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MessageSujet: J'irais pas jusqu'à dire ravi de vous revoir...[PV=Torben]   Mer 14 Jan - 0:30

- Ce que je fais de ma vie ne regarde que moi. Comment je la gère ne regarde que moi. Les actions qui me définissent comme un être à part me sont propres. Elles ne sont que de mon fait. Elles n'influent que sur moi. Je ne fume pas. Je ne me drogue pas. Je ne bois presque jamais. J'ai été prêtre. Suis-je pour autant un saint? Du haut de votre splendeur et de ce savoir que vous dites détenir, vous me jugez. Vous me prenez de haut. Parce que je suis un des tous meilleurs chasseurs de cette union. Vous pensez que je vous ais trahi? Vous voulez la vérité sur ce jour? Oui j'ai discuté avec la vampire. Oui j'ai empêché un groupe de chasseurs de la tuer. Chasseurs qui au passage utilisaient une stratégie que j'ai développé. En effet, je ne l'ai pas tué. Je l'ai laissé vivre. Je l'ai même aidé à échapper à ses poursuivants. Vous voulez me condamner à l'exil pour cela. Soit. Faites ce qu'il vous paraît le plus propice de faire. Vous voulez tout de suite mettre un contrat sur ma tête? Ainsi soit-il. Si un seul chasseur ici se sent la force de me faire front, qu'il s'avance, qu'il me regarde dans les yeux, et qu'il accepte un duel. Si vos chasseurs sont si forts et puissants que vous voulez le faire croire, pourquoi sommes-nous toujours moins nombreux? Pourquoi suis-je un des tous derniers à chasser seul? Si vos chasseurs sont si irrésistiblement intelligents, pourquoi certaines créatures qui vous échappent depuis si longtemps tombent sous mon joug? Votre union est faible. La Guilde est faible. Vous voulez vous délester de ma présence. Faites. Pensez à cela, n'est-il pas mieux que d'avoir un allié chez l'ennemi plutôt qu'un ennemi?

La Cour des Jugements, lieu de châtiment suprême, sorte de cour martial pour les chasseurs de la Guilde. Cinq personnes président. Tous les chasseurs qui le souhaitent peuvent venir prendre voir de quoi il retourne dans le jugement. J'avais assisté à un nombre certain de jugements, souvent, la décision du conseil se voulait unanime, rapide et mortelle. Passer devant ce tribunal pour une personne qui portait autour du cou le pendentif de la guilde signifiait être coupable de haute trahison. Soit en ayant épargné une créature, soit en ayant tué un chasseur, soit en ayant laissant la guilde être infiltrée par une créature. Il existait d'autre motifs, trop rare pour être cités. Je comparaissais pour avoir aidé une vampire, LA vampire, à échapper à des chasseurs. Et pour l'avoir laissé vivre alors que j'avais l'opportunité de la tuer. Ca avait été un choix de ma part, j'avais choisi de la rencontrer. De discuter. Juste de discuter. Je n'étais pas armé ce jour là. Je n'avais eu qu'envie de parler avec elle. Essayer de comprendre à quoi cela rimait que ce que je faisais. Tuer des gens, encore, toujours. Sous seul prétexte qu'ils sont des créatures de la nuit. Lycanthropes, vampires. Des tueurs d'homme. Vincent Winnfield. Tueur de tueur d'homme. Ca sonnait plutôt bien à l'oreille. Un brin répétitif, mais ça ne sonnait pas faux. Je me tenais devant cette balustrade ou les cinq chasseurs les plus anciens et les plus réputés étaient debout, me fixant. Derrière moi, à ma hauteur, je sentais des yeux braqués sur moi. Rivés sur le moindre de mes gestes. Des chasseurs attentifs à la moindre de mes paroles. A la moindre parole des dirigeants:

- Ce que je fais de ma vie ne regarde que moi. Comment je la gère ne regarde que moi. Les actions qui me définissent comme un être à part me sont propres. Elles ne sont que de mon fait. Elles n'influent que sur moi. Je chasse des vampires. Je chasse des lycans. Je tue des vampires. Je tue des lycans. Suis-je pour autant un démon? Non, je ne suis pas plus un monstre qu'un autre chasseur. Après tout, ces personnes que l'on tue ne sont jamais que des créatures assoiffées de sang et de chairs humaines. Pourtant, en les tuant, ne tuons-nous pas des hommes et des femmes? Quelle différence entre tuer un homme atteint de la grippe et un homme frappé de lycanthropie? Le premier comme le second n'a pas demandé son état, il le subit. L'homme malade ne se tue pas parce qu'il peut se soigner. On ne le tue pas parce qu'on a découvert des remèdes. Ou lorsque la maladie est trop grave, on a découvert des moyens de subsister. L'homme qui subit la lycanthropie peut-il se soigner? Peut-il prétendre à des soins? Non il ne le peut pas. Est-ce la faute à la médecine? Je ne suis pas sûr. Je relis les écrits de la Guilde, de ceux qui nous ont précédé, pairs de nos pairs. Ceux qui au commencement, depuis la nuit des temps, on commencé à chasser ces créatures. La Guilde à son commencement n'avait pas pour objectif une éradication, mais une aide. Les créatures n'ayant pas encore le goût du sang humain doivent être épargnés, ainsi le veut la règle. Ainsi le veut la règle car ceux-ci peuvent être sujet à analyse pour tenter de les aider, de les aider à vivre avec leur mal, sans le goût de la chair et du sang humain. Combien de créatures sont déjà mortes? Combien de chasseurs sont déjà morts? Cette lutte pourrait prendre un tournant décisif si tout le monde se décidait à y mettre du sien. Et si demain cette guerre prenait fin?

Je ne savais pas si ça avait une chance infime de me protéger. Je songeais plutôt au contraire. Laisser certaines créatures en vie. Tout le contraire du crédo d'anéantissement qui était inculqué aux jeunes arrivants. La Guilde avait toujours eu des préceptes. Une sorte de conduite à suivre. Je n'avais franchis aucune règle du Crédo. La vampire que j'avais rencontré était une maitre vampire et méritait une considération particulière. Ainsi le voulait les règles de la Guilde. J'avais épargné un lycanthrope qui n'avait pas gouté à la chair humaine. Ainsi le voulait les règles de la Guilde. Pour avoir suivis les préceptes des anciens, j'étais jugé. Le temps passait vite, il n'y a pas si longtemps, et pourtant cela faisait désormais plus de vingt ans, je regardais les procès avec cette assurance dans les yeux. Aujourd'hui, pas que je doutais de mes agissements, mais je découvrais des nouveaux horizons dans les écrits. Je ne me contentais plus de lire, je comprenais, j'anticipais, je devinais. Et ce que je lisais n'était pas un appel à l'extermination des créatures de la nuit. Ce que je lisais s'apparentait plutôt à un genre de guide d'aide aux créatures nocturnes. Pas un manuel d'extermination. En y réfléchissant, ce que je savais sur mes «ennemis», la façon de les tuer, je les avais d'autres chasseurs, ou dans d'autres livres. Pas dans les livres de la bibliothèque de la Guilde. J'étais passé vingt années durant à côté de l'essentiel et de la raison d'être du groupement auquel j'appartenais:

- Vincent Winnfield. Vous êtes un chasseur talentueux, en témoigne votre âge et votre temps passé dans la Guilde. Vous avez compris les écrits des anciens sans aucun doute possible. Le fait demeure que vous vous êtes rendu coupable de haute trahison. En temps normal, la haute trahison est punie d'exil et d'un contrat dès le lendemain. Dans votre cas, le jugement est plus difficile car vous avez été un bon chasseur. Nous cinq, en la vertu des pouvoirs qui nous appartiennent avons rendu le jugement suivant. Le chasseur Vincent Winnfield est acquitté des charges qui pèsent sur lui sous la condition de tuer la vampire Ilmatar Karjalainen. Le contrat sur la vampire serait à ce moment levée. Il sera en revanche reconnu coupable et exilé à vie s'il choisissait de la laisser vivre, et le contrat sur la vampire continuerait. Vincent Winnfield, le choix est vôtre. La vampire ou votre pendentif.

Dans le fond, ça s'était passé bien mieux que je ne l'avais imaginé. Venant ici, je ne m'attendais pas à l'acquittement sous condition. J'avais plutôt dans l'idée le bannissement à vie de la Guilde. Cela aurait-il vraiment été un châtiment pour moi en l'état actuel des choses? Je ne savais pas trop, c'était compliqué de le dire. J'avais été acquitté sous la condition de tuer Ilmatar si j'étais portée à la revoir. Non, je devais la tuer pour pouvoir rester en vie. Cette deuxième formule m'inquiétait autrement moins que la première. Serais-je vraiment capable de tuer la vampire désormais? Elle était bien entendue dans le camp le plus opposé au mien possible. Cela serait-il pour autant suffisant à me décider à la tuer? Rien de moins sûr, le temps nous dirait très prochainement de quoi il retournerait. La revoir devenait soudainement une obligation. J'avais cependant encore un choix à faire. Je devais décider de mon avenir. Je devais choisir entre tuer la vampire ou être à jamais banni de la Guilde. Etait-ce vraiment un choix que les supérieurs avaient voulu me laisser? N'avaient-ils pas compter sur ma fidélité à la Guilde pour que je choisisse de toutes façons de tuer la vampire? Non j'avais le sentiment qu'ils n'avaient voulu me laisser absolument aucun choix. Ils espéraient que je choisisse de tuer la vampire. Ils le savaient, j'étais un des rares qui auraient pu se vanter de pouvoir le faire. Je passais ma main sous ma chemise pour récupérer le pendentif et l'arracher de mon cou. Je le montais à hauteur de mes yeux, rivant mon regard sur la pièce. Me retournant vers la sortie, je laissais tomber le pendentif sur le sol, entendant derrière moi alors que j'avais déjà atteint la porte:

- Vincent Winnfield, pour haute trahison, vous êtes condamné à l'exil. Aucun contrat ne sera mis sur votre tête pour services rendues à la Guilde.

Et maintenant? Moi qui n'avait jamais connu que la Guilde et le meurtre? Que pouvais-je soudainement devenir? Bien entendu, j'avais mon poste de professeur d'étude des moldus, ce poste qui me faisait vivre. De toutes les récompenses dont j'aurais pu m'enorgueillir, je n'en avais demandé que dans mes débuts. Comment maintenant allais-je pouvoir m'occuper? Qu'allais-je faire de ce temps plus libre que jamais qui s'offrait à moi? J'avais bon espoir de laisser mon passé où il était. De laisser derrière moi tous ces meurtres, cette chasse, d'oublier toute cette violence que j'avais propagé. J'étais devenu bon, j'étais peut-être devenu le meilleur. J'arrêtais tout, c'en était assez. J'avais vécu, en chassant, plus longtemps que grand nombre de chasseurs. J'avais donc vu bien plus que mon quota de sang. Ces questions que je me posais, peut-être était-elle le signe qu'il était désormais plus que temps que j'arrête de chasser. Rien n'arrive jamais par hasard. Ces questions, cette vampire, tout était survenu en même temps. Ca paraissait presque une évidence même en y pensant. Tous les éléments avaient été réunis pour que j'en arrive à ce moment ou finalement j'arrête de chasser. Il était surement temps, trop de sang, trop de violence dans ma vie. Laisser tout cela derrière moi. Je ne dirais pas démarrer une nouvelle, mais au moins ne plus me servir de mes nuits pour chasser vampires et lycanthropes. Vivre une vie de quarantenaire solitaire et célibataire normale. Une question, était-ce vraiment une vie pour moi? Serais-je capable de vivre ainsi?

La réponse me vint comme une évidence. Je me retrouvais, en pleine nuit sur un toit de l'Allée des Embrumes. J'étais qui j'étais. Je ne changeais pas? Si. Quelque choses avaient changé. Je n'étais pas là que pour ce lycanthrope qui semblait s'amuser à tuer des personnes de façon régulière. J'étais également là pour surveiller un groupe de jeunes chasseurs que je pensais tuer des créatures n'ayant pas encore connu le sang d'un Homme. Cette catégorie attirait les jeunes car ils étaient souvent beaucoup plus aises à chasser. J'avais avec moi ma baguette, mes deux fidèles colts avec leurs précieuses balles en argent, et ce soir, une fois n'était pas coutume, un fusil de chasse. Je surveillais la ruelle où le lycan avait pour habitude de se rassasier de ses victimes. Ce soir, la pêche était bonne, si l'on pouvait dire car le loup-garou ne manqua pas à l'appel. Portant dans un coin de la ruelle sa victime. Le fusil se blottit contre mon épaule, il était dans une ruelle à découvert et était une cible facile. J'attendais qu'il se montre à la lumière, très blafarde, de la ruelle. A peine le lycan pointa quelque pas vers l'extrémité de la ruelle que le coup partit, presque tout seul, comme une évidence. Je vis cet éclat significatif de sang, je le vis s'affaisser, et finalement tomber. Un geste de baguette, et il n'y avait plus de fusil, rangé bien gentiment à la maison. Quelque secondes plus tard, le toit depuis lequel j'avais tiré était désert. Et moins d'une minute après le coup de feu, j'étais dans la ruelle devant le cadavre. Sentant dans mon dos une présence, je me retournais sans prendre d'armes, je n'avais pas l'impression qu'elle soit menaçante.

Le jeune homme que j'avais rencontré et qui s'appelait Torben Badenov. Celui dont j'avais la soeur en cours. Il devait certainement déjà avoir compris que j'étais le tueur depuis un moment, mais avant que je ne puisse dire un mot, deux jeunes sortirent de l'ombre de la ruelle. Pointant leurs baguettes vers Torben et moi-même. Réflexe, je sortis mes colts, chacun braquant un des deux sorciers:


- Lui n'a rien à voir là-dedans, il n'est pas des vôtres. Il ne sait rien. Vous devez savoir qui je suis, vous devez savoir de quoi il retourne. Dégagez.

Comme si j'avais été leur chef donnant un ordre, les jeunes disparurent et je me retournais vers Torben rangeant mes colts dans les poches intérieurs de ma veste:

- Je pousserais pas jusqu'à dire ravi de vous revoir, mais je dois dire que vous avez le chic pour tomber au mauvais moment...
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Torben Badenov

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MessageSujet: Re: J'irais pas jusqu'à dire ravi de vous revoir...[PV=Torben]   Mer 14 Jan - 23:01

[HJ: désolé pour la longuer de mon post, qui est bien loin d'arriver à celle du tiens xD! Et excuses aussi le petit délire du début du rp, mais j'avais envie d'explorer un peu quelque chose de différent qu'une entrée banale.]


    Torben Badenov... Torben Badenov, suis moi...


    une voix, semblant venir d'outre tombe, semblait m'appeler. Elle me disait quelque chose, même si je n'aurais su dire quoi ou qui. Je ne me souvenais plus, mais je me laissais bercer. Cette voix m'appelait toujours, m'invitant à la rejoindre dans la nuit. Confiant, apaisé par la voix et par ce qu'elle éveillait en moi, je m'avançais, seul, contre les ténèbres. C'était quelque chose d'un peu étrange, mais je ne pouvais absolument pas m'en défaire. J'étais seul, et j'allais à la rencontre de mon destin. Soudain, les ténèbres se retirèrent, et tout fut clair. Enfin, la nuit était illuminée par des feux, des dizaines. J'étais là, sur la colline, sous les frondaisons, en train d'observer le village brûler. Petrozovdks. Je reconnaîtrais ce village entre mille, car deux de mes amis y habitaient durant mon enfance. Le village brûlait, chaque maison prenait feux. Dans la vallée, des hommes mourraient. Des tas. Je voyais leur silhouette se découper dans la lumière des incendies. De partout, des sorts fusaient. Qui étaient les agresseurs? Une meute enragée de lycanthropes. La pleine lune était synonyme de misère et de mort dans mon pays, et devant ce triste spectacle, il était aisé de comprendre pourquoi.


