mais bon, Hermione avait un peu fait perdre ses moyens au Maraudeurs en s'exclamant de cette façon. Devait-il s'inquiéter ? Y avait-il un moyen d'y remédier ? Mince, plus il discutait avec la jeune fille, plus il avait la sensation que toute cette situation n'était qu'un vaste bourbier dans lequel ils s'enfonçaient tous petit à petit.
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MessageSujet: Re: Et jamais au long de sa vie l'oiseau n'eut peur d'oublier comment voler... [James P.]   Ven 6 Nov - 8:17

[HRP : Et c'est toi qui parles de retard ? En tous cas, avec un post aussi long, c'est tout pardonné !]

    Hermione vit bien à son allusion à Rogue que James en était touché. Même si il l'avait défendu lors de l'audience au Ministre de la Magie, il n'avait pas oublié pourquoi il s'y était rendu initialement. Si Rogue était dehors en ce moment, renvoyé de Poudlard, ce n'était pas pour rien. Finalement, malgré la nécessité que Rogue vive pour que le futur soit moins chamboulé qu'il ne l'était déjà, James en voulait plus que tout au jeune Serpentard. Et cette haine qu'il vouait à Severus, elle n'était peut-être pas si innocente que cela. Peut-être que, contrairement à ce que Harry avait vu dans la Pensine de Dumbledore, lors de leurs 5ième année à Poudlard dans le futur, et pendant sa leçon d'occlumancie avec Rogue, n'était pas fondé sur des mensonges communs. Quand James avait suspendu Severus en l'air et avait trouvé comme excuse le seul fait que le vert et argent existe n'était pas la vraie raison. Derrière cette haine mutuelle se cachaient les fondements de personnes ayant réellement quelque chose à détester chez l'autre...

    Leurs aspirations, peut-être ? Hermione n'en savait rien ! James était un jeune homme juste, certes plaisantin et pas toujours sérieux, mais désireux de vivre dans un monde où les choses appartiennent librement aux uns et aux autres. James ne voulait pas que le Mal de Lord Voldemort prenne le pouvoir. Et il était capable de se battre jusqu'au bout, en réel Gryffondor, pour défendre ses idéaux, ses principes, la cause qu'il trouvait juste. Oui, James était réellement du bon côté, si bien est qu'il y ait un bon et un mauvais côté, du moins était-il du côté du Bien ? Tandis que Severus Rogue, de son côté, était bien différent. L'opposé ? Pas forcément...

    Severus était très fortement attiré par la magie noire, et il était un Mangemort. Mais cela ne faisait pas de lui l'opposition de James Potter pour la simple et bonne raison que Severus n'était pas lâche ou pleutre. Lui aussi était capable de se battre pour ce à quoi il voulait, Hermione en était plus que certaine. Il était capable d'avouer quand il avait tort, et n'était pas tellement méchant en lui-même. Du moins, ces derniers temps dans le passé, la jeune Gryffondor avait trouvé en son ancien professeur de potions un jeune homme dont elle ignorait tout. Il était d'une agréable compagnie, au fond, et elle avait appris à l'apprécier. Seulement aujourd'hui, alors qu'il était loin d'elle, et loin de Poudlard, elle ne savait plus quoi penser de lui... Était-il toujours comme avant, lorsqu'il était professeur, était-il toujours détestable et avait-il joué un autre jeu avec elle ? Ou bien paraissait-il sincère ? Était-il un semblant d'ami ? Hermione ne voulait presque pas savoir. Mais en tous cas, ce qu'elle savait désormais, c'est qu'il avait agressé James sans raison apparente et que ce n'était pas vraiment comme ça qu'elle imaginait ses amis. Et puis, Ron et Harry détestaient Rogue ! N'était-ce pas une seule bonne raison pour admettre que Severus était... mauvais ?


    - Rogue ? Plus tard, dans le futur ? En fait il est... Mmh... Professeur de potions à Poudlard et directeur de la maison des Serpentards.


    Elle avait dit ça très vite et d'un trait, sans respirer, comme pour faire passer la nouvelle plus vite. Pourquoi donc Remus, cet homme juste et bon, qui n'avait rien demandé à rien pour obtenir une pareille situation de loup-garou, avait-il du quitter Poudlard alors que Rogue y était tranquillement installé depuis des lustres et que lui était un Mangemort ? Hermione ne comprenait pas ceci non plus. C'était, en plus d'être incohérent, totalement injuste. Après tout, entre eux deux, lequel était le plus susceptible d'enseigner correctement à Poudlard ? Lequel méritait réellement ce poste tant souhaité que d'être professeur des Défenses contre les Forces du Mal ? Rogue ou Lupin ? Cela ne faisait pas un pli, aucun doute n'était remis en cause : Remus Lupin, évidemment. D'accord, Severus Rogue n'était pas professeur de DFCM, mais le seul fait qu'il ait le droit de siéger à Poudlard et pas Remus, cela mit les nerfs de la jeune Gryffondor en pelote !

    Mais seulement sur le moment. Elle n'avait pas le droit de penser à tout ceci de cette manière... Après tout, dans le futur, Dumbledore faisait confiance à Rogue... Était-ce une raison suffisante ? Décidément, Hermione ne savait rien sur rien ! Et plus elle y songeait, plus cela la démoralisait. Elle, si logique ! Elle, si intelligente ! Elle, si vivre d'esprit ! Pourquoi donc ne comprenait-elle plus rien, pourquoi donc n'avait-elle plus aucune solution ces derniers temps ? Avait-elle perdu sa raisons quelque part, qu'elle errait désormais sans chemin à suivre ? Non, c'était impossible. Hermione savait que ça, au moins, c'était strictement impossible. Elle n'atait pas là, présente à son poste, pour marcher sans but. Elle avait un combat, et elle n'était pas prête à le lâcher de si tôt !

    Elle devait faire quelque chose pour rétablir le futur, aider les maraudeurs et l'Ordre du Phénix dans leurs batailles, dans leur guerre, et tout faire pour vaincre Lord Voldemort. C'était sa guerre à elle aussi. Non ? Mais elle n'eut pas besoin d'attendre une réponse à cette question. Quand James lui demanda pour quelles raisons elle et les autres voyageurs du temps étaient revenus, elle lui expliqua, mais c'était plus fort qu'elle, elle était terrorisée. Elle ne regrettait pas ce qu'elle avait fait. Elle était venue, et désormais elle assumait. Elle avait sa place ici. Mais quand elle y repensait, c'était tellement... irréfléchi ! Débile ! Pourquoi n'en avait-elle pas parlé à Dumbledore avant, bon sang ? Mais malgré son énervement soudain, elle eut un vague sourire. James était gentil, trop gentil. Il lui dit que ce n'était pas de sa faute et qu'elle avait eu raison ? Non, c'était même complètement insensé ; il voulait simplement la consoler et du coup il racontait des bêtises ! N'empêche, les remords de la jeune Gryffondor s'évanouirent en un nuage de fumée presque instantanément, ne laissant derrière eux que des traces indélébiles de regrets inavoués.


    - Tu sais, James, ce n'est pas très malin ce que nous avons fait. D'accord, ce n'était pas mal, mais seulement parce que vous êtes maintenant fixé. Sinon, tout le reste, c'est notre faute, nous sommes responsable de pas mal de choses... Tu comprends ? Seulement, nous devons faire avec ! Nous n'avons pas d'autre choix que de réparer nos erreurs... Et de les assumer pleinement. Pour ce qui est de retourner chez nous, James, je crois pouvoir dire sans mentir que notre "chez nous" n'existe plus. Il a disparu. Si nous retournons dans le futur, dans l'hypothèse où une telle chose serait probable et que nous ne soyons pas encore morts ici, nous retournerions dans le futur de maintenant, dans un autre futur... Pas dans le futur du passé que nous connaissons.