    M'approchant de la scène, je me savais spectateur. Je n'y pensais même pas, mais j'étais conscient ne pas me trouver à cet endroit précis à cet instant précis. Sensation étrange. Ce devais être un cauchemar, ou quelque chose dans ce goût là. En quelques longues secondes de course, j'étais arrivé dans le village. Là, l'homme combattait la bête que cachait l'homme. Des cris, des hurlements. L'odeur du sang, de la chaîr cramée et de poils de chien étaient sacrément plus présentes ici. A ma gauche, un homme repoussait deux monstres avec un tison enflammé, sa baguette apparemment déjà détruite. Le maigre bout de bois enflammé ne pouvait avoir raison des monstres, qui se jetèrent ensembles sur l'homme, pourtant grand et costaud. Mis à terre, l'homme hurla sa douleur, tandis que son sang et ses viscères voyaient le jour. Ou plutôt la nuit. A ma droite, une femme pleurait en tenant un enfant dont sa tenue était poisseuse de sang. La femme hurlait sa détresse, et je me sentais tout retourné pour elle. Mais je n'avais pas le temps de voir la suite, que je sentis du mouvement derrière moi.


    L'armée venait d'arriver. Enfin, l'armée, pas dans le genre moldu hein! Ces gars là n'étaient qu'une dizaines, engoncés dans une tenue noire, lançant maléfice sur maléfice sur les monstres déchaînés. A la vue de ces héros, les derniers défenseurs de la localité poussèrent une exclamation et se jettèrent dans ce qui était une lutte à mort entre l'homme et lui même. Du sang, des morts. Encore et toujours. La vallée, illuminée par les incendies, laissait voir toute la terrifiante splendeur de la bataille. Une poignée d'être humains contre des monstres, qui se jettaient en meute sauvage sur leurs terres. La lutte ne pouvait avoir qu'une seule issue. Il n'y aurait que des perdants. De là où j'étais, j'avais pu voir qu'il ne resterait plus rien de la communauté aux premières lueurs du jour et les sorciers survivants n'auraient qu'à s'entasser dans un campement de réfugiés plus haut sur les hauteurs, dans des zones sécurisées par le gouvernement magique de Moldavie. La seule finalité de cette guerre éternelle n'était que la mort de centaines de personnes à chaque incursion.


    Mais la vision se troubla au moment où la situation tourna finalement en faveur des sorciers, et tout redevint noir. Seul dans les ténèbres, je n'eus pas longtemps à attendre avant de me retrouver transporté dans un autre endroit. Je me retrouvais seul, dans une chambre. Enfin non, pas seul. Il y avait une fille près de moi, elle pleurait. Des choses horribles se passaient dans le pays, l'Angleterre, et personne ne semblait être en mesure de pouvoir résister aux ténèbres qui se jetaient sur les terres. Cette fille, je savais qui elle était et ce qu'elle représentait pour moi, et elle me demandait de rester, de rester avec elle. De me battre pour la lumière, de me battre pour mes soeurs et pour tous les habitants de ce pays. Je sentais, en me voyant, quelle hésitation pouvait me gangrénait. Je n'avais jamais eu l'intention de me battre et de risquer ma vie pour quoi que ce soit d'autre que mon pays. Pourtant, je voyais également ma résolution à protéger cette fille, à me battre pour mes idéaux et m'élever comme mes ancêtres contre les ténèbres.


    Et là, je me retrouvais face à encore autre chose. Mes parents. Ils semblaient tous les deux en bonne santé, si on exceptait bien sûr qu'ils étaient morts depuis six mois maintenant. Les voir de nouveau me fit avoir les larmes aux yeux, puis carrément pleurer. Je ne hoquetais pas, je respirais assez faiblement, le tout sans un bruit. Je ne supportais pas la vision, je n'arrivais pas à les considérer comme partis, mais pourtant ils étaient de nouveau là, devant moi. Ils restaient droits, impassibles. Fiers, comme jamais. Ils étaient des héros. Ils avaient tenu longtemps face aux goules, avaient réussit à les contenir le temps que j'arrive pour sortir mes soeurs de là. Et ils étaient morts pour nous sauver tous. Maintenant, je pleurais carrément. Pourtant, la sévérité dans leur regard, mais aussi la douceur et la compassion m'affirmaient qu'ils comprenaient ce que je ressentais. J'étais tiraillé envers ma patrie ou mon amour pour une fille, et je ne pouvais pas faire le deux aussi bien que je l'aurais voulu. Ils hochèrent la tête. Ils savaient que je connaissais la solution, et que je la prendrais...


    La vision changea une fois encore, et je me retrouvais dans la forêt. Seul, trempé de sang et de sueur. Je venais de trébucher. Ce moment, je le connaissais, par coeur. Pourtant, j'hurlais de nouveau quand la goule s'approcha de moi, et ouvris grand la bouche alors que je tendais ma baguette droit sur sa gueule...



    – AAAARRRGHHHH!


    Comment se réveiller en poussant un hurlement de la mort qui tue by Torben! En sueur, les yeux écarquillés, le coeur battant la chamade et étant particulièrement douloureux, je retenais mon souffle. Putain de soirée. Reprenant lentement ma respiration, je voyais l'heure. J'avais pas encore énormément dormi. Bon, peu importait, j'auraisdû picoler un peu plus avant d'aller me coucher, ça m'aurait évité de trop rêver... Sachant ce qu'il me restait à faire, je me saisis de mon manteau, et claquais la porte de ma chambre derrière moi... Sans me douter que cinq minutes plus tard, un coup de feu retentirait pour la deuxieme fois de ma vie à quelques mètres. Instantanément, je me dirigeais vers le bruit. Se pourrait il que je venais de me retrouver proche du tueur fou de l'allée des embrumes dont tout le monde parlait et que j'avais presque croisé la route il y a quelques mois était dans le coin? Pour en avoir le coeur net et en écoutant la folie qui m'habitait, je grimpais par l'escalier de secours derrière un vieux bâtiment, pour me retrouver pile face à face avec le tireur.


    Jimmy Page! Mon cul! Il m'avait bien mentit l'enfoiré! Serrant mes poings de colère, je m'apprêtais à lui hurler quelques insultes bien senties lorsque j'entendis un bruit derrière moi, qui attira immédiatement l'attention de l'homme, qui dégaina deux armes à feu moldues pour les braquer vers les nouveaux venus. D'un ton autoritaire et avec des paroles pour le moins enigmatiques, l'homme fit fuir les deux autres, sans que je ne comprenne quoi que ce soit à ce qu'il venait d'arriver.



    - Bordel! Alors c'était vous pendant tout ce temps? Vous vous êtes bien fichu de moi la dernière fois! Sur qui avez vous tiré ce coup ci, espèce de malade!


    Ce que je venais de réaliser, c'était que le type était armé, était un dur à cuire, et venait de tirer sur quelqu'un ou quelque chose dans l'obscurité. Il pouvait tout aussi bien décidé d'en faire autant à mon égard ou pouvait même s'arranger pour m'incriminer...


    - Et au nom de Merlin qui étaient ces types?

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MessageSujet: Re: J'irais pas jusqu'à dire ravi de vous revoir...[PV=Torben]   Jeu 15 Jan - 12:37

La chance...Un terme dans lequel je ne croyais pas. Un terme dans lequel je ne crois pas. Un terme dans lequel je ne croirais surement jamais. A la vue de mon passé pourtant, on pourrait imaginer que je sois chanceux, plus que de raisons par ailleurs. Non, j'étais simplement plus malin. Survivre entre vampires et loups-garous ne tient pas que de la chance. Je ne suis pas un simple chasseur de créatures, je ne suis plus un simple chasseur de créatures de la nuit. Je ne l'avais jamais été. C'était la différence qui existait entre les autres membres de la Guilde à laquelle j'avais appartenu et moi-même. Les autres chasseurs pensaient que je jouais de chance pour survivre. Je minutais simplement tout, j'anticipais les scénarios, je prévoyais les pires. Dans le pire des cas, j'avais la chance que de savoir improvisée rapidement et me tirer des passes les plus compliquées. Survivre lorsque l'on agit comme je le fais ne peut pas tenir que de la chance, cela requiert du talent. Ou au moins une réelle capacité à gérer les situations, même les plus incongrus et les plus violentes. Pourquoi les chasseurs d'aujourd'hui chassaient-ils tous en groupe, persuadés d'être plus efficaces que moi. Je chassais seul, j'étais le chasseur le plus efficace. Je ne parlais pas en terme de chiffres, mais en terme de survie. J'étais très certainement un des chasseurs les plus expérimentés encore en vie. Je survivais seul dans la nuit. Professeur la journée, entité du savoir et de la transmission aux générations futures du bien le plus précieux que l'homme possède. Chasseur la nuit, entité de la mort et de la transmission aux créatures de la nuit de quelque balles en argent.

J'avais pris conscience d'avoir fais un choix capital en choisissant de quitter la Guilde. J'avais eu le choix entre ma vie dans la Guilde et la vie d'une vampire. Le résultat ne fut pas forcément celui qu'avait escompté ceux qui m'avaient laissé le choix. Comment aurait-il pu penser que le tueur de vampires le plus ancien et apparemment le plus déterminé, allait choisir que de laisser vivre une vampire? Mon choix n'avait pas été celui attendu. Tant par les dirigeants actuels de la Guilde que par les personnes, étrangement nombreuses, qui étaient venu assistées à mon jugement. Ca avait été intéressant que de voir de quoi il retournait avec les cinq grands patrons de la Guilde, mais je ne les cernais toujours pas. Qui étaient-ils vraiment? Que voulaient-ils? Trop de questions. Personne ne les connaissait. Ils auraient pu être des créatures de la nuit. Une vision extérieure à l'oeuvre de la Guilde, voilà ce que j'aurais dû avoir depuis longtemps avant. Jamais je n'avais pris de recul sur mes agissements. Jamais je n'avais eu la présence d'esprit de regarder plus loin que ce que je faisais. C'était une forme d'obscurantisme mis en place par les grands manitous de ce groupe oh combien fermé. Il avait pourtant suffis d'une seule et unique vampire que je prenne du recul sur mes agissements. Cette vampire, tous les chasseurs de la Guilde la connaissait. Elle était réputée non pour sa violence que pour sa capacité à survivre au temps et aux chasseurs. Il avait suffis d'un contrat sur elle que je sorte de la Guilde.

Quelles obscures raisons m'avaient poussé à ce choix? Comment étais-je passé aussi rapidement de meilleur chasseur à renégats? Moi-même je ne comprenais pas comment cela avait été possible. Tout avait été si rapide. Ca avait commencé avec mes recherches sur la fameuse vampire. Une maitre vampire à ne pas en douter. Une reine d'après ce que m'avait mené à savoir mes recherches. Pas une reine vampire, reine d'un royaume. Une notion qui continue de me rester très obscure cependant, j'avais toujours cru que les royaumes réellement diriger par une royauté était éteints. L'Angleterre était un cas tout à part puisque que à proprement parler, la royauté ne sert plus à rien sinon à occuper Buckingham palace. En tout cas, il avait suffis que je commence à en lire plus, à en apprendre plus sur elle, que les choses avaient changé. On m'avait appris à déshumaniser les créatures que je chassais. Oublier qu'elles étaient des hommes ou des femmes. Ne voir en ces personnes que la créature puissante, violente, assoiffée de sang. C'est ce que j'avais pensé faire en me renseignant sur la vampire dans d'anciens livres. Des témoignages se recoupaient, tout indiquait qu'il s'agissait effectivement d'elle. Pourtant, plus je lisais, plus je l'humanisais. Sans m'en rendre compte. Je l'humanisais à mes yeux, elle avait fais ceci ou cela. Et sa vie n'était pas un torrent de sang et violence comme je m'y étais attendu. En réalité, c'était plutôt une histoire un rien triste d'une femme seule.

Cette humanisation, ce simple fait avait suffis que je remette en doute ce que j'avais fais. J'humanisais toutes mes victimes passées. Je prenais conscience que comme cette vampire, chacune de mes victimes avaient un jour été humaines. Que ça avait été une personne ayant un nom, un prénom. Des goûts et des couleurs préférentiels. Je prenais cette vérité dans la face comme une pierre anguleuse dans la tête. J'avais passé du temps à réfléchir, à méditer sur cette femme. J'en étais arrivé à une seule et même conclusion. Une seule conclusion, qui m'amenait inexorablement à la rencontrer. Il était soudainement devenu impossible de faire autrement que de la rencontrer. Je voulais la rencontrer. Je voulais qu'elle me prouve que je faisais fausse route. Je voulais qu'elle me prouve qu'elle n'était pas si humaine que j'en avais le sentiment. Je voulais avoir la preuve qu'elle était une créature assoiffée de sang et de violence. Malheureusement, rien ne se passe jamais comme on le prévoit, tout un moment donné est obligé de déraper et de virer mal. Il y avait eu ces autres chasseurs, j'avais aidé la jeune femme à s'enfuir de leur piège. Finalement nous nous retrouvions à discuter l'un avec l'autre, comme je l'avais escompté. En revanche, je n'avais pas escompté que je sente cette jeune femme toujours plus humaine comme passait notre discution. Tout cela n'était pas prévu, et ça me menait où j'en étais actuellement. J'avais eu un choix, je l'avais fais. J'avais choisi de quitter la Guilde pour ne pas avoir à chasser la vampire. Je la retrouverais, ensuite on verrait.

On verrait. Laisser quelque chose au hasard. Pas tellement dans mes habitudes. Le hasard ne me plaisait pas. Il était trop imprévisible. On ne pouvait jamais deviner ce qui allait arriver. On ne pouvait jamais savoir ce qu'il allait décider. Surtout cela, il choisissait pour nous. Il décidait de ce qui allait arriver, c'était potentiellement dangereux. C'était tout simplement dangereux. Perdre le contrôle, lorsque vous chassez une créature de la nuit, c'est perdre la vie. Il n'y avait pas de place pour le hasard quand vous vous lanciez à la recherche d'une créature qui vous dépasse en puissance physique. Il n'y avait qu'une possibilité, être plus malin. Jusque là, j'avais toujours été plus malin que mes ennemis. Désormais qu'ils oeuvraient ensemble, j'avais un doute que cela suffise encore. Des pièges, je pourrais encore en inventer des centaines. La question était de savoir combien encore se laisserait prendre. Combien de ces créatures faudra-t-il encore que je tue pour avoir enfin le sentiment du devoir accompli? Combien en avais-je déjà tué? Le compte est impossible à faire, je ne sais toujours pas combien j'en ai tué. Je pourrais faire les comptes, j'ai gardé une photo de chaque victime depuis le début. Ces photos que je prenais pendant que je les espionnais. Je n'aurais qu'à compter les visages. Je n'en avais pas réellement envie, et puis pourquoi chassais-je encore? Je n'avais plus de raison de le faire. La seule chose qui me restait était l'image de ce chasseur qui avait tué dans le salon de mon enfance. Je voulais être comme lui avant. Aujourd'hui je l'étais. Je ne m'en sentais pourtant pas accompli.

Lorsque je l'avais vu ce jour-là, il était si providentiel, si surprenant. Un modèle de puissance et d'assurance. Il avait paru être le bras de la justice s'abattant sur ses créatures sanguinaires. Il m'apparaissait alors comme m'apparaissait l'ensemble de mon oeuvre. Pas celle d'un tueur échappé d'un asile. Comme celle d'une personne qui protégeait dans l'ombre. Combien de morts étaient évités grâce aux meurtres que j'avais occasionné. C'était un calcul simple, tuer une personne pour en sauver un nombre inconnu. Dans ma tête le calcul avait toujours été aussi simple que cela. Tuer un vampire pour sauver dix personnes. La théorie des pertes acceptables. On peut sacrifier un petit nombre si cela assure la subsistance du plus grand nombre. Mauvaise façon de penser, j'en conviens aisément, pourtant n'est-il pas mieux de voir une famille pleurer que dix? Ne vaut-il pas mieux deux orphelins que quinze? J'avais toujours vu les choses comme ça. C'est dire que je ne les avais jamais vu comme j'aurais dû les voir. J'aurais dû voir depuis le début que la Guilde n'était pas une entreprise d'éradication, mais d'aide. Le vrai but était de les aider. D'aider ceux n'ayant pas encore gouté le sang humain. De les en protéger, de leur permettre de surmonter cette envie. Les autres en revanche. Ceux ayant déjà eu du sang humain sur la langue. On pouvait au mieux les tuer. C'était cruel, c'était la Guilde. «Ils sont des pertes acceptables pour la survie du plus grand nombre.»

Un coup de vent me reporta au moment présent. Il était encore très tôt, j'étais dans une ruelle de l'Allée des Embrumes. Mes armes venaient de retrouver leur place, et je me retrouvais face au jeune homme de la dernière fois. Il avait le chic pour tomber au mauvais moment en effet. A quelque seconde près, la ruelle était déserte, il n'aurait trouvé que deux corps. Un premier meurtri de profondes griffures et morsures. Un second une balle en argent logée en plein coeur. A la place, le jeune homme s'était retrouvé braqué par la baguette d'un chasseur. Dans une sorte de quatuor de violences. Ce genre de situations que certains considèrent bloquées sont souvent simples, c'est généralement le plus charismatique qui s'en sort. Et je possédais devant les membres de la Guilde, maintenant encore, un charisme fort. Le jeune homme réagit d'instinct, parlant fort, me traitant de malade. Il avait sans doute raison, je n'irais pas contre cela. Depuis tout ce temps, c'était bien moi. Et oui, j'avais abusé du temps du moldave lors de notre dernière rencontre. J'allais répondre lorsqu'il reprit la parole, un rien plus mesuré. Qui étaient les personnes désormais partis. Je pris ma baguette et utilisa un Lumos pour éclairer le fond de la ruelle. Faisait signe au jeune homme de venir avec moi. Les photos qu'il avait vu étaient dur. Ce qu'il allait voir face à lui l'était assurément plus encore. Les deux corps gisaient. Un presque entièrement dénudé, humain, une balle dans le coeur, du sang sur les mains et tout autour de la bouche. Le second corps était un reste de corps. Entre griffures, morsures, le corps baignait défiguré dans une mare de sang:


- Eux comme moi sont des chasseurs. Nous chassons les créatures de la nuit. Le but étant de protéger ce qui peut l'être. En tuant ce lycanthrope, j'ai évité que d'autre personnes finissent comme le propriétaire du corps dans la mare de sang. C'est malheureusement le meilleur moyen de protéger les sorciers des créatures de la nuit ayant gouté au sang humain...
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Torben Badenov

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MessageSujet: Re: J'irais pas jusqu'à dire ravi de vous revoir...[PV=Torben]   Ven 16 Jan - 16:38

[HJ: désoél, c'est pas tip top, mais j'ai malheureusement pas le loisir de plus détaillé la réaction de mon perso >>]


    Paradoxalement à mes paroles, je sentais en moi une certaine partie attirée par le vil menteur qui se trouvait devant moi, attiré par le fait que j'étais sans doute aussi fou que lui, et que moi aussi je ne désirais qu'une chose. Tuer ce genre de monstre. Eviter à d'autres que moi de se retrouver orphelin par la faute de créatures incontrolables et sanguinaires. Je m'étais longuement interrogé sur ce que je voulais faire de ma vie. La chose la plus évidente était de venger mes parents et mes amis, tous ceux qui avaient bercer mon enfance. La vengeance. Quelle inique motivation. Elle n'était pas un sentiment, une émotion. Plutôt une envie, un besoin carrément pressant. Quelque chose contre lequel on ne pouvait pas lutter, quelque chose contre lequel on n'était pas certain de vouloir lutter. Devant tous les grands principes, la vengeance avait tendance à s'imposer. Je m'étais toujours promis de ne jamais ôter la vie à un être humain, mais qu'en était il d'une créature à moitié humaine? Tout en revenait toujours à la question de la motivation.


    Depuis la nuit des temps, ce n'est pas le pouvoir, l'argent, le sexe ou que sais je encore, qui guidait le monde. Non, il s'agissait des rêves et des pulsions de tout un chacun, et de leur accomplissement qui dépendait uniquement de la motivation, du courage en quelque sorte, mais aussi d'une certaine dose de folie. L'un n'allait pas sans l'autre. Comment pouvait on qualifier un homme se jeter seul dans la mêlée, sachant qu'il y trouvera la mort? Doit on juger ses actes sur ses intentions, sur ses motivations profondes, ou sur les réflexes, signe de sa socialisation et des valeurs qu'il avait appris? Je n'en savais rien, et là était toute la question pour les individus normaux. Juger les autres plutôt que de se juger soit même. Je repérais là une de mes plus grandes contradictions. J'étais motivé à débarasser la surface de la terre de tous ses monstres, tout en me sachant incapable d'y parvenir, et encore moins capable de ne pas me retrouver un jour corrompu par le simple appétit meurtrier, cette petite part de folie en moi qui changeait tout.


    Tout le monde était capable de tuer. Tout le monde. Les moldus l'avaient bien compris au travers des grands massacres jalonnant leur histoire. Comment un individu sans histoire, heureux dans sa vie familiale tout autant que professionnelle, pouvait se retourner contre son voisin, l'assassiner froidement pour ensuite s'attaquer au reste de sa famille? Devant un tel acte, incompréhensible, barbare, nulle explication pouvait me venir. Pour moi, tout pouvait se résumer à notre histoire, à dans une certaine mesure, à ce que nous avions pu apprendre. Quand j'étais jeune, j'avais appris que la famille était la chose la plus importante à la surface du monde. Des liens affectifs tout autant que biologiques. Etait ce pour cela que je tenais plus que tout à venger les disparus, ou était ce par ce que j'étais tout simplement mauvais? Sans doute un peu des deux. Je pensais toujours que cette pulsion meurtrière à l'encontre des assassins des personnes que j'aimais était légitime, mais et si c'était dû à ce besoin, à cette satisfaction sauvage que j'avais eu en mettant fin à la vie de la première goule, quand je l'avais regardée expirer les yeux dans les yeux? Ou est ce que le tout était lié?


    Je n'en avais aucune idée, tout ce que je savais, c'était que ce soir je venais de rencontrer un maître en la matière. Un type qui tuait toutes les créatures magiques et dangereuses. Il venait de le faire, presque sous mes yeux. Une certaine fascination morbide me poussait à me placer près du rebord et de regarder en contrebas, là où il y aurait immanquablement le cadavre d'une de ces créatures. Mais je résistais à cette étrange envie, cet étrange besoin de me dire « un de moins ». Etais je plus moral que le chasseur que je venais de démasquer? Non, probablement que non. J'étais tout aussi malade que lui, mais la surprise l'avait emportée au premier contact. Et surtout la méfiance. Ce mec ne m'avait il pas faire croire qu'il était l'inspecteur Jimmy Page? Tout était là, toutes les pièces qui pouvaient m'aider à comprendre, il me les avait étalées devant les yeux, et je n'avais d'abord rien vu. Puis, j'avais compris, lentement, mais sûirement, j'avais nourrit des soupçons. Jusqu'à ce que je me retrouve devant le fait accomplit ce soir. Et là, toutes les pièces du puzzle étaient venues se remettre à leur place.


    Mais sans me répondre, le chasseur, peu importait son nom, avait fait fuir deux autres types dont j'ignorais totalement la nature. Probablement des personnes qu'il connaissait vu le ton employé, mais est ce que pour autant il avait des atomes crochus avec ces types? Probablement pas. En fait, il semblait même voulori leur faire peur, et la façon dont ses types se menaçaient était pour le moins équivoque. Probablement en seraient ils venus aux mains si je n'avais pas été là. Mais maintenant, comment tous ces gens allaient ils réagir? En effet, je venais après tout de percer tout à fait fortuitement leur secret, et ils étaient armés. Moi pas. Je savais me défendre, avec ou sans baguette, mais je n'avais absolument aucune idée de la façon de me débrouiller si jamais je serais mis en face d'une arme à feu. Et j'en concluais d'avance que si bagarre il y avait, ce serait mon cadavre qui joncherais le toit, et non le sien. Faussement confiant, je m'avançais cependant vers le rebord comme le type m'avait fait signe de le faire.


    Surtout, pas de mouvement brusque, rien qui ne puisse lui donner un prétexte de donner de la gachette à mon encontre. J'avais plutôt envie de mourir en héros dans mon pays face aux immondes goules et gobelins, pas face à un tueur de monstres de Londres. En bas, le spectacle était plongé dans les ténèbres, seule la pâle lueur de la lune permettait d'y voir quelque chose. Mais de là où j'étais, je voyais distinctement deux corps, tous deux couchés au milieu d'une mare de sang. Le premier, celui dont l'image se réflétait le plus face à la lune car presque entièrement dénudé, était couché dans une étrange posture, une immonde plaie énorme entre deux côtes, la cage thoracique enfoncée par une de ces balles d'argent. La plaie fumait encore, signe évident de la présence du venin de loup garou. La vue de ce cadavre ne m'emplit que d'une froide fureur. C'était choquant, mais pas désagréable. Je savais qu'il ne s'agissait que d'un mensonge, mais je préférais convertir mon dégoût en haine pour tous les représentants de cette espèce. Certes, ils ne pouvaient rien à leur condition, mais s'ils étaient vraiment inoffensifs, pourquoi ne vivaient ils pas reclus, loin des hommes et de la tentation d'en faire leur petit déjeuner à chaque pleine lune? C'était tout simplement car il s'agissait d'individus foncièrement mauvais.


    L'autre corps, en revanche, ne me permit pas de transformer cette vision et les émotions que cela provoquait chez moi en pure sentiment de haine et de vengeance, car la pauvre personne avait été mise dans un tel état... cela me procura un flash intense qui m'éblouit. Je me retrouvais de nouveau dans la chambre de mes parents. Tout tournait au ralentit. Mes j'entendais distinctement les sons. J'étais sur le palier. La respiration haletante, je venais de tuer deux monstres. Et de sauver mes soeurs, du moins provisoirement. Désireux de voir comment se défendaient mes parents, je ne pouvais que contempler, à nouveau, l'horreur devant mes yeux. Mon père gisait déjà, probablement mort ou en train de l'être. Ses yeux étaient en train de se fermer. Il était couvert de sang, et se faisait littéralement dévorer. Ma mère quant à elle, tendait la main vers moi, le côté du corps couvert de sang, tandis qu'une goule venait de plonger son effrayante dentition sur le côté de son cou, provoquant par là même une nouvelle giclée de sang. Les yeux exorbités, pleins de larmes, ma mère venait de mourir. Et là, je revenais dans Londres. A nouveau la respiration saccadée, à nouveau plein de sueur, je me tenais le coeur sur le rebord. Mon coeur était de plus en plus douloureux depuis cette été. Je pressais avec ma main droite au dessus, tandis que mon autre main me servait d'appui. L'homme parlait, se doutait il que j'étais nauséeux?



    - Je sais qui vous êtes, je sais ce que vous faites. Je veux en être moi aussi. De toutes façons, je me lancerais à la poursuite de ces monstres avec ou sans vous. Ne m'avez vous pas laissé comprendre votre nature? N'était ce pas pour que je comprenne? Je comprends maintenant pourquoi vous faites ça. Ces monstres doivent tous êtres tués, si on ne veut pas que ça recommence...


    Perdu dans la douleur et mes songes, un détail me fit cependant tiquer pendant que je reprenais ma respiration. Qu'est ce que je foutais ici, près d'un criminel? Qu'est ce que je faisais ici, à vouloir faire comme lui, devenir un meurtrier, au même titre que ceux que je désirais tuer? Une question m'échappa.


    - Pourquoi vouliez vous que je comprenne?

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MessageSujet: Re: J'irais pas jusqu'à dire ravi de vous revoir...[PV=Torben]   Ven 16 Jan - 19:19

Comment tout cela avait commencé? Comment étais-je soudainement devenu un chasseur de vampires et de lycans? Bien contrairement à ce qu'il semblait, ce n'était pas une chose qui avait été subite et soudaine. Pas plus que je ne l'avais subie par ailleurs. J'avais choisis de devenir ce que j'étais devenu, et d'une façon, je rendais service à la communauté. Tout avait commencé alors que j'étais encore un enfant. J'aurais pu avoir une enfance banale et parfaitement joyeuse. En réalité, cela avait même été le cas, j'avais eu la chance de profiter d'une enfance protégée. J'étais tranquillement installé dans une maison, presque un petit manoir. Mes parents gagnaient plutôt bien leur vie, et le besoin était un terme que nous ne connaissions pas. J'avais été protégé par mes parents, j'avais eu une enfance qu'on ne peut en rien qualifié de difficile. Loin du besoin. Loin de la violence. Loin du sang. Loin de la douleur. Non, mon enfance avait été en tout point parfait. Jusqu'à ce jour où ma mère montra finalement son véritable visage. Celui d'une lycanthrope. Et c'était un soir alors que je n'étais pas chez moi que le masque tomba. Elle tua, apparemment sans pitié aucune mon père. Pourquoi ce jour là? Qu'est-ce qui avait été différent? Je ne saurais répondre à ces questions, mais quoi qu'il advienne, elles étaient bien là. La suite avait été confuse, très confuse. J'étais là, dans le salon, face au corps de mon père. Ce loup-garou s'avançant en me fixant. Je voyais la créature sauter, puis une vampire intervenir. Tout se passa vite, qui tua qui, je ne saurais le dire. J'avais le souvenir d'un chasseur, mais rien de précis.

En revanche, me restait cette vision le lendemain matin alors que je me réveillais. Ouvrant les yeux, ce matin là, j'avais eu l'espoir que tout cela n'était qu'un rêve. Ce ne pouvait être qu'un mauvais rêve, comment mes parents auraient-ils pu être tués? Ils étaient mes parents, et même si j'étais déjà un jeune adulte, il y avait toujours chez moi ce côté immortel des parents. Je crois d'ailleurs qu'on ne le perd jamais tant qu'on a pas perdu ses parents. Je crois que aujourd'hui encore, même à quarante-et-un ans, si on ne me les avait pas arraché, mes parents seraient encore pour moi des êtres immortels qui me survivraient. Ce ne serait plus le cas. Et alors que j'étais là avec le jeune homme, l'horreur de ce matin me revenait. Le réveil, allongé sur le sol, les yeux s'ouvrant pour voir le plafond du salon. Je sentais dans ma main une sensation étrange, des effluves d'odeur venaient me chatouiller les narines. Le fait de revoir ce moment me rappelait une fois encore ces odeurs, je ne les avais jamais oublié. Ma main était poisseuse de sang, mais je n'y prêtais pas attention, me précipitant pour voir le corps, toujours tranquillement assis dans son fauteuil de mon père. Il aurait presque pu paraitre simplement endormi sans ce trou au niveau de son corps. Il avait sur son visage une expression tellement calme, avait-il compris? Savait-il pour ma mère? Je ne sais pas, mais il avait un air si tranquille. Je me demandais s'il avait eu le temps de réaliser qu'il allait mourir, je me demandais s'il avait souffert, et combien. Des questions, encore, toujours. Des questions qui resteront sans réponses jusqu'à ma mort. Et après? Les reverrais-je? Je n'avais pas foi.