    Hermione savait pertinemment qu'elle n'était pas claire que quiconque l'écouterait s'enfuirait aussitôt à toutes jambes. Mais James voulait savoir, il voulait comprendre, et tout autant qu'elle il voulait essayer tout ce qui marcherait pour trouver des solutions. Aussi ne s'inquiéta-t-elle pas de trop quand elle le vit saisir son vif d'or. Il n'était pas parti, c'était une bonne chose. Et même si ses doigts agiles jouaient avec la fine balle dorée aux ailes transparents, elle était sûre que l'attention du jeune homme lui était entièrement dédiée. Alors elle chercha des exemples pour illustrer ses propos et lui énonça ses pensées.

    Tu vois, dans notre passé, Pétunia est vivante. Or, elle est morte à ce jour. Donc rien ne peut être plus pareil dans l'avenir, tu vois ? Si nous partions, nous arriverions dans un endroit inconnu, dévasté, et peut-être même n'existerions-nous pas ? Harry, je l'admets, ne peut voir d'autre solution que d'exister puisque toi et Lily êtes au courant, du moins Lily le sera bientôt je pense... Mais nous autres ? Neville, Luna, Ron et moi ? Et si mes parents mourraient aujourd'hui ? Est-ce dans l'avenir je pourrai exister avec un autre nom, une autre famille ? Il y a tant et tant de secrets que nous cache le temps, que je suis perdue moi-même dans les explications que je donne. Si nous pouvons nous permettre d'espérer retourner à notre époque, la vraie notre, comme si de rien n'était, nous ne pouvons pas en revanche savoir avec certitude en être capables. L'espoir est la dernière chose qui nous reste du futur...

    Mais avant de partir dans un soliloque sans fin, Hermione avait perçu dans la voix de James une certaine fierté. Pourquoi ? Elle n'en avait pas une très grande idée, mais pensait que c'était à cause, ou grâce, à Harry. Évidemment, il devait être fier de son fils ! C'était normal. A sa place, Hermione aurait été si heureuse de voir son fils aimé, entouré, avec des amis, des vrais, capables de le suivre parce qu'ils ont confiance en lui. Capables de tout faire pour l'aider. James devait sûrement reconnaître en Harry des qualités lui appartenant, ou bien quelques uns de Lily... Hermione n'arrivait pas vraiment à réaliser que Jales aurait fait un vrai bon père. Il était trop jeune pour s'en rendre compte lui aussi, mais elle était persuadée que, s'il avait vécu et éduqué Harry, celui-ci aurait été le même...

    Comme si, même mort, il avait réussi à guider son fils sur le chemin de la vie. A lui insuffler le bonheur et la volonté, à lui prouver le courage et à lui insinuer le non-respect des règles. Oui, sans aucun doute, James avait vraiment beaucoup donné à Harry. Même dans l'absence, même dans l'inconnu, même involontairement, Harry n'était pas Harry pour rien. C'était ses parents qui avaient veillé sur lui pour qu'il devienne ce qu'il était... Mais n'aurait-il pas été plus heureux si ses parents avaient été vivants ? Cela n'était pas du ressort de la jeune Gryffondor, malheureusement... Et pourtant, depuis la mort de Pétunia, la soeur de Lily, elle ne pouvait s'empêcher de se demander ce qui arriverait à Harry, une fois ses parents décédés. Elle avait imaginé tous les scénarios, toutes les possibilités... Et chacune la ramenait à cette idée seule : il ne fallait pas bouleverser le futur davantage, et pourtant les chamboulements étaient obligatoires afin de conserver ce qui devait être conservé.


    - Tu veux dire que... Tu penses que d'un seul coup, Dudley aurait disparu ? Pouf ? Oui, ça m'est déjà venu à l'esprit. Que, en ce moment même où nous agissons, le futur se transforme et se réécrit. Mais je ne pense pas que ce soit... pouf. Je pense que Dudley a disparu comme s'il n'avait jamais existé. Il n'aura jamais existé. Son propre père aura oublié qu'il était père. Tu vois ? Il disparaîtra aussi dans les mémoires des autres. En fait, tout sera normal, dans le futur. Il n'y aura pas de portés-disparus ou quoi, il y aura juste des personnes qui s'évanouiront des mémoires et de la terre. Imagine que, en revenant par ici, au lieu de conserver le futur comme nous le souhaitions, nous ayons complètement effacé celui-ci. Suppose que l'avenir soit une page blanche et que nous n'ayons plus qu'à tout réécrire...

    Hermione eut ensuite la peur de sa vie quand James la conduisit sur le sujet de ses parents, les Potter. Hermione ne savait plus si Harry et elle en avait déjà parlé... Elle aurait parié que non, mais comme elle ne s'en souvenait plus, elle préférait ne pas parier... Et c'était horrible, non ? Dans une situation pareille, comment pouvait-elle se permettre d'oublier si elle a déjà parlé de choses aussi importantes ? C'était même quelque chose de primordial ! Si jamais le sujet était venu entre elle et Harry, elle aurait du s'en rappeler ! Mais ce ne devait pas être affolant pour les autres, en revanche. La jeune Gryffondor se promis d'aller voir Harry le plus tôt possible pour l'entretenir de tout ceci. Et c'était même plus que urgent, c'était une question de vie ou de mort. Car après tout, si les parents de James n'étaient pas morts et survivaient, ils pourraient s'occuper de Harry ! C'était une possibilité que Hermione n'avait pas encore visitée.

    - Non, ce n'est pas le futur ou le passé qui change mes pensées, c'est juste moi qui ai oublié ce détail super important ! Je comprends maintenant pourquoi toutes les solutions avaient un blanc... Quelque chose clochait !

    Toute à son enthousiasme, la jeune fille ne fit pas attention à ce qu'elle disait, ni même à si James la comprendrait, mais en tous cas ses pensées se bousculaient dans sa tête et ses idées confuses s'embrouillaient. Elle devait parler à Harry le plus tôt possible ! La voilà, leur solution tant désirée ! La voilà la question de l'éducation de Harry ! C'était presque réglé, et ça avait été si facile ! Hermione en sautillait sur place, tant cette nouvelle la réjouissait et l'emplissait d'une joie incontrôlable. Enfin elle avait découvert quelque chose qui ne modifierait pas tout !

    Car dans l'hypothèse où Harry avait été éduqué par Pétunia, c'est que les grands-parents Potter avaient du décéder, de la quelque manière que ce soit. Et si jamais ils survivaient, ce qu'Hermione espérait de toutes ses forces pour eux et pour les autres, ils pourraient alors s'occuper de Harry ! Et dans ce cas, il serait comme Neville, élevé par sa grand-mère. De plus, cela ne modifierait pas trop le futur : de cette manière, on ne bouleversait pas l'avenir de personnes comme Sirius - il devait aller à Azkaban -, de Remus - il devait être professeur - ou des autres qui ont des choses à faire qu'ils ne pourraient accomplir avec Harry... Puisque eux étaient probablement morts, il était évident que cela ne changerait pas trop le futur... puisqu'ils n'en avaient pas ! Donc, en conclusion à tout ceci, il suffisait de trouver les grands-parents Potter et de les maintenir en vie le plus longtemps possible. C'était un peu... donnant-donnant. La vie de Pétunia et de Duddley pour celles des parents de James.