Je n'avais jamais eu foi. Moins encore ce matin là. Ma foi en l'être humain lui-même fut pris à parti ce matin là. Si personne ne savait, pas même mon père? Comment ma mère avait-elle pu lui faire ça? Quand avait-elle été mordu? Si elle l'avait caché, pourquoi l'avait-elle fais? Pourquoi l'aurait-elle caché à mon père? Lui aurait été prêt à tout lui pardonner. Pis, ce n'était peut-être pas même de sa faute à elle. Ce matin là, je pleurais un père. Je pleurais une mère un peu plus tard. Parvenir à détacher mon regard de mon père avait été quelque chose de difficile pour moi. Comme si il attendait que j'enlève mon regard pour mourir. Je savais qu'il ne vivait plus. Pourtant, j'étais bien incapable de détacher mon regard de lui. Quand enfin j'y fus parvenu, sans savoir combien de temps j'avais passé à genoux devant ce corps sans vie, mon regard passa dans la pièce. Dans ce qu'il restait de la pièce de vie, longtemps si belle, si chaleureuse, si accueillante. Aujourd'hui restes d'un champ de bataille de la veille. Les coussins étaient déchirés, du tissu partout dans la pièce, une couleur dominait, le rouge, le rouge du sang des morts. Des taches, des projections, des flaques. Du sang. Partout. Recolorant tapis et murs. J'avais trouvé le corps de ma mère, de la lycanthrope qui avait voulu me tuer. Ce corps redevenu humain. Totalement nu de vêtement. Elle ne me semblait plus être ma mère, sa chair percée de morsures. Marquée de plaies profondes dont le sang s'était échappé. Vision d'horreur dans ce salon. Un troisième corps, celui d'une conquête d'un soir. Ironiquement, elle m'avait pensé comme repas en sa qualité de vampire. C'était finalement un hasard qui m'avait sauvé. Une chance dirait certains. Je ne crois pas en la chance.

Ironiquement, beaucoup de personnes penseraient, peut-être à raison, que je me suis lancé dans une volonté de vengeance obscure. Je n'avais pourtant pas de raisons de me venger. Celle qui avait tué mon père était morte. Celle qui avait tué ma mère était morte. Alors pourquoi devenir un chasseur de créatures de la nuit? Ce n'était pas de la vengeance, ni même une forme de racisme. En réalité, ce chasseur que je ne connaissais pas avait certainement été providentiel pour ma vie. Il était arrivé trop tard pour sauver ce bonheur que je vivais alors, mais il avait été là. Comme une sorte de héros tout-puissant qui arriverait dans un roman, grand sauveur de la damoiselle, pourfendeur du méchant. Ce n'était pas non plus en espérant le retrouver que j'étais devenu chasseur, c'était plutôt par ce que je croyais au début être un hasard. Non, ce n'en était pas un, tout avait été calculé. Comment avais-je pu imaginer que quoi que ce soit fut laissé au hasard? Rien ne l'avait été. Je n'avais pas développé de haine envers les créatures de la nuit, en réalité elles ne me dérangeaient pas. Je ne m'inquiétais pas plus de leur existence qu'elles ne semblaient se soucier de mon existence. Je vivais comme si de rien était, un temps durant du moins. Ironiquement, j'avais eu l'impression que cela faisait des mois lorsque pour la première fois, je rencontrerais mon ticket pour la Guilde. Je n'en étais pas conscient, je ne savais pas même du tout de quoi il retournerait avec lui. En réalité, il m'avait abordé comme si de rien était. Puis tout s'était enchainé.

Une seconde rencontre dans une situation aussi étrange que la première fois. La première fois, je l'avais rencontré dans un bar, il était venu me parler de vampires et de lycanthrope, restant toutefois très obscur sur le pourquoi il me parlait. Je ne comprenais pas tout, comment aurais-je pu comprendre tout en n'ayant devant moi que des bribes d'informations? Il me fit tout deviner, doucement au cours de cette conversation. Il me fallut du temps pour réellement comprendre de quoi il retournait. Pourquoi tout d'un coup, un homme venait me parler de vampires et de lycanthrope quand je n'avais rien à voir avec ses créatures? Pourquoi moi quand ce bar était parfaitement plein de jeunes gens dans ma tranche d'âge. Pourquoi m'ennuyer moi plutôt qu'un autre? J'avais déjà eu cette suspicion «se pouvait-il qu'il sache pour ce qui m'est arrivé avec mes parents?» C'était folie de penser ainsi, comme aurait-il pu savoir. J'avais fais en sorte d'oublier. J'avais fais en sorte de laisser cet incident de côté. Lorsqu'on me le demandait, mes parents étaient morts, c'était tout. Je ne prenais pas le soin de détailler, ils étaient juste morts. Je n'avais jamais vraiment réfléchi à toutes les personnes susceptibles de savoir cette information, pourtant cela représentait une masse impressionnante de personnes. Les policiers, la presse, ceux qui avaient lu la presse. Un nombre incalculable de personnes.

La seconde fois que je rencontrais cet homme était étrangement similaire à ce moment où je revoyais pour la seconde fois ce jeune homme. Dans les personnes qui savaient que j'ai cité, j'en avais oublié une pourtant évidente, le chasseur de cette nuit là. Comment aurait-il pu ne pas savoir? Comment aurait-il pu passer à côté d'une telle évidence? Comment aurais-je pu ne pas en vouloir à ces créatures? Pourtant c'était le cas, je ne leur en voulais pas, au contraire. C'était un peu paradoxal et étrangement inexplicable, mais je ne leur en avais jamais voulu. J'en voulais plus à mes parents de m'avoir laissé. D'être parti. Je savais qu'ils n'avaient pas eu tellement que cela le choix, mais je leur en voulais pourtant. Je me souviens de ce jour comme si c'était hier, ce jour où je revis cet homme. Le sang attire-t-il le sang? Je ne sais pas, en tout cas, un lycanthrope semblait s'être mis dans la tête de me tuer cette nuit là. Inconscient, je marchais tranquillement dans une ruelle du vieux Londres. J'avançais vers ce bar que j'aimais tant, la population féminine y était agréable, nombreuse, charmante et de bonne compagnie. Je n'y allais jamais que pour passer la soirée tranquillement. C'est comme ça que je revis mon mystérieux chasseur de ce soir là. Une fois encore, il me sauvait la vie. Il tua le loup-garou qui me suivait, sans vraiment que je comprenne, mais je le reconnus immédiatement. Son image, son visage, sa carrure, tout me sauta aux yeux. Il était ce chasseur de cette nuit. Pourquoi ne l'avais-je pas reconnu avant? Pourquoi avait-il fallu qu'il tue à nouveau que je le reconnaisse?

Peu importait, et peut importe toujours, les réponses à ces questions. Je me souviens de ce qui avait suivis, exactement ce qui semblait être sur le point de suivre pour le jeune homme qui me faisait face. Etrangement, il manifestait une envie plus grande que la mienne ne l'avait été. Pourtant il y avait quelque chose d'étranges, comme si quelque chose le torturait dans la scène qu'il avait vu. Il me dit qu'il savait de quoi il retournait, qu'il avait compris. Bien sûr qu'il avait compris, je n'avais rien fais pour lui cacher quoi que ce soit. Je lui avais tout dis, tout donné. Il avait eu depuis le début toutes les pièces en mains pour tout comprendre. Comme moi cependant, il avait mis un peu plus de temps à comprendre la réalité. D'ailleurs, si je n'avais pas vu le chasseur ce soir là, il n'aurait pas été impossible que je ne comprenne que plus tard, ou jamais. Lui semblait déjà avoir compris, il semblait déjà savoir. Il me dit qu'il voulait en être lui aussi. Qu'il voulait chasser. Et que ma réponse importait peu car avec ou sans moi, il partirait en croisade. Il posa deux questions parfaitement rhétoriques, lui comme moi savions que je l'avais laissé deviner. De toutes évidences j'avais fais en sorte qu'ils comprennent. Pourtant, j'avais soudainement un doute sur sa compréhension des choses, sa vision était un peu extrême. Il eut alors la question qui était vraiment intéressante, plus vite que je ne l'avais eu à l'époque:


- Venez, marchons un peu, je crois qu'il serait bon de disparaître maintenant.

Nous commençâmes à marcher et je repris la parole:

- Ca me paraît une évidence que tout a été fais pour que vous compreniez. Je vous ai donné tout ce dont vous pouviez ou aviez besoin. Vous avez été plus prompt que moi à comprendre cela. Comme vous avez été plus prompt que moi à poser la bonne question. Pourquoi vous? Je sortis un papier de ma poche, le lui donnant, Torben Badenov, moldave de naissance, vous avez perdu vos parents de part les créatures de la nuit. Ne soyez pas étonnez, chaque pays à ses chasseurs. Chaque pays à sa délégation de la Guilde. Nous devons tout savoir sur les créatures de la nuit et les victimes, c'est essentiel. C'est un monde obscur que celui que vous voulez choisir. Êtes-vous vraiment sûr de vouloir le suivre? Rien ne vous oblige, je suis là pour vous inviter à suivre la voie de la Guilde rien d'autre...
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MessageSujet: Re: J'irais pas jusqu'à dire ravi de vous revoir...[PV=Torben]   Jeu 22 Jan - 19:54

    Il n'y avait pas à dire, je restais totalement sans voix, rapport à ce qu'il se passait tout aussi bien que ce à quoi je venais d'assister. Pire encore, je ne savais même pas comment réagir. J'avais peur de ma propre réaction. D'ailleurs, je m'efforçais littéralement de n'en avoir aucune, sait on jamais, peut être la satisfaction que je ressentais quelque part au fond de moi qu'un monstre ait été abattu n'était elle pas anodine et dénotait d'une certaine anormalité que je ne m'expliquais pas. Peut être que je ne valais pas mieux que toutes ces créatures que je haïssais au plus haut point. Peut être étais je de l'espèce pas si rare que ça des meurtriers en herbe. Cette pensée là me fit peur, mais au moins, je n'eus pas à avoir peur que cette tension interne qui s'exerçait maintenant sur moi ne se reflète sur mes traits, car j'étais avant tout pris de dégoût, et de tristesse aussi. Je pensais à tout ce que je venais de voir et de découvrir. Le monde était il tellement vil qu'il devait y avoir des meurtriers et des assassins de carrière pour protéger de la plus honnie des façons leurs semblables, pendant que certains de ceux ci étaient touché par toutes ces malédictions?


    Oui, le monde était vil. L'homme l'était tout autant. Jamais je n'avais entendu parler que qui que ce soit cherchait à trouver un remède aux afflictions telles que celles du loup garou ou des vampires. Non, l'homme réagissait de la seule façon qui lui avait toujours parue sensée. L'attaque, la guerre, la violence. C'était une attitude qui restait à déplorer, peu importait les raisons. J'étais le premier à le reconnaître malgré ce que j'avais sans cesse envie de faire. Le fait que la seule chose dont je rêvais chaque nuit était l'annihilation de toute forme de goules à la surface du monde ne m'empêchait malheureusement pas d'éprouver une certaine peur à l'égard de cet instinct meurtrier que j'avais découvert en même temps que la tristesse et le désespoir. C'était nouveau pour moi. Et j'avais également dû prendre en considération ce désir presque irrésistible de mettre en pièces les monstres dans mes perspectives d'avenir. Il y avait également autre chose qui caractérisait ce drôle de besoin que je ressentais. Celui de le faire seul, de n'inclure personne d'autre dans cette quête des plus vaines et sans doute puérile. Celui de souffrir seul et en silence, de ne pas broncher sous le poids des remords et du désespoir. D'agir en homme, et de me battre contre les ténèbres. En les focalisant sur moi plutôt que sur mes proches.


    C'était en fait un point de vue que je me sentais partager avec ce type qui me faisait face, et qui se trimbalait avec tout son attirail de guerre moldu. Lui aussi était solitaire, et lui aussi tuait des monstres. Enfin, il était à préciser, quand je disais « lui aussi », que je n'avais après tout tué que deux créatures, deux goules. Uniquement par surprise et sous l'effet de la colère. Tuer de sang froid, je ne savais pas encore ce que c'était. Je ne saurais peut être jamais, car après tout, de toute ma vie, je n'avais jamais rien fait de sang froid, bien au contraire. J'avais toujours réagit à l'instinct, comme lors de ma décision d'entrer quand même dans un village dévasté par les flammes et infesté de goules sanguinaires, ou de quitter Poudlard au profit d'un modeste emploi de serveur dans un pub londonien sur le chemin de traverse. Bref, vous aurez compris, j'étais loin d'être une personne réfléchie et posée, même si je m'efforçais le plus possible de l'être. Et je sentais que c'était là la principale différence qui m'opposait à cet homme, qui semblait avoir toujours un plan de secours, un mensonge, une attitude à adopter...


    Je ne pouvais m'empêcher de me retrouver fasciné par le type que j'avais en face de moi. Ce mec avait renoncé à tout, à sa propre humanité et à sa vie en général pour se consacrer à une seule chose: la traque et la destruction de monstres qui pouvaient menacer ses congénères. Il ne pouvait y avoir qu'une seule explication à cela, et c'était tout simplement le fait que comme moi, cet homme là avait été amené sur cette voie sur la vengeance. Oui, c'était forcément cela, car après tout, aucun être humain qui pouvait avoir sa culture et son intelligence, ainsi que son éducation, ne pouvait passer sa vie à chasser des créatures monstrueuses juste pour le pur et simple désir ou caprice de le faire. Derrière chaque acte monstrueux se cachait toujours une raison. Mais s'agissait il d'un acte monstrueux que de tuer des monstres dénués d'humanité, et qui tuaient les êtres qui nous étaient chers?


    Non, cela n'avait rien de monstrueux. Je savais qu'il ne s'agissait encore et toujours que d'une tentative de m'en convaincre, mais tuer des loups garous, des vampires ou des goules et des trolls n'était pas la même chose. Chacune de ces espèces était radicalement différente. Les loups garous étaient ceux que je plaignais le plus, enfin certains, car ils n'étaient après tout que des victimes d'une malédiction horrible. Les vampires étaient du même acabit, mais ils ne m'inspiraient que du dégoût, pour la simple et bonne raison que tous ceux qui peuplaient les histoires dans mon pays n'étaient que des tueurs sadiques qui prenaient plaisir à leur condition et qui prenaient littéralement leur pied en faisant souffrir le reste de la population, restée humaine. Les goules, je les haïssais, car elles n'étaient que des monstres qui vivaient pour tuer. Pire que des loups enragés même, car elles tuaient parfois juste pour le plaisir. Après tout, elles étaient nécrophages et n'avaient pas besoin de s'en prendre aux humains pour survivre. Pourtant, elles le faisaient, et pour cet état de fait elles devaient être anéanties.