    Mais est-ce que tout cela allait fonctionner ? En même temps qu'elle se réjouissait et mourrait d'envie de se précipiter, avec les autres voyageurs du temps, dans le bureau de Dumbledore pour lui parler de tout ça. Car au fond, elle savait bien que tout le monde pensait à ce qui arriverait à Harry sans oser en parler de trop à Dumbledore. Or, il le fallait absolument ! Et si jamais il avait pensé aux même choses qu'elle en ce moment, alors peut-être qu'ils tenaient le début d'une solution.


    - Tu saisis James ? Je suis sûre que le professeur Dumbledore y a pensé aussi... Tu vois ? En fait c'est tout simple ! Si tes parents ne se sont pas occupés de Harry dans notre futur, c'est parce qu'ils devaient être... morts, hum, tu comprends ? Mais si nous les sauvegardons plus que tout autre chose, alors le problème de l'éducation de Harry est réglé et ainsi l'avenir de tout le monde ne sera pas changé avec... ton fils.

    Oui, ça lui faisait vraiment tout bizarre de se rendre compte que Harry n'était pas seulement son meilleur ami, mais que c'était aussi le fils de James. Et que si James mourrait avant la naissance de Harry, celui-ci n'existerait pas... C'était tant de probabilités qui modifiaient tant de choses et qui réduisaient les solutions à des moins que rien et pourtant, en cet instant-même, Hermione avait l'impression que plus rien, pas même les remords ni les regrets, ne pourrait lui gâcher le soleil soudain plus lumineux, plus brillant.

    Elle eut envie de se lever pour rejoindre ses compagnons de voyage, mais elle ignorait où ils étaient et avec qui, aussi ne souhaitait-elle pas les déranger pour le moment, et puis fausser compagnie à ce charmant James Potter, ça aurait été très malpoli... Surtout que c'était grâce à lui qu'elle en avait eu une idée pareille ! Elle resta donc assise, sagement, souriant comme jamais avec l'impression d'avoir résolu une énigme plus noire que noire... Et hélas, pourtant, la jeune fille savait pertinemment que le directeur ou un autre voyageur du temps y avait déjà sûrement pensé, et la suggestion avait du être écartée pour une raison ou une autre... Laquelle ? Quelle ombre pouvait bien figurer sur ce tableau ? Aucune idée... Et que faisaient donc les autres voyageurs du temps ? Si jamais ils avaient été plus proches du lac ! Elle aurait pu leur dire tout de suite ! Dès que viendrait le repas du soir, ou peut-être celui du lendemain, après avoir bien cogité, Hermione se promis de leur rapporter ceci. Et elle remercia James dans sa tête de l'avoir amenée à ces réflexions.


[HRP : Voili voilou, Hermione a retrouvé la pêche ! ]
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James Potter

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MessageSujet: Re: Et jamais au long de sa vie l'oiseau n'eut peur d'oublier comment voler... [James P.]   Mer 11 Nov - 12:26

-Rogue, professeur ? Directeur de maison ? A croire que la vie ne sourit qu’aux pleutres imbéciles.


La rapidité avec laquelle la Gryffondor avait asséné sa phrase n’enlevait rien au choc. Ainsi, Severus Rogue allait réussir. Ainsi, il allait vivre, et à Poudlard qui plus est. Pourquoi lui, cette immonde créature sans honneur ni courage, aurait le droit de vivre ? Alors qu’eux, les Maraudeurs, devaient tous échouer d’une quelconque manière ? La vie était injuste, impitoyable. Rogue ne méritait certainement pas de vivre. Pas avec cette marque que James était sûr qu’il portait au bras gauche. Rogue ne méritait certainement pas de vivre sous le même toit que Dumbledore, ne méritait pas d’enseigner à des enfants. Que se passerait-il donc dans le futur pour que le directeur accepte de faire confiance à cette enflure ? James n’avait pas envie de le savoir. Il n’avait pas envie de savoir toutes les bonnes choses qui arriveraient à son ennemi, alors que lui pourrirait six pieds sous terre.

Se torturer un peu plus ne servirait à rien. Il avait déjà bien assez d’autres informations peu agréables à digérer, pour ne pas s’encombrer l’esprit avec des choses qui ne le concernaient pas. Il n’en avait rien à foutre de Servilus, du moins essayait-il de s’en convaincre. Il devait se concentrer sur son futur à lui, sur le futur des gens qu’il aimait, sur le futur tout court. Il devait se creuser la cervelle pour trouver des solutions à des problèmes qui semblaient ne pas en avoir. Maintenant qu’il était au courant, il se devait d’aider les Voyageurs du Temps dans leur tâche plus qu’ardue. Et il en allait de même pour Sirius, pour Rémus, et pour tous ceux que Dumbledore avait jugé utile de mettre au courant. Ils savaient tous, et ils devaient trouver comment arranger le futur.

Hermione regrettait d’être venue dans le passé. Et une partie de James ne pouvait la blâmer. La partie sage et responsable du préfet en chef comprenait pourquoi elle s’en voulait. Leur arrivée avait changé beaucoup de choses ici, et tout rendu encore plus compliqué. Le futur ne pourrait plus jamais se dérouler exactement comme il était sensé le faire. Pourtant, ils n’avaient fait que poursuivre un ennemi, dans l’espoir d’éviter des catastrophes. Et ils ne s’étaient pas tant plantés que ça. S’ils n’étaient pas revenus, Severus Rogue croupirait en prison, à l’heure actuelle. Et bien d’autres que Pétunia seraient peut-être morts . La jeune fille se refusait à le comprendre, mais ce que James essayait de lui expliquer, c’est qu’ils n’avaient fait que rétablir l’équilibre. Ils étaient la longueur d’avance que l’Ordre essayait de prendre sur Voldemort. S’ils voulaient tous avoir une chance de survivre, ils avaient besoin des informations de ces Voyageurs du Temps. Ils avaient besoin de savoir ce qui les attendait, même si c’était difficile à avaler.

Les paroles d’Hermione se rapprochaient plus d’un charabia incompréhensible que d’une explication claire et concise. Pourtant, le jeune Potter n’eut pas de mal à la comprendre. Le futur tel qu’elle le connaissait n’existait plus. Si elle repartait, à présent, elle se retrouverait dans un monde où Harry aurait grandi ailleurs que chez les Dursley. Dans un monde où les gens, probablement, seraient différents. Malgré ses efforts, James sentait son esprit se perdre doucement dans cet entrelacs de faits qui avaient disparus, de faits qui ne se produiraient plus, de faits qui se produiraient inévitablement. Comment prendre une décision irrévocable quant à la conduite à tenir, quand on ne savait même pas exactement ce qu’on cherchait à préserver ? Le Maraudeur n’avait aucune idée de ce à quoi ressemblerait le futur pour lequel il essayait de se battre. Où Harry grandirait-il ? Qu’est-ce qui allait encore changer ? Et surtout, si tout changeait à ce point, pourquoi Lily et lui ne pourraient pas vivre, finalement ?

La jeune fille illustra ses pensées par des exemples qui touchèrent le Gryffondor. Elle n’était plus sûre de rien, elle non plus. Elle était revenue dans le passé, et aujourd’hui elle n’était pas certaine d’exister dans le futur. A tout moment, Voldemort pouvait décider de supprimer la menace qu’elle représentait en éliminant ses parents. Comme il pouvait éliminer Alice, ou Franck, ou Molly, ou Arthur, ou Xenophilius, ou Lily, ou lui. Aucun d’entre eux n’était à l’abri, et Hermione en était consciente. James l’était nettement moins. Il avait la sensation, comme il l’avait toujours eue, que Poudlard était l’endroit le plus sûr du monde. Que rien ne pourrait leur arriver, derrière ces murs. Et les Aurors qui patrouillaient jour et nuit autour de l’enceinte du Château le confortait dans cette idée. La dernière phrase de la jeune fille toucha particulièrement le Poursuiveur. L’espoir était donc tout ce qu’il leur restait. Ils n’avaient rien d’autre à quoi se rattacher.

-Je m’y perds, Hermione. Si le futur a été irrémédiablement changé, comment peut-on être sûrs que ce que nous faisons va être utile ? Comment peut-on être sûrs que ce qu’on fait n’aggrave pas la situation ? Je prends toujours le même exemple, mais c’est le seul que j’ai… On a tout fait pour que Rogue n’aille pas à Azkaban, parce que dans le futur que vous connaissez, il ne doit pas y être. Mais comme le futur que vous connaissez n’existe plus, comment est-ce qu’on peut être sûr que dans le futur actuel, il ne vaudrait mieux pas
qu’il soit en prison ? Comment est-ce qu’on peut être sûrs qu’il faut absolument que Sirius croupisse à Azkaban ?


Plus la conversation avançait, moins le jeune Potter ne savait que penser. Au début, il avait été certain de son destin. Il avait été certain de sa mort prochaine, et de sa volonté de n’y rien changer. Parce que Dumbledore l’avait appuyé dans sa décision, lorsqu’il lui avait dit qu’il fallait essayer de changer le moins possible le futur. Mais maintenant, Hermione remettait tout en question. Le futur dont Dumbledore parlait n’existait plus. Le futur que Harry et Hermione voulait protéger n’existait plus. Pour quoi se battaient-ils alors ? Ils essayaient d’assurer la sauvegarde d’un futur dont ils ignoraient tout. N’était-ce pas un jeu dangereux ? Mais s’ils ne s’occupaient pas à cette tâche, que devaient-ils faire ? Vivre leur vie sans penser au lendemain ? Vivre de nouveau comme s’ils ignoraient leur destin ? James n’était pas certain d’en être capable. Et il n’était pas certain non plus que ce soit la bonne voie à suivre.

Il quitta son vif d’or des yeux pour regarder la Gryffondor. Il avait besoin de certitudes. Il avait besoin qu’on lui dise pour quoi se battre. La jeune fille était son seul appui en cet instant… La seule qui en savait plus que Dumbledore, la seule qu’il estimait capable de l’aider. Même si elle s’était avouée tout autant perdue que lui, elle représentait le futur. Elle venait du futur, elle devait être capable de lui ce qu’ils devaient tous faire. Il était perdu, il ne savait que faire. Il avait besoin qu’on l’aiguille, besoin qu’on l’éclaire. Il la dévisagea un instant en silence, à la recherche de réponses. Il ne l’aurait pas avoué pour tout l’or du monde, mais il avait peur. Peur que son monde s’écroule une nouvelle fois, peur qu’on remette en question tout ce en quoi il s’était mis à croire dernièrement. Il finit par détacher son regard de la jeune fille pour le poser sur le Lac, devant eux. Il serra son vif d’or dans son poing, tandis qu’elle reprenait la parole.

Elle lui expliquait ce qu’elle croyait être arrivé à Duddley. James écouta attentivement, mais quelque chose clochait dans son explication. Si Duddley avait tout simplement disparu des mémoires, pourquoi elle, continuait à s’en souvenir ? Pourquoi gardait-elle un souvenir très net de l’existence de Pétunia, et de son fils ? Pourquoi gardait-elle des souvenirs de l’enfance d’Harry, si Duddley n’existait plus ? Si Duddley n’avait jamais existé ? Non vraiment, la théorie, ce n’était pas pour James. Il avait l’impression de se perdre entre les lignes d’un bouquin un peu trop complexe. Il sentait son esprit s’embrouiller, et ça ne lui plaisait pas le moins du monde. Il aimait trouver des réponses rapides à toutes les questions qu’il se posait. Il n’aimait pas rester dans le flou. Et pourtant, à cet instant, il était en plein brouillard.

-S’il a disparu comme s’il n’avait pas existé, pourquoi tu peux encore t’en rappeler ? Pourquoi tu n’as pas oublié son nom et tout ce qui se rapportait à lui ? Et pourquoi ta mémoire et celle de Harry ne se transforment pas au fur et à mesure que les choses changent dans votre présent ?

James espérait de tout cœur que Hermione allait confirmer son statut de « Miss je sais tout » en donnant une réponse à ses questions. Le jeune Potter sursauta lorsque son interlocutrice s’exclama qu’elle avait oublié. Il venait de poser une question sur ses parents. Qu’allait-il leur arriver ? Parce que si Harry grandissait chez Pétunia, ça voulait clairement dire qu’ils étaient morts, et James se refusait à l’accepter. Ses parents ne pouvaient pas mourir, pas eux en plus. Il demanda bêtement si c’était parce que les choses changeaient qu’elle ne se souvenait plus. Mais Hermione lui donna une explication beaucoup plus rationnelle. Elle avait tout simplement oublié, comme ça arrivait à tout le monde. Elle parut soudainement très enthousiaste ce que le jeune Potter ne comprit pas. Qu’est-ce qui pouvait bien la réjouir là-dedans. Ne desserrant pas ses doigts autour de la petite balle dorée qui lui chatouillait la paume avec ses ailes, il tourna une nouvelle fois les yeux vers elle.

Elle semblait avoir saisit quelque chose qui lui échappait complètement. Une bonne nouvelle, à voir sa tête. Elle reprit soudainement la parole, plus enthousiaste que James ne l’avait vue. Elle lui déclara de but en blanc que si ses parents n’avaient pas pris soin de Harry, c’était probablement parce qu’ils étaient morts. Oui, il était arrivé à cette conclusion, lui aussi. Et il ne voyait pas bien en quoi c’était réjouissant. Il dû attendre la suite des paroles de la jeune fille pour comprendre. Elle expliqua qu’ils n’avaient qu’à s’arranger pour qu’ils restent vivants, ce qui donnerait à Harry une famille dans laquelle grandir. Cornedrue sentit son estomac se pincer. Vraiment, cela pourrait-il être aussi simple que ça ? Et si effectivement ça l’était, pourquoi personne n’y avait donc pensé avant ?

Impassible, il prit son temps pour réfléchir. Dumbledore lui avait dit que c’était parce que Pétunia avait le même sang que Lily qu’elle avait été choisie pour élever son fils. Même si elle ne lui donnait aucun amour et ne le rendait pas heureux. Les parents de James ne possédaient pas ce sang. Mais de toutes façons, personne d’autre que Pétunia ne le possédait, et quelle que soit la personne qui prendrait soin de Harry dans le futur, elle ne pourrait pas remplacer la perte de la sœur de Lily. Ils devraient se passer de la protection que ce sang apportait au Survivant. Alors oui, pourquoi ne pas préserver la vie de ses parents ? Pourquoi ne pas s’arranger pour qu’ils restent en vie jusqu’à la majorité de leur petit-fils ? James était certain qu’ils prendraient grand soin de son fils, et que Harry serait le plus gâté des enfants. Au moins, il ne grandirait pas sans amour, c’était certain. Le Maraudeur s’autorisa alors à sourire. Vraiment, sincèrement. Ils venaient peut-être de trouver une solution. Soudainement, l’avenir lui semblait un peu moins gris, un peu moins pourri. Il venait de trouver un peu d’espoir quant au futur de certaines personnes qu’il aimait, et ça lui faisait chaud au cœur.