    D'ailleurs, le chasseur solitaire me jaugea du regard. Il semblait étonné que j'eus déjà compris et aussi un peu décontenancé. Je ne savais dire pourquoi, car son expression était impénétrable. Peut être regrettait il, peut être était il satisfait d'avoir trouvé une autre personne comme lui. Mais je ne savais pas pourquoi, je sentais cependant que la réaction que j'avais lui déplaisait quelque part. Sans doute me montrais je trop catégorique, trop pressé, trop « jeune ». J'étais un chien fou, je le savais, mais je n'irais pas en arrière, comme je venais de lui dire. De toutes façons je n'avais même pas besoin de prendre de décision, c'était dans ma nature de me battre, c'était la seule explication qui me venait quand je pressentais ce vague instinct meurtrier qui se bornait à rester à la limite de ma conscience. Et puis je serais de toute façon rappelé dans mon pays lorsque le conseil moldave m'appellerait. Je ne pouvais m'y dérober et de toute façon je n'en avais absolument aucune envie! Le chasseur finit de me dévisager et me dit que l'on devrait partir. Silencieusement, j'acquiescais.


    Lentement, il m'expliqua que son geste délibéré était évident. Je le sentais aussi, sans réellement mettre le doigt dessus. Il m'avoua également avoir été plus prompt que lui à comprendre, ainsi qu'à poser la « bonne question ». Sortant un papier de sa poche, il me décrivit son contenu... Ce qu'il me dit me fit ouvrir les yeux en grand, même si je n'étais pas réellement étonné. J'étais même un peu énervé, comment ça se faisait que tout le monde savait tout de moi? Il me proposait tacitement de le rejoindre, lui et son espèce de confrérie, dont je ne saisissais rien... Eberlué, je ne savais que répondre. Je regardais au loin, derrière sa silhouette. Puis, j'entendis un cri plus bas dans la rue, qui me fit sortir de mes pensées.



    - Partons vite
    dis je simplement


    Je ne disais rien et pris immédiatement la direction de la cage d'escalier, sachant tout de même que l'homme était sur mes pas, même s'il restait silencieux. Evitant de nous retrouver dans la rue des corps, nous marchâmes dans l'allée des embrumes, nous enfonçant quelques longues secondes durant dans la partie la plus noire de Londres...


    - Ainsi donc, tout avait été orchestré, et vous voulez que je rejoigne votre organisation... Vous tuez les monstres, ceux qui font souffrir les nôtres et les tuent sans arrêt. Je ne choisis aucun monde, c'est le monde qui m'impose le sien. Je n'ai jamais désiré voir mes parents mourir sous mes yeux. Je n'ai jamais désiré tout ceci. Mais maintenant, j'ai ça dans le sang et je ne peux faire autrement que m'y plier... Je pense donc vous rejoindre, mais attendez vous à ce que je vous mitraille de questions. D'abord, la plus simple. Qui êtes vous, comment vous appelez vous? Et cette guilde dont vous me parlez, je veux tout savoir dessus, sinon je ne rejoindrais personne!

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MessageSujet: Re: J'irais pas jusqu'à dire ravi de vous revoir...[PV=Torben]   Ven 23 Jan - 17:26

Tuer. La première fois, est la plus étrange. Je crois qu'on n'est pas tout à fais conscient de ce que l'on fait. On ne prends vraiment conscience de son geste qu'une fois qu'on l'a réalisé et que l'adrénaline et l'excitation liées à cela sont retombées. Chacun gère cela différemment. Certains s'effondrent, craquent et vont se donner à la police, ou aux autorités compétentes. D'autres tenaient mieux le coup mais sans pour autant complètement géré la situation. Ceux-là sont les plus dangereux, imprévisibles, incompréhensibles, ils sont capables de recommencer n'importe quand. Ils sont les plus dangereuses personnes que l'on puisse rencontrer, instables, comme rendus fou par leur geste. Il recommenceront simplement pour revivre l'adrénaline qu'ils ont rencontré ce jour-là. De vrais junkees de l'adrénaline, et comme la drogue, ces pulsions sont plus nombreuses, plus violentes, plus irraisonnées. Ils en ont besoin, comme d'un drogué peut avoir besoin de sa drogue. Quelque chose de particulièrement terrible que ces personnes. Et il y avait les personnes comme moi, qui semblent passer au travers. Ces personnes semblent intouchables sentimentalement, comme si le poids des meurtres ne les atteignait pas.

La seconde fois était la fois que je qualifierais de décisive. La personne recommence, un geste qu'elle connait déjà. Un geste dont elle avait déjà pesé le pour et le contre. Elle en connaissait désormais les connaissances, elle savait de quoi il retournait. C'était là qu'on pouvait vraiment savoir à qui on avait à faire. Si c'était un de ces tueurs qui devenaient incontrôlables, le meurtre ne serait jamais qu'un ensemble de violence sans logique. Des coups, de la violence, beaucoup de violence. Ce qui les intéressaient était le sang, absolument rien d'autre que de voir le sang. Ce n'était pas tout que simplement de tuer pour eux, ce qui importaient c'était la violence du geste. C'était ce sentiment de puissance que l'on ressentait lorsqu'on avait le pouvoir de vie ou de mort sur une personne. Lorsque l'on peut profiter de ce droit unique, de ce pouvoir que l'on ressent. Et il y avait cette autre classe de gens, ces personnes qui semblent insensibles aux évènements qui se succèdent, et à leur geste. Pour eux, la seconde fois est facile, aucune question, aucune violence particulière, ils le font, c'est tout.

Le reste ne pose absolument aucun problème. Une fois ce second meurtre réussit, ils sont des "tueurs confirmés". Ces tueurs en recherche de violence ne reculeront plus, et ils se feront toujours plus violents. Chance, ceux-ci sont trop pressés, trop irraisonnés, ils laissent des traces trop évidentes et se font souvent très rapidement arrêtés. Rares sont ceux de ce genre qui parviennent à ne pas se faire arrêter sur de longues périodes. Les autres en revanche ne connaissaient absolument aucun problème s'ils étaient fidèles à quelques menus règles. Il ne fallait jamais, jamais se laisser aller à de la violence inutile, seule la violence utile pouvait être tolérée. Il ne fallait jamais abuser sur la violence, c'était là la pire erreur. Souvent cependant, les personnes de la seconde catégorie savait l'éviter, plus malines peut-être que les autres, mais au moins, elles savaient faire la part des choses et se garder à l'abri. Il y avait de rares règles, le jeune homme les apprendraient, s'il s'engageait sur cette voix du moins. Enfin il les apprendrait s'il voulait les apprendre, il ne serait pas tenu de les respecter, ce serait son choix à lui. Un choix qui serait décisif dans sa vie, même je supposais que comme moi à l'époque, il n'en soit pas encore conscient.

Trop de monde pensait que tuer était quelque chose de simple. Pire encore, beaucoup de personnes pensaient que tuer par haine ou par vengeance rendait la chose plus facile. De toutes évidences, ces personnes n'avaient jamais tuer. Que ce soit de sang-froid ou sous l'effet d'un quelconque ressentiment devenu hors de contrôle. Contrôle. Ce mot désignait ce que l'on ressentait l'instant avant de tuer la personne. Pendant cette fraction de seconde avant de porter le coup qui serait fatal. Ce sentiment ne dure qu'un très court instant, aussi vite disparu qu'il ait apparu. Comme si l'on sentait une odeur une fraction de seconde. Ce sentiment, on le ressentait toujours, chaque fois qu'on tuait, on le retrouvait, comme si il n'attendait que le bon moment pour surgir. Et c'est peut-être ce qu'il faisait. Même moi, je le sentais encore. Chaque fois, avant de presser la détente où de donner le coup fatal, je sens ce sentiment m'envahir. Comme un parfum que j'aurais respiré. C'est un sentiment étrange qui allie puissance, pouvoir et orgueil, mais le pire c'est qu'il est parfaitement agréable.

Le jeune homme face à moi saurait très prochainement de quoi il retourne avec le fait de tuer. Il apprendrait que tuer de sang-froid est quelque chose de simple. Tuer est quelque chose de simple. Il devra apprendre à résister à ses remords, s'il était porté à en avoir. Souvent, j'avais vu cela avec les nouveaux arrivants. Tous plein de bonne volonté et d'enthousiasme, un regard fier et orgueilleux. Très vite, ce regard oublie l'orgueil et la fierté, remplacé par quelque chose d'autre. Quelque chose d'autre dans lequel on retrouve les douleurs de la personne. Les amis qu'il a perdu en chasse, les blessures qu'il a subis. Surtout, on y retrouve tout ce qu'il ressent d'avoir tué. Les anciens le savent, les néophytes sont parfaits pour les missions suicides. Ils n'ont jamais tué, n'hésiteront pas pour se faire bien voir, ils n'auront pas d'état d'âme. Les anciens le savent aussi, de ce genre de situation, les néophytes ne reviennent pas entier. Enfin psychologiquement. Quelque chose se brise en eux, se détruit. C'est ainsi que la Guilde forme les néophytes, on les envoie dans une boucherie de goules, toutes aussi néophytes que les chasseurs.

Ce n'est pas du bizutage, ou de la mauvaise volonté de la part des chasseurs plus expérimentés. C'est plutôt une sorte d'accueil qui est réalisée et qui est aussi instructive pour les jeunes arrivants que pour les tuteurs. C'est ainsi que la Guilde élimine une partie de ses prétendants. Pas par la mort bien que cela arrive, personne ne reviendrait dessus. Non, les plus faibles, ceux qui s'écroulaient après avoir tués. Ceux qui semblaient y prendre un plaisir tout particulier. Ceux-là étaient de suite écartés, Beaucoup trop dangereux, trop instable. C'était là une façon de recruter et de les membres que moi-même je reconnaissais particulièrement odieuse, malheureusement c'était la seule façon de maintenir une pérennité dans la Guilde. Le jeune homme n'aurait pas le droit à ce petit entretien d'entrée dans la Guilde. Peut-être même n'entrerait-il jamais dans la Guilde d'ailleurs, après tout, je n'en étais plus membre. Je ne pouvais donc plus le faire entrer dans ce rassemblement de tueurs. Et puis mon but n'était pas d'agrandir la Guilde, ni d'y retourner, je voulais juste continuer ce que je faisais.

Alors pourquoi quand j'avais si longtemps chassé, choisir si brutalement un revirement de situation? Pourquoi passer de chasseur solitaire à chasseur en équipe? L'explication était simple. Peut-être que la Guilde n'avait mis de contrat sur ma tête, je ne doutais cependant pas qu'un ou deux chasseurs cherchent à me tuer. J'avais réussi des quêtes pécuniairement intéressantes, très largement j'avais assez d'argent pour disparaitre et vivre une vie paisible. Ce n'était pas mon objectif, ce monde, cette guerre entre homme et créature de la nuit avait encore besoin de moi. Je continuerais ma chasse, les créatures de la nuit qui prenaient plaisir à tuer les êtres humains, ceux qui avaient déjà tuer tout du moins. Dans le même temps, je voulais me rapprocher un peu plus de cet univers que j'avais toujours affronté sans jamais le rencontrer. Oui, cette rencontre avec cette vampire d'un Royaume Nordique avait changé quelque chose dans ma façon de voir notre lutte. La discution était possible avec elle, je n'irais pas jusqu'à parler de confiance entre elle et moi, plutôt de la neutralité.

Le jeune homme et moi entamâmes la descente des marches pour pouvoir disparaitre du toit. Je me doutais qu'il aurait foule de questions à me poser, ce serait bien entendu une évidence. On avait toujours des questions. Je les attendais, de toutes façons, la situation, plutôt la situation qu'aurait le jeune homme ne dépendait que très peu de moi. Je supposais son choix déjà presque arrêté, je doutais qu'il fasse marche arrière, ce la m'aurait surpris. Cependant, je comprenais qu'il ait des questions, j'en avais eu aussi, c'est dans l'ordre des choses de se renseigner avant de s'engager. Nous marchâmes en silence dans les rues de Londres lorsque le jeune homme prit finalement la parole. Il n'y avait plus de secret à cela, tout avait été orchestré depuis le début pour qu'il entre dans la Guilde. Suffisait qu'un chasseur ne se décide à "l'inviter". Il avait une plutôt bonne vision des choses, il ne choisissait pas vraiment d'entrer dans le monde de la Guilde. Le monde lui imposait cela. C'était vrai pour lui sans doute, beaucoup moins pour moi. Et il voulait tout savoir de la Guilde. Je repris la parole:


- Je m'appelle Vincent Winnfield, je suis un chasseur de créatures de la nuit depuis longtemps, très longtemps. Peut-être même trop pour ça. Et je suis enseignant à Poudlard, en étude des moldus. Ces réponses, je peux te les apporter sans problèmes. Pour la Guilde. Tu dis que tu veux tout savoir, on ne sait jamais le quart de tout. Je peux te parler de l'histoire de la Guilde. Tout a commencé au XVIeme siècle par le Vatican. C'était au début plus une réponse aux croyances populaires qui s'étendaient dans le monde moldu et magique. Les lycanthropes et vampires commençaient en faites à montrer les dents en cette période. L'autorité du Vatican répondait alors au Pape Paul III, qui délégua à un cardinal de créer un groupement de traqueurs. Ceux-ci devaient traquer et capturer les créatures pour que des scientifiques les examinent et tentent de les soigner. La capture devenait plus dure, les effectifs diminuaient fortement, le successeur du Cardinal, Cardinal lui aussi, ordonna la mort et non plus la capture.

C'était une période bizarre de la Guilde, les membres n'étaient plus vraiment identifiés, les méthodes étaient parfois ravageuses. L'évolution de la Guilde était compréhensible, mais extrêmement dérangeante pour certains membres qui la quittèrent. L'ordre de tuer n'a jamais cesser, et la Guilde n'a plus connu qu'un changement significatif lors du XVIIeme siècle. Les membres recevaient une formation catholique,leur permettant de bénir leurs armes, sous couverts de confessions régulières. Plus rien n'a évolué depuis, mis à part l'apparition de délégation de dignitaires de la Guilde dans un nombre impressionnant de pays. Chaque délégation doit surveiller les chasseurs, la croissance du nombre de créatures, de leur nombre de violence envers des humains. Et ils recensent les noms et prénoms de victimes collatérales, comme toi, de créatures de la nuit. Aujourd'hui, il y a cinq personnes à la tête de la Guilde, des personnes envoyées par le Vatican, impossible de donner de noms en revanche. Sachant ça, tu en sais aussi long que moi sur la Guilde. Tu as encore des questions je pense...
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MessageSujet: Re: J'irais pas jusqu'à dire ravi de vous revoir...[PV=Torben]   Jeu 29 Jan - 14:07

    Dans un monde tel que celui ci, le plus important était de rester en vie. C'était ce que j'avais cru pendant un moment, c'est ce qu'on apprenait, c'était aussi le sujet d'un de nos instincts les plus primaires. Mais il y avait plus que cela, bien plus en réalité. L'honneur, la parole, l'éthique étaient des choses qui me paraissaient importantes. Pourtant, je n'en avais surement pas la même définition qu'un autre être humain, y compris le mec qu'il y avait en face de moi. Cet homme semblait vouloir obéir à des règles, à ces règles là. Moi, je n'étais pas sûr qu'il faille les suivre si on voulait réellement atteindre ce que chaque être humain, sorcier ou moldu, voulait atteindre. Il y avait à mon sens en tous cas des situations où l'éthique n'était pas de mise. Si un loup garou dévore votre enfant, serait il illégitime de pourchasser ce loup garou de le tuer, et de venger l'enfant, même si ce loup garou n'a pas mérité son état et cherche à le fuir? Ou plus exactement, était il légitime de pourchasser et de détruire chaque membre d'un clan de goules dont celui ci s'est rendu coupable des pires exactions qu'il puisse exister? Contrairement à bien des gens, j'étais prêt à faire ce qu'il fallait.


    Pour repousser les ténèbres, il fallait se salir les mains.