-Dumbledore m’a dit que c’était le sang de Pétunia qui protégeait Harry, et que c’était ça dont on avait besoin. Mais personne ne pourra la remplacer, même si on essaye de convaincre les parents de Lily de faire un second enfant, ce qui serait de toutes façons impossible. Donc oui, mes parents sont une très bonne idée ! En plus, ils prendront vraiment soin de Harry ! Par contre, je pense que ça va être très difficile de les convaincre de se mettre à l’abri… Ils sont plutôt du genre à courir en première ligne, ces idiots…
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MessageSujet: Re: Et jamais au long de sa vie l'oiseau n'eut peur d'oublier comment voler... [James P.]   Mar 17 Nov - 15:20

    Hermione savait que tout ce qu'elle avait dit n'était pas forcément la bonne solution, c'était tout au moins ses idées, ses pensées profondes et ce qu'elle espérait en quelque sorte que ce soit réellement. Ce serait tellement plus facile... Et pourtant, James avait raison de douter. C'était assez improbable en soi, et vraisemblablement si logique ! Il paraissait embrouillé et ne semblait pas tout comprendre. Hermione était persuadée qu'il saisissait le sens de ses propos, mais qu'il cherchait seulement à les comprendre et à les assimiler, peut-être tout simplement à les accepter. C'était déjà assez dur pour la jeune Gryffondor, alors que penser du malheureux poursuiveur ?

    - Je n'en sais rien, James. Je suis certaine qu'il y a du vrai dans tout ça, mais où ? Je comprends, peut-être que tout ce que nous faisons est voué à l'échec, totalement inutile, mais comment en être certain ? Je préfère me battre pour rien plutôt que de baisser les bras alors qu'ils peuvent toujours servir. Je te l'ai dit, James, c'est l'espoir qui nous maintient encore en vie et, par-dessus tout, c'est lui qui nous guide vers un lieu dont nous ignorons tout. Effectivement, le futur est définitivement changé mais cela ne change pas notre volonté commune à nous battre, pas vrai ?

    Hermione sourit timidement et haussa les épaules, comme si la fatalité s'acharnait sur elle. Pourtant, elle était en bonne santé et se savait capable de tenir le combat encore longtemps. Le pire, en ce moment, c'était le regard de James qui se perdait de plus en plus dans les eaux du lac, comme s'il y cherchait une réponse. Les créatures marines ne semblaient pas avoir envie de remédier à ceci, aussi Hermione ne perdit pas son temps au même geste, et ce n'était pas l'envie qui la retenait.

    - Vous avez tout fait pour empêcher l'incarcération de Severus à Azkaban parce que Dumbledore l'a demandé et s'il l'a fait, je suis certaine qu'il avait de bonnes raisons. Le directeur est un homme juste qui n'aurait pas sauvé un criminel s'il le savait réellement mauvais. Peut-être en sait-il davantage que nous sur le compte de Rogue ? Sincèrement, James, tu me demandes des choses auxquelles je suis incapable de répondre sans dire des bêtises. J'aimerais pouvoir te dire que je suis sûre de ce que j'avance ; ce serait faux. Severus n'est pas à Azkaban, c'est un fait, tu ne peux plus rien y changer. Ensuite, s'il sera encore en liberté dans le futur, peut-être pas. Je sais que l'avenir est changé mais dans le fond, nous devons essayer de le redessiner tel que mes amis et moi l'avons connu. C'est ce que Dumbledore tente de faire, j'en suis convaincue.

    Hermione ne mentait pas quand elle disait tout cela, mais parler et ressasser sans cesse ces événements ne les menait strictement à rien, ni l'un ni l'autre. Elle était dans le noir de l'attente des prochains conflits et du futur à venir presque tout autant que les sorciers de l'époque. Comme si venir du futur ne lui servait à rien ! Avait-elle fait le voyage avec Harry et les autres pour rien ? Leur présence ici n'avait donc-t-elle aucune signification ? A quoi pouvaient-ils bien servir si ce n'est à prédire un avenir qui ne viendrait pas ? Et toutes ces personnes qu'elle connaissait, qu'en était-il d'elles maintenant ? Où étaient ses propres parents à l'heure actuelle ? Se rencontreraient-ils ? Auraient-ils une fille ? L'appelleraient-ils Hermione aussi et serait-elle sorcière ? Serait-elle elle ou une autre ? Rencontrerait-elle Harry, Ron, Luna et Neville ? Etait-ce un cercle vicieux qui ne se refermait jamais et sombrait dans le néant ? Et ce Dudley Dursley, qui serait-il ? James avait raison de poser ces questions, lui aussi.

    Hermione songea avec amertume à toutes les personnes qu'elle avait quitté dans le futur et à toutes celles qu'elle avait rencontrées dans le passé. Tant de gens qui ne savaient rien de ce qui allait se passer et la laissaient dans la panade la plus complète. Et les voyageurs du temps qui n'étaient pas là ! Comment cela se faisait-il qu'elle ne les voyait plus autant ? Où étaient-ils donc passés qu'ils préféraient se passer d'elle ? Hermione se sentit injuste avec de pareilles pensées car ils n'étaient pas plus fautifs qu'elle ; et Harry était vraiment plus désespéré qu'elle malgré les apparences qu'il pensait tromper.


    - S'il a disparu dans le futur, n'oublie pas que je suis là et donc, je suis la preuve vivante que le futur changé a bien existé à un moment donné. Apparemment, tu as trouvé les failles de la théorie, car en tant que preuve, pourquoi n'ai-je pas disparu moi-même et pourquoi mes pensées demeurent-elles inchangées ? C'est vrai, peut-être que j'aurais du tout oublier moi-même mais vu que je n'y comprends plus rien, je pense m'arrêter là tout de suite avec les suppositions plutôt que de raconter encore et encore des choses incroyablement impossibles. Nous devrions sûrement tous perdre la mémoire mais puisqu'il en est autrement, alors il y a une autre raison, une autre explication, et je veux savoir laquelle.

    La jeune Gryffondor était plus décidée que jamais. Au moins sa venue dans le passé n'aurait pas été effectuée pour rien et les voyageurs du temps auraient un but, du moins un autre but car toutes les questions ont une réponse. Hermione avait lu suffisamment de livres pour en être absolument certaine. La jeune fille avait entendu parler, et même plus que ça, du lien entre le sang de Lily, celui de Pétunia et la protection de Harry. Cependant, ils n'avaient plus le choix et devaient faire avec ce qui venait. Et pourquoi ne serait-ce pas James au lieu de Lily qui ferait la protection ? Et si on "profitait" des malheureux événements changeant le futurs pour le modifier davantage ? Sans toutefois chambouler les faits ?

    - Oui, tu as raison, ce doit être une personne de la famille de Lily et pourtant, il me semble que nous n'avons pas le choix. Pourquoi ne pourrais-tu pas toi-même créer cette protection ? Et pour ce qui est de leur protection, James, je pense que cela relève de la méthode de persuasion du professeur Dumbledore et de tes talents d'argumentation. S'ils apprennent la vérité à propos de Harry, Lily et toi, crois-tu réellement qu'ils continueraient à s'exposer ? Ne dis pas qu'ils sont idiots, l'idiotie est une forme de courage. Ne sommes-nous pas tous un peu idiots ? Regarde-nous, Harry, Ron, Neville, Luna et moi, ne sommes-nous pas complètement fous et idiots ? C'est une chose, certes, mais peut-être pouvons-nous servir quand même...
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MessageSujet: Re: Et jamais au long de sa vie l'oiseau n'eut peur d'oublier comment voler... [James P.]   Mer 2 Déc - 16:00

La conversation que James entretenait avec Hermione prenait des détours inattendus. Elle devenait un peu plus compliquée à chaque phrase, à chaque nouvelle question. Le jeune homme ne savait plus exactement que penser, et cette situation le faisait souffrir. Parce qu'il ne savait pas ce qu'il devait faire, parce qu'il ne savait pas sur quel pied danser. C'était tout de même de son futur qu'on parlait ! Enfin, pas que du sien. Mais il aurait aimé des certitudes. Il aurait aimé une Hermione nettement plus confiante et certaine de la conduite à tenir. Au lieu de cela, il découvrait une jeune fille tout aussi perdue que lui, sans plus de repères. Elle non plus n'avait aucune idée de ce qu'ils devaient faire. Elle aussi avait peur, et elle aussi manquait de réponses. Elle venait de lui dire que le futur qu'elle connaissait n'existait plus, que Voldemort avait déja tout changé. En tuant Pétunia, il avait remis en causes des événements fondamentaux du futur, et à présent plus rien ne pourrait se dérouler comme c'était prévu. Alors pour quoi se battaient-ils, eux qui essayaient d'arranger les choses ?

James avait du mal à comprendre pourquoi ils continuaient à avancer dans cette voie. Ils n'avaient aucune idée de ce que pourrait être le futur, maintenant, alors pourquoi essayaient de le sauvegarder ? Peut-être que ce qu'ils faisaient aggravait les choses, peut-être qu'ils n'arrangeaient rien du tout. Ils avançaient tous à l'aveuglette, et pourtant personne ne disait stop. Peut-être que dans le nouveau futur qui se dessinait, il valait mieux que Servilus croupisse en prison. Peut-être qu'il valait mieux que Sirius soit libre, et Lily et lui vivants. Ils n'en savaient rien, tous autant qu'ils étaient. James baissa les yeux et secoua la tête en écoutant la réponse de sa camarade. Oui, elle avait raison. Ils n'avaient que l'espoir, c'était tout. Ils n'avaient strictement rien à quoi se raccrocher. Il acquiesça plusieurs fois, sans pour autant reprendre la parole. Hermione avait raison, ça ne changeait rien à leur envie de se battre. Avec ou sans certitudes, le combat restait le même, et ils le mèneraient tous jusqu'au bout.

James le savait, tous ses camarades iraient jusqu'au bout. Il le savait parce qu'ils n'étaient pas nombreux à survivre dans le futur. Et ceux qui survivraient continueraient probablement la lutte. Lui et Lily allaient mourir. Peter allait passer à l'ennemi. Sirius allait finir à Azkaban. Marlène mourrait probablement, puisqu'elle ne finissait pas avec Remus et qu'elle n'élevait pas Harry. Alice et Frank allaient être torturés jusqu'à en perdre la raison. Et combien d'autres allaient laisser leurs vie ? Combien d'autres finiraient en prison ? Aucun d'entre eux ne serait épargné, bien au contraire. Même ceux qui refusaient de prendre part, même ceux qui avaient trop peur pour s'engager, dans un camp comme dans l'autre. Ils allaient tous payer le prix de la folie de Voldemort, et plutôt sévèrement. James eut un sourire amer. Le futur avait peut-être changé, ces certitudes restaient, pour lui. Dans son esprit, tout restait à l'identique. Son destin lui avait été révélé, et il était certain qu'il ne changerait pas.


-Je n'ai pas défendu Rogue parce que Dumbledore me l'avait demandé. Je l'ai défendu parce que c'était ce que je pensais devoir faire. Et maintenant, je n'en suis plus aussi sûr... Probablement que le directeur en sait plus sur lui, tu as raison. J'espère en tous cas, parce que je vois pas d'autre explication au fait que, dans 10 ans, alors que pourrirait dans ma tombe, il enseignera tranquillement à Poudlard. En tous cas, je crois que je suis d'accord avec toi... Si Dumbledore essaye d'arranger le futur, c'est ce qu'on doit faire aussi.

Elle parla des Dursley. De Duddley. De la famille dans laquelle Harry aurait dû grandir, et qui ne verrait jamais le jour. De ce cousin, qui ne naîtrait jamais, parce que sa mère était morte bien avant son heure. James, bien qu'il les détestait déja de ne pas avoir su élever Harry correctement, avec de l'amour et patati et patata, ne pu s'empêcher de ressentir un pincement un coeur. Ils parlaient tous deux d'une personne qui n'existait plus. Qui n'existerait jamais. Ils parlaient d'un futur qui ne se produirait pas, et sans qu'il ne se l'explique, ça emplissait James de peur autant que de tristesse. Il se rendait compte à quel point il était facile de changer les choses. De tout changer. Il suffisait d'une personne, une seule personne. Et cette personne, en l'occurrence, n'était pas Voldemort mais Pétunia. Les Mangemorts l'avaient tuée, et par sa mort, plus rien ne serait comme avant. Il leur avait suffi d'éliminer une seule et unique fillette, et ils s'assuraient un chaos total.

Il quitta le Lac des yeux, pour regarder sa main, qu'il ouvrit légèrement. Le vif d'or prisonnier déploya ses ailes, chatouillant les doigts du Maraudeur. Lassé, et l'esprit trop occupé, James referma la main et rangea la petite balle dorée dans sa poche. Il écouta Hermione abandonner dans la recherche d'explications. Un petit sourire vint étirer ses lèvres. Elle n'avait pas réponse à tout, finalement... Et pour cette fois, ça ne le dérangeait pas qu'elle n'en sache pas plus que lui. Car sa question n'était motivée que par la curiosité, pas par un besoin impérieux de savoir. Pas par une volonté d'éclaircir les choses, d'être un peu certain de quelque chose. Il haussa les épaules et leva les yeux vers la jeune fille.


-Tout bien réfléchi, je crois que personne ne pourrait répondre à cette question. Vous devez être le premier cas de retour dans le temps, du moins, de cette ampleur. Alors personne ne peut savoir ce qui est sensé se passer ou non. En fait, tout ce qu'on a à faire, c'est vivre comme avant et laisser venir
.

Suite à quoi il posa une question sur ses parents, qui amena Hermione à une joyeuse révélation. Ils pourraient élever Harry. Ils pourraient prendre la place de Pétunia. James ne fut pas de suite convaincu, car peu importe qui prenait soin de son fils à présent, le problème resterait le même. La protection que devait lui apporter la soeur de Lily par son sang n'aurait pas effet. Et c'était plutôt important, comme point. Cependant, ils n'avaient pas vraiment le choix, et si ça pouvait permettre à ses parents de survivre, il n'était pas contre. Pas du tout. Seulement, il n'allait pas être facile de convaincre ces deux urluberlus de se planquer pendant que leurs amis et collègues iraient à la castagne. Convaincre sa mère, ça il le pouvait peut-être. Il lui suffirait probablement de la supplier en pleurant, ça marcherait. Mais pour son père, ce serait une autre paire de manches. Il tenait beaucoup de lui, d'ailleurs. Monsieur Potter ne supporterait pas de laisser les autres se battre, et il supporterait encore moins de laisser son fils risquer sa vie tous les jours pendant que lui se mettrait en sécurité.

Mais cela ne semblait pas inquiéter Hermione, qui trouvait réponse à tout -ou presque. Il était vrai que si Dumbledore ajoutait son grain de sel, ça pourrait peser dans la balance. Mais James n'était toujours pas certain qu'ils acceptent. Enfin, ils pouvaient toujours essayer, ce ne serait pas perdu. Quant à donner lui-même la protection à Harry, il ne savait pas vraiment... On ne lui avait pas expliqué le pourquoi du comment, donc il ne savait pas comment cette histoire de protection du sang fonctionnait. Enfin, le Maraudeur ne pu retenir un rire lorsque sa camarade parla d'idiotie et de courage, se prenant comme exemple.