    C'est ce que savaient tous les guerriers depuis la nuit des temps. Il n'existe pas de guerre propre. Quand notre propre espèce, nos propres amis ou membres de la famille, étaient menacés d'une mort douloureuse et brutale, l'éthique n'avait plus sa place dans la lutte. J'étais cependant prêt à nuancer mes pensées. J'étais radical, certes, mais surtout en ce qui concernait les créatures de nature totalement maléfique. Les goules avaient besoin de tuer pour vivre, elles n'y étaient pas physiquement forcées et pourtant elles le faisaient, par quelque pulsion sadique ou violente. Dans ce genre de cas précis, j'étais prêt à laisser toute morale de côté pour faire mon devoir. C'était sans doute cela qui me différenciait également de tous ces jeunes britanniques de mon âge qui étudiaient à Poudlard. Les trois quarts savaient pertinemment quelles horreurs peuplaient actuellement le monde, et pourtant, ils vivaient comme s'ils les ignoraient et comme si cela ne les concernait pas. Sans doute ma propre histoire avait elle façonné ce qui allait être ma vie...


    Je ne savais pas trop quoi en penser de toutes ces conclusions que je tirais de ce que je découvrais peu à peu. Il semblerait en effet qu'une espèce de guerre souterraine agite le monde, et je me doutais que ce n'était guère quelque chose de récent. De tous temps, il avait dû exister des hommes comme moi, qui ont tout perdu par la force des choses et dans la fatalité de la vie, et qui ne demandent qu'à rendre la pareille aux créatures responsables de tous ces maux. Mais il s'agissait bien évidemment d'une chimère, il était évident que personne ne pouvait éradiquer pour toujours ces menaces qu'étaient les loups garous, les vampires, les monstres de toutes sortes. N'importe quel abruti de première année savait cela. En population, les monstres et horreurs magiques de toutes sortes étaient immensément plus nombreuses que les sorciers. Cette guère ne connaîtrait jamais de vainqueur, et pourtant, elle foisonnait littéralement de combattants qui ne manquaient pas de se précipiter et de se sacrifier volontairement pour leurs semblables. C'était un sentiment étrange que je savais cependant partager désormais.


    Mais je prenais également l'ampleur de ce type de vie. Tous ces gens, ces chasseurs, devaient aussi et surtout se priver de tout ce qui leur restait de leur vie de sorcier pour se consacrer à cette quête. Ils ne pouvaient décemment pas avoir de vie de famille, car ils mettraient assurément celle ci en danger dans toutes les perspectives d'avenir possibles. Et vivre dans le mensonge ne tenait qu'un temps, il était impossible de donner le change toute une vie sans qu'il ne se passe rien en contrepartie. En tous cas, je n'étais absolument pas certain de vouloir adhérer à ce type de vie, loin s'en faut. Je ne pouvais pas vivre dans le mensonge, et vivre dans la solitude, même si je m'en sentais capable, je ne m'en sentais pas prêt pour autant. Déjà, je ne pouvais négliger mes soeurs, et maintenant que j'avais Alice, je ne voulais pas non plus l'abandonner elle. Je ne voulais abandonner personne, alors si c'était là la condition sinéquanone pour rentrer dans cette espèce de guilde... Je me retrouverais probablement au milieu de toute cette affaire alors, mais je ne m'en formaliserais pas, du moins, pas tant que cela marcherait!


    Enfin, je connus l'identité de l'homme qui se tenait près de moi. Comme je l'avais déjà deviné, Jimmy Page n'avait jamais été son véritable prénom. Il m'avait donc floué, mais je ne lui en voulais guère. Pourquoi un chasseur aussi vieux et expérimenté que lui s'embêterait à satisfaire la curiosité d'un jeune imbécile qui ne désirait qu'une chose, de venger ses parents? Si ses intentions et ses raisons d'agir me semblaient louables, elles ne me satisfaisaient par pour autant, c'était le moins que l'on puisse dire. Bref, son nom était donc Vincent Winnfielf, et il était chasseur depuis longtemps. Là encore, je n'étais guère obligé de le croire vu que je n'en avais aucune raison apparente, mais son attitude me laissa présager qu'il disait la vérité. C'était toujours ça de pris en quelque sorte, même si je restais sur mes gardes, on ne savait jamais après tout! Il me prévint également que je ne pourrais tout savoir car c'était également son cas. Inutile de le couper, je voulais en savoir, je voulais que ma curiosité soit satisfaite!


    Son explication me parut exubérante, incroyable et incompréhensible. Ainsi donc, cet homme croyait à toutes les superstitions moldues sur les loups garous et les vampires à propos de leur déficience physique et psychique face à un être divin dont l'existence n'avait jamais été avérée? Je l'aurais cru apte à croire en quelque chose de bien plus tangible qu'un simple tissu de mensonges édictés par quelques érudits en manque de pouvoir et de richesses... Qu'importe, si c'était la vérité qu'il me servait, rien ne me forçait à la croire et rien ne me forçait non plus à y adhérer! Depuis bien longtemps, ce genre de bestioles se battait contre nous sur nos propres terres, et sans supperstition aucune, nous avions réussit à les détruire à chaque apparition jusqu'à maintenant, sans l'intervention divine ou quoi que ce soit dans le genre. L'allergie des loups garoux à l'argent tout comme les vampires n'était pas dû à la pureté religieuse de ce métal mais à un quelconque phénomène physiologique sur lequel nous n'avions jamais eu besoin d'étudier. La seule chose que nous avions eu besoin de connaître sur nos ennemis était: « comment les détruire? ». Le reste, nous nous en occupions nous mêmes avec une certaine habitude désormais.



    - Vous essayez de me faire croire que c'est une organisation religieuse qui vous a embrigadé pour faire la chasse aux monstres du coin, cette même organisation religieuse qui nous a poursuivit et pourchassé pendant des siècles? J'ai bien du mal à le croire, et croyez moi ou non, chez moi on arrive à détruire goules et vampires sans bénédiction d'une déité hypothétique. Soit la vérité que vous m'avez révélée est bancale et sinistrement ironique, soit vous me racontez encore des mensonges. Soit. Pourtant, vous parlez de cette guilde comme d'un quelconque employeur, pourtant, j'imagine qu'ils doivent exercer un certain contrôle sur vous, non? Et comment ça se fais que vous ne connaissez que cela de cette guilde? Vous n'avez donc pas de collègue, aucun lien particulier avec elle? Honnêtement, très peu pour moi. Je ne veux pas agir pour le compte de despotes moldus, je préfère encore retourner chez moi et me battre parmi les miens plutôt que de m'allier à ces tyrans du Vatican. Mais si je refuse, qu'est ce que vous me ferez? J'ai également du mal à imaginer que vous soyiez prêt à déballer votre sac si vous n'étiez pas sûr que j'allais vous rejoindre, je me trompe? Dans ce cas, si je refuse, qu'est ce que je risque? Et si j'accepte, qu'est ce que je gagne? J'avoue que je ferais ça sans aucune rétribution d'aucune sorte, mais dans ce cas là je préférerais ne pas avoir de pontife sur le dos, je ne sais pas si vous voyez ce que je veux dire... j'ai toujours tenu à une certaine indépendance!

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MessageSujet: Re: J'irais pas jusqu'à dire ravi de vous revoir...[PV=Torben]   Mar 3 Fév - 16:09

Le temps passait vite, trop vite peut-être pour qu'on se rende vraiment compte de quoi il retournait avec nos actes. Nous avancions tous en faisant choix sur choix, en prenant décision sur décision. Ce qui en découlait, indubitablement, nous échappait si l'on ne prenait pas quelque mesures. J'avais pris des mesures pour que les réactions soient celles que je voulais. J'avais toujours essayé de m'assurer que rien n'échappe à mon contrôle lorsque je chassais une proie. Jusqu'à maintenant, je devais avouer toujours m'en être sorti d'une façon ou d'une autre. J'avais toujours tenu toute forme d'humanité loin de mes proies, elles n'étaient que des vampires ou des loups-garous qui avaient tué des hommes pour vivre, elle méritait de mourir. Alors qu'étais-je exactement? Un boucher déguisé en justicier ou un justicier déguisé en boucher? Quelle différence cela faisait-il? Et bien cela ferait toute la différence si un jour on apprenait ce que je faisais. La réaction des gens quand à la totalité de mon oeuvre, si on pouvait qualifier cela ainsi. Si j'étais le loup en agneau, les gens me haïraient et surement serais-je tué. Dans le cas contraire, il se pourrait que je trouve du soutien assez pour disparaitre.

Je n'avais jamais pris ces éventualités en compte, pourquoi aurais-je dû m'en soucier puisque la Guilde me fournirait tout abris dont j'aurais eu besoin. Aujourd'hui les choses commençaient à évoluer, la Guilde semblait perdre de son importance, les effectifs étaient en chute libre. La Guilde avait voulu rester trop secrète trop longtemps et aujourd'hui ces erreurs passées la rattrapaient et la rongeaient de l'intérieur. Bientôt, il ne resterait que des miettes de ce qui auraient alors été une des plus anciennes sociétés secrètes au monde. Finalement il était peut-être temps pour la Guilde de tomber, rien n'arrivait par hasard, si les pieds de ce colosse se faisait aujourd'hui d'argile, c'est qu'il y avait une raison. Depuis longtemps les vrais préceptes de la Guilde en tant qu'organisme visant à aider les créatures de la nuit avaient virer à l'extermination de ces deux espèces. En fin de compte la Guilde n'était jamais qu'une "sainte croisade" de plus dans l'histoire de la Religion. Violent, pathétique, inutile, absurde. Elle avait été tout cela, mais certains la qualifiait encore de "sainte", Dieu n'était-il pas un appel à la miséricorde?

Je m'inquiétais plus de savoir ce qui se passerait une fois la Guilde tombée. A quoi devait-on s'attendre? Une recrudescence de la population des vampires et des lycanthropes? Une guerre finalement ouverte entre les deux camps? Une guerre entre les créatures de la nuit et les sorciers? Il y avait tellement de possibilités quand à la réaction après la chute de la Guilde que le pire que je pouvais envisager semblait encore le plus soft de ce qui pouvait arriver. Qui plus est, si le lieu ou se tiennent les informations de la Guilde venait à être découvert, les créatures de la nuit auraient tout pour une exécution sommaire. Ils auraient les noms des chasseurs, leurs adresses, leurs principales planques, leurs armes favorites. Tellement d'informations avaient été recueillies depuis la fondation de la Guilde qu'il ne faisait aucun doute que ce serait offrir l'Angleterre, si seulement l'Angleterre, aux vampires et aux lycanthropes. Quoi qu'il arrive si la Guilde tombe, le monde aurait à prendre très au sérieux le problème des créatures de la nuit. Nous verrions bien.

Qui plus est, il semblait subsister un espoir dans ce qu'il y avait actuellement de plus noir. Ironie? Peut-être bien, je ne suis pas fan de l'ironie, mais après tout si ça pouvait aider le monde à tourner un peu plus rond. Alors qu'il semblait que la lutte pour le pouvoir puisse commencer entre vampires, lycanthropes et sorciers, un autre groupe semblait s'ajouter. Celui qui était derrière ce mage noir inconnu. Il lui faudrait sans nul doute sortir un jour de l'ombre pour pouvoir revendiquer quoi que ce soit sur Terre. Quand avait-il prévu de le faire? Qui pouvait le savoir à part lui-même et peut-être certains de ses plus proches fidèles? Car de toutes façons, il faudrait compter autour de cet homme, ou cette femme, une petite armée de personnes si pas plus. On ne gagnait pas une guerre seulement en étant malin, il fallait aussi avoir un soutien puissant, le plus puissant possible étant de toutes évidences le mieux. Finalement le meilleur espoir actuellement de la Guilde venait peut-être de cet homme, qui savait les relations qu'il entretenait avec les créatures de la nuit? Bonnes? Mauvaises? Nous verrions bien.

Beaucoup de place laissée ici au hasard apparemment, mais de temps en temps, il faisait mieux les choses que l'esprit le plus calculateur qu'il pouvait être. Je n'étais pas du genre à laisser le hasard me diriger, cela m'arrivait, mais j'étais plutôt du genre à l'orienter, à lui forcer la main. Tout d'abord parce que cela était plus aise qu'on ne pouvait le penser, ensuite parce que c'était un avantage indéniable que de savoir ce qu'il allait nous réserver plutôt que si nous le subissions bêtement et méchamment. J'avais subis le hasard par le passé, regardez où cela m'a mené. Je suis devenu un chasseur de vampires et de lycanthropes alors que le hasard venait à peine d'entrer dans ma vie. Difficile me direz-vous de faire confiance au hasard ou à sa bonne étoile après ça? En effet, très difficile, trop pour moi en tout cas. J'étais devenu un chasseur de vampires après un jeu du sort avec ma famille. Je m'étais finalement retrouvé à apprendre à chasser ces créatures qui avaient détruits ma vie, avec toujours ce soupçon, ce quelque chose que je gardais de différent avec les autres chasseurs. Ne tuer que ceux qui ont gouté le sang humain.

Aujourd'hui, encore une fois comme tant de fois auparavant, j'étais en passe de forcer la main au hasard. J'avais déjà commencé à lui forcer la main la première fois que j'avais rencontré le jeune homme à côté de moi, désormais, j'allais peut-être finir de forcer la main au hasard. Le jeune homme évidemment avait son libre-arbitre, il pouvait toujours faire un choix, je ne pouvais pas influencer là-dessus. Simplement, j'espérais qu'il ait été assez blessé par ces créatures pour finalement faire le bon choix et devenir un chasseur. Pas un chasseur pour la Guilde, je lui expliquerais cela bientôt, mais un chasseur. Simplement un chasseur. Le jeune homme était plein de questions, cela se comprenait aisément si l'on réfléchissait un tant soit peu à la situation. Il réfléchissait vite et plutôt très bien, c'était un point pour lui, je ne passerais pas à travers cette preuve de logique. Il en fallait pour chasser les vampires et les lycans, c'était un avantage. Je pris une inspiration avant de lui répondre:


- Crois-tu vraiment que je crois dans la Guilde et ses préceptes? Peu m'importe qui est à la tête de cette organisation, que ce soit des moldus, des sorciers, des riches, des personnes en quête de vengeance. Je n'en ai rien à faire. Lorsque je chasse, dans le choix de mes proies, de ma vie, j'ai une liberté totale. La Guilde n'impose rien, elle se contente de recueillir des noms et des photos. Libre à chacun de les prendre pour allez chasser la créature ou non. Ne crains pas pour ton indépendance, elle est totale. Tu as une totale liberté quand à tout, et tu n'es pas obligé de croire en quoi que ce soit. Je n'ai jamais suivis qu'un précepte, celui de ne tuer que les créatures ayant déjà gouté le sang humain. La Guilde n'a aucun contrôle sur les chasseurs, et inversement, les chasseurs n'ont aucun contrôle sur la Guilde. Chacun est libre de partir quand il veut et de revenir quand il veut. Tu ne risques rien à refuser, tu as à y gagner une vengeance et de l'argent si la rétribution financière t'intéresse. Et tu n'auras personne sur le dos, sauf moi le temps que tu apprennes la base...
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Torben Badenov

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MessageSujet: Re: J'irais pas jusqu'à dire ravi de vous revoir...[PV=Torben]   Dim 15 Fév - 15:56

[HJ: désolé du temps de réponse, je me suis un peu retrouvé bousculé entre les intrigues, l'anniv' du fo', les rps d'intrigue et compagnie, j'ai craqué sur ce coup là >>]


    Etais je devenu complétement cinglé, syphonné du bulbe, pour oser tenir une telle conversation avec un tueur qui semblait plutôt sociopathe au premier abord? Je ne savais pas ce qu'il me prenait, d'autant plus que je n'étais absolument pas fan d'ordinaire de ce genre de plan foireux, mais je devais avouer également que le côté dramatique de la situation réveillait en moi le goût des situations dramatiques et pseudo-héroïques. Je n'étais pas quelqu'un de modeste au fond de moi, j'aspirais dans un sens en tous cas à faire preuve d'héroïsme, et j'étais certain d'être parfait pour jouer ce genre de rôle. C'était vraiment le genre de pensée que je rejettais totalement d'ordinaire mais je devais également avouer que je n'avais guère envie de ne jouer aucun rôle dans la terrible guerre qui semblait commencer à secouer le monde. Je voulais également me venger, et ce n'était pas là le côté le plus refoulé de ma personnalité va t'on dire, dans le sens où elle m'obsédait toujours autant, même si récemment j'avais eu d'autres problèmes en tête...


    Devais je saisir cette chance qui semblait se profiler pour moi? Devais je accepter l'offre de cet homme que je ne connaissais pas, hormis son côté tueur de bestioles. Je ne savais pas trop honnêtement. J'étais emprunt d'un grand scepticisme quant à cette organisation. Elle me semblait des plus bancales: des moldus qui dirigeaient des sorciers alors que ceux ci avaient persécuté pendant des siècles notre peuple. Je trouvais que c'était plutôt une blague de mauvais goût si s'en était une, et son efficacité serait terriblement limitée par ce genre de coopération. De plus, je ne me voyais pas spécialement obéir à ce genre de clan fermé, une bande de fanatiques religieux qui devaient prendre ces monstres pour des démons ou des créatures du diable. Mais d'un autre côté, au delà de tous ces défauts qui me faisaient un peu rechigner et renâcler à la tâche, je devais également avouer que faire partie d'un tout chargé de traquer et de tuer les bêtes qui menaçaient sans cesse l'humanité serait plutôt quelque chose qui approchait grandement de mes aspirations actuelles, sans compte bien entendu qu'avant toute chose, je désirais avant tout régler un vieux compte avec ces enflures de goules... Et il n'était absolument pas dit que j'en revienne vainqueur, c'était même plutôt tout le contraire.


    M'enfin bref, la question demeurait entière sur la situation: que faire? Il semblerait que je n'ai pas trente six milles choix, c'est du moins ce qui me sautait aux yeux avant toute autre chose. En fait, j'avais même pas le choix si vraiment je ne pouvais pas faire autrement. Je ne savais pas quoi choisir, pourtant il s'agissait là d'une chance unique et j'en étais conscient. Cela ne m'aidait pas forcément à faire mon choix, mais au moins avais je une légère idée de ce que je pourrais faire par la suite si je faisais tel ou tel choix. Soit j'acceptais la proposition et je finirais seul, seul contre tous, traqueur et traqué, jusqu'à ce que je devienne trop vieux pour chasser ces monstres ou jusqu'à ce que je finisse moi même sous les crocs de l'un de ces monstres. Soit je n'acceptais pas et je finirais probablement par mourir en allant m'attaquer aux goules ou en rejoignant les forces armées de mon pays. Mais en contrepartie je ne serais pas aussi solitaire que si j'accepterais, dans le sens où cela me laissait également le temps de profiter un peu du peu de vie qu'il me restait, de réparer les pots cassés avec Alice, de profiter également de la présence de mes soeurs, de revoir une fois ou deux la pierre tombale de mes parents... Oui, cela me laissait plus de temps. Je devais également avouer que j'étais clairement habitué désormais à mon petit train de vie, au fait que j'étais désormais tout à fait libre de faire ce que je voulais quand j'en avais envie... Et j'étais également, paradoxalement à mes besoins presque morbides de meurtres et de revanches.


    En tous cas, le type répondit à mes questions, sachant apparemment où menaient mes questions. Peut être se les étaient ils également posées quand lui même avait débuté dans ce type de job. Après tout, n'avait il pas fait un certain amalgame entre son histoire et la mienne? C'était de plus en plus certain en fin de compte... En tous cas, lui même me confirma qu'il ne suivait pas la guilde et ses principes. En même temps, comment pouvait on suivre ces dirigeants en étant sorcier? N'était ce pas quelque part une certaine trahison de notre propre histoire que de s'affilier à de tels individus? Il me dit de ne rien craindre pour mon indépendance. Soit, j'étais tout disposé à le croire de ce point de vue, il n'avait après tout absolument aucun intérêt à me mentir; ce serait plutôt malvenu de raconter des cracks à une potentielle future recrue, qui pourrait éventuellement mettre les voiles une fois que celle ci s'apercevrait du mensonge... Bon, des noms et des photos, le choix de la mission. Pourquoi pas, après tout? Je n'en savais encore trop rien, on ne pouvait pas dire que j'étais réellement décidé . Apprendre la base?



    - Apprendre la base? Je sais déjà tuer. Je l'ai déjà fait, et je peux le refaire, à tout moment. Les gens s'abreuvent de lectures, de films et de préjugés qui avancent que tuer est l'acte ultime, difficile, un véritable cap à franchir. Je ne suis pas d'accord. Une fois que les conditions nécéssaires sont réunies, il n'y a absolument plus aucune barrière au meurtre. Une goule dispose d'une résistance naturelle à la magie, il faut mettre le paquet pour la tuer. Mais elle n'est pas plus rapide ni plus forte qu'un homme. J'en ai eu deux, la dernière fois. Je peux recommencer, et il en faudrait plus qu'un simple binôme pour m'empêcher d'arriver à mes fins;.. Les loups garous et les vampires sont mortellement allergiques à diverses substances, mais pitié, assez de ces superstitions religieuses; je n'ai jamais entendu dire chez moi que toutes ces choses, eau bénite et compagnie, pouvaient marcher contre des lycanthropes et des monstres en règle générale. Non, nous, nous sommes plutôt adeptes de la puissance de feu magique et du véritable acier. Un petit groupe de sorciers est capable de venir à bout d'un grand nombre de créatures. C'était d'ailleurs dans mes projets de rejoindre ces groupes chez moi. La vengeance, je peux l'avoir en retournant chez moi. L'argent, je vais bientôt avoir tout ce que mes parents possédaient, et j'ai également un emploi, plutôt bien rémunéré en réalité. Offrez moi quelque chose de plus intéressant, si vous voulez vraiment que je vous rejoigne... Mais j'ai une autre question... Quelles sont les vraies raisons de mon « recrutement »? la solitude, le côté professionnel de la chose, ou je ne sais quoi?

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MessageSujet: Re: J'irais pas jusqu'à dire ravi de vous revoir...[PV=Torben]   Lun 9 Mar - 16:36

- N'importe qui pourrait tuer. Même le dernier des crétins sur Terre saurait tuer. Je ne doute pas que vous sachiez tuer, loin de là. Je vous croie quand vous dites être prêt à recommencer n'importe quand et pour être totalement honnête avec vous, je crois moi aussi plus dans le feu et l'acier des armes. En plus de ça, je peux d'ores et déjà vous affirmer qu'il ne sert à strictement rien de vous dire que tout ce qu'on entends courir sur les vampires, goules et lycanthropes est totalement faux. La religion a simplement vu là un moyen d'attirer plus encore de personnes à croire en eux. Prenez un ennemi, rendez-le parfaitement abjecte, dénoncez-le, condamnez-le, les gens finiront par vous croire et certaines, peut-être la majorité penseront comme vous. Le meilleur exemple est bien la religion. Devrais-je dire les religions. S'il n'existe qu'un Dieu unique, forcément partir en Guerre Sainte prend un sens puisque c'est affronté des personnes croyant en du vent. Pourtant il y a une multitude de religions dont certaines se veulent même polythéistes. Les religieux ne sont pas les seuls à agir de la sorte. La dernière fois que l'Histoire a été marquée par un personnage qui parvenait à susciter de l'aversion pour un groupe de personnes, le monde moldu a sombré une seconde fois dans une guerre mondiale. Aujourd'hui il semblerait que ce ne soit plus les moldus qui soient menacés d'une telle guerre, mais les sorciers. Beaucoup de rumeurs circulent sur ce mage noir, certaines disent qu'il agirait même depuis Poudlard. Grotesque et idiot bien entendu. L'est-ce tant que ça? Tout le monde se souvient ce qui s'est passé ce jour-là, quand un élève a été retrouvé mort, une marque sinistre flottant dans le ciel. Finalement si Poudlard était en ce moment l'endroit le moins sûr d'Angleterre?

Admettons maintenant que cette guerre ne vienne à éclater, Poudlard serait certainement dans ce cas où le mage noir est là-bas, le premier endroit sinistré. Pour faire une guerre, ce n'est pas nouveau, il faut des soldats et des personnes prêtes à se battre avec vous, peu importe leurs motivations. Les créatures que je tue, et pour lesquelles vous avez une forte aversion ne seraient-elles pas parfaites dans ce second rôle? Sans réelle raison pour se décider à s'engager dans cette guerre, mais finalement elles sont aussi sombres que le mage noir. Imaginons qu'elles rejoignent ce meneur de troupes et qu'il les laisse en liberté dans Poudlard comme une première vague de violence avant de faire venir les sorciers à sa botte. Les élèves pour certaines sont de taille à lutter sans aucun doute, mais les lycanthropes sont particulièrement habiles, résistants et puissants. Même si tuer est facile, ces élèves y seraient là contraint évidemment pour survivre, le pourraient-ils vraiment? La seconde d'hésitation est celle qui coûte une vie. Je te laisse imaginer ce qui se passerait si un lycanthrope te fonçait dessus tous crocs dehors et que tu hésites. On retrouverait des petits morceaux de toi un peu partout dans un périmètre assez vaste tellement l'impact serait puissant. Imaginons maintenant que cet élève qui hésite soit justement une de ces demoiselles Badenov que tu veux protéger?


Parler de sa soeur, pas forcément mon meilleur choix, mais après tout, je ne contrôlais pas le libre-arbitre du jeune homme. Je ne cherchais plus vraiment à le recruter, simplement à espérer qu'ils puissent accepter que chasser seul n'était pas forcément l'idée la plus subtile qu'on puisse avoir. Inclure sa soeur me permettait d'induire un doute en lui, après tout mon raisonnement était logique et malheureusement je ne craignais qu'ils tiennent la route. Pas forcément conduisant à la mort d'une jeune femme de la famille de Torben, mais l'idée restait la même. Ces créatures en plus d'être dangereuses étaient manipulables. Et si elles n'étaient pas bien intelligentes, elles étaient d'une violence rare et faisaient énormément de dégâts sur leur passage. Encore une fois le choix n'était pas mien, c'était bien à Torben de décider s'il voulait où non choisir de chasser avec moi. L'union faisait la force pour nos créatures en face comme pour nous, mais c'était à chacun de choisir de se battre seul ou en groupe. D'ailleurs Torben avait lui-même inclut l'idée de chasser en groupe, alors pourquoi pas déjà former un duo. Pour l'instant il semblait que le jeune homme ne sache trop que choisir, penchant apparemment plutôt pour un refus. Compréhensible réaction. Il semblait tout particulièrement sûr de lui et ce rien d'orgueil ne put que me faire esquisser rapidement un sourire. J'avais connu un chasseur comme ça, aujourd'hui il vivait encore mais il avait bien changé. J'en avais connu d'autres comme le jeune homme par le passe. Aujourd'hui ils étaient au mieux pleuré par leur famille. Au pire ils étaient en train de se décomposer sans trop que quelqu'un sache où pour avoir péché par orgueil:

- Je n'ai jamais prétendu vouloir t'apprendre à tuer. Je n'ai d'ailleurs la prétention de ne rien pouvoir réellement t'enseigner. Je ne peux que te montrer certaines choses que tu peux choisir ou non d'apprendre. J'ai moi aussi perdu ma famille par la faute de créatures de la nuit, et comme toi j'étais orgueilleux assez pour penser pouvoir chasser seul. J'ai eu la chance de rencontrer une personne qui me montra la voix du chasseur. Enfin la voix du chasseur, il m'a appris des préceptes, il m'a appris la patience. Des choses qui dans ta tête doivent paraître aussi futiles et stupides que ça avait été le cas pour moi. Tous les chasseurs n'atteignent pas mon âge et pourtant je viens à peine de dépasser la quarantaine. Pourquoi choisir maintenant de vouloir te recruter, tout premièrement parce que désormais tu es en âge d'être recruté. Ensuite il me faut t'avouer que j'ai presque toujours chasser seul, si ce n'est cet homme qui m'apprit toutes ces choses. Je ne veux pas faire de toi un disciple ou t'ôter une quelconque liberté. Je te tends simplement une main. A toi de la prendre ou pas. Ce que je te propose c'est simplement d'apprendre quelques préceptes, quelques conseils et de me donner un petit coup de main dans quelques chasses où tu pourras les mettre en application. Tu seras libre de partir quand tu le voudras dans ce que j'ai à te montrer. Entièrement libre et la possibilité d'apprendre de quelque qui chasse depuis plus de vingt ans, c'est ce qui m'a fais céder à cet homme. Je n'ai jamais regretté, acceptes, tu n'as rien à perdre...



[HRP=Désolé de cet incroyable retard, je crois bien que j'ai fais l'impasse sur ce RP jusqu'à aujourd'hui!!!! Désolé!]
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MessageSujet: Re: J'irais pas jusqu'à dire ravi de vous revoir...[PV=Torben]   Mar 17 Mar - 14:23

    Apparemment, j'avais touchée une corde sensible chez le trappeur, puisqu'il se mit à me déclamer une longue tirade. Je comprenais presque tout ce qu'il me disait, c'était un fait, mais je ne pouvais pas non plus dire que je pouvais saisir toute la portée des paroles de l'homme qui se trouvait en face de moi. Il me confirma qu'il savait que j'étais capable de tuer et qu'il comprenait que je puisse également avoir plus de confiance envers l'acier froid et les armes cruelles qu'en une quelconque dévotion à une entité supérieure. Il me confirma également ma propre vision de la religion, ce qui me rassura un instant puisque cela voulait dire que ce type n'était pas non plus totalement cinglé, ou en tous cas il ne l'était pas assez pour pouvoir croire en ce que je jugeait être une supercherie abominable! Ensuite, il me fit part de toute une foule d'évènements reliés entre eux par un fil chronologique, qui nous amenait à la conclusion que l'Angleterre risquait à son tour de se retrouver dans la mouise si je puis dire, et que les affres de la guerre commençaient à s'agglutiner près d'elle! Il en vint à poser deux questions intéressantes sur lesquelles j'avais déjà pu méditer. Mais comme bien des gens, je n'avais pas de réponse à apporter à cet homme, faute de preuves! Personne ne pouvait dire avec certitude ce qu'il se passait au dehors, personne.


    Ensuite, le chasseur de monstres continua de pousser son raisonnement selon lequel il pouvait se trouver une menace à Poudlard, et que celle ci était tout à fait capable de plonger le pays dans les ténèbres. Ensuite, raconter comme se déroulait une guerre était superflu pour une personne comme moi, qui n'avait en réalité pas pu passer à côté des conflits qui avaient secoué mon pays pendant un long moment. Je savais que pour faire une guerre, il fallait des hommes déterminés, et il était clair pour moi que les créatures pouvaient jouer ce rôle. Ca avait été le cas pendant longtemps en Moldavie. D'ailleurs, chez moi, les forces des ténèbres qui assaillaient régulièrement les sorciers étaient avant tout composées de ces monstres sans foi ni loi, uniquement destinées à tuer, violer et piller tout ce qui se mettait sur leur passage. Ce n'était pas nouveau comme il disait, et l'on ne pouvait pas y changer grand chose. Il y aurait toujours des créatures tout comme il y aurait toujours des vermines. Tout ce que l'on pouvait faire était tout simplement de tenter de contrôler leur nombre.