-Ah ça c'est sur que niveau idiotie, toi et les autres, vous gagnez la palme ! Et je dois dire que niveau courage aussi... Pour la protection, je ne sais pas comment ça marche réellement, donc il faudrait que tu m'éclaires là-dessus si tu en sais plus. Et puis, j'essayerai de convaincre mes parents. J'essayerai de convaincre Dumbledore de convaincre mes parents. Mais je pense qu'il ne faut pas trop se réjouir d'avance...
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MessageSujet: Re: Et jamais au long de sa vie l'oiseau n'eut peur d'oublier comment voler... [James P.]   Ven 22 Jan - 16:03

    [HRP : Oulà, avec un retard pareil, je n'espère même plus me faire pardonner... Mais j'étais pas mal occupée, alors je peux espérer quand même que tu ne seras pas trop furieux ?]

    Hermione laissa James parler un petit moment, répondre à ses questions puis en poser d'autres. Elle était proprement exténuée. Elle pensait, il y a avait à peine 5 minutes, que la solution était toute trouvée ! Que le miracle était présent, après tous leurs efforts ! Il y avait pourtant tant de chances de réussite... et malheureusement le même nombre d'échecs. Pourquoi chaque bonne chose devait-elle avoir un opposé ? N'était-il pas de justice en ce monde pour que chaque question ne trouve pas sa réponse ? Elle savait que Dumbledore avait réfléchi à toutes ces questions. Et s'il n'en avait pas fait part à ses élèves et confidents de l'Ordre du Phénix, alors c'était que : soit il n'était pas sûr du tout de lui et même incertain complètement, soit il leur faisait encore et toujours des cachotteries. Hermione en avait assez de réfléchir à des choses que tout le monde avait déjà ressassé. Pourquoi 'adonc tout le monde restait-il muet ? Devait-elle être la seule à exprimer ses idées avec James ? Les autres étaient-ils idiots ou bien peureux, à la pensée même de partager les leurs ? Hermione voulait comprendre ! Pourquoi donc même les livres ignoraient tout de leur situation ? C'était incroyable ! Eux étaient censés tout connaître ! Mais Harry et son équipe avaient fait n'importe quoi. Ils étaient probablement les seuls, dans toute l'Histoire de la Magie, à avoir fait un bond dans le temps aussi grand.

    - Je n'ai jamais dit qu'on devait se réjouir d'avance... Mais tu as raison, il y a trop de "si" dans tout ce bazar. J'ai dit plein de choses, toi aussi, mais de toutes nos suppositions je suis certaine qu'à peine deux ou trois sont réalisables. Je sais que nous sommes les seuls fous à avoir remonté le temps d'autant d'années. Qui d'autre l'aurait fait ? La palme... C'est le cas de le dire, oui, il me semble. Je pense que nous devrions arrêter de chercher, surtout. Au lieu de ressasser notre bêtise et chercher comment la réparer - enfin je dis "notre" mais je ne parle pas de toi - nous devrions rendre visite à Dumbledore. Lui, il sait ce que nous voulons savoir. Et si jamais il ignore des choses que nous savons - même si ça m'étonnerait au plus haut point - ce serait beaucoup mieux. Savoir que j'avance sans voir où je marche me met hors de moi.

    Hermione ponctua sa logorrhée d'un reniflement pas très très digne et releva la tête. Le soleil avait baissé en luminosité, près à se coucher... Après tout, ils étaient restés longtemps dans le parc, et bientôt ils devraient rentrer au château, leur après-midi rapidement consumée par la chaleur écrasante de cette saison pourtant froide. La jeune Gryffondor ne savait pas vraiment quelle heure il était, mais au fond elle s'en fichait, car elle n'avait aucun cour et n'était pas pressée. Les seules choses qui nécessitaient son temps, c'étaient sa conscience et sa mémoire, qui la poussaient sans cesse au bord de ses limites, dans le gouffre qui séparait la raison de la folie, prête à se jeter dans n'importe quelles alternative dont les choix seraient positifs à l'avenir. Penser au futur était une activité à plein temps... dont elle se serait pourtant volontiers passée. hélas, c'était le prix à payer pour combattre Lord Voldemort. Si elle et leurs compagnons de l'Ordre du Phénix n'agissaient pas maintenant, qui le ferait quand Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom serait au pouvoir, à la tête du monde ?
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James Potter

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MessageSujet: Re: Et jamais au long de sa vie l'oiseau n'eut peur d'oublier comment voler... [James P.]   Jeu 4 Fév - 9:15

[Y a pas de soucis Hermy ! Le sujet avait été verrouillé, je le rouvre pour le terminer.... Et je le laisse ouvert pour que tu puisses répondre à ton tour ! ]

Le soleil déclinait lentement à l'horizon, tandis que les deux étudiants continuaient de parler. James n'avait pas vu le temps passer, plongé qu'il était dans ses réflexions. Il lui arrivait bien peu souvent de passer toute une après-midi avec une personne qu'il connaissait si peu. En général, il réservait son temps aux Maraudeurs, à Lily, ou au Quidditch. Mais Hermione était un peu spécial, et ils partageaient plus qu'on n'aurait pu le croire au premier abord. Ils partageaient le même secret, et ils s'inquiétaient pour les mêmes choses. Leur avenir à tous deux était en péril, et personne ne semblait vouloir les aider. Dumbledore était muet comme une tombe, et personne en dehors de lui, n'avait de réponse à apporter. Alors nos deux Gryffondors étaient réduits à tourner la situation dans tous les sens, à l'examiner sous toutes ses coutures, afin d'essayer d'en tirer des conclusions. De trouver des solutions.

Hermione laissa James parler un moment. Cela faisait un bien fou au Maraudeur d'exprimer à voix haute ce qu'il ressassait tout bas depuis plusieurs mois. Car si Sirius et lui en avaient parlé plusieurs fois, ils n'avaient pas véritablement cherché de solutions. Ils s'étaient surtout lamentés sur leur sort, s'étaient promis d'essayer de tout changer et de rester libre et vivant. James avait promis, sachant très bien qu'il ne tiendrait jamais cette promesse. Il devait mourir, et il le ferait. Il était d'ailleurs certain que Sirius le savait. Le regard du jeune homme se tourna vers sa camarade lorsqu'elle reprit la parole. Elle était consciente que la solution qu'ils avaient trouvé n'était probablement pas réaliste. James connaissait ses parents, et jamais ils n'accepteraient de se planquer pendant les autres allaient à la castagne. Jamais son père ne quitterait son boulot d'Auror, et jamais sa mère n'accepterait de se mettre en l'abri en sachant son fils en première ligne.

Et s'ils n'avaient pas été là dans le futur pour Harry, c'est qu'ils étaient morts. Le coeur du Gryffondor se serra à cette pensée, mais il se devait de l'accepter, comme tout le reste. L'histoire se passerait comme elle devait se passer, c'était tout. Son regard se reporta sur ses pieds, et il arracha un brin d'herbe pour s'amuser à l'entortiller autour de son doigt. Dumbledore avait-il des réponses ? Il n'en était pas certain. Il ne lui avait pas dit grand chose, quand il était allé le voir avant le procès de Rogue. Seulement qu'ils devaient tout faire pour que rien ne change. Ils n'étaient pas beaucoup plus avancés... Sans qu'il ne sache bien pourquoi, les paroles d'Hermione le firent rire.


-Peut-être que Dumbledore en sait plus, peut-être pas. C'est vrai qu'il y a beaucoup trop de "si" dans cette affaire, pour qu'on puisse décider de quoi que ce soit. Mais il y a des choses dont on reste plus ou moins certains, et c'est là-dessus qu'il faut se concentrer. On a encore le temps de voir venir pour le reste. De ton côté, il faut que tu t'occupes de surtout rester en vie, et de protéger Harry, et moi, il faut que je m'occupe de botter les fesses de Voldemort. "Il naîtra de ceux qui l'ont par trois fois défié", pas vrai ? Alors j'ai encore du boulot. Pour la suite, on verra bien...


James n'avait plus envie de se lamenter sur son sort de pauvre petit Gryffondor. Il en avait marre de ne penser qu'à sa mort qui viendrait bien trop vite, et il n'en pouvait plus de songer au bourbier dans lequel ils étaient tous empêtrés. Il préféra donc prendre ça au second degré. D'ailleurs, son sourire ne l'avait pas quitté. Son regard se reporta sur l'horizon, et sur la course folle du soleil. Décidant qu'il était temps de rentrer, il jeta le brin d'herbe qu'il avait correctement maltraité, et se leva. Il tendit une main à Hermione pour l'aider à en faire de même.


-Je dois y aller... J'ai rendez-vous avec Lily ce soir, et si elle apprend que je suis en retard parce que j'étais avec toi, elle va m'arracher la tête !


Il lui fit un clin d'oeil et éclata de rire. Il exagérait un peu, mais la Préfète-en-Chef le prendrait relativement mal, ce dont il ne pouvait la blâmer. Il se souvenait bien de sa propre réaction, le jour de leur anniversaire. Il passa machinalement une main dans ses cheveux.


-Merci pour cette après-midi, Hermione. C'était agréable et très instructif. Prends soin de toi, jusqu'à la prochaine fois, et garde un oeil sur Harry pour moi. La dernière fois que je l'ai vu, il semblait avoir envie d'embrasser le Saule Cogneur !


Il lui adressa un nouveau sourire, puis s'éloigna en direction du château, lui adressant un dernier signe de main. Il y a peu, il n'aurait pas pu imaginer passer une telle après-midi avec une fille. Avant qu'il ne sorte avec Lily, il n'avait aucune amie fille, ou presque. Mais depuis qu'il était en couple, il avait l'impression que la gente féminine commençait à voir en lui un potentiel amical. Enfin, pas toute la gente féminine, mais une partie bien plus importante qu'autrefois. Et finalement, c'était plutôt cool des amies filles. Il passa la porte du Hall, et grimpa les escaliers doucement, perdu dans ses pensées. Il fit un sourire charmeur à un petit groupe de filles qu'il avait entendu glousser, accompagné d'un clin d'oeil, et s'amusa de leur réaction. Si Lily avait été là, elle aurait crisé. Et ça plaisait beaucoup à notre Maraudeur, qui pénétra dans sa salle commune sans un autre regard pour ses "groupies".
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MessageSujet: Re: Et jamais au long de sa vie l'oiseau n'eut peur d'oublier comment voler... [James P.]   Jeu 4 Fév - 16:36


    Hermione ne comprit pas en quoi ses paroles étaient drôles, ou pourquoi James riait, mais elle le laissa faire car les rires étaient sans doute préférables aux pleurs, même dans cette situation terrible. Au fond, si il s'amusait de ce qu'elle disait, pourquoi pas ? Cependant, elle ne fut pas prise de contagion et n'esquissa même pas l'ombre d'un sourire. Du moins, pas à ce moment-là. Elle ne pouvait pas rire tout de suite maintenant de ses propres malheurs, car c'était comme si elle se moquait d'elle-même et elle ne se croyait pas capable d'auto-dérision. Mais au final, il avait raison.

    - Encore du boulot ? Oh, tu sais, je pense qu'avec lui ça ne risque pas d'être très difficile. Il doit avoir hâte d'en découdre.


    Elle pensait sincèrement ce qu'elle disait. Lord Voldemort n'était pas un génie de la patience et tôt ou tard il voudrait s'occuper des parents de Harry. Car si il attendait trop, il risquerait de finir pas taper sur tout le monde. Et le jour où il voudrait se débarrasser de James et Lily, il le ferait en personne, évidemment. Jamais il ne refilerait une mission de cette importance à ses précieux et imbéciles Mangemorts. Il voudrait tuer ses ennemis - ses plus grands ennemis ! - de sa propre main, avant qu'il ne soit trop tard. Bien évidemment, James et Lily redoutait ces moments, car chacun les rapprocherait un peu plus de la mort.

    Puis James mentionna un rendez-vous avec Lily et Hermione crut qu'elle allait s'étrangler. Si jamais la jolie Gryffondor apprenait que son bien-aimé chéri avait passé l'après-midi avec une de ses plus grandes ennemies, les deux risqueraient de s'en vouloir ! Hermione savait très bien que James n'était pas assez idiot pour s'attirer les foudres de sa fiancée, mais il ne fallait jamais compter sur la mère de Harry... Elle était beaucoup trop douée pour tout. En réalité, la jeune Hermy l'appréciait, puisque c'était la mère de son meilleur amie et que au fond, elle était vraiment sympathique. Mais après, entre elles deux, ça n'allait pas du tout. Lily se gourait d'ennemi, et restait persuadée que Hermione était une peste. Réciproquement, Hermy n'étant pas masochiste, elle préférait penser que Lily la détestait pour des raisons débiles, un point c'était tout.

    - T'arracher la tête ? Ce serait une une peine trop légère ! Tu rigoles, si jamais elle le sait, elle te découpera en rondelles et ensuite elle viendra me chercher.

    Cette fois, en revanche, Hermione se permit un fou rire. Elle imaginait la tête de sa rivale de cours et voyait dans ses pensées son visage se décomposer. La pauvre Lily ! Mais au fond, rigoler lui fit un bien inimaginable et impossible. Enfin elle se détendait en pensant aux bonnes choses ! Lui tendant la main, il aida la jeune Gryffondor à se relever, main qu'elle accepta avec joie. Puis elle se pencha pour récupérer son sac et ses livres. Elle passa une main sur sa robe de sorcière pour lisser les plis tout en étouffant son fou rire.

    James parla également de Harry, avant de partir. Il lui conseilla de prendre soin d'elle, et de lui aussi, à sa place. D'après son père, le jeune homme avait décidé de faire copain-copain avec l'arbre le plus redoutable de Poudlard ! Hermy se remit à rire en gloissant, comme si l'euphorie qui l'avait gagnée ne voulait plus repartir. Avec une joie nouvelle, une de celles que l'on prend et que l'on quitte plus vite qu'un manteau de vent, elle esquissa une moue malicieuse.

    - Le Saule Cogneur ? Ce n'était pas le bon choix, en effet. La prochaine fois, je lui apprendrai à mieux sélectionner ses conquêtes avant de tomber amoureux de l'arbre le plus vicieux de l'école.

    Elle lui sourit, puis s'éloigna pour passer par un chemin différent. Elle préférait faire un détour mais contourner la forêt interdite lui ferait penser à tout ce qui avait été dit cet après-midi et elle serait plus paisible au repas du soir. En attendant, elle pourrait aussi bouquiner un peu... Adressant un signe de la main à James en retour à celui qu'il lui fit, elle se retourna et s'éloigna, ses livres dans les bras.







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MessageSujet: Re: Et jamais au long de sa vie l'oiseau n'eut peur d'oublier comment voler... [James P.]   



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