    Mais la théorie développée par le chasseur me laissait totalement interloqué. Surpris, je ne m'étais même pas rendu compte que mes lèvres étaient restées entrouvertes, et que mes yeux étaient grand ouverts. Il se pouvait tout à fait qu'il aie raison. Mais non, ce n'était pas possible. Une telle horreur ne pouvait pas exister et n'importe quel être humain n'était pas capable de toutes ces monstruosités. On ne pouvait pas lâcher des bêtes sauvages dans le château, qui de surcroît était surprotégé. Ce type était fou, ce n'était pas possible autrement. Seul un dément pouvait avoir des idées pareilles, et inventer de telles histoires juste pour m'embrigader frôlait la folie pure! Alors en plus, utiliser mes soeurs pour m'appater... Cependant, j'étais d'accord avec lui sur les conséquences qu'un tel lâcher de bêtes sur le château aurait sur la vie des centaines d'élèves. Ce serait un véritable bain de sang, nul besoin de parier là dessus.



    - Cela ne se peut! Si un de nos adversaires se trouvait au château, Dumbledore et le Ministre l'auraient découverts ! Et quel serait de toutes façons l'intérêt de ravager l'école de Poudlard? Sans jeunesse, le pays serait anéantit, et les méchants qui veulent détruire l'univers n'existent que dans les livres ou les films des moldus! Chaque tyran veut plus de pouvoir, et le pouvoir, il faut l'exercer sur un peuple. Or, si on détruit tout et tue tout le monde, où est le pouvoir? Non, je suis convaincu qu'il ne peut pas y avoir d'attaque massive visant à tuer tout le monde dans le château, vous vous trompez. Et mes soeurs sauraient très bien se défendre, elles n'hésiteraient pas. Elles aussi ont dû tuer l'année dernière. Cela les réveille encore parfois, mais je suppose que depuis le temps vous avez perdu toute sensation de regrets, vous. Peut être avez vous raison, c'est certain même. Si quelqu'un ici tente quelque chose contre le gouvernement, ce sera forcément avec l'appui des bestioles du coin. Vu les caractères des différentes espèces, je pencherais déjà pour les lycanthropes, mais priez pour que les gobelins ne se joignent pas à la fête, car sinon tout est perdu. Et il faut également espérer pour que les mages noirs n'aient pas encore pu approcher les créatures, car les gens de ce pays ont l'air de trop se reposer sur leurs aurors. Une fois que ceux ci seront débordés, le massacre commencera. Ce pays est fragile, « trappeur », et il est tout prêt à tomber. Et sans aucune honte, je peux dire que je n'ai pas envie de me trouver ici lorsque ce jour viendra.


    Voilà, ça au moins c'était dit! Ce n'était pas ma guerre ce qu'il se déroulait en Grande Bretagne, je n'avais absolument aucune envie de me retrouver bloqué ici alors que mon propre pays était assaillit de toutes parts par des créatures horribles et sanguinaires. Je ne pouvais décemment pas laisser faire pareilles atrocités, et je me fichais un peu du sort des Anglais à côté de cela. Bien sûr, il y avait Alice, ma chère Alice, qui m'avait presque décidé à rester ici, mais il fallait aussi que je sorte Hannah et Lyra de ce guêpier... Mais l'homme en face de moi paraissait décidé. Il voulait que l'on se mette en chasse, et pourquoi pas, m'apprendre ce qu'il savait. Il me détailla ensuite ses raisons à propos de mon recrutement et se ramena plus de vingt ans en arrière, et cela me confirma mes soupçons. Les gens dans cette profession avaient tendance à mourir rapidement et je me doutais bien qu'il ne s'agissait pas d'une mort tranquille. Pourtant, je sentais que je devais le faire. J'avais des choses à apprendre mais surtout, la curiosité à l'égard de ce qu'il se tramait dans ce pays et de cette homme étaient très fortes. Egalement, si je pouvais protéger mes soeurs et Alice, alors, je ne perdrais pas mon temps, et chaque goutte de sang versé ne le sera pas en vain...


    - Je vois... Je pense que vous pouvez effectivement m'apprendre des choses. Mais on ne cahsse pas dans les rues de londres comme dans les forêts et les collines d'Europe de l'est. Passez une seule nuit à attendre les goules dans la forêt, et vous verrez sans doute que tes méthodes ne te serront pas de grande utilité. Mais je veux bien apprendre, je n'ai que peu de temps pour cela et je veux qu'il soit bien clair entre nous qu'il ne s'agira que d'une entraide mutuelle pour les prochains mois. Et la raison pour laquelle j'accepte et que j'ai quelques raisons de vouloir protéger ce pays dans les mois à venir, mais sacheez que l'été prochain je ne serais probablement plus disponible pour une chasse à courre en votre compagnie. Bien, ceci étant dit, par où commencerons nous?

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MessageSujet: Re: J'irais pas jusqu'à dire ravi de vous revoir...[PV=Torben]   Mer 18 Mar - 9:56

C'était pourtant une évidence, mais tellement de personnes refusaient de voir la vérité. Ce monde était de toutes évidences en plein changement, mais il semblait que les gens refusent de regarder objectivement ce changement. Comment le collège réputé parfaitement sûr et sécurisé pouvait-il être la victime première de ce mage noir. C'était tellement évident, aussi évident que de retrouver une personne une arme à la main à côté d'un corps sans vie. Fallait-il encore que cet homme hurle sa culpabilité que enfin une personne se décide à la croire qu'elle est coupable. Les preuves étaient là, toute la logique se voulait, mais personne ne voulait voir. Les ministériels semblaient vouloir fermer les yeux et j'imaginais aisément que ne soit mis en place un contrôle des journaux. Après tout la censure était le meilleur moyen d'éviter que les choses ne deviennent un n'importe quoi sans nom. La peur était la meilleure alliée des personnes qui voulaient se faire remarquer comme un mage noir. La panique désorientait et souvent on faisait de mauvais choix simplement par peur et parce qu'une personne avait su être présente au bon moment au bon endroit.

Dumbledore lui tentait de garder le calme et la sérénité dans le collège. Quand bien même il avait soupçonné que ne soit présent des mages noirs dans le collège, aurait-il pour autant pris le risque de le dire? Les élèves auraient été retirés par les parents et ça le Directeur ne pouvait pas le permettre. Pas par orgueil mais parce qu'il était bien conscient que si les élèves se retrouvaient chez eux, ils seraient plus fragiles. Lorsqu'on est seul dans l'adversité, surtout mineur, on est plus fragile, plus atteignable. En groupe des élèves peuvent se soutenir dans leur conviction, mais s'ils sont seuls chez eux? Qui les soutiendra? Qui les empêchera que de se laisser avoir par des mots ou des promesses? Dumbledore n'était pas fou, il était bien conscient de cette terrible menace qui planait sur le collège magique, il était bien conscient de ce qui pourrait arrivé dans le collège. Si des élèves se mettaient à rejoindre les rangs de ce mage noir, de cette ombre insaisissable après laquelle court les autorités. Ce serait risqué pour lui de laisser partir ces élèves, moins que de les garder, mais le risque restait. De deux maux, il fallait choisir le moindre.

Et apparemment cette censure semblait marcher plutôt bien puisque les gens se contentaient de ce qu'il se disait. Bien que de plus en plus nourrissaient de soupçon, aucun n'osait remettre en doute le Ministre ou le Directeur du collège magique. Même s'il n'était pas particulièrement pour le Gouvernement, le jeune homme gardait une certaine confiance dans les dirigeants du monde magique. Il était cependant loquace, l'Angleterre était au bord de la crise, et chaque action de cet invisible mage noir rapprochait un peu plus la fin. Le gouffre grandissait, de toutes façons il était désormais une plaie béante en Angleterre. Le tout serait de savoir qui tomberait dans ce gouffre. Et si le Gouvernement actuel tomberait que deviendrait ce monde? Et si le mage noir tombait, que se passerait-il ensuite? Rien ne serait plus jamais pareil, peu importe l'issue de cette guerre, il y aura du changement et pas forcément positif sur ce qui se passera pour l'Angleterre et surement le monde magique dans son entièreté. Je répondais au jeune homme:


- Soit, tu peux faire confiance à ce très cher Dumbledore et à notre Gouvernement actuel. Au moins tu es assez perspicace pour avoir noter que les gens se cachent derrière les Aurors et autres gouvernementaux supposés les protéger. Encore faudrait-il pour cela qu'il y ait un Auror par personne et malheureusement c'est bien loin d'être le cas. Cependant imagines maintenant que j'ai raison et que le mage noir agit en effet depuis Poudlard? Tes soeurs ne sont pas forcément condamnées et j'imagine qu'elles savent se défendre. Cependant voir l'autre côté de la chose. Et si ce mage noir savait trouver les bons mots pour qu'elles grandissent ses rangs? Si j'avais à tenter de prendre le pouvoir sur un pays, je commencerais par une école. Le but ne serait pas de décimer toute la population de cette école. Juste la population opposée à mes pensées. Avant cependant, je ferais en sorte de faire un recrutement tout particulièrement actif et nombreux de personnes. Les élèves actuels sont les adultes de demain. Tues un opposant pendant qu'il est encore faible et tu t'éviteras peut-être un affrontement risqué contre un maitre de guerre.

Hum finalement je pourrais bien être ce mage noir avec les conclusions auxquelles j'arrivais. Seule chose qui pouvait me faire peur était qu'il m'avait fallu plus de deux mois pour parvenir à ses conclusions quand le sorcier obscur semblait l'avoir fais drôlement rapidement. Peu importe qui il était, il fallait le considérer comme une réelle menace, arrêter de le prendre pour un amateur ce que de toutes évidences il n'était pas. Non il était malin et parfaitement intelligent, il faudrait assurément compter qu'il parvienne à ses fins. Finalement cette guerre pourrait bien avoir de quoi m'intéresser, même si j'imaginais que l'approcher devait être compliqué. Ou je pouvais simplement me dire que Dumbledore avait raison et qu'il n'y avait rien à craindre. Pour finir mon dernier choix était de faire comme si de rien était et cela semblait être le plus sage. Torben reprit la parole dans un discours qui se voulait clair et concis, ce n'était pas un soucis pour moi. Il semblait également vouloir garder une part d'ombre sur certains passage de son histoire, petit sourire rapide sur mes lèvres:

- Ne t'inquiètes pas pour moi, mon surnom de trappeur ne me vient pas de chasse dans les villes. Tu veux apprendre, très bien, tu choisiras si dans ce que je te dis certaines choses pourraient t'être utiles. Juste une entraide mutuelle pour les mois prochains? Ca me va aussi. Comme il ne me pose aucun problème que tu gardes secret ces raisons qui te pousses à vouloir protéger ce pays pour le moment. Par où commençons-nous? Je propose de tuer quelque lycanthropes. Ils vont se rassembler d'ici quelques jours. Ce ne sera pas la pleine lune ce qui nous donnera un avantage sûr. En revanche ils auront surement leur baguette et probablement qu'ils seront tout particulièrement violents et menteurs. Si je ne m'abuse tu travailles au Chaudron Baveur? Je passerais te chercher jeudi soir. Sois prêt pour vingt-deux heure c'est tout...

Signe rapide de la main, je marchais tranquillement vers une ruelle dans laquelle je fis quelque pas pour transplaner ensuite vers le collège...
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Torben Badenov

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MessageSujet: Re: J'irais pas jusqu'à dire ravi de vous revoir...[PV=Torben]   Jeu 2 Avr - 21:53

    L'homme qui était en face de moi semblait partager la même analyse que moi au sujet de ce qui se tramait dans ce fichu pays; quelque chose clochait, et pas qu'un tout petit peu, bien au contraire! Le gouvernement agissait en sous marin, tandis que sur les flots Dumbledore essuyait seul la tempête. Et effectivement, les gens se reposaient trop sur leurs défenseurs, les aurors. Dans mon pays, chaque citoyen était amené à se battre et la défense était l'affaire de tous, mais ici, ce n'était pas pareil. Les gens, sous prétexte que leurs protecteurs soient des professionnels, ne s'intéressaient pas plus que ça à la défense de leur souveraineté nationale. Les gens d'ici n'avaient pas connu de conflit depuis trop longtemps que désormais, il semblait que ces gens soient incapables de se défendre correctement. Il faudrait redresser la barre très vite avant que tout ne soit perdu, et je n'étais pas certain que les plus hautes instances aient vraiment conscience de cet état de fait.


    Winnfield contre attaqua mes arguments en acquiescant d'abord à mes propos, confirmant ce que je redoutais. Mais il m'amena également à réfléchir sur le destin de mes soeurs, et je devais avouer que je n'y avais encore jamais vraiment réfléchit. Pour moi, elles suivaient un avenir tout tracé pour elles, elles étudiaient, grandiraient, se trouveraient un homme et un métier et voleraient de leurs propres elles. La perspective qu'elles soient attaquées ou corrompues ne m'avait encore jamais effleuré l'esprit, sans compter que je pouvais m'en sentir insulté. Comment un Badenov pourrait il trahir sa famille et son sang pour tourner ainsi le dos à ses semblables? Ce n'était assurément pas là le chemin que prenait mes soeurs, j'en étais certain pour la simple et bonne raison que nous avions tous déjà trop perdu dans cette guerre, et qu'elles étaient plus que jamais conscientes des conséquences de leurs actes. Mais le chasseur continua sur l'école et il avait raison; elle n'était pas sûre et était assurément un des objectifs à conquérir.



    - Vous avez raison sur ce point. On ne peut que se permettre d'agir devant tant d'opacité de la part des autorités. Il n'y a pas à dire; on serait peut être un peu plus en confiance si on savait ce que le ministère faisait pour défendre la population, mais dans le brouillard, il est difficile de se rendre compte de ce qu'il en est réellement. Et pour mes soeurs, vous vous trompez à leur sujet, bien que j'ai compris le fond de votre pensée. Mais Dumbledore est le plus grand sorcier de notre temps, l'esprit des élèves et leur façon de faire n'a aucun secret pour lui. Certes, il doit y avoir des taupes au château, mais s'il y avait plus, le vieux professeur auraient pris les mesures qui s'imposaient pour que des vies humaines soient épargnées. Dumbledore fait peut être des erreurs, mais il ne laisserait pas ses élèves se faire endoctriner impunément, sans compter que les professeurs doivent être sur le qui vive...


    Oui, du côté de Poudlard, j'étais tout à fait convaincu que les choses se passaient sous contrôle; umbledore et les professeurs devaient bien avoir des suspects, et avoir le contrôle sur ce que faisaient leurs élèves... Sinon ils seraient vraiment bien incompétents, car tenir à l'écart des évènements de jeunes sorciers dans un château aussi protégé ne devait pas être si compliqué que cela, bien au contraire! Mais bon, il fallait tout relativiser car dans un conflit, la chance allait et venait, d'un camp à l'autre, sans que rien ne soit vraiment toujours contrôlable. Le tout était de limiter suffisamment le facteur chance pour que celui ci ne soit pas trop handicapant pendant la suite du conflit. Ensuite, l'homme me donna rendez vous pour le jeudi suivant, il passerait me chercher au chaudron pour une petite chasse au lycanthropes... J'étais à la foix excité et apeuré par cette idée, je décidais également de tourner les talons. Sans trop m'en rendre compte, je venais de rejoindre un camp, moi, Torben Badenov, le neutre...

